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Synth�se pr�paratoire - La valorisation du ma�s � l'�chelon villageois

 

La valorisation du ma�s � l'�chelon villageois

Nicolas BRICAS, Bernard BRIDIER, Hubert DEVAUTOUR
D�partement des syst�mes agroalimentaires et ruraux, CIRAD, Montpellier, France

Christian MESTRES
D�partement des cultures annuelles, CIRAD, Montpellier, France

�Le ma�s a �t�, et sera, monnaie, nourriture et religion. Il est toujours le visage du Mexique�.

Le ma�s a toujours constitu� la nourriture de base des civilisations m�so-am�ricaines (Mayas, Azt�ques). A partir du XVIe si�cle, les Portugais et les Espagnols l'introduisent en Europe et en Afrique. En Afrique, on note deux axes de p�n�tration puis de diffusion:

Devenu l'une des c�r�ales de base dans le monde (apr�s le riz et le bl�), le ma�s a connu au cours des derni�res d�cennies une grande diversification des utilisations possibles des diff�rents composants de la plante (figure 1). Outre les utilisations alimentaires traditionnelles (cf. phrase en exergue), qui se sont elles-m�mes consid�rablement diversifi�es, la plante permet aujourd'hui des valorisations dans les domaines de l'alimentation animale, de l'�nergie, de la fertilisation, de l'industrie, de la pharmacie (figure 2).

Les valorisations de la biomasse

Les tiges, les feuilles, les spathes, les rafles, et le grain, dans certains cas, sont exploit�s.

Les utilisations en alimentation animale

Par voie humide (ensilage)

L'ensilage par voie humide a �t� d�velopp� surtout dans les pays industrialis�s, sous plusieurs formes.

L'ENSILAGE PLANTE ENTI�RE

Utilis� essentiellement pour les ruminants (vaches laiti�res, moutons...), ses atouts principaux sont l'�nergie et l'app�tence. Il permet des rations de base couvrant une part importante des besoins en �nergie des animaux producteurs de lait ou de viande. Quelles sont les caract�ristiques d'un bon ensilage?

• R�colte entre 30 et 35 % de mati�re s�che: d�but de dess�chement des feuilles au-dessous de l'�pi et jaunissement des spathes; le grain s'�crase difficilement mais se raye � l'ongle.

• Hachage appropri�: 85 � 90 % de particules inf�rieures ou �gales � 1 cm de diam�tre; 10 � 15 % de particules entre 1 et 2 cm.

• Bonne conservation: acidification efficace et rapide (pH 3,8 � 4,2) et ana�robiose. L'acidit� et l'ana�robiose persistantes sont le gage du maintien d'un statu quo chimique et biologique durant plusieurs mois.

La valeur nutritive d'un ensilage de ma�s est de 0,9 UFL/kg m.s. (unit� fourrag�re lait), de 0,8 UFV/kg m.s.(unit� fourrag�re viande). La digestibilit� est de 71 � 72 %. La richesse �nerg�tique du ma�s est li�e � sa digestibilit� �lev�e, avec peu de pertes d'�l�ments nutritifs. La valeur azot�e est faible (7 � 8 %). Le ma�s d'ensilage ne peut � lui seul assurer la couverture des besoins azot�s des ruminants. La teneur en min�raux est tr�s variable (teneur en cendres de 4 � 6 % de la mati�re s�che).

La tige

Les feuilles

La rage

Le grain

Figure 1. Les diff�rents organes de la plante de ma�s.

Figure 2. Les utilisations du ma�s.

On distingue deux formes de stockage

• le silo en tas. Consiste � �riger un tas (en taupini�re ou en couloir entre deux murs) sur une aire b�tonn�e, � le tasser r�guli�rement � l'aide d'un tracteur afin d'en chasser l'air, puis � l'�tanch�ifier herm�tiquement du contact de l'air gr�ce � des b�ches en plastique plaqu�es sur l'ensilage par des chargements divers (sable, sciure, pneus usag�s...).

