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3.8.2 Mise en oeuvre de la pr�paration aux spores dans un grenier � ma�s traditionnel - essai II (1990/91) � Davi�

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

Pour r�aliser ce contre-essai dans des conditions proches de la r�alit�, on a �rig� en ao�t 1990 � Davi� 13 encore 15 greniers � ma�s, dans lesquels on a emmagasin� env. 30 kg de ma�s en �pis d'une esp�ce locale, fra�chement r�colt�s. Aussit�t apr�s cette op�ration, on a introduit dans chaque grenier 40 adultes de P. truncatus, ne pr�sentant aucune infestation. On trouvera aux tableaux 20 � 24 les pourcentages moyens de d�g�ts et pertes, � la fois pour chaque variante et pour toute la dur�e du stockage, c'est3-dire 20 semaines.

Tabl. 20 : D�g�ts et pertes dans la variante-t�moin de l'essai de stockage II

Echantillonnage D�g�t Perte
a.m.s. * 3,6 0,74
semaines 8,0 1,68
semaines 17,0 4,212
semaines 34,0 2,716
semaines 44,1 6,5
semaines 58,1 7,8


* a.m.s. = apr�s la mise en stock
Tabl. 20 : D�g�ts et pertes dans la variante trait�e aux spores de l'essai de stockage II

Echantillonnage D�g�t Perte
a.m.s. * 4,6 0,5
4 semaines 8,6 1,0
8 semaines 17,3 3,9
12 semaines 24,5 -3,0
16 semaines 47,1 1,7
22 semaines 50,5 1,4


* a.m.s. = apr�s la mise en stock

Tabl. 22 : D�g�ts et pertes dans la variante trait�e � la K-Othrine (1 mg de deltam�thrine/kg de ma�s) de l'essai de stockage II

Echantillonnage D�g�t Perte
a.m.s. * 3,8 0,4
4 semaines 6,4 0,6
8 semaines 9,3 -0,2
12 semaines 24,3 5,3
16 semaines 27,3 -0,4
20 semaines 43,9 5,4


* a.m.s. = apr�s la mise en stock

Tabl. 23 : D�g�ts et pertes dans la variante de 'essai de stockage II soumise � un traitement r�duit � la K-Othrine (0,5 mg de deltam�thrine/kg de ma�s)

Echantillionnage D�g�t Perte
a. m. s. * 3,7 0,5
4 semaines 4,6 0,4
8 semaines 13,7 2,2
12 semaines 34,4 6,3
16 semaines 46,7 -4,4
20 semaines 53,4 7,3


* a.m.s. = apr�s la mise en stock

Tabl. 24 : D�g�ts et pertes dans la variante de l essai de stockage II soumise � un traitement mixte � la K-Othrine et aux spores (0,5 mg de deltam�thrine/kg de ma�s associ�e � des spores)

Echantillonnage D�g�t Perte
a.m.s. * 4,0 0,7
4 semaines 8,8 1,2
8 semaines 9,1 1,2
12 semaines 26,3 3,0
16 semaines 33,3 -1,6
20 semaines 39,9 1,4


* a.m.s. = apr�s la mise en stock

Les d�g�ts �taient en augmentation dans toutes les variantes, et cela sur l'ensemble de la dur�e de stockage. Au bout de 20 semaines, les dommages atteignaient entre 40 % environ (variante � traitement combine) et 58 % (t�moin) (cf. tabl. 20 � 24). Les pertes, quant � elles, se pr�sentent de mani�re diff�rente. Les chiffres calcul�s en l'occurrence font appara�tre de fortes fluctuations dans toutes les variantes. On a m�me enregistr� � l'issue de certaines p�riodes des chiffres de pertes n�gatifs, bien que l'on dit �tabli sur les �chantillons correspondants des pourcentages de d�g�ts atteignant jusqu'� 47 % (cf. tabl. 23).

