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5. Les conditions globales: Pour une banque de c�r�ales, la cl� de la r�ussite

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

De mani�re sch�matique, on peut repr�senter comme suit les conditions globales, celles-l� m�me dont d�pend l'exploitation fiable d'une banque de c�r�ales.

Fig. 7 Conditions globales

Pour chacune de ces conditions, il y a une toute une s�rie de crit�res � remplir. Ces crit�res doivent faire l'objet d'un examen s�par� pour chaque banque de c�r�ales projet�e, avant la mise en place. Il s'agit pour cela de collecter dans chaque village concern� des informations d�taill�es. La disparit� des situations rencontr�es dans les divers villages (raccordement aux voies de communication, structure ethnique, etc.) interdit toute approche g�n�ralisatrice, qui serait valable pour des r�gions enti�res. Sur le plan concret, cela veut dire qu'une �tude de faisabilit� doit �tre �tablie pour chaque banque de c�r�ales. Nous allons exposer et commenter dans les sections suivantes quelles sont les conditions � remplir pour exploiter une banque de c�r�ales de fa�on rentable.

 

5.1 Besoins / demande

- Il y a � l'origine expression de besoins.
- Ces besoins sont quantifiables (voir tableau).
- Ces besoins ne peuvent pas �tre couverts par d'autres canaux (par ex. le commerce priv�, d'autres banques de c�r�ales ou des r�serves familiales).
- On est en pr�sence de demandeurs solvables (indicateurs: taux d'�pargne, source de revenus).
- La flexibilit� de la demande vis-�-vis des prix est connue.

Dans les tout petits villages (moins de 500 habitants), on peut �tablir directement les besoins par sondage. Dans les villages plus importants, il est recommand� d'avoir recours � des param�tres d�finis. Ainsi par exemple, la part revenant � la banque de c�r�ales dans la couverture des besoins correspond � la diff�rence entre la quantit� r�colt�e, ou la quantit� de c�r�ales emmagasin�e, et la consommation.

Tabl. 4: Calcul des besoins

Exemple

Ratio alimentaire: 190 kg de c�r�ales par t�te et par an
Composition de l'alimentation: 66 % de sorgho, 32 % de mil, 2 % de mais
- Besoin par t�te et par an: 125 kg de sorgho

Dur�e de la soudure: 4 mois
- Besoin par t�te pendant la soudure: 42 kg de sorgho

Planification des besoins et des capacit�s:

Nombre d'habitants
(quartier, village,...)

Besoin total en
sorgho pendant la soudure, en tonnes

Part de la banque de c�r�ales dans la couverture
des besoins:

25 %

20 %

15 %

1.000 42 10,5 t 8,4 t 6,3 t
1.500 63 15,8 t 12,6 t 9,5 t
2.000 84 21,0 t 16,8 t 12,6 t
2,500 105 26,3 t 21,0 t 15,8 t
    = capacit� de stockage de la banque de c�r�ales

 

5.2 Environnement social

• Il n'existe pas de potentiels conflictuels notables

La vision id�alis�e de communaut�s villageoises homog�nes n'est pas plus de mise en Afrique que dans le reste du monde. Les divergences d'int�r�ts existant entre les habitants sont � l'origine de potentiels conflictuels, l'�quilibre �tant en l'occurrence r�tabli par le biais de m�canismes de contr�le sociaux. L� o� ces m�canismes fonctionnent bien, les chances de r�ussite d'entreprises collectives devraient par cons�quent �tre bonnes.

L'�valuation exacte de la coh�sion sociale au sein d'un village passe obligatoirement par une connaissance approfondie des conditions locales et de bons contacts avec la population. Il y a ici un certain nombre d'indicateurs essentiels, qui sont: la consid�ration dont jouissent les autorit�s traditionnelles, le nombre d'associations traditionnelles d'auto-assistance fiables, les projets collectifs existants, ainsi que le nombre des conflits et la mani�re dont ils ont �t� r�solus dans l'histoire du village.

• Il existe un consensus quant � l'objectif poursuivi et au mode de fonctionnement d'une banque de c�r�ales

L'absence de consensus sur la banque de c�r�ales en tant qu'entreprise � vocation commerciale (qui devrait au moins couvrir ses propres frais et, si possible, produire des b�n�fices qui pourront �tre investis par la communaut� villageoise dans d'autres projets), menace la paix sociale au sein du village. A l'inverse, on peut affirmer que l� o� cette paix sociale fait enti�rement d�faut d�s le d�part, il sera difficile de parvenir � harmoniser les points de vue en ce qui concerne l'autoperception de la banque de c�r�ales.

