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4.7.4 R�gulation du climat de l'entrep�t

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

Pour que le tubercule puisse �galement conserver sa viabilit� au cours du stockage et demeure ainsi capable de se reproduire, il est n�cessaire de maintenir certaines fonctions m�taboliques. L'intensit� de la respiration, comme celle d'ailleurs de la transpiration, est en partie fonction du "stade de conservation" momentan� du tubercule (cf. sections 3.5.2 et 3.5.3). Le climat de l'entrep�t, c'est-�-dire la temp�rature et l'hygrom�trie, exerce �galement une certaine influence sur ces processus. Ces deux d�terminants du comportement au stockage ne sont pas des grandeurs fixes. On peut au contraire les manipuler en prenant certaines mesures.

Figure 8: Respiration des tubercules d'igname au cours du stockage (o: � 25� C x: � 35� C de temp�rature de stockage) (Source: PASSAIT et al., 1978)

4.7.4.1 R�gulation de la temp�rature de conservation

De mani�re g�n�rale, on peut dire que les basses temp�ratures permettent de prolonger la dur�e de conservation. A basse temp�rature, on constate en effet une diminution de la respiration en m�me temps qu'un ralentissement de la germination (DEMEAUX et VIVIER, 1984).

Il existe pour de nombreux fruits tropicaux une temp�rature dite critique. En de�� de cette temp�rature, il se produit une alt�ration tissulaire irr�versible aboutissant � une pourriture rapide du fruit. La temp�rature critique, laquelle engendre cette alt�ration tissulaire irr�versible parfois d�sign�e dans la litt�rature sp�cialis�e sous le terme de "chilling injury", se situe en g�n�ral chez les fruits tropicaux nettement au-dessus du point de cong�lation. En fonction des esp�ces, elle se situe chez l'igname entre 13 et 15� C (COURSEY, 1982). Pour d'autres auteurs, la zone de temp�rature critique se situe entre 10 et 12� C (DEMEAUX et VIVIER, 1984).

On peut donc en conclure que les possibilit�s de diminuer la temp�rature pour am�liorer l'aptitude au stockage de l'igname sont tr�s limit�es et que cette temp�rature ne devrait pas descendre en-dessous de 15� C. Vu les conditions climatiques r�gnant dans les r�gions tropicales, il est pratiquement impossible de maintenir m�me une telle temp�rature sans devoir recourir � une source d'�nergie ext�rieure. En raison des frais qu'elle implique, l'utilisation d'�nergie ext�rieure, qui implique en m�me temps la construction de structures de stockage ferm�es et isol�es, n'offre aucune solution pour am�liorer les conditions de conservation des ignames � l'�chelon des petits producteurs.

Tout abaissement, m�me minime, de la temp�rature, est susceptible de prolonger la dur�e de conservation des ignames. C'est la raison pour laquelle toutes les possibilit�s existantes � cet �gard, et r�alisables en m�me temps du point de vue �conomique, doivent �tre exploit�es. Nous pensons ici avant tout � des modifications architecturales limit�es des structures de stockage traditionnelles, qui permettraient d'utiliser les variations naturelles de temp�rature entre le jour et la nuit. La plantation d'arbres dispensateurs d'ombre, de m�me que l'exploitation des courants d'air, pourraient amener un net abaissement des temp�ratures de conservation, ce qui contribuerait � am�liorer le climat dans les entrep�ts.

Figure 9: Influence de la temp�rature et de l'hygrom�trie sur les pertes de stockage des tubercules d'igname (Source: DEMEAUX et VIVIER, 1984)

4.7.4.2 R�gulation de l'hygrom�trie

Il se produit entre les fruits stock�s et l'environnement un �change de vapeur d'eau. Cet �change a pour but de parvenir � un �quilibre entre la teneur en eau des fruits et celle de leur environnement. Les fruits secs, comme les c�r�ales, ont plut�t tendance � absorber l'humidit� contenue dans l'air environnant. A l'inverse, les fruits comme l'igname, qui sont emmagasin�s avec un taux d'humidit� �lev�, tendent � d�gager de l'humidit� dans l'atmosph�re.