L'apparition de pertes n�gatives sur les �chantillons d'�pis de ma�s s'explique par les probl�mes fondamentaux lies � la collecte de donn�es destin�es � la m�thode du comptage et du pesage. Le nombre et le poids des grains de ma�s infestes, tout comme ceux des grains non infestes' sont int�gr�s � l'�quation qui permet de calculer les pertes (cf. chap. 2.5). L'examen des donn�es brutes collect�es lors de cet essai a r�v�l� que le poids de certains grains infestes d�passait celui de grains intacts. Or, un tel r�sultat est illogique parce que les grains infestes par des ravageurs deviennent plus l�gers. Les fractions de grain infest�es ayant �t� d�nombr�es � la main, on peut supposer qu'il y a eu une erreur de comptage du niveau du nombre de grains de ma�s des diff�rents �chantillons et que l'on a d�termin� un nombre de grains insuffisant, ce qui pourrait expliquer que certains grains, parmi les divers �chantillons, ont un poids individuel plus �lev�. Ces diff�rences pourraient toutefois �tre le fait du hasard dans la mesure ou le poids individuel du grain constitue une grandeur variable. Les pertes n�gatives �taient la cons�quence de l'exc�dent de poids des grains infestes. On ne peut pas davantage �carter l'�ventualit� d'un r�sultat similaire en ce qui concerne le calcul des dommages, bien que le ph�nom�ne ait ici une moindre incidence du fait que la formule servant a �tablir les d�g�ts ne tient pas compte du poids des grains (cf. chap. 2.5).

Comme l'indique la figure 31, l'anobie s'est d�velopp�e uniquement dans les greniers non traites et dans ceux trait�s aux spores de protozoaires. Les dommages enregistr�s dans ces deux variantes ont �t� 13 encore relativement �lev�s, puisqu'ils atteignaient respectivement 58 et 50,5 %. A noter cependant que les d�g�ts constates dans la variante trait�e � une concentration de deltam�thrine r�duite ont atteint 53 %, et cela en d�pit du fait que l'application d'insecticide avait pr�venu l'apparition d'une infestation par l'anobie. M�me sur les �pis de ma�s trait�s � I mg de deltam�thrine par kg, les dommages �taient tout c fait consid�rables, atteignant un maximum de 44 %. Au contraire des r�sultats obtenus lors de l'essai de stockage 1, on n'a pas constat� par cons�quent d'augmentation nette des d�g�ts en liaison avec l'apparition de l'anobie.

Le nombre moyen de ravageurs trouves sur les �chantillons d'�pis des variantes sans traitement et des variantes trait�es aux spores a augment� au cours de la p�riode de stockage, bien que cette croissance dit �t� plus restreinte dans les greniers trait�s (fig. 31). Avec une moyenne de 550 col�opt�res dans les greniers � ma�s non trait�s et de 430 dans les greniers traites aux spores, le nombre de col�opt�res �tait � peu pr�s analogue apr�s 25 semaines de stockage.

Compar� aux populations d'anobies de l'essai de stockage I, au cours duquel 1000 animaux s'�taient d�velopp�s en moyenne, le nombre moyen d'imagos d�termin� pendant l'essai II n'atteignait m�me pas la moiti�. A titre de cause possible du d�veloppement de populations relativement denses au cours du premier essai de stockage, on peut citer la pression exerc�e par l'infestation, qui �tait plus forte sur le site de Cacaveli que lors de l'essai 11, du fait que les greniers de l'essai I se trouvaient sur le terrain d'essais au voisinage imm�diat d'autres greniers � ma�s. Cette proximit� a �t� � l'origine d'une migration d'anobies � partir des autres greniers vers les greniers exp�rimentaux, d'o� l'apparition de populations de ravageurs plus importantes. Lors de l'essai II, en revanche, les greniers exp�rimentaux se trouvaient totalement isoles sur le terrain; il est donc probable que les populations ont �volu� exclusivement � partir des 40 P. truncatus places dans chaque grenier.

