Table des
mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
Les syst�mes traditionnels exploitent le pouvoir dess�chant de l'air naturel ambiant. La culture commence � s�cher dans le champ avant la moisson. Les petits producteurs font s�cher le ma�s avec son enveloppe en exposant, par exemple, les �pis � l'air. Les grands exploitants utilisent toutes sortes de structures ventil�es naturellement pour ramener la teneur en eau des �pis � environ 20 pour cent, stade auquel on consid�re qu'ils sont raisonnablement � l'abri de l'attaque des insectes.
Dans les zones tropicales humides, on utilise beaucoup, pour le s�chage, des structures rondes en lattis. Elles ont de I � 3 m de diam�tre et peuvent atteindre 2,5 m de hauteur. Pour entreposer les �pis de mais sans les d�shabiller, on utilise des plates-formes, souvent selon une disposition sp�ciale, sous lesquelles on peut allumer un feu. Un toit de chaume abrite le mais de la pluie.
Le principal inconv�nient des structures ventil�es traditionnelles est la longue p�riode de s�chage sur pied � laquelle la r�colte doit �tre soumise avant de pouvoir �tre charg�e dans le crib. Les infestations sont donc beaucoup plus importantes au moment de la moisson et risquent de s'aggraver pendant l'entreposage.
En ce qui concerne la moisson, le s�chage et le stockage du ma�s, les syst�mes am�lior�s devraient consister �:
Toute une s�rie d'essais ont �t� effectu�s pour mesurer l'effet de la taille et de la forme des cribs sur la vitesse de s�chage des �pis de mais sans enveloppe, et sur l'ampleur des infestations et des d�g�ts, essais men�s sous la direction du African Rural Storage Centre (ARSC) � Ibadan et Benin, au Nig�ria. Les r�sultats suivants ont �t� obtenus:
Le mod�le recommand� est illustr� par les figures 5.4 et 10.1 et la section 5.6.2.
Le fond de la cellule de stockage se trouve � 1 m du sol; il est soutenu par des supports verticaux de 1,5 m, ind�pendants des supports verticaux plus longs qui supportent le toit et les parois du crib. Des plaques antirats sont pos�es sur les supports verticaux au-dessous du niveau du plancher.
La largeur du crib est de 60() mm dans les zones tr�s humides et peut aller jusqu'� 1500 mm quand l'air est plus sec.
Le tableau figurant � la page suivante donne la capacit� du crib par m�tre de longueur.
Le crib peut �tre aussi long qu'on le veut. On peut le construire avec n'importe quel mat�riau � condition qu'il supporte le poids des �pis et permette de r�server un minimum de 10 pour cent d'ouvertures.
| Largeur du crib (mm) (kg) | Poids des �pis � la moisson d'humidit� | Poids du grain � 14 pour cent |
| 600 | 500 | 300 |
| 1 000 | 850 | 500 |
| 1 500 | 1275 | 750 |
Figure 10.1 Cribs ventil�s traditionnels.
Un crib fait de poutres en bois de sciage, de grillage pour les parois, de t�le ondul�e pour le toit et de plaques m�talliques antirats, co�tera trois fois plus qu'un crib de m�me dimension fait de poteaux en teck, de lattes en bambou pour les parois, de t�le ondul�e pour le toit et de plaques m�talliques antirats. Un crib construit exclusivement avec des mat�riaux tir�s de l'exploitation ou de la for�t co�tera � peu pr�s la moiti� d'un crib soutenu par des poteaux en teck et six fois moins cher qu'un crib ayant une armature en bois de sciage.
Ces co�ts correspondent � la d�pense d'investissement relative � l'entreposage d'une tonne de produit pendant un an, compte tenu de la dur�e de vie des cribs.
Les cribs construits avec des mat�riaux de l'exploitation exigent plus d'entretien que les constructions plus on�reuses et, m�me ainsi, ils ne durent pas plus de quatre campagnes. Les cribs � supports en teck peuvent servir pour huit � dix campagnes s'ils sont trait�s contre les termites.
La Rural Structures Unit du Minist�re de l'agriculture du Kenya et le FAO/DANIDA African Rural Storage Centre d'Ibadan (Nig�ria) ont publi� des brochures d�crivant le mode de construction et d'emploi d'un crib am�lior� pour le mais.