• le silo-sac (microsilos). D�velopp�e en Espagne, cette technique de stockage utilise des sacs de poly�thyl�ne de 1 000 microns d'�paisseur. Ces sacs d'une hauteur de 1,50 m et d'une largeur de 0,50 � 0,65 m ont le fond soud� herm�tiquement. Remplis d'ensilage, tass�s avec un b�ton, ferm�s par une double attache emp�chant l'entr�e d'air, ils constituent des microsilos d'utilisation plus ais�e pour la manutention et le transport dans les zones o� l'emploi du tracteur est difficile.

L'ENSILAGE GRAIN-RAFLE

Il est destin� en particulier � l'�levage des porcs.

Dans ce cas, humidit� et taux de cellulose guident la formulation. La r�colte de l'�pi entier (grain � plus de 35 % d'humidit�) fournit environ 65 g de cellulose brute par kilo de mati�re s�che et environ 3 500 kcal d'�nergie digestible par kilo de mati�re s�che.

Ce type d'ensilage permet d'�viter l'achat de mati�res premi�res fibreuses en compl�ment d'une ration d'ensilage ma�s grain humide.

Les techniques d'ensilage restent les m�mes que pr�c�demment, la seule diff�rence �tant la granulom�trie du produit (mouture fine).

Dans les zones g�ographiques o� l'obtention d'un grain sec (Il 3 % d'humidit�) n�cessite des co�ts �nerg�tiques de s�chage tr�s �lev�s, l'ensilage de ma�s grain humide, � plus de 35 % d'humidit�, est aussi pratiqu� pour l'alimentation des porcs en particulier.

Par voie s�che

Dans ce cas, les pailles sont un sous-produit de la r�colte du ma�s (grain ou �pi). Leur r�colte s'op�re alors � la fin de la derni�re phase de l'�volution de la plante, phase d'arr�t de fabrication de mati�re s�che et de continuation des transferts. Lorsque l'activit� photosynth�tique devient insuffisante, la demande du grain ne peut plus �tre assur�e que par des transferts de m�tabolites en provenance de l'appareil v�g�tatif (l'augmentation du rendement plante enti�re est alors nulle).

Les tiges et feuilles contiennent alors plus de 25 % de mati�re s�che et repr�sentent moins de 35 % de la mati�re s�che totale de la plante enti�re.

Une des solutions pour la restitution directe de cette mati�re organique au sol consiste � utiliser ces pailles s�ches en alimentation animale. Compte tenu des difficult�s de transport de ces pailles, de volume tr�s important, l'usage le plus courant dans de nombreux pays d'Afrique est de les laisser sur le champ pour la p�ture - soit sur pied, soit r�colt�es et mises en tas, �ventuellement avec un d�fens d'�pineux, pour une utilisation diff�r�e et contr�l�e par les animaux (saison s�che).

Dans le cas de p�ture des chaumes sur le champ, une restitution partielle de fumure organique au sol est op�r�e par les animaux (f�c�s). Il est cependant � noter que les agriculteurs h�sitent quelquefois � utiliser cette valorisation possible des pailles, qui serait responsable d'une infestation plus importante de mauvaises herbes, en raison des semences contenues dans les d�jections animales.

Ces pailles sont utilis�es par les ruminants et ont un taux tr�s faible de mati�res azot�es digestibles ainsi qu'un faible apport �nerg�tique.

La valeur nutritive de la paille de ma�s est d'environ 0,50 UFL et de 4 % de mati�res azot�es digestibles.

Les utilisations en �nergie

Les pailles (tiges, feuilles et spathes)

Deux voies de valorisation sont possibles.

LA COMBUSTION DIRECTE

Ce type d'utilisation se d�veloppe en particulier dans les zones sah�liennes et soudano-sah�liennes dans lesquelles le bois de feu devient rare et cher. Du fait des difficult�s de transport (volume), ce type d'utilisation reste l'apanage des zones rurales et de la cuisine familiale, dans le cadre de la cuisson de l'alimentation.