Durant l'essai II, on a observe dans les variantes int�grant P. truncatus une production de poussi�re de forage nettement plus �lev�e que dans celles o� il �tait absent (fig. 32). Ce r�sultat concorde avec celui de l'essai I.

Fig. 31 : Nombre moyen de Prostephanus truncatus adultes dans 50 �pis des greniers � ma�s de l'essai de stockage Il ayant subi divers traitements (T�moin = sans traitement, spores = traitement � la pr�paration aux spores, K-Othrine 1 = traitement a 0,5 mg de deltam�thrine/kg de ma�s. K-Othrine 2 = traitement � 1 mg de deltam�thrine/kg de ma�s, traitement combin� = traitement aux spores plus 0,5 mg d� deltam�thrine/kg de ma�s)

Fig. 32 : Production de farine r�sultant de l'activit� alimentaire dans les variantes de l'essai de stockage II (pour les variantes, se reporter � la fig. 31)

Compare au pourcentage �lev� de d�g�ts de l'essai de stockage II, qui variait de 40 a 58 N. le niveau de dommages de l'essai de stockage I �tait plus faible, a savoir entre 13 et 33 %. Etant donne que le nombre de P. truncatus trouves au cours du second essai dans les greniers des variantes correspondantes �tait largement inf�rieur a celui du second essai, on peut affirmer que le ravageur n'�tait pas a l'origine des d�g�ts importants constat�s lors de l'essai II. Comme nous l'avons dit plus haut, le recensement des infestations ayant �t� strictement l rite � P. truncatus lors des deux essais, on ne peut {mettre que des hypoth�ses du sujet des autres insectes parasites qui peuplaient �galement le grenier. Ainsi, on peut supposer qu'au cours du second essai le spectre des autres ravageurs Etait plus large et/ou comportait beaucoup plus d'insectes d'une m�me esp�ce que lors de l'essai de stockage I. Les �chantillons d'�pis de ma�s du contre-essai, qui �taient en g�n�ral fortement ab�m�s, laissent � penser qu'il a pu s'agir d'une pr�sence assez massive du ravageur primaire S. zeamais, que l'on rencontre fr�quemment.

Les taux de mortalit� �tablis parmi les P. truncatus trait�s et leurs cong�n�res non traites atteignaient au maximum 14 % (tabl. 25). Dans les deux variantes, les taux de mortalit� des col�opt�res diff�raient � peine l'un de l'autre Il faut cependant noter que l'on a constat�, comme lors du premier essai, une mortalit� initiale �lev�e chez les adultes trait�s (8,3%). Ce pourcentage �lev� s'�tant manifest� des l'issue de la premi�re p�riode de 4 semaines' il est �vident que le ph�nom�ne n'�tait pas d� aux effets des spores de protozoaires.

Tabl. 25 : Mortalit� des adultes de Prostephanus truncatus dans les greniers � ma�s non traites et dans ceux trait�s aux spores de l'essai de stockage II

Variantes

Mortalit� (%)
apr�s semaines de stockage

  4 8 12 16 20
T�moin 3,4 9,8 8,9 14,1 9,6
Traitement 8,3 8,7 10,0 7,6 14,0

L'examen de d�pistage d'une infection de P. truncatus par les protozoaires a r�v�l� que les col�opt�res non traites avaient �t� infectes pour la premi�re fois au bout de 12 semaines d'essai seulement (fig. 33). Sur les col�opt�res trait�s aux spores, au contraire, on a observe des l'issue de la 4�me semaine une infection minime par les agents pathog�nes. Le taux moyen d'infection par les protozoaires s'�tablissait autour de 15 % chez les col�opt�res traites, tendis que parmi leurs cong�n�res qui n'avaient pas subi de traitement aux spores, le taux d'infection moyen avoisinait les 69%. Cette diff�rence de taux d'infection a �t� significative � deux dates d'�valuation (fig. 33). Le niveau d'infestation peut �tre consid�r� dans l'ensemble comme tr�s faible.

Fig. 33 : Comparaison des taux d'infection des Prostephanus truncatus adultes dans les greniers � ma�s non trait�s et dans ceux trait�s aux spores de protozoaires - greniers de l'essai de stockage II(pourcentages moyens sur les col�opt�res, morts et vivants, pour chaque date d'�valuation)

La figure 34 indique la moyenne d'infection individuelle chez les adultes, morts et vivants, sur l'ensemble de la p�riode d'observation, d'une part dans la variante non trait�e, d'autre part dans celle trait�e aux spores. On a observe dans chacune d'elles des taux d'infection significativement plus �lev�s chez les animaux morts. Parmi les col�opt�res traites, 43 % des P. truncatus morts pr�sentaient une infestation par les protozoaires, alors que parmi leurs cong�n�res vivants moins de 10 % seulement �taient infectes. L'infestation par les protozoaires constat�e sur les col�opt�res, morts et vivants, dans les greniers non trait�s, �taient beaucoup plus faible (15 et 2 %)

Chez les adultes du ravageur soumis � un traitement c'�tait l'esp�ce Mattesia qui dominait. Au cours de l'essai de stockage 1, on avait �galement observ� la pr�dominance de la n�ogr�garine par rapport � l'esp�ce Nosema. Lors de l'essai de stockage 11, la p�n�tration de spores de Nosema dans les greniers a �t� 13 encore proportionnellement plus forte que celle des spores de Mattesia. Ce r�sultat est par cons�quent en contradiction avec les quantit�s de spores appliqu�es. On peut en conclure que la n�ogr�garine est plus virulente sur son h�te, P. truncatus que la microsporidie, hypoth�se que l'on avait d�j� pu d�duire des r�sultats d'infection obtenus lors d'un essai pr�c�dent (cf. chap. 3.3.5.2).

Fig. 34 :Comparaison des taux d'infection de Prostephanus truncatus vivants et morts dans les greniers � ma�s non trait�s et dans ceux trait�s aux spores de protozoaires de l'essai de stockage II(taux moyens sur l'ensemble de la p�riode de stockage)

Concernant les essais de stockage I et II, nous dirons en conclusion que l'application de K-Othrine, aussi bien a haute concentration qu'� concentration plus r�duite, a permis de combattre tr�s efficacement l'anobie. Les traitements � la K-Othrine, associ�e a une pr�paration aux spores, ont �galement paralys� le d�veloppement du Grand Capucin du Ma�s. A partir de ces effets manifestement mortels sur le ravageur, on peut conclure que les spores de protozoaires appliqu�es lors des traitements combin�s n'ont pas pu agir du tout, puisque aussi bien les col�opt�res utilises ont �t� tu�s instantan�ment par l'insecticide.

Dans les greniers non traites et dans ceux traites aux spores, le d�veloppement de P. truncatus a �t� cause de d�g�ts plus importants que ceux subis par les greniers o� il �tait dosent Dans le cas du second essai de stockage, cette constatation ne s'applique toutefois qu'au t�moin. Le niveau d'ensemble �lev� des d�g�ts observes dans les diverses variantes de stockage du contre-essai est vraisemblablement d� � la pr�sence d'autres ravageurs des stocks.

Le fait que l'infection par les protozoaires des col�opt�res traites ait �t� significativement plus �lev�e que chez leurs cong�n�res non trait�s montre que le traitement aux spores a agi sur le ravageur au cours des deux essais. N�anmoins, l'infestation a �t� dans l'ensemble tellement minime que le ravageur n'a �t� vraiment freine dans son �volution dans aucun des deux essais. Avec 25,5 % maximum (essai I), et 16,6 % de ravageurs infectes (essai II), ni la mortalit�, ni la croissance de populations n'non �t� modifi�es de mani�re d�cisive par l'application de spores. Ces r�sultats me permettent pas de conclure que la mise en oeuvre dans le grenier � ma�s de la pr�paration aux spores pr�sente une efficacit� certaine contre l'organisme cible, c'est-�-dire P. truncatus.


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