La r�colte est une op�ration tr�s importante. Si elle n'est pas conduite avec le maximum d'efficacit�, les activit�s ult�rieures de pr�vention des pertes risquent de n'�tre qu'une perte de temps. Si, par exemple, des plantes-racines ou des tubercules sont meurtris ou endommag�s d'une fa�on ou d'une autre pendant la r�colte, il ne vaut sans doute pas la peine d'envisager une manutention ou un emballage am�lior�s, car il faut s'attendre que les moisissures et les virus les envahissent rapidement et que le pourrissement soit d�j� d�clench�. Si les op�rations de ramassage sont faites convenablement, il y a plus � esp�rer de l'emploi ult�rieur de m�thodes am�lior�es. La pr�vention des pertes de produits alimentaires dans ce domaine devrait consister en tout premier lieu � fournir des outils et du mat�riel de r�colte appropri�s et � montrer comment on s'en sert.
Dans la plupart des r�gions d'Afrique de l'Ouest, par exemple, la principale r�colte d'ignames se fait entre septembre et novembre. Une partie de cette production sera consomm�e ou vendue imm�diatement, mais le gros de la r�colte sera stock� pendant un maximum de six mois, pour �tre ensuite mang� ou plant�.
Il existe plusieurs m�thodes traditionnelles de stockage des ignames.
Dans ce genre d'installations traditionnelles, -les pertes sont tr�s �lev�es; elles atteignent pour le moins 25 pour cent. Elles sont dues � un rtain nombre de facteurs.
En r�gle g�n�rale, les pertes en cours d'entreposage sont moins importantes en savane qu'en for�t. Cela tient sans doute au fait que le n�matode Scutellonema est moins r�pandu dans les environnements plus arides et que les ignames qui y poussent tendent � avoir une teneur plus �lev�e en mati�re s�che, ce qui semble avoir une incidence importante sur le stockage. D'autre part, les cultivars qui poussent en savane ont une p�riode de dormance endog�ne plus longue et ne germent pas aussi rapidement pendant l'entreposage.
Il est connu que les probl�mes de stockage sont l'un des principaux obstacles auxuels se heurte la production de l'igname; de nombreuses discussions ont �t� consacr�es � l'am�lioration du stockage de l'igname, mais n'ont apport� aucune id�e nouvelle en qui conrne les techniques interm�diaires. Il semble qu'il n'y ait aucune diff�rence pratique entre les meilbures des m�thodes de stockage traditionnelles utilis�es actuellement par les agriculteurs et les technologies avanc�es employ�es � grande �chelle, lesquelles ne seraient de toute fa�on pas applicables aujourd'hui dans de nombreuses r�gions rurales.
Pour r�duire les pertes dans les installations d'entreposage traditionnelles, il faut tenir compte des facteurs suivants.
De r�centes exp�riences ont montr� que le traitement des tubercules d'ignames � des temp�ratures et des humidit�s relativement �lev�es pouvait renforcer leur r�sistance au stockage en cicatrisant les meurtrissures et en affermissant la peau du tubercule. Des temp�ratures de 30 � 40�C et une humidit� relative de 70-90 pour cent pendant un � quatre jours r�duisent efficacement les pertes. Ces conditions peuvent �tre obtenues par divers moyens; l'un des plus faciles consiste � couvrir les tubercules d'une b�che.
Le moment o� l'on pratique le traitement est un facteur important. Il doit �tre fait imm�diatement apr�s la r�colte de fa�on � fermer les blessures provoqu�es lors de l'arrachage et le transport jusqu'� la grange. Apr�s le traitement, les ignames devront �tre manipul�es avec le plus grand soin pour �viter de nouvelles blessures.
Le traitement est tr�s profitable dans le cas de tubercules entrepos�s � basse temp�rature; il l'est moins lorsque les tubercules sont plac�s dans les granges traditionnelles ou dans des cribs. La raison en est que, dans les structures traditionnelles, les tubercules d'ignames gu�rissent au d�but de la p�riode de stockage.
Deux innovations technologiques � grande �chelle ont �t� �tudi�es. Elles ne conviennent pas au stockage sur l'exploitation, mais elles peuvent avoir une application future dans le cadre de la commercialisation des produits entrepos�s en vrac aupr�s des centres de collecte. Il s'agit de:
C'est l� une plong�e dans le futur, mais si l'on a mentionn� ces m�thodes c'est pour indiquer que la recherche sur l'entreposage de l'igname n'est pas n�glig�e.
