Table des
mati�res - Pr�c�dente - Suivante
La culture du ma�s dans les syst�mes de culture pluviaux dans l'ouest du Burkina Faso
Zacharie SEGDA
INERA, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
R�sum�. Apr�s avoir caract�ris� la r�gion ouest du Burkina Faso, et plus particuli�rement la zone ma�sicole, les diff�rentes contraintes de production et d'�coulement du ma�s (Zea mays), les diff�rents acquis techniques qui permettent d'augmenter le rendement et les conditions socio-�conomiques de d�veloppement de la culture du ma�s dans les villages ont �t� analys�s. En d�pit de certaines contraintes, la production et la consommation de ma�s se d�veloppent de plus en plus. Malheureusement, les producteurs font face � des difficult�s croissantes pour �couler leur surplus de production sur le march�. Si cette -situation perdure, elle pourrait limiter s�rieusement le d�veloppement de la culture du ma�s. La mise en place d'une politique cons�quente permettant de lever les difficult�s relatives � l'acquisition de moyens de production et d'assurer l'enl�vement de tous les surplus � un prix r�mun�rateur pourrait �tre une d�marche efficace vers l'autosuffisance alimentaire.
Mots-cl�s. Zea mays, syst�mes de culture, recherche, production, stockage, commercialisation, transformation, Burkina Faso.
Abstract. After characterizing the maize (Zea mays) growing region of western Burkina Faso, constraints to maize production and marketing, yield improvement practices and the socio-economic conditions of maize cultivation in the villages were analyzed. In spite of certain constraints, maize production and consumption are increasing. Unfortunately, producers have more and more difficulty marketing their production surplus. This prevailing problem could seriously limit maize production. Implementation of policies to improve access to production needs and to insure the marketing of production surplus at acceptable prices could contribute to food self-sufficiency.
Key words.. Zea mays, cropping systems, research, production, storage, marketing, processing, Burkina Faso.
Selon les donn�es statistiques, les superficies emblav�es en ma�s sont pass�es de 120 000 hectares en 1984 � 201 000 ha en 1988, et la production s'est accrue, passant de 78 000 � 227 000 tonnes pour les m�mes p�riodes (SANOU, 1991 a). Les accroissements not�s sont justifi�s:
En 1988, l'ouest totalisait une production de 148 000 tonnes (soit 65 % de la production totale). Cette zone repr�sente l'essentiel des activit�s ma�sicoles du Burkina Faso.
Le ma�s se rencontre dans tout l'ouest. C'est la culture privil�gi�e de rotation des exploitations cotonni�res.
Le cadre de l'�tude
La zone d'�tude correspond � la r�gion ouest et sud-ouest du Burkina Faso. Elle fait fronti�re avec le Mali, la C�te-d'Ivoire et le Ghana.
D'une superficie de 93 726 km�, elle repr�sente environ le tiers du territoire national. Huit provinces sont comprises dans cette zone, mais, d'un point de vue agricole, elle se d�coupe en quatre Centres r�gionaux de promotion agro-pastorale (CRPA), organismes dont la mission principale est l'intensification des productions v�g�tale et animale et la principale activit� la vulgarisation agricole.
Le CRPA de la boucle du Mouhoun couvre les provinces du Sourou, du Mouhoun et de la Kossi.
Le CRPA des hauts-bassins comprend les provinces du K�n�dougou et du Houet.
Le CRPA du sud-ouest couvre les provinces de la Bougouriba et du Poni.
Enfin, le CRPA de la Como� ne comprend qu'une seule province, celle de la Como� (figure 1). Le climat est du type soudanais avec une seule saison des pluies, de mai �septembre, et un cumul pluviom�trique annuel se situant entre 650 mm et 1 200 mm pour 50 � 70 jours de pluie.
Figure 1. Caries de situation: la zone d'�tude, le d�coupage en provinces et le d�coupage en CRPA.
La v�g�tation est caract�ris�e essentiellement par deux formations qui se succ�dent du sud au nord par une for�t claire s'�tendant entre les isohy�tes 1 000 et 1 200 mm et une savane bois�e qui s'�tend entre 800 et 1 000 mm.
Les sols dominants sont les sols ferrugineux tropicaux sur mat�riaux divers (sableux, sablo-argileux, argilosableux, etc.). Ensuite, on rencontre les sols ferrallitiques moyennement d�satur�s sur mat�riaux sablo-argileux et les sols hydromorphes � pseudo-gley sur mat�riaux � texture vari�e.