Les pertes d'humidit� des tubercules d'igname stock�s constituent un ph�nom�ne ind�sirable dans la mesure o� elles s'accompagnent de pertes �conomiques (r�duction de poids et fl�trissement des tubercules) sans pour autant am�liorer la qualit� du stockage. L'hygrom�trie de l'entrep�t doit donc �tre r�gl�e de mani�re � r�duire au maximum les �changes de vapeur d'eau. Pour une temp�rature de 26 � 28� C, que l'on peut consid�rer comme typique dans les pays d'Afrique occidentale, une humidit� relative de 70 � 80 % am�ne pratiquement � un �tat d'�quilibre dans lequel les �changes d'air entre le tubercule et son environnement demeurent minimes.

Dans les conditions de stockage d�finies ci-dessus, le tubercule conserve ses caract�ristiques qualitatives, telles que la couleur, l'odeur, le go�t et la composition chimique. D�s l'instant o� l'humidit� relative est sup�rieure, il y a risque de condensation de la vapeur d'eau, ce qui favorise la formation de moisissures sur les tubercules.

S'agissant du contr�le des conditions hygrom�triques, les mesures � envisager devront �tre pour les groupes cibles paysans � la fois finan�ables et compr�hensibles du point de vue technique. Priorit� doit �tre accord�e � des modifications architecturales simples, visant � favoriser les �changes d'air et � �vacuer ainsi l'humidit� superflue hors de l'entrep�t. Le choix d'un site offrant un bon �change d'air peut encore renforcer l'efficacit� de ces modifications architecturales.

4.7.4.3 Am�lioration de la ventilation

L'atmosph�re contient normalement 78 % d'azote, 21 % d'oxyg�ne, 0,03 % de gaz carbonique, de m�me qu'un pourcentage variable de vapeur d'eau.

Pour pouvoir maintenir ses fonctions m�taboliques vitales, le tubercule a besoin d'�tre aliment� en oxyg�ne atmosph�rique. Dans le m�me temps, il va d�gager de la vapeur d'eau et du gaz carbonique. Lorsque la composition atmosph�rique de l'entrep�t diff�re de celle de l'atmosph�re normale, cela peut avoir des incidences n�gatives sur la marchandise stock�e.

Si l'humidit� atmosph�rique est trop �lev�e, il peut y avoir condensation d�s que la temp�rature baisse, ce qui favorise l'apparition de pourritures. Une concentration d'oxyg�ne tr�s faible emp�che la respiration et s'accompagne d'une fermentation ind�sirable des tubercules stock�s Une concentration trop forte de gaz carbonique et d'�thyl�ne est �galement n�faste � l'igname stock�e. De m�me, les concentrations �lev�es de gaz carbonique provoquent la destruction des agglom�rations cellulaires des tubercules. L'�thyl�ne est une hormone de croissance qui favorise le d�veloppement du germe (BAUTISTA, 1990).

Les raisons que nous venons d'�noncer montrent � l'�vidence que les modifications de la composition atmosph�rique de l'entrep�t constituent des ph�nom�nes ind�sirables dans la mesure o� elles peuvent avoir des effets n�gatifs sur le stockage. Si l'on veut �viter une modification accidentelle de l'atmosph�re, il faut que l'entrep�t soit suffisamment a�r�. La ventilation n'a pas seulement pour but de faciliter les �changes gazeux entre l'entrep�t et l'environnement, mais influe �galement sur la temp�rature � l'int�rieur de l'entrep�t.

Le r�glage de la ventilation est un travail d�licat, et il peut facilement arriver que la ventilation ait des r�percussions n�gatives sur la production. Si l'on a�re par exemple durant la journ�e par des temp�ratures trop �lev�es, il peut se produire un r�chauffement ind�sirable de la marchandise stock�e. Lorsque l'hygrom�trie est tr�s basse, une ventilation inad�quate favorise le dess�chement des tubercules stockes. Il est par cons�quent pr�f�rable, dans la mesure du possible, d'a�rer l'entrep�t la nuit, du fait que les temp�ratures sont alors plus basses et l'hygrom�trie en g�n�ral plus �lev�e (SADIK, 1987).