La moisson et le battage des c�r�ales sont des op�rations tout aussi importantes que la r�colte des plantes-racines et des tubercules. Si elles ne sont pas men�es avec soin, les autres activit�s de pr�vention des pertes de produits alimentaires n'auront sans doute gu�re d'effet. Par exemple, il importe de ne pas briser l'enveloppe des grains pendant la moisson si l'on ne veut pas qu'ils soient plus rapidement attaqu�s et infest�s par les insectes. La pr�vention des pertes de produits alimentaires passe par la fourniture du mat�riel de moisson et de battage appropri�, et par la formation des utilisateurs.
Les principales op�rations du traitement des c�r�ales sont:
- le battage
- le tri
- l'usinage.
Le battage consiste � s�parer les grains de la tige ou de la panicule sur laquelle ils sont fix�s. Il peut s'effectuer dans le champ, 3 la ferme ou au village; il peut se faire � la main, avec l'aide d'animaux ou de machines. Les m�thodes les plus simples consistent � battre les �pis contre un mur ou sur le sol, � fouler aux pieds les particules sur une surface dure, � les faire pi�tiner par des animaux directement ou tractant une machine ou un tra�neau.
Les batteuses peuvent �tre actionn�es par l'�nergie humaine ou animale ou, d'une mani�re plus sophistiqu�e, par un moteur � combustion interne. De nombreux mod�les ont �t� exp�riment�s sur le terrain et jug�s satisfaisants.
On �gr�ne l'�pi de mais apr�s l'avoir d�barrass� de sa spathe. Il existe pour cette op�ration une grande vari�t� de syst�mes manuels et m�caniques.
Le tri consiste � s�parer les grains sains de la paille et des impuret�s. Pour ce faire, on les passe au crible ou on les vanne.
12.2.1 Tamisage. Les impuret�s sont s�par�es des grains du fait de leurs dimensions diff�rentes. Les cribles manuels sont g�n�ralement utilis�s seuls, tandis que la plus simple des machines aura deux cribles - l'un avec de grosses perforations (qui laisse passer les grains et retient les grosses impuret�s), l'autre avec de petites perforations (qui retient les grains, mais laisse passer les petites impuret�s).
12.2.2 Vannage. Avec ce proc�d�, les impuret�s se s�parent des grains du fait de leur densit� diff�rente. Cette op�ration utilise le d�placement d'air pour �liminer les fragments les plus l�gers. La m�thode la plus simple consiste � d�verser lentement le contenu d'un panier (grains et impuret�s) sur une surface propre en le faisant traverser une l�g�re brise naturelle. C'est un travail laborieux, mais encore tr�s couramment pratiqu�.
Les vans m�caniques utilisent le m�me principe, mais le d�placement d'air est cr�� par un ventilateur.
12.2.3 Tri s�lectif. Pour enlever les impuret�s de dimensions plus petites que les grains, on utilise un cylindre dont la paroi interne est alv�ol�e; lorsque le cylindre tourne, il arrive un moment o� les grains sains sont �ject�s et propuls�s dans une auge, tandis que les impuret�s restent bloqu�es dans les alv�oles du cylindre.
Il existe des appareils complexes (SORTEX) qui trient les grains selon leur couleur, mais il s'agit de machines co�teuses qui ne peuvent servir qu'� des usages sp�cifiques.
Le tri � la main donne de bons r�sultats, mais c'est un travail fastidieux, qui n'en est pas moins largement pratiqu� par les agriculteurs.
Figure 12.2 Trieur � trois cribles.
La mouture est une op�ration qui consiste � r�duire en farine l'endosperme des grains de c�r�ales. Pour la plupart des c�r�ales, y compris le ma�s, on enl�ve tout d'abord l'enveloppe du grain (en le pilant � la main apr�s trempage ou en se servant d'une d�cortiqueuse) avant de le moudre pour le transformer en farine. La mouture peut se faire en concassant le grain � la main dans un mortier, en le faisant passer entre deux pierres, ou en se servant d'un moulin � cylindres, � meules ou � marteaux m�canique.
12.3.1 Mat�riel de meunerie. Les machines les plus couramment employ�es sont, au niveau du village, le moulin � meules et le moulin � marteaux et, � l'�chelle commerciale, le moulin � cylindres.
Le moulin � meules se compose de deux plateaux circulaires en fonte h�riss�s de barbures, mont�s sur le m�me axe horizontal de sorte que les meules se pr�sentent verticalement. Une des meules est fixe, elle est attach�e au b�ti du moulin; l'autre est mont�e sur un arbre de transmission et sa distance par rapport � la meule fixe est r�glable. L'op�ration consiste � introduire le grain par le centre de la meule fixe; il est moulu tandis qu'il passe entre les meules et qu'il est repouss� vers les bords. L�, la farine est recueillie et �vacu�e par l'orifice de sortie. Certains mod�les ont trois meules: les deux meules ext�rieures sont fixes et celle du centre est rotative.