L'obtention d'avantages �conomiques figure rarement parmi les raisons primordiales, qui pousse les Africains � se regrouper dans des associations de toute nature. C'est bien davantage le souci de la sauvegarde de l'�quit� et de l'�quilibre social qui a souvent la priorit� sur la r�ussite �conomique.

Si l'on est a priori oblig� de convaincre d'abord les comit�s de gestion qu'ils doivent d�sormais penser et agir en commer�ants, les perspectives d'une gestion fiable des banques de c�r�ales en tant qu'entreprise � caract�re commercial sont plut�t mauvaises.

 

5.3 Ressources humaines

• Il existe un personnel qualifi�

- pour l'exploitation de la banque de c�r�ales;
- pour le suivi et l'�valuation..

• Les responsabilit�s et la comp�tence en mati�re d�cisionnelle sont �tablies.

• La question de la r�mun�ration est r�gl�e.

• Pour l 'exploitation d'une banque de c�r�ales, il y a quatre fonctions � pr�voir:

- Acquisition (achat et recouvrement de cr�dits en nature)
- Distribution (vente et pr�t)
- Magasinage
- Comptabilit�

Ces fonctions peuvent �tre exerc�es aussi bien par un Comit� de gestion - ce qui est la r�gle - que par un g�rant engag� par le groupe, et dont la mission consiste � g�rer le magasin pour le compte de ce groupe et sous son contr�le.

L'important est que le ou les exploitants soient libres de prendre des d�cisions. Si l'assembl�e du village peut fournir le cadre approximatif dans lequel doit se d�rouler le travail, �lire des g�rants et, le cas �ch�ant, les cong�dier, elle ne doit pas, en revanche, s'immiscer dans la gestion quotidienne.

Le travail doit �tre r�mun�r� �quitablement, par exemple sous forme de participations motivantes au chiffre d'affaires, d'autant plus que le volume des t�ches � assumer d�passe en g�n�ral les limites du b�n�volat.

Du point de vue professionnel, le g�rant d'une banque de c�r�ales doit satisfaire � certaines exigences minimales: �tre alphab�tis� et poss�der des connaissances en comptabilit� et en gestion des stocks. Il faudrait offrir en l'occurrence une aide � l'application pratique des connaissances acquises, et cela par une formation �sur le tas�. Il s'agit-l� d'un aspect qui a souvent �t� gravement n�glig� dans le pass�.

Il ne saurait �tre question de dispenser une formation aussi vaste que possible, mais bien plut�t de rendre cette formation plus efficace. Les mesures de formation ont ceci de commun que leurs r�sultats ne se font sentir que lorsque les autres conditions pr�sidant au bon fonctionnement des banques de c�r�ales sont r�unies. Planification et suivi sont par cons�quent tout aussi essentiels que l'offre en formation.

Il faut veiller � ce que les g�rants de banques de c�r�ales puissent �tre form�s et encadr�s sur plusieurs ann�es par un personnel sp�cialement qualifi�, mis � disposition par l'organisation promouvant le projet. En collaboration avec le groupe, le personnel charg� du suivi devra, � travers des comparaisons entre les pr�visions et les chiffres r�els, identifier les raisons des diff�rences constat�es et rechercher des solutions. Cette t�che exige de la part des personnes charg�es du suivi un degr� �lev� de comp�tence technique et sociale. Le simple contr�le des livres de comptes n'est en aucun cas suffisant.

 

5.4 Ressources mat�rielles

• Le financement de l'entrep�t est assur�

Au niveau de la promotion des banques de c�r�ales, la principale forme de financement rencontr�e dans la pratique est celle du �financement mixte�: les mat�riaux de construction sont pay�s par le donateur, la main d'oeuvre �tant, elle, fournie par les futurs b�n�ficiaires. Les fonds ne sont donc accord�s par le donateur que si le groupe promu fournit de son c�t� un engagement personnel ou financier. L'id�e, derri�re cela, est que plus leur propre contribution est importante, plus les b�n�ficiaires des fonds manifestent de l'int�r�t envers une entreprise collective financ�e de l'ext�rieur.

Il n'y a en principe rien � redire � cela, du moins aussi longtemps que l'id�e de participation ne consiste pas uniquement � faire trimballer des pierres par les participants, alors qu'il s'agit au contraire d'associer d�s le d�part le groupe cible � la planification.