A l'instar des autres mesures d'am�lioration propos�es, les am�liorations � apporter � la ventilation devront �tre �galement aussi simples � comprendre que possible et ne pas occasionner de frais suppl�mentaires. Pour ce qui est de la construction d'entrep�ts nouveaux, il faudra choisir des sites offrant une bonne ventilation naturelle du fait des courants d'air. Les tubercules doivent �tre par ailleurs dispos�s de mani�re � ne pas g�ner l'a�ration. De ce point de vue, le stockage en tas volumineux et en silos-meules dans le sol n'offre pas une ventilation suffisante.

4.7.4.4 Maintien de l'entrep�t � l'ombre

L'exposition directe de la marchandise au soleil fait monter la temp�rature � l'int�rieur de l'entrep�t et favorise par l� m�me le d�veloppement des germes, ce qui explique que l'entrep�t doit toujours b�n�ficier d'une ombre suffisante.

Pour obtenir suffisamment d'ombre, on peut avoir recours � des modifications de construction, en dotant en particulier les structures de stockage d'un toit. Pour des raisons de co�t, mais �galement du fait de l'excellente protection qu'ils offrent contre la chaleur, on utilisera pour construire ces toits les mat�riaux v�g�taux disponibles sur place. Un toit ne retient pas seulement les rayonnements solaires, mais prot�ge �galement la marchandise stock�e contre les averses qui favorisent la formation de pourritures.

Outre la construction de toits, il faudrait encore exploiter les sources d'ombre naturelles, comme les arbres � feuilles persistantes. Il faut �galement veiller � ce que la mise en place de toits et l'exploitation des sources d'ombre naturelles n'entravent pas l'a�ration dans l'entrep�t.

4.7.5 Lutte contre les pourritures

Comme nous l'avons vu plus haut, champignons pathog�nes et bact�ries sont les principaux responsables de la pourriture. Ils ne peuvent toutefois traverser la peau du tubercule qu'� la faveur de parties endommag�es par suite de blessures et de plaies, ou encore au niveau des trous de forage pratiqu�s par les n�matodes.

L'une des principales mesures pr�ventives � appliquer consiste par cons�quent � minimiser les risques de blessure du tubercule pendant la r�colte, le transport et la mise en stocks, en les manipulant avec pr�caution. Les tubercules pr�sentant d�j� des sympt�mes de pourriture au moment de l'emmagasinage doivent �tre utilis�s � d'autres fins.

Il existe des m�thodes de cicatrisation permettant de Iimiter les risques de pourriture (cf. section 4.7.2). Les blessures se referment de telle sorte que les saprog�nes ne peuvent plus s'introduire dans le tubercule. Outre la cicatrisation, il y a �galement possibilit� de traiter les l�sions avec des moyens traditionnels comme la cendre et la chaux pulv�ris�e (ONWUEME, 1978).

Etant donn� que les tubercules peuvent se contaminer r�ciproquement, il faut contr�ler l'entrep�t r�guli�rement afin d'en retirer en temps utile les tubercules infest�s.

Autre mesure permettant de lutter contre les pourritures: le traitement des tubercules aux fongicides. Les seuls r�sultats satisfaisants obtenus jusqu'� pr�sent l'ont �t� avec le thiabendazole et le b�nomyl (DEMEAUX et VIVIER, 1984). Ces produits, qui ne pr�sentent qu'une faible toxicit�, restent localis�s dans la peau du tubercule, autrement dit ils ne passent pas dans la chair (DEMEAUX et VIVIER, 1984).