Figure 12.4 Machines � nettoyer le grain d deux cribles et aspirateur de t�te.
Figure 12.5 Machine d nettoyer le grain d double aspiration.
Il faut bien veiller � ce que les meules n'entrent pas en contact. Quand le moulin tourne � vide, il faut les s�parer au moyen de la manivelle. Une tr�mie d'alimentation est n�cessaire pour assurer un �coulement r�gulier du grain vers le point d'entr�e situ� g�n�ralement au centre de la meule fixe. L'�cartement des meules est r�gl� au moyen d'une manivelle qui fait avancer l'arbre de transmission et sa meule rotative dans ses coussinets lisses contre un ressort de compression.
L'arbre de transmission tourne � petite vitesse, habituellement � moins de 1500 tr/min; un moulin type pourvu d'un moteur de 5 ch et de meules de 270 mm de diam�tre a un rendement d'environ 250 kg/heure. Le moulin � meules moud des c�r�ales humides, qui bloqueraient un moulin � marteaux.
La finesse de la mouture dans un moulin � meules d�pend des facteurs suivants:
- type de meules et de barbures utilis�es
- vitesse de rotation
- �tat de la surface des meules
- pression exerc�e sur les meules
- vitesse d'alimentation
- type de grain
- teneur en eau du grain.
Les moulins � meules de petit diam�tre peuvent �tre actionn�s � la main.
L'id�e du moulin � marteaux est venue de la pratique du pilonnage � la main. Le pilon a �t� remplac� par un marteau en bois plus lourd fix� � l'extr�mit� d'un levier mont� sur pivot pr�s de son centre. A l'arr�t, le marteau restait log� dans un creux (souvent taill� dans la pierre) o� le grain �tait plac�. Le pilonnage s'effectuait en soulevant le marteau (en pesant sur l'autre bout du levier) et en le laissant retomber de tout son poids.
Les moulins � marteaux modernes se composent d'une s�rie de marteaux fixes ou mobiles, mont�s sur un arbre rotatif et entour�s d'un �cran m�tallique perfor�. L'arbre tourne � une vitesse qui peut atteindre 6000 tr/min selon le type et le diam�tre des marteaux; ceux-ci ont g�n�ralement une vitesse de 75-100 m/s, vitesse mesur�e � l'extr�mit� des marteaux. Le grain entre par une fente de la t�le pour se trouver sur le passage des marteaux et le produit moulu s'�vacue � travers l'�cran.
Un ventilateur � pales souffle de l'air � travers l'�cran et envoie la farine vers la tr�mie d'�vacuation, o� elle est s�par�e du courant d'air par un cyclone et/ou des sacs-filtres en textile tiss�.
Le moulin � marteaux moderne est excellent pour moudre finement des c�r�ales s�ches. Le fait de tourner � vide ne l'ab�me pas, et il peut �tre facilement actionn� par des moteurs � combustion interne � grande vitesse ou par des moteurs �lectriques. Le rendement de cette machine est g�n�ralement d'environ 60 kg/h par kilowatt d'�nergie consomm�e. Jusqu'� 25 pour cent de cette consommation reviennent au ventilateur qui non seulement �vacue la farine, mais fournit aussi le courant d'air qui traverse l'�cran.
La finesse de la mouture d�pend presque enti�rement de la dimension et de la forme des perforations des �crans qui entourent partiellement ou compl�tement les marteaux. La mouture r�sulte du frottement des grains qui sont sans cesse repouss�s contre l'�cran et les uns contre les autres et, surtout pour les mati�res friables, de l'impact des marteaux. Les marteaux sont g�n�ralement r�versibles pour rem�dier � l'usure.
Le moulin � cylindres est un appareil plus sophistiqu� que le moulin � meules ou le moulin � marteaux; il produit une farine fine de grande qualit�, surtout de bl�, mais aussi de mais et de sorgho.