• Le capital d'exploitation n�cessaire � l'achat de c�r�ales est disponible

Par rapport � la dotation initiale en capital d'exploitation, le financement des activit�s d'une banque de c�r�ales par des cr�dits � court terme, outre divers autres avantages (cf. section 6. 1.2.4), offre avant tout une plus grande souplesse. Si par exemple au cours d'une ann�e donn�e l'achat de c�r�ales est d�conseill�, le groupe ne va contracter aucun emprunt, ou encore en faire la demande � d'autres fins. Il faudra toutefois que le cr�dit accord� � la banque de c�r�ales soit d'un montant suffisant et qu'il soit mis � disposition en temps utile, de mani�re � ce que l'on puisse ainsi mettre � profit les p�riodes o� les prix sont au plus bas. La limitation de la dur�e du pr�t vise � permettre une distribution rapide, mais non pr�cipit�e, des c�r�ales, ainsi qu'� pr�venir un stockage trop prolong� ou une sp�culation � mauvais escient.

Il ne faudrait pas accorder de cr�dit � des banques de c�r�ales � la suite de bonnes r�coltes en raison des chutes de prix probables. Comme le prouvent les statistiques, il y a l� en effet une corr�lation manifestement n�gative entre les r�sultats de la r�colte et les prix. Il faudrait �galement pr�voir des remboursements �chelonn�s pour les cas critiques.

Comme l'illustrent en soi les sections 5.3 et 5.4, soutenir financi�rement un volet pr�cis d'un programme de mise en place de banques de c�r�ales constitue une entreprise des plus probl�matiques. Les donateurs finan�ant uniquement la construction de magasins doivent s'attendre � ce que ceux-ci demeurent inoccup�s apr�s ach�vement des travaux. Les groupes livr�s � eux-m�mes pour la gestion du magasin, c'est-�-dire ceux qui ne re�oivent ni formation ni encadrement ult�rieur, �chouent face aux exigences pos�es par cette gestion et se retrouvent d�motiv�s � longue �ch�ance. Ce ph�nom�ne intervient m�me dans les cas o� ils disposent au d�part d'un capital d'exploitation suffisant.

 

5.5 Conditions techniques et organisation

• La question de l'approvisionnement est r�solue

Dans les r�gions d�ficitaires, c'est l'approvisionnement en c�r�ales qui constitue le probl�me majeur. Il s'agit par cons�quent de voir, avant la mise en place de banques de c�r�ales, quelles quantit�s de marchandise on va pouvoir se procurer, sur quels march�s et � quel prix, et de v�rifier si les conditions logistiques n�cessaires sont r�unies.

• Le magasin est op�rationnel

De mani�re fondamentale, une banque de c�r�ales devrait toujours disposer d'un local de stockage collectif appropri�. Le stockage priv� de lots individuels entra�ne une situation embrouill�e et facilite les manœuvres frauduleuses.

• Les modalit�s de distribution sont clairement d�finies

La question de savoir si les c�r�ales peuvent �tre c�d�es ou non � cr�dit repr�sente un point particuli�rement sensible. Du point de vue commercial, cc sont ici les risques qui dominent: insolvabilit� ou r�ticences des d�biteurs en ce qui concerne les remboursements, d�mo-ralisation de ceux qui remboursent ponctuellement. Du point de vue social, les consid�rations humanitaires peuvent en revanche exiger que l'on accorde des cr�dits en nature. Si ce conflit au niveau des objectifs ne re�oit pas de solution, la banque de c�r�ales est vou�e � l'�chec.

• Il existe des documents comptables

• Un syst�me de suivi+�valuation a �t� mis en place

Il est impossible d'assurer le suivi et l'�valuation des r�sultats d'une banque de c�r�ales en l'absence d'une comptabilit� fiable. Trois registres (livre d'achat, de vente et des stocks) suffisent normalement � la saisie int�grale de la situation �conomique de l'entreprise (cf. annexe A et B).