Les collines birrimiennes sont g�n�ralement surmont�es d'une cuirasse ferrugineuse (lithosols sur cuirasse) et les d�pressions p�riph�riques qui les entourent sont caract�ris�es par des sols bruns eutrophes ou bruns vertiques, remani�s sur les versants, profonds et fertiles dans les parties basses.
L'ouest et le sud-ouest du Burkina Faso se caract�risent par une tr�s forte diversit� ethnique (38 ethnies environ sur un total d'une soixantaine). Celles qui sont le plus fortement repr�sent�es dans la zone d'�tude sont les ethnies: bobo, bwaba, s�noufo, gouin, marka, samo, toussian, lobi, dagari, mossi, peu 1.
En 1990, la population agricole de la zone dite cotonni�re atteignait presque deux millions d'habitants. Cependant, une forte proportion de cette population est allochtone. Les investigations men�es par l'ORSTOM (SCHWARTZ, 1989) montrent que 33,7 '%, des exploitations agricoles du sud-ouest sont allochtones. Parmi elles, l'ethnie mossi, originaire du plateau central, repr�sente 20,7 % du total des exploitations de la r�gion. Ces migrations et implantations massives ont abouti dans certaines zones � des situations de saturation fonci�re et de d�gradation du milieu, amenant des conflits sociaux (LENDRES, 1992).
L'importance de la ma�siculture
L'aire d'extension du ma�s � l'ouest recoupe les isohy�tes 850 � 1 200 mm et au-del�, mais sa r�partition est assez in�gale. L'analyse plus d�taill�e des statistiques permet de localiser deux zones principales de production (figure 2), le nord de Bobo-Dioulasso, correspondant � la zone cotonni�re, et la r�gion de Banfora-Sid�radougou (SIBAND et WEY, 1989).
Si l'on prend les donn�es statistiques de 1988, o� la surface en ma�s �tait estim�e � 114 000 hectares dans l'ouest, cela repr�sente une progression de 25 % sur les quatre derni�res ann�es.
Tableau I. Statistiques agricoles (zone ouest, 1988).
| Superficie (ha) | Production (t) | |
| Hauts-bassins | 40 000 | 49 000 |
| Como� | 33 000 | 38000 |
| Sud-ouest | 25 000 | 32 000 |
| Mouhoun | 16000 | 29000 |
| Total ouest | 114000 | 148000 |
| Total Burkina Faso | 201 000 | 227000 |
Source: minist�re de l'Agriculture et de l'Elevage, 1990.
Le niveau technique des agriculteurs et la place du ma�s dans l'exploitation sont assez diff�rents selon la zone. On peut identifier quatre situations.
Dans la zone cotonni�re, l'extension de la culture de rente a entra�n� l'intensification du syst�me d'exploitation et une plus grande r�ceptivit� aux am�liorations techniques, dont le ma�s a �t�, apr�s le cotonnier, le premier b�n�ficiaire. Cette culture � vocation alimentaire devient progressivement une culture de rente. Le rendement moyen en ma�s a �t� estim� lors de la campagne 1991 � 2,2 t/ha pour les hauts-bassins et � 1,1 t/ha pour le Mouhoun (Wey 1992). On note une �volution vers la rotation binaire cotonmais.
Dans la transition sud, la place du coton est plus limit�e; les l�gumineuses sont davantage repr�sent�es (arachide, ni�b�, vouandzou...).
Dans la zone sud, essentiellement vivri�re � base de c�r�ales, avec une part importante de l�gumineuses (arachide, ni�b�...), le ma�s est bien repr�sent� dans la partie ouest avec un rendement moyen de l'ordre de 1,4 t/ha. Le sorgho et le mil dominent dans la partie est.
Dans la marge nord, exclusivement vivri�re et c�r�ali�re, le ma�s devient tr�s secondaire face au mil et au sorgho.
Les contraintes
Les contraintes li�es aux conditions p�doclimatiques
Elles se r�sument � l'insuffisance et � l'irr�gularit� des Pluies, � la d�gradation et � l'appauvrissement des sois, � l'abondance des mauvaises herbes, aux maladies, etc.
Les contraintes d'ordre technique
Ces contraintes ont trait, d'une part � la mauvaise assimilation des connaissances techniques, d'autre part au co�t �lev� des intrants.
Figure 2. Les zones � mais et assolement.
La pr�paration du sol
L'op�ration de labour est effectu�e en grande partie sur les cultures de ma�s, tant en manuel qu'en m�canis�.
Le semis en ligne
Cette technique fait actuellement partie des habitudes culturales de la presque totalit� des producteurs de l'ouest du Burkina Faso, et plus particuli�rement de ceux de la zone cotonni�re. Les lignes sont faites essentiellement au rayonneur et/ou au cordeau.