Les cylindres de pr�cision en acier moul� pr�sentent une surface cannel�e et tournent en sens oppos�s � des vitesses l�g�rement diff�rentes. L'�cartement entre les cylindres peut �tre r�gl� avec pr�cision, de sorte que, lorsqu'on verse dans le moulin une simple couche de grains soign sement calibr�s, c'est une petite quantit� pr��tablie qui est pr�lev�e de la surface du grain quand celui-ci descend verticalement entre les cylindres. Toute l'op�ration de mouture consiste � faire passer le grain successivement � travers une s�rie de moulins de ce genre, parfois jusqu'� 10 fois. Le produit de chaque op�ration est cribl�, ce qui permet de recueillir s�par�ment les diverses parties du grain, comme le germe et le son. Ces moulins ont un rendement �lev� et produisent en g�n�ral la farine destin�e � la population urbaine.
La production de riz blanc � partir du paddy est une entreprise complexe qui comprend de nombreuses op�rations. Les grandes rizeries utilisent un outillage et un mat�riel tr�s sp�cialis�s, chaque machine n'effectuant qu'une seule op�ration sur les 20 ou plus n�cessaires au traitement du riz � des fins commerciales. Ces vastes usines doivent avoir une grosse capacit� de production pour justifier leurs d�penses d'�quipement.
Dans les petites rizeries, d'une capacit� inf�rieure � 500 kg/h, une m�me machine effectuera plusieurs des op�rations indispensables � la transformation du paddy en riz blanc, soit au cours d'un seul passage dans la machine, soit en plusieurs fois, la machine �tant r�gl�e diff�remment entre chaque passage. Deux ou plusieurs machines identiques pourront �tre utilis�es successivement, chacune �tant r�gl�e pour accomplir une t�che donn�e.
Les diff�rentes �tapes du traitement du riz sont repr�sent�es � la figure l 3. l, depuis la r�colte des panicules jusqu'� la production d'un riz blanc, poli et calibr�.
La teneur en eau du paddy moissonn� d�passe g�n�ralement 20 pour cent du poids du produit humide. Il faut la ramener � 12-14 pour cent pour faciliter le d�corticage et le traitement. Il est possible de d�cortiquer du paddy n'ayant pas une teneur en eau de cet ordre, mais le rendement des machines s'en ressentira. Les op�rations normalement effectu�es avant le d�corticage sont les suivantes.
Etuvage. Cette op�ration consiste � faire tremper le paddy, � le passer � la vapeur, puis � le faire s�cher. L'�tuvage am�liore la qualit� nutritive du riz, facilite le d�corticage et permet d'obtenir une plus grande proportion de riz blanc entier. Le paddy �tuv� doit �tre s�ch� avant d'�tre usin�. Le riz usin� � partir de paddy �tuv� se conserve mieux que le riz qui n'a pas subi cette op�ration; il a une couleur, des propri�t�s culinaires et un go�t diff�rents. L'�tuvage est une op�ration on�reuse, mais ses avantages compensent g�n�ralement son co�t.
Figure 13.1 Etapes du traitement du riz
S�chage. Il existe deux m�thodes principales. La m�thode locale couramment employ�e est le s�chage au soleil. Le paddy est r�pandu sur une surface propre (b�che, dalle de b�ton, ou m�me terre battue propre) et on le retourne r�guli�rement � la main. Un s�chage trop rapide entra�ne la formation de fissures tr�s fines dans l'endosperme du grain de paddy (clivage du grain par exposition au soleil). Ces fissures s'�largissent et donnent un fort pourcentage de brisures lors des op�rations suivantes. On peut emp�cher la formation de ces fissures en faisant subir aux grains un s�chage moins rapide, par exemple en augmentant l'�paisseur de la couche de paddy � s�cher jusqu'� 150 mm et en la remuant fr�quemment.
Si l'on emploie le s�chage artificiel, il faut suivre les instructions du fabricant. Quand on doit s�cher du paddy tr�s humide, notamment apr�s l'�tuvage, on proc�de g�n�ralement en deux �tapes s�par�es par un temps de repos au cours duquel on a�re le paddy.
Nettoyage. Cette op�ration est importante car les petits graviers et les morceaux de m�tal risquent d'endommager la d�cortiqueuse, et les brins de paille peuvent g�ner l'�coulement r�gulier du paddy vers la d�cortiqueuse. C'est pourquoi il convient d'enlever tous les corps �trangers avant de passer au d�corticage. On emploie souvent un appareil combinant criblage et aspiration pour s�parer les impuret�s l�g�res, et une �pierreuse pour enlever les corps plus denses;
Figure 13.2 Coupe verticale d'un grain de paddy grossi.