 

5.6 Stockage et protection des stocks

L'exploitation rentable d'un magasin de c�r�ales passe obligatoirement par un stockage r�duisant les pertes au maximum. A condition de se conformer � certains principes techniques fondamentaux, le stockage de c�r�ales ne pr�sente pas de grosses difficult�s. Il faut cependant mettre en garde contre les projets qui consistent � construire des entrep�ts villageois sans veiller � ce que les responsables du stockage re�oivent au pr�alable une formation ad�quate. Dans de nombreux cas o� les programmes de banques de c�r�ales ont �chou�, le pourrissement des c�r�ales suite � de mauvaises m�thodes de stockage a contribu� de mani�re d�cisive � cet �chec. C'est pourquoi nous redonnons encore une fois sous une forme abr�g�e les pr�ceptes essentiels du stockage des c�r�ales. On trouvera dans la bibliographie tous les d�tails techniques d�sir�s, pr�sent�s d'une fa�on claire et simple.

Pour �viter les pertes au cours de la p�riode de stockage, il y a trois facteurs d�terminants:

- L'entrep�t
- L'hygi�ne et les techniques de stockage
- La lutte contre les ravageurs

 

5.6.1 L'entrep�t

L'entrep�t doit prot�ger les c�r�ales contre les nuisances de toute nature. Il s'agit en l'occurrence de l'humidit�, de la chaleur, des infestations de ravageurs, des moisissures et des vols. Pour qu'un entrep�t puisse satisfaire � ces exigences, il y a certains crit�res � respecter d�s le stade de la construction.

Un plan simple permet de limiter les frais de construction et facilite l'hygi�ne. Le sol doit �tre de construction solide, prot�ger de l'eau dans le sol, et sa surface doit �tre lisse afin de faciliter l'entretien. Quant aux murs, on veillera a ce qu'ils soient recouverts d'un enduit lisse et peints en clair � l'ext�rieur. L'entrep�t demeure ainsi en permanence propre, et il y fait �galement frais. Une porte m�tallique fermant herm�tiquement emp�che l'intrusion des rongeurs. Pour la protection contre les insectes, placer devant les dispositifs d'a�ration un treillis anti-insectes. En ce qui concerne le toit, la meilleure solution est de choisir une tonnelle de ciment ou une toiture en t�le d'aluminium ou en fibrociment (la t�le ondul�e s'�chauffe fortement).

On trouvera notamment dans les publications de la F.A.O. et celles du projet GTZ pour les probl�mes d'apr�s-r�colte (FAO 1985; HARNISCH, R. ET KRALL I., S. 1986; KAT, J. ET DIOP, A. 1991) des conseils pr�cis pour la construction d'installations de stockage.

 

5.6.2 Hygi�ne et techniques de stockage

L'hygi�ne regroupe les mesures pr�ventives de toute nature contre les infestations de ravageurs ou la pourriture due aux micro-organismes. Ordre et propret� sont les conditions fondamentales sans lesquelles il n'y a pas de stockage sans pertes. Le grand avantage d'une bonne hygi�ne r�side dans son efficacit�, pour un travail r�duit et des co�ts minimes. L'application rigoureuse des mesures d'hygi�ne requises pr�suppose un sens aigu des responsabilit�s.

Font partie de l'hygi�ne le nettoyage de l'entrep�t avant l'emmagasinage, de m�me que l'ex�cution des r�parations n�cessaires. Les c�r�ales doivent �tre syst�matiquement contr�l�es � la r�ception. Le cas �ch�ant, les nettoyer, les s�cher ou les traiter contre les ravageurs. Effectuer pendant la p�riode de stockage des contr�les de qualit� r�guliers et maintenir propres le magasin et ses abords. Profiter des journ�es fra�ches et s�ches pour a�rer le magasin.

L'empilage des sacs sur des palettes facilite la ventilation, les contr�les et autres op�rations.

Veiller � un empilage correct. Entreposer les insecticides, l'outillage et le reste du mat�riel dans un local s�par�. Faire sortir d'abord les lots les plus anciens (premier entr�, premier sorti !).

On trouvera dans le manuel de stockage de GWINNER, HARNISCH ET M�CK (1991) un expos� pratique complet des mesures d'hygi�ne et des techniques de stockage.

 

5.6.3 Lutte antiravageurs

Dans la lutte antiravageurs, les possibilit�s de pr�vention offertes par certaines caract�ristiques de construction, de m�me que le respect des principes d'hygi�ne, rev�tent une importance capitale. Lorsque la dur�e de stockage exc�de trois mois, il est recommand� d'appliquer un traitement pr�ventif � l'insecticide. Des mesures curatives de lutte sont indiqu�es dans les cas o� les c�r�ales � emmagasiner pr�sentent une infestation, ou encore lorsqu'une infestation se manifeste dans le magasin en d�pit de toutes les mesures de pr�caution alors qu'il est pr�vu de continuer � y stocker la marchandise.