LA PRODUCTION DE BIOGAZ

La recherche n'a pas travaill� directement sur les pailles de ma�s. On peut cependant, sans risque, extrapoler les r�sultats obtenus sur les pailles de sorgho (CIRAD-IRAT et ISRA) (FARINET et SARR, 1989). Les exp�rimentations ont eu lieu au S�n�gal, dans le cadre d'une exploitation type int�grant l'�levage, l'irrigation, la technologie Transpaille et la petite motorisation pour la production d'�nergie et de compost. Les �quipements de l'unit� exp�rimentale comprennent;

Les r�sidus de r�colte et d'�levage sont utilises pour alimenter le fermenteur sous la forme d'un fumier tr�s pailleux dont les caract�ristiques moyennes sont les suivantes:

Les produits de la fermentation m�thanique de ce fumier sont, d'une part, un gaz combustible (biogaz), d'autre part, un compost, apr�s finition des effluents de fermentation.

Le rendement se situe en moyenne � 170 litres de biogaz par kilo de mati�res s�ches pour une charge d'environ 45 kg de mati�res s�ches par jour (soit environ 130 kg de biomasse-fumier). La quantit� de compost final est �quivalente � 60 % de la biomasse initiale (en m.s.), avec un taux de nitrate de 7 % de l'azote total et une r�serve en azote nitrifiable proche de 60 % de l'azote total.

Les rafles

Les rafles sont constitu�es � 85 % de cellulose et de lignine.

Trois kilos de rafles s�ch�es d�gagent autant d'�nergie qu'un litre de fuel. Dans certains organismes de collecte, elles sont directement utilis�es comme source d'�nergie pour le s�chage.

Dans ce cas, l'op�ration de r�colte n�cessite l'utilisation d'outils adapt�s � la r�colte (corn-picker en culture m�canis�e), et l'op�ration de s�chage n�cessite des g�n�rateurs d'air chaud sp�cifiques (fours sp�ciaux en raison, particuli�rement, de la forte teneur en silice des rafles).

De nouveaux march�s sont actuellement d�velopp�s en Europe: b�ches reconstitu�es, qui peuvent aussi se substituer au charbon de bois.

Par ailleurs, de m�me que les pailles, les rafles peuvent �tre utilis�es en combustion directe pour un usage familial, en particulier la cuisson des repas.

Les utilisations industrielles

Les utilisations industrielles ne sont mentionn�es ici que pour m�moire. La plupart ne sont pas op�rationnelles dans un village en Afrique.

Les pailles (tiges, feuilles, spathes)

Le ramassage des pailles, leur transport, leur stockage et leur transformation posent encore de nombreux probl�mes, tant techniques qu'�conomiques. C'est pourquoi les pailles de ma�s sont tr�s peu utilis�es en Europe pour l'instant. Les principales utilisations actuelles sont:

Les rafles

TRANSFORMATION CHIMIQUE

La principale transformation des rafles par voie chimique est la production de furfural par hydrolyse en milieu acide.

Il faut cependant signaler qu'en milieu tropical d'autres sous-produits sont plus facilement disponibles et riches en pentosanes: enveloppes des graines de coton, balles de riz, bagasses de sucrerie...

Cette transformation entra�ne une production annexe d'alcool �thylique et d'ac�tone ainsi que des sousproduits valoris�s, par exemple, comme engrais.

TRANSFORMATION M�CANIQUE

Les rafles broy�es ont des propri�t�s d'absorption, d'abrasion et de combustion qui leur valent des emplois divers:

De plus, les rafles, enti�res ou broy�es, peuvent �tre utilis�es dans l'�levage, en particulier en aviculture, comme liti�re pour les animaux.

La premi�re transformation du grain

Incidence de la structure et de la composition du grain

Morphologie et texture du grain de ma�s

L'aspect d'un grain de ma�s offre une variabilit� importante (figure 3):

L'enveloppe externe du grain, le p�ricarpe, repr�sente en moyenne 5 % du grain (tableau 1) et le germe environ 10 %. Celui-ci se trouve ench�ss� dans le grain (figure 3), et il sera toujours difficile � s�parer de l'albumen.