La densit� de semis
La densit� de semis du ma�s s'av�re nettement inf�rieure aux densit�s recommand�es, qui sont de 0,80 m x 0,40 m, 2 plants/poquet (62 500 plants/ha) pour les syst�mes semi-intensifs et intensifs, et de 0,80 m x 0,50 m, 2 plants/poquet (50 000 plants/ha) pour le syst�me traditionnel.
Tableau II. Densit�s sur quatre ann�es (466 exploitations).
| Densit�s(plants/ha) | Pourcentage de cas (%) |
| 50000 | 77 |
| 50 000 � 65 000 | 21 |
| 65 000 | 2 |
Source: WEY (199 2).
Ce ph�nom�ne est essentiellement li� au nombre de graines sem�es par hectare; les paysans s�ment trop clair sur la ligne et avec des �cartements importants.
Les vari�t�s s�lectionn�es
Les nouvelles vari�t�s sont de plus en plus adopt�es. WEY (1 992) montre que l'utilisation de la vari�t� am�lior�e SR 22 conduit � une augmentation de rendement d'environ 30 % par rapport � la vari�t� locale dans trois zones exp�riment�es (Hound�, Ti�fora, Sid�radougou). La vari�t� SR 22 est appr�ci�e non seulement pour ses crit�res de production (environ 4,2 t/ha) mais �galement pour d'autres avantages sur les vari�t�s locales: un cycle plus court (107 jours), une taille moindre avec une insertion de l'�pi plus basse, une meilleure r�sistance � la verse et enfin une r�sistance � la striure qui ressort comme facteur limitant de la production. Depuis la vulgarisation de cette vari�t� en 1986, les structures de vulgarisation ont not� un taux d'adoption variant entre 30 et 70 % dans la zone ma�sicole (SANOU, 1991 a.)
La fertilisation
Elle est tr�s variable d'une zone � l'autre; sa pratique est courante dans le secteur de Hound�, moins �vidente dans la zone de Sid�radougou, et particuli�rement n�glig�e dans la r�gion de Ti�fora.
La pratique de la fertilisation organique reste encore al�atoire et peu courante.
Les rotations culturales
Toujours selon cette enqu�te, les rotations sont encore m�connues de la plupart des exploitants. Il ressort que 66 % des parcelles de ma�s suivent une culture de c�r�ale. Le coton vient en deuxi�me position, alors que la succession culturale avec l�gumineuse est rare, malgr� la pr�sence fr�quente d'arachide en particulier. Dans le CRPA de la Como�, la culture itin�rante se confirme, avec en moyenne 32 % des parcelles de ma�s d�frich�es pendant les quatre derni�res ann�es. Ce ph�nom�ne est constant dans les trois zones concern�es.
Le sarclage
La majeure partie des parcelles de ma�s sont d�sherb�es une premi�re fois; en revanche, il semble que le deuxi�me sarclage est plus al�atoire et souvent r�alis� � la demande.
Le contr�le des mauvaises herbes est encore essentiellement manuel; dans les exploitations plus avanc�es, les interlignes sont nettoy�s m�caniquement par le passage d'un engin aratoire (en attel� ou en motoris�) et manuellement entre les poquets. Le d�sherbage chimique est encore tr�s peu pratiqu�; seuls quelques exploitants m�canis�s utilisent un herbicide de pr��mergence (Primagram 500 essentiellement) dans la zone cotonni�re.
Le buttage
L'op�ration se r�alise dans les diff�rents types d'exploitation. Dans certaines r�gions caract�ris�es par la culture sur billons (Como�, K�n�dougou), le taux d'adoption de ce th�me est faible.
La main-d'uvre
La main-d'uvre est essentiellement familiale. C'est pour l'entretien des diff�rentes parcelles et les op�rations de r�colte qu'apparaissent les deux principaux goulets d'�tranglement. Ils n�cessitent souvent l'intervention de main-d'oeuvre ext�rieure � l'exploitation.
Les contraintes li�es au stockage
Le manque de structures ad�quates de stockage est manifeste dans presque toutes les zones. Les attaques de d�pr�dateurs des stocks sont fr�quentes et l'on assiste souvent � des destructions importantes de r�coltes. Ce manque d'entrep�ts oblige souvent les producteurs � �couler rapidement leur surplus de production � des prix souvent d�risoires.