Il est recommande d'effectuer le traitement aux fongicides sous forme de trempage. La concentration de produit indiqu�e est de 250 � 2500 ppm pour un temps de traitement variant entre 2 et 30 minutes (ibid.). Vu l'importance des �carts de concentration et de dur�e de traitement propos�s, il semble qu'il soit n�cessaire d'effectuer d'autres essais pour arriver ici � une d�termination plus pr�cise des traitements fongicides.

Les traitement aux fongicides requi�rent une manipulation extr�mement pr�cise si l'on veut obtenir l'effet recherch� tout en excluant d'�ventuelles s�quelles. Ceci explique que l'utilisation des fongicides par les petits exploitants africains suppose un travail d'assistance-conseil intensif.

4.7.6 Lutte contre les n�matodes

La lutte contre les n�matodes constitue en m�me temps une mesure pr�ventive contre les saprog�nes. En tant que ravageurs secondaires, ceux-ci causent en effet la plupart du temps des dommages plus graves que les n�matodes eux-m�mes.

Les n�matodes, qui parasitent racines et tubercules, se propagent souvent par l'interm�diaire de plants infest�s. Il faut donc veiller � utiliser pour la multiplication v�g�tative uniquement des plants ne contenant pas de n�matodes.

Du fait que les n�matodes vivent �galement dans le sol, on a la possibilit� de r�duire la pression exerc�e par le parasite en adoptant un sch�ma d'assolement ad�quat (plantations d'igname tr�s espac�es dans le temps). Notons cependant � titre restrictif que la plupart des n�matodes parasites de l'igname ont encore d'autres plantes-h�tes, ce qui les rend plus difficiles � combattre par le biais d'un plan d'assolement �labor� dans ce but.

Les mesures de lutte chimique, tout comme le traitement des tubercules � l'eau chaude (CENTRE FOR OVERSEAS PEST RESEARCH, 1978), paraissent peu appropri�es � l'usage par les petits paysans. Non seulement ces m�thodes ne sont pas encore au point, mais il semble en outre que les moyens financiers et la main d'oeuvre n�cessit�s soient trop importants pour susciter chez les petits exploitants une adh�sion suffisante.

4.7.7 Lutte contre les insectes ravageurs de' stocks

Les mesures de lutte contre les insectes responsables de dommages sur les ignames stock�es visent deux objectifs fondamentaux: il s'agit d'une part de pr�venir, ou tout au moins de r�duire, les d�g�ts caus�s par les insectes (pertes alimentaires, pertes qualitatives), et d'autre part d'�viter par des mesures de lutte ad�quates l'apparition de dommages secondaires, qui sont dus � des saprog�nes susceptibles de s'introduire dans le tubercule � travers les blessures de l'�piderme inflig�es auparavant par les insectes.

A titre de mesure pr�ventive, on peut envisager d'isoler les tubercules infest�s des tubercules sains. Cette op�ration est cependant rendue difficile dans certains cas, par exemple dans celui de la teigne de l'igname, du fait que l'infestation est rarement d�celable ext�rieurement. Pour des raisons d'hygi�ne, il importe de br�ler toutes les parties de tubercules infest�es par les insectes et de ne pas conserver les tubercules atteints � proximit� de l'entrep�t (WILSON, ann�e inconnue).

Le type de stockage est �galement un �l�ment d�terminant pour l'infestation par les insectes des marchandises stock�es. SAUPHANOR et RATHNADASS (1985) rapportent que les tubercules stock�s en silos-fosses ne sont pas attaqu�s par les pyrales et les teignes, alors que celles-ci peuvent infliger d'importants d�g�ts aux structures de stockage de surface. Dans la mesure o� le choix de structures de stockage repose �galement sur un certain nombre d'autres crit�res, nous ne pouvons �mettre ici de recommandation particuli�re quant � un type de stockage pr�cis qui permettrait de r�duire les pertes caus�es par les insectes.

Pour la lutte contre les cochenilles, on peut utiliser du pyrimphos-m�thyl � une concentration de 25 grammes pour 100 litres d'eau. Les tubercules doivent tremper pendant 10 minutes dans la solution, avant d'�tre s�ch�s (SAUPHANOR et RATHNADASS, 1985).