On distingue dans l'albumen - environ 80 % du grain - deux parties diff�rentes: une fraction farineuse, opaque � la lumi�re, situ�e pr�f�rentiellement au centre du grain, le long du germe, et dans la partie apicale dent�e, et une fraction vitreuse, translucide, enveloppant l'albumen farineux et le germe (figure 3). La proportion de ces deux fractions est tr�s variable (MESTRES et al., 1991) selon le cultivar consid�r� (tableau 11): ainsi, les vari�t�s locales pr�sentes dans le sud du Togo et du B�nin, ainsi qu'au Cameroun (TCHAMO, 1993), sont farineuses tandis que les vari�t�s am�lior�es sont en g�n�ral � tendance vitreuse � tr�s vitreuse MESTRES et al., 1991). Il existe d'autre part des vari�t�s � grain enti�rement farineux, comme les souches mutantes Opaque 2. On relie g�n�ralement ce caract�re de vitrosit� du grain � sa duret�, c'est-�-dire � sa capacit� � �tre broy� au cours du proc�d� de premi�re transformation: la partie farineuse est plus tendre, plus facile � r�duire en farine que la partie vitreuse.

Il faut noter que plus un grain est humide, plus son albumen est tendre et friable. Inversement, le p�ricarpe et le germe sont friables � l'�tat sec mais deviennent souples et �lastiques quand ils sont humidifi�s.

Tableau I. Structure et composition du grain de ma�s.

  Proportion du grain(% base s�che) (Minimum/maximum)* Composition des diff�rentes parties du grain (% base s�che)
Amidon Prot�ines Lipides Fibres Cendres
Albumen 83 (73/77) 88 8 0,8 3,2 0,3
Germe 11 (9/14) 8 18 33 14 11
P�ricarpe 5 7 3,7 1 84 0,8
Funicule 1 (0,8/2,1) 5 9,1 3,8 78 1,6
Grain entier (min/max)** 100 73 9,1 (7,4/12,3) 4,4 (3,75,8)   1,4 (1,13/1,6)

Moyennes d�termin�es sur grains hybrid�s am�ricains, d'apr�s Earle et al., 1946 Johnson, 1991; except�

*Moyennes mesur�es sur cultivars africains Anonyme, 1984.
**Moyennes mesur�es sur cultivars africains Mestres et al., 1991.

Tableau II. Propri�t�s physiques des grains de ma�s.

  Minimum Maximum Quality Protein Maize (QPM)
Masse de 1 000 grains (gbs) 153 345 192
Pourcentage de grains dent�s 0 100 13
Vitrosit� MY 6 87 54

Observations sur cultivars africains, d'apr�s MESTRES et al., 1991; Louis-ALEXANDRE et al. 1991.

* Pourcentage d'albumen vitreux mesur� sur coupes transversales des grains.

Figure 3. Coupes longitudinales et transversales de grains de ma�s.

Composition du grain de ma�s

Si l'amidon est toujours le composant majeur du grain (tableau 1), on peut observer une assez grade variabilit� dans sa teneur en prot�ines, qui peut quasiment passer du simple au double selon l'�chantilIon consid�r�.

Le germe est tr�s riche en lipides (plus de 30 %, tableau 1), prot�ines et cendres; il contient ainsi pr�s de 80 % des cendres et des lipides du grain. Les lipides du grain sont essentiellement des triglyc�rides (pr�s de 80%; WEBER, 1987), susceptibles d'�tre hydrolys�s et oxyd�s, lib�rant des acides gras libres et provoquant ainsi le ph�nom�ne de rancissement. Les mati�res min�rales du germe sont en majorit� sous forme de phytates: on consid�re ainsi qu'� peine 30 % du phosphore du grain est assimilable (WRIGHT, 1987). L'acide phytique lib�r� lors de la digestion peut par ailleurs rendre non assimilable le calcium de la ration.

Le p�ricarpe est, lui, tr�s riche en compos�s pari�taux: il comporte de 50 � 70 % de pentosanes, qui sont des fibres indigestibles mais fermentescibles (SECKINGER et al., 1960; 13LANCHARD et ADRIAN, 1988). L'albumen est compos� majoritairement d'amidon, mais contient une part non n�gligeable de prot�ines. Ce sont des prot�ines de r�serves, fortement carenc�es en lysine et tryptophane, contrairement aux prot�ines du germe (WILSON, 1987). Toutefois, les grains des vari�t�s Opaque 2 ou QPM 1 ont des teneurs en lysine et tryptophane augment�es de 50 �100 % (WILSON, 1987; KNABE et al., 1992) et ont ainsi une efficacit� prot�ique doubl�e (NATIONAL RESEARCH COUNCIL, 1988).