Les contraintes socio-�conomiques
Les contraintes d'ordre social
On peut citer le mode de gestion de l'espace, qui rend difficiles aujourd'hui les pratiques culturales bas�es sur la jach�re traditionnelle. Cela est d�, d'une part, � la pression fonci�re, � l'installation des migrants et � l'accroissement naturel de la population. D'autre part, certains migrants ont un faible souci de la protection de l'environnement parce qu'ils ne se sentent pas enti�rement responsables, et certains investissements r�alis�s par eux sont mal jug�s par les autochtones. Ces derniers consid�rent, par exemple, la plantation d'arbres sur les parcelles de culture comme un processus d'appropriation fonci�re. Des tensions sociales apparaissent entre migrants et autochtones. Ces derniers font de plus en plus de difficult�s pour pr�ter leurs terres. Certains vont m�me jusqu'� ensemencer la totalit� de leur superficie, quitte ensuite � ne pas pouvoir tout entretenir, et cela de mani�re � n'avoir pas � c�der leurs parcelles en jach�re (LENDRES, 1992).
Les contraintes li�es � l'�coulement des produits
Hormis la culture cotonni�re, o� la commercialisation est suffisament organis�e avec un prix garanti et fix� avant les semis, la production c�r�ali�re ne b�n�ficie pas d'une commercialisation cons�quemment organis�e. L'Office national des c�r�ales (OFNACER) n'arrive pas �assurer la collecte de tous les exc�dents c�r�aliers produits par les paysans. Les commer�ants interviennent dans le circuit � des prix souvent d�risoires.
De m�me, on note une faiblesse de la capacit� de transformation des unit�s agro-industrielles (ma�s en grits et en farines pour l'alimentation humaine, pour les biscuiteries et les boulangeries).
Les acquis techniques
L'ensemble des r�sultats de recherche sur le ma�s a �t� acquis par l'Institut de recherches agronomiques tropicales et des cultures vivri�res (IRAT), qui s'occupait de cette c�r�ale depuis 1960 au Burkina Faso et par l'Institut d'etudes et de recherche agricoles (INERA), � travers l'�quipe ma�s de son programme sorgho-mil-ma�s (SOMMA).
Les objectifs globaux des recherches de cette �quipe peuvent se r�sumer en trois points essentiels (SANOU, 1989): maximiser la production dans les zones � vocation ma�sicole confirm�e, s�curiser la culture du ma�s dans les zones et les syst�mes de production o� elle est marginale et augmenter les superficies consacr�es � cette c�r�ale.
Les aires de culture
La ma�siculture du Burkina Faso est �troitement d�pendante de la pluviom�trie annuelle. Les variations pluviom�triques n�cessitent l'utilisation de vari�t�s � plus ou moins long cycle. De ce fait, trois aires de culture ont �t� sch�matiquement d�finies (SAUVAIRE et SANOU, 1986).
Dans les zones � pluviom�trie inf�rieure � 900 mm, l'emploi de vari�t�s pr�coces (85 � 94 jours) et de vari�t�s extra-pr�coces (75 � 84 jours) est conseill�.
Dans les zones � pluviom�trie sup�rieure � 900 mm, l'utilisation de vari�t�s de cycle interm�diaire (95 � 110 jours), qui rentabilisent le mieux la disponibilit� en eau, est recommand�e. La culture de vari�t�s pr�coces dans cette zone doit r�pondre � un souci de gestion du soi (culture de relais ou pr�vision d'un labour de fin de cycle). L'utilisation de vari�t�s extrapr�coces est un risque (maladies, oiseaux, qualit� du grain...).
Dans les p�rim�tres irrigu�s et les bas-fonds (pas de contrainte hydrique), l'utilisation de vari�t�s de cycle interm�diaire et tardif (plus de 110 jours) est recommand�e.
Les niveaux d'intensification
La prise en compte de l'importance de l'intensification de l'agriculture est primordiale dans le choix d'une vari�t�. De ce fait, trois niveaux d'intensification ont �t� d�finis (SANOU, 1989).
Niveau 1
C'est une agriculture traditionnelle caract�ris�e par l'emploi d'un niveau faible ou nul d'intrants, par l'association culturale (mode traditionnel), et par l'absence quasi totale d'une am�lioration fonci�re. L'autoconsommation est la principale destination de la production. Ce type d'agriculture occupe la majorit� des agriculteurs (environ 74 % des exploitations), avec des superficies variant de 3,9 � 7,3 hectares et une diversit� culturale � base de vivriers (CHATELIN, 1989).
Il est conseill� � ce niveau des vari�t�s rustiques, qui S'adaptent aux conditions des exploitants. Ces vari�t�s sont en g�n�ral des vari�t�s locales am�lior�es, admettant un d�but d'intensification (faible fertilisation). Le niveau de production est satisfaisant (2 � 3 t/ha).
Ce type d'agriculture doit progresser vers l'agriculture semi-intensive si le paysan est bien impr�gn� des th�mes de vulgarisation (semis en ligne