S'agissant de la lutte contre les pyrales et les teignes, on recommande l'emploi de la deltam�thrine. La solution est � appliquer sous forme de trempage, � une concentration de 2,5 grammes pour 100 litres d'eau, le produit agissant l� encore au bout de 10 minutes. Le traitement devra �ventuellement �tre r�p�t� en cas d'infestation. Afin de r�duire les temps de travail n�cessaires, on peut �galement appliquer les produits indiqu�s � l'aide d'un pulv�risateur (ibid.).

Les ouvrages sp�cialis�s ne contiennent que des indications tr�s limit�es en ce qui concerne la lutte chimique contre l'entomofaune des ignames. D'autres recherches seront n�cessaires afin de d�terminer les produits, concentrations, m�thodes et p�riodes d'application, ainsi que la r�p�tition �ventuelle de ces applications.

Les paysans emploient fr�quemment des produits chimiques inappropri�s, parfois susceptibles de provoquer des intoxications alimentaires � la suite de la consommation de tubercules d'igname trait�s de cette mani�re. Les produits sont souvent dos�s et appliqu�s de mani�re totalement inad�quate. Eu �gard aux erreurs d'application possibles mais �galement en raison des dommages �conomiques que les insectes sont susceptibles de causer aux stocks d'igname, il conviendra d'�laborer ici des directives claires pour la lutte chimique.

Les questions relatives � la lutte biologique contre les ravageurs ont �t� jusqu'� pr�sent � peine abord�es. Selon les indications de SAUPHANOR et RATHNADASS (1985), Phanerotoma leucobasis Kriech est un antagoniste naturel de E. vapidella, dont il mange les oeufs. C'est aux recherches ult�rieures qu'il appartiendra d'�tablir si l'on peut d�terminer � partir de l� des approches de mesures de lutte biologique.

4.7.8 Mesures de protection contre les mammif�res

Pour prot�ger la marchandise stock�e contre les mammif�res, il faut prendre des mesures qui soient � la fois sp�cifiques aux esp�ces consid�r�es et adapt�es au type de stockage.

La pr�sence de cl�tures suffit en g�n�ral � maintenir les animaux domestiques � l'�cart de l'entrep�t. Les greniers �rig�s sur des pilotis, comme les greniers sur plateforme, offrent d�j� par leur type de construction une bonne protection contre les animaux domestiques susceptibles de provoquer des d�g�ts sur les stocks. Ces greniers sont en outre tr�s faciles � prot�ger contre les rats. On entoure en l'occurrence les pilotis de rubans de t�le en forme d'entonnoir que l'on place, avec la partie �vas�e vers le bas, � une hauteur de 100 cm. Ces entonnoirs constituent pour les rats et autres rongeurs un obstacle infranchissable.

Les structures ouvertes, comme par exemple le stockage en tas sous des arbres � feuilles persistantes, sont plus difficiles � pr�server des rats et autres mammif�res nuisibles. On peut envisager de construire ici des cl�tures de protection faites de futs d'huile sectionn�s, que les rongeurs sont incapables de franchir. Les f�ts d'huile sont n�anmoins relativement on�reux et ne sont pas disponibles partout. Il est par cons�quent douteux que les paysans se conforment � une telle recommandation, d'autant plus que le temps de stockage est en g�n�ral assez bref.

Figure 10: Mise en place d'un dispositif anti-rongeurs et mat�riel n�cessaire
(Source: PROJET BENINO-ALLEMAFID, ann�e inconnue)

4.7.9 Stockage am�lior� sur tresse verticale traditionnelle ("Yam-Barn")

Dans l'optique d'un stockage � long terme sans pertes notables, c'est la tresse verticale qui, compar�e aux autres syst�mes de stockage r�pandus en Afrique occidentale, donne les meilleurs r�sultats. C'est ce qui explique en partie que les sp�cialistes prennent souvent la tresse verticale pour point de d�part lorsqu'il s'agit d'�laborer des mesures d'am�lioration des syst�mes de stockage traditionnels, une approche � laquelle la pr�sente publication adh�re de mani�re fondamentale. Sans changer fondamentalement le type de stockage, on peut ici mat�rialiser un certain nombre de modifications architecturales et autres mesures contribuant � am�liorer sensiblement le stockage.