Enfin, il existe une couche de cellules particuli�res situ�es � la partie externe de l'albumen au contact du p�ricarpe: c'est l'assise prot�ique ou couche � aleurone. Elle repr�sente 2 % environ du grain et est riche en prot�ines (plus de 20 %; HINTON, 1953) et en mati�res min�rales.

Le grain de ma�s comporte la plupart des vitamines importantes (� l'exception de la vitamine B12; WRIGHT, 1987). Mais, il faut noter que la niacine est pr�sente sous une forme complex�e non assimilable. Toutefois, un traitement alcalin � chaud, comme la nixtamalisation, pratiqu�e en Am�rique centrale (voir plus loin), permet de la rendre assimilable, limitant ainsi l'apparition du b�rib�ri, maladie de carence en niacine. Le germe est plus riche en vitamines que l'albumen, exception faite des compos�s carot�no�des (provitamine A), qui sont essentiellement pr�sents dans l'albumen des grains jaunes.

Ainsi, selon le type de premi�re transformation et le degr� de d�corticage (�limination du p�ricarpe) et d�germage, les qualit�s organoleptiques et nutritionnelles du produit seront modifi�es. Le d�corticage permettra de diminuer la teneur en compos�s pari�taux, non digestibles (fibres) et souvent pr�judiciables � la texture en bouche du plat final; toutefois, il s'accompagnera souvent d'une �limination de la couche � aleurone (riche en prot�ines et en mati�res min�rales) et d'un d�germage partiel. L'�limination du germe abaissera la teneur en vitamines, en cendres et en prot�ines (et surtout l'efficacit� prot�ique) du produit, mais, par la d�lipidation induite, permettra de conserver plus longtemps le produit, qui sera moins sujet au rancissement.

Les op�rations de s�chage et de stockage

La premi�re �tape de la cha�ne postr�colte du ma�s est celle de la conservation (en �pis ou en grains).

Les conditions de conservation

Toutes les causes d'alt�ration ont une action dont l'intensit� est conditionn�e par les facteurs de milieu, en particulier le temps, la temp�rature et l'humidit�. Les insectes ont une multiplication d�pendante de la temp�rature (difficile � moins de 18 �C). Au-dessous d'un taux d'humidit� de 10 % du grain, les insectes se d�veloppent plus difficilement. Le d�veloppement des micro-organismes (moisissures) est li� � la combinaison de deux facteurs, temp�rature et humidit�. Le seuil d'humidit� permettant leur d�veloppement est abaiss� par une augmentation de la temp�rature. La germination peut aussi affecter les grains de ma�s en fonction d'une combinaison temp�rature-humidit� (figure 4).

Le s�chage

La r�colte du ma�s s'effectue manuellement dans la plupart des villages africains. La premi�re question � se poser concerne la nature du produit � conserver. Vaut-il mieux effectuer les op�rations de s�chage sur des �pis recouverts par les spathes, sur des �pis d�spath�s (�panouillage) ou sur des grains?

La r�ponse � cette question va d�pendre des conditions climatiques de la zone de production, de l'humidit� du ma�s au moment de la r�colte et des �quipements de s�chage (ou s�chage-stockage) disponibles.

LE PR�S�CHAGE AU CHAMP (CEEMAT, 1988)

Traditionnellement, les paysans ont coutume, quand les conditions climatiques le permettent, de laisser s�cher le ma�s sur pied plusieurs semaines apr�s qu'il ait atteint sa maturit�. Dans certaines zones (Am�rique du Sud, par exemple), on cherche � am�liorer ce s�chage au champ en pratiquant le �doblado�, qui consiste � passer une premi�re fois dans les champs pour casser les �pis. Apr�s la r�colte, qui s'effectue alors sur des ma�s dont l'humidit� est inf�rieure � 20 %, les �pis sont stock�s dans des greniers a�r�s. Si cette technique permet effectivement un pr�s�chage, voire un s�chage du produit (jusqu'� une humidit� d'environ 13 %), elle pr�sente plusieurs inconv�nients:

LE S�CHAGE EN �PIS

Il est essentiel de bien s�cher le produit (humidit� inf�rieure � 13 %) avant le stockage pour �viter une perte de mati�re s�che par respiration et un d�veloppement des micro-organismes. Par rapport � cet imp�ratif, le s�chage en �pis pr�sente les inconv�nients:

En revanche, il pr�sente l'avantage important d'offrir une meilleure conservation du produit semi-humide dans les cas de s�chage lent par ventilation naturelle (meilleure r�sistance aux attaques d'insectes ou de micro-organismes, due � la r�duction des surfaces en contact avec le milieu).