Si le paddy doit �tre �tuv� avant d'�tre d�cortiqu�, il faut le laver et l'�goutter avant de le mettre � tremper afin d'�liminer toutes les impuret�s solubles qui risqueraient de colorer les grains.
13.2.1 D�corticage. Cette op�ration consiste � enlever la balle (pellicule, son) du grain de paddy pour obtenir du riz brun. La balle de riz n'a pas de valeur nutritive, mais on peut s'en servir comme combustible, par exemple pour l'�tuvage (figure 13.2). Les cendres donnent du carbone pur que l'on peut utiliser dans la fabrication de l'acier.
Il existe plusieurs sortes de machines � d�cortiquer le paddy. Les trois mod�les les plus employ�s sont:
Ces machines sont repr�sent�es aux figures 13.3, 13.4 et 13.5.
La d�cortiqueuse Englebert (Grant, Planter) est un ancien mod�le toujours tr�s utilis� au niveau du village; elle peut aussi servir au traitement du ma�s. Elle se compose d'un axe en acier cannel�, travaillant � l'int�rieur d'un tamis en acier perfor� et comportant une lame d'acier en saillie dont la distance par rapport � l'arbre peut �tre modifi�e. Pour donner de bons r�sultats, la d�cortiqueuse doit �tre pleine. Le degr� de d�corticage se r�gle en �cartant plus DU moins la lame d'acier de l'arbre et en fixant la vitesse � laquelle le m�lange de riz, de balles et de paddy non d�cortiqu� sort de la tr�mie d'alimentation. Un volet r�glable contr�le le d�bit.
Divers accessoires peuvent �tre ajout�s � la d�cortiqueuse Engleberg. Les plus courants sont une polisseuse � cylindres rotatifs munis de lani�res de cuir qui pressent le riz contre une gaine perfor�e, et un simple aspirateur de balle.
Dans la d�cortiqueuse � cylindres de caoutchouc, le paddy passe en couche unique entre des cylindres gain�s de caoutchouc qui tournent dans des sens oppos�s et � des vitesses diff�rentes. En passant entre les cylindres, le paddy subit un cisaillement qui enl�ve la pellicule, op�ration bien moins brutale que celle de la d�cortiqueuse � axe en acier et qui produit moins de brisures.
La d�cortiqueuse � cylindres de caoutchouc est souvent munie d'un dispositif qui aspire la balle. Cet appareil s�pare les pellicules et les grains de paddy immatures des grains de riz brun.
Les d�cortiqueuses � meules ne sont g�n�ralement pas utilis�es dans les petites rizeries.
Figure 13.4 D�cortiqueuse d cylindres de caoutchouc (utilis�e pour d�cortiquer le paddy).
13.2.2 Op�rations cons�cutives au d�corticage. Les principales op�rations � effectuer apr�s le d�corticage sont le blanchiment, le polissage et le calibrage. Dans les usines qui travaillent � grande �chelle, ces op�rations se font en plusieurs �tapes et font intervenir une succession de machines sp�cialis�es. Dans les petites rizeries, certaines op�rations (comme le calibrage) sont parfois omises, ou ne sont pas absolument n�cessaires (le moulin � rouleau en acier enl�ve aussi le son), ou peuvent �tre accomplies par une seconde d�cortiqueuse, ajust�e en cons�quence.
Le blanchiment consiste � enlever le son des grains de paddy. C'est une op�ration distincte qui suit le d�corticage. Les pellicules adh�rent fortement � l'endosperme et il faut les enlever par frottement contre une surface abrasive et contre les autres grains. La d�cortiqueuse du type Englebert peut enlever la balle et le son en une seule op�ration.
Le polissage est la derni�re et la plus douce op�ration de traitement du paddy; il consiste � d�barrasser le riz blanc des particules de son et de la poussi�re et � lisser sa surface pour am�liorer son aspect.
Le blanchiment et le polissage sont effectu�s conjointement par le moulin � rouleau en acier accompagn� d'une polisseuse.
Il est n�cessaire de trier le riz poli pour s�parer les grains entiers des grains bris�s lorsque le riz blanc est destin� � la vente ou doit �tre entrepos� au-del� de quelques jours. Les grains bris�s se d�t�riorent plus rapidement que les grains entiers, et ces derniers se vendent g�n�ralement � un prix plus �lev�.
Le calibrage se fait � l'aide de machines qui trient les grains en fonction de leur taille (tamis ou trieur � alv�oles) ou de leur densit� (aspiration) ou combinent les deux moyens.