Les am�liorations � apporter au stockage des tubercules d'igname frais doivent commencer d�s la r�colte. Il faut �viter autant que possible de blesser les tubercules, car les blessures constituent des voies de p�n�tration pour les saprog�nes. R�colte, transport et emmagasinage requi�rent par cons�quent un maximum de pr�cautions (NWANKlTI et al., 1989). En cas de transport sur de longues distances, les tubercules ne doivent pas �tre empil�s trop haut du fait que cela peut provoquer des blessures de l'�piderme et des blessures par compression.

Les tubercules doivent �tre soumis aussit�t apr�s la r�colte � un traitement de cicatrisation (cf section 4.7.2). Dans la mesure o� les parties lisses gu�rissent plus facilement, les parties de tubercules enfonc�es ou bless�es devront �tre excis�es. Pour des raisons d'hygi�ne, il faut �galement enlever la terre coll�e aux tubercules. Il faudra par ailleurs poursuivre les essais afin de d�terminer dans quelle mesure les traitements des l�sions � la cendre ou � d'autres moyens traditionnels permettent d'augmenter l'aptitude au stockage des tubercules. Tous les r�sidus de stockage de l'ann�e pr�c�dente doivent �tre enlev�s ou br�l�s avant la mise en stocks du fait qu'ils repr�sentent une importante source d'infection.

Les tresses verticales traditionnelles pr�sentent certains inconv�nients, c'est pourquoi nous recommandons d'y apporter les am�liorations suivantes:

- Le grenier devrait �tre recouvert d'une toiture en forme de cabane, fabriqu�e au moyen de mat�riaux locaux, comme la paille, les feuilles de palmier, etc. Non seulement un toit en mat�riaux v�g�taux prot�ge des rayons solaires et de la pluie, mais il corrige en outre les variations de temp�rature gr�ce � ses propri�t�s isolantes. Le toit devra avoir au moins 2,50 m de haut pour ne pas g�ner l'a�ration (FAO, 1990).
- Le grenier doit �tre rendu inaccessible aux rongeurs et aux animaux domestiques. Il existe ici plusieurs possibilit�s. On peut par exemple l'entourer d'une cl�ture faite de f�ts d'huile sectionn�s. On peut �galement envisager la construction d'un mur, qui doit toutefois avoir au minimum un m�tre de haut. Vu que les rongeurs peuvent facilement franchir un mur (au contraire d'une barri�re de f�ts d'huile en t�le), l'espace entre le fa�te du mur et le toit doit �tre prot�g� par un treillis m�tallique � mailles fines. Il est important que le grenier soit muni d'une porte fermant herm�tiquement et qui le prot�ge �galement contre le vol.
- Sur la tresse verticale modifi�e, les tubercules sont stock�s sur des rayonnages � plusieurs niveaux Pour construire ces �tag�res, on peut utiliser divers mat�riaux disponibles sur place, � condition qu'ils soient suffisamment r�sistants pour supporter la charge. Pour �viter que l'humidit� n'atteigne la marchandise, le rayon inf�rieur doit �tre fix� � environ 50 cm au-dessus du sol.. Les rayonnages doivent �tre dispos�s de mani�re � permettre � tout instant un contr�le visuel rapide des tubercules. Pour y parvenir plus facilement, les tubercules seront stock�s sur deux ou trois couches seulement par rayons. Ceci permet en outre d'�viter les pressions trop importantes sur chaque tubercule et de r�duire ainsi le risque de blessures par compression.
- Le choix du site appropri� est un facteur essentiel pour l'exploitation des avantages inh�rents au syst�me. On choisira donc un emplacement permettant d'exploiter les courants d'air naturels pour l'a�ration du grenier Celui-ci est � orienter si possible de biais par rapport � la direction principale des vents, de mani�re � ce que l'on puisse ainsi exploiter au maximum la circulation d'air naturelle. Pour le choix du site, on tiendra �galement compte des sources d'ombrage naturelles, comme les arbres � feuilles persistantes, lesquels permettent de r�duire sensiblement la temp�rature � l'int�rieur du grenier.