Faut-il laisser ou non les spathes au cours de cette phase de s�chage? A cette question il peut �tre r�pondu que:

Il est donc pr�f�rable, le plus souvent, de d�spather pour favoriser les traitements ult�rieurs.

Deux grands types de s�chage d'�pis sont employ�s.

• Le s�chage par ventilation en convection naturelle

Certaines m�thodes traditionnelles de stockage utilisent des greniers a�r�s (Togo) ou des grappes d'�pis suspendues aux arbres (nord de la C�te-d'Ivoire) ou sur des perches, pratiques le plus souvent li�es � un pr�s�chage pr�alable sur le champ. Dans le nord-ouest et l'ouest du Cameroun, le ma�s est s�ch� par �talement sur des �bandas� (faux-plafonds de bambou � l'int�rieur des maisons et au-dessus des v�randas); un feu est entretenu dans la maison pendant au moins quatre semaines, pendant la saison humide. Le ma�s est s�ch� avec les spathes pour limiter les attaques (insectes et rongeurs) et �viter le noircissement des grains par la fum�e.

Figure 4. Diagramme de conservation des c�r�ales.

L'�quipement le plus r�pandu en Am�rique comme en France pour ce type de s�chage (avec des �pis d�spath�s) est le crib. Les cribs connaissent un d�but de diffusion en Afrique et ils y ont �t� �tudi�s, en particulier par l'international Institute of Tropical Agriculture (IITA). Son emploi est souvent recommand� car c'est une structure combin�e de s�chage-stockage, en particulier dans les zones humides o� l'on r�colte le produit d�s maturit� pour lib�rer le champ.

La diffusion de cette technique reste malgr� tout limit�e.

Les performances techniques n'apparaissent pas syst�matiquement meilleures que celle du s�chage traditionnel. La prise en compte des conditions locales (direction et force des vents dominants, pluies...) dans la conception du crib est importante pour qu'il constitue une technique performante. Une analyse men�e dans l'ouest et le nord-ouest du Cameroun (SAUTIER, 1992) fait ressortir que l'adoption du crib par les producteurs est le plus souvent li�e � d'autres innovations (�paquet technologique�), en particulier:

• Le s�chage par ventilation en convection forc�e

Ce type de s�chage associe en g�n�ral deux op�rations:

L'�quipement comporte donc trois �l�ments: le g�n�rateur d'air chaud, le ventilateur, la cellule de s�chage qui contient les �pis.

Le plus souvent, les installations pr�voient un quatri�me �l�ment, l'�changeur, qui permet de faire chauffer l'air par les gaz de combustion. Pour des probl�mes de qualit�, il peut �tre en effet nocif d'envoyer directement les gaz de combustion dans la masse de grains ou d'�pis.

Dans l'op�ration de s�chage, le combustible est tr�s co�teux. Les produits p�troliers ne sont pas envisageables pour les petites installations et sont de moins en moins �conomiques pour les grandes.

Le s�chage solaire offre l'avantage d'une �nergie gratuite mais difficilement mobilisable (irr�guli�re et peu concentr�e). Le d�bit des s�choirs solaires est limit�, en particulier en saison humide, et ne permet donc pas de traiter rapidement la r�colte. Il n'existe pas d'applications en dehors des aires de s�chage (surfaces au sol permettant l'exposition directe au soleil).

Les sous-produits cellulosiques (rafles) renferment une �nergie calorifique importante et apte � r�chauffer les grandes masses d'air n�cessaires au s�chage (CEEMAT, 1988).