La plupart des produits traditionnels (pr�parations � base de plantes, de min�raux ou de cendres) ne satisfont pas aux exigences d'un stockage de quantit�s importantes et de longue dur�e, ce qui oblige � recourir � des insecticides chimiques. Dans le choix de ces insecticides, il est absolument indispensable de suivre les conseils des sp�cialistes. Les agents de vulgarisation des services de protection des v�g�taux sont en r�gle g�n�rale comp�tents en la mati�re.

Attention: parmi les produits propos�s sur le march�, beaucoup sont inutilisables pour la protection des stocks et de surcro�t. Les produits de fumigation (tablettes d'hydrog�ne phosphor�) sont tr�s dangereux du point de vue de l'application et ne doivent jamais �tre utilis�s par des non-sp�cialistes.

Au nombre des mati�res actives conseill�es, citons le pyrimiphos-m�thyle et la deltam�thrine, qui sont vendus sous divers noms commerciaux. Les produits de protection des stocks sont fr�quemment propos�s sous forme de poudre pour poudrage ou de formules liquides destin�es � la pr�paration de bouillie pour pulv�risations.

Toujours lire attentivement les indications du fabricant sur le mode d'application et le dosage des produits phytosanitaires. Si le sous-dosage demeure inefficace, le surdosage est dangereux pour l'homme ! Se conformer aux consignes de s�curit� habituelles en mati�re d'insecticides, en �vitant surtout le contact direct. Ne pas manger, boire ou fumer pendant l'application. En cas d'accident, ou si une intoxication est � craindre, consulter un m�decin imm�diatement !

On trouvera dans le manuel de stockage de GWINNER, HARNISCH ET M�CK (1991), de m�me que dans la brochure du GIFAP (1989) une description exhaustive de l'emploi des insecticides, avec indication de techniques d'application sp�ciales.

 

5.7 Rentabilit�

Lorsque le produit suppl�mentaire tir� du stockage est sup�rieur aux co�ts totaux, la banque de c�r�ales r�alise un b�n�fice. Les calculs co�ts-produit permettent des conclusions quant � la rentabilit� du capital engag� sans que l'on connaisse toutefois l'origine de celui-ci. Pour la r�ussite d'une entreprise, la mani�re dont les investissements peuvent �tre financ�s constitue toutefois un �l�ment d�cisif.

En compl�ment des calculs co�ts-produits, il serait par cons�quent indiqu� de proc�der � l'�tude chronologique des op�rations de paiement. Les analyses de la marge brute d'autofinancement (cash flow) permettent, par d�duction des int�r�ts non courus, de rendre comparables les encaissements et d�caissements annuels � une date pr�c�dant imm�diatement les investissements. Si la diff�rence entre les encaissements et les d�caissements, apr�s d�duction des int�r�ts non courus, exc�de les co�ts de l'investissement (valeur actuelle positive), l'investissement a �t� rentable.

Dans le cadre d'une analyse de risques, on fera varier certains param�tres importants, comme les prix d'achat et de vente des c�r�ales, ou encore le taux d'utilisation des entrep�ts, par rapport aux hypoth�ses types, et ce afin d'�tablir dans quelles conditions l'entreprise cesse d'�tre rentable. On trouvera en annexe C un exemple illustrant cette m�thode. L'adaptation des hypoth�ses types aux r�alit�s locales requiert tr�s peu de travail: il suffit de remplacer les param�tres utilis�s par ses propres param�tres et d'employer un tableur informatique courant pour ordinateur personnel.

Pour �valuer les perspectives de r�ussite �conomique d'une banque de c�r�ales, il faut �tre en possession des donn�es suivantes:

- Co�ts d'am�nagement de l'entrep�t
- Frais d'entretien et de r�parations de l'entrep�t
- Capacit�
- Dur�e d'utilisation
- Frais de palettes, sacs, balance, conteneurs, balais, produits de protection des stocks
- Pourcentage de pertes
- Quantit�s achet�es et quantit�s distribu�es
- D�lais d'approvisionnement et de distribution
- Evolution des prix de la marchandise stock�e au cours des derni�res ann�es
- Int�r�ts sur pr�ts de c�r�ales
- Int�r�ts d'�pargne et de cr�dit
- Autres conditions de cr�dit

On trouvera au chapitre 7 ainsi qu'en annexe C des calculs types permettant d'�tablir la marge brute d'autofinancement (cash flow).


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