La taille du grenier peut �tre adapt�e aux besoins individuels. On ne dispose pas d'informations �crites concernant la construction et l'entretien du syst�me de tresse verticale am�lior�. Dans la mesure o� l'on utilise en majorit� des mat�riaux locaux, il est toutefois probable que le suppl�ment de co�t n�cessit� par rapport au syst�me de tresse verticale traditionnel demeure limit�.

A titre de mesure compl�mentaire, on peut envisager l'emploi d'inhibiteurs de germination, comme l'acide gibberellique, ainsi que le traitement des tubercules aux fongicides et aux insecticides. L'absence d'exp�rience pratique au niveau de l'application ne nous permet pas de formuler ici de recommandations concr�tes pour l'emploi de ces produits.

Figure 11: Exemple de cl�ture de protection contr� les rongeurs dans le cadre du stockage des tubercules d'igname sur des tresses verticales et autres systemes similaires (Source: WILSON, ann�e inconnue)

Figure 12: Rayonnages simples fabriqu�s � partir de mat�riaux locaux pour le stockage des tubercules d'igname (Source: NIGERIAN STORED PRODUCTS RESEARCH INSTITUTE 1982)

Pour un stockage fiable, il est important d'inspecter la marchandise r�guli�rement. Il faut en l'occurrence s�parer les tubercules en voie de pourriture des autres. Les tubercules doivent �galement �tre d�germ�s r�guli�rement. L'INPT (1988) recommande d'�ter les germes lorsqu'ils atteignent 50 cm de hauteur. Un d�germage trop fr�quent stimule la germination des tubercules.

Selon les enqu�tes men�es par NWANKITI et al. (1988), le syst�me des tresses verticales am�lior�es peut contribuer � r�duire consid�rablement les pertes de stockage. C'est ainsi que les pertes enregistr�es au bout de six mois de stockage s'�tablissaient pour les tresses verticales traditionnelles � 41,7 %, � 13,3 % pour les tresses verticales am�lior�es et � 10,8% seulement pour les tresses verticales am�lior�es avec protection contre les rongeurs.

Consid�rant les r�sultats des enqu�tes de NWANKITI et al. (1988), il semble que m�me les am�liorations les plus simples apport�es au syst�me traditionnel de tresses verticales permettent de r�duire sensiblement les pertes, sans qu'il faille appliquer pour cela la totalit� des mesures mentionn�es plus haut. M�me des am�liorations partielles sont elles aussi susceptibles de r�duire nettement les pertes. En d'autres termes, ce sont les conditions locales et les besoins des paysans qui peuvent servir de crit�res pour le choix des mesures visant � l'am�lioration des syst�mes dont nous parlons.

Du point de vue macro-�conomique, l'am�lioration de la tresse verticale se traduit par une augmentation de l'offre en produits alimentaires fabriqu�s sur le march� int�rieur. La substitution d'une offre en denr�es alimentaires de production locale aux denr�es import�es contribue � l'�quilibre de la balance commerciale.

Pour le paysan, le stockage am�lior� signifie une plus haute s�curit� au niveau de la subsistance. Cela lui conf�r� en m�me temps une plus grande libert� de d�cision pour ce qui est de la commercialisation et, partant, lui permet d'am�liorer ses revenus en exploitant davantage les fluctuations de prix.

Figure 13: Mod�le de tresse verticale am�lior�e avec toit de protection et murs (Source: NWANKITI et MAKURDI, 1989 (modifi�)


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