Dans le domaine des petites et moyennes puissances adapt�es � l'�chelle villageoise (moins de 200 thermies par heure), trois types de combustibles biologiques pourraient �tre utilis�s:

Parmi ces trois possibilit�s, et compte tenu des contraintes de la production de biogaz (investissements, int�gration agricuIture-�levage), c'est l'utilisation de la rafle de ma�s, dans des g�n�rateurs simples � la taille d'un producteur ou d'un groupe de producteurs, qui nous parait pr�senter les meilleures perspectives d'avenir.

LE S�CHAGE EN GRAINS

Les probl�mes de conservation du grain humide, d�s qu'il est s�par� de la rafle, impliquent un s�chage rapide pour r�duire l'humidit� � environ 13 %. Cette contrainte impose l'utilisation de g�n�rateurs d'air chaud. Par ailleurs, les pertes de charge engendr�es par la circulation de l'air chaud dans la masse de grains induisent la n�cessit� de recourir � une pression d'air importante en convection forc�e (d'o� une puissance de ventilation en cons�quence).

Le s�chage en �pis appara�t donc pr�f�rable � l'�chelle des villages africains dans toutes les zones o� l'humidit� du grain � la r�colte est importante (zones humides).

Dans les zones s�ches, o� le ma�s est r�colt� � un faible taux d'humidit� (ou pr�s�ch� au champ), il peut en revanche �tre avantageux, pour des raisons de facilit� de manutention et de stockage, d'op�rer le s�chage final sur les grains. On se reportera alors � nos conclusions pr�c�dentes (s�chage des �pis par ventilation en convection forc�e) concernant les combustibles les plus appropri�s (rafles, biogaz).

Le stockage

Les techniques de stockage peuvent �tre �troitement corr�l�es avec les techniques de s�chage, en fonction des conditions climatiques des zones de production (cribs, par exemple, en zones humides).

LE STOCKAGE TRADITIONNEL EN AFRIQUE

Extr�mement variables d'une r�gion � l'autre, les structures traditionnelles de stockage ont cependant un certain nombre de caract�ristiques communes:

LE CRIB

Nous avons d�j� pr�sent� cette technique dans la partie consacr�e au s�chage. Il s'agit d'un �quipement mixte s�chage-stockage, dont nous avons soulign� que l'adoption par les producteurs �tait li�e � celle d'un �paquet technologique�. Il pr�sente un int�r�t particulier en cas d'intensification, quand les structures traditionnelles de s�chage et de stockage ne peuvent plus jouer leur r�le, du fait de l'augmentation des quantit�s mises en jeu.

LE STOCKAGE EN SACS

La solution du stockage en sacs, en magasin, est la plus fr�quemment retenue, car elle permet d'utiliser des b�timents du village. Les principaux facteurs et agents de d�gradation des stocks sont la temp�rature, l'humidit� et les diff�rents d�pr�dateurs (insectes, rongeurs, oiseaux). Les magasins doivent donc �tre con�us et g�r�s de fa�on �limiter l'influence de chacun de ces facteurs (CEEMAT, 1988).

LE STOCKAGE EN VRAC

Le stockage en vrac est encore tr�s peu r�pandu en Afrique et, pour les petites quantit�s, les mat�riels existants (silos m�talliques) sont peu rentables �conomiquement par rapport aux structures traditionnelles.

L'�grenage

Une troisi�me op�ration vient le plus souvent s'ins�rer dans le couple s�chage-stockage, c'est l'�grenage. Selon les options techniques choisies, cette op�ration pourra prendre place juste apr�s la r�colte, entre le s�chage et le stockage ou bien apr�s le stockage, au moment de la transformation ou de la commercialisation.

L'�grenage traditionnel, enti�rement manuel, adapt� � la consommation familiale quotidienne de quelques kilos de ma�s, ne peut r�pondre aux besoins n�s de la commercialisation de plus en plus importante de ce produit sous sa forme grain ou aux besoins des unit�s de transformation. Les �greneuses existant sur le march� sont tr�s vari�es et semblent bien adapt�es � leur fonction:

Si la r�colte est r�alis�e avec les spathes, il peut se r�v�ler int�ressant de m�caniser le chantier d'�panouillage (d�spathage) avant l'�grenage.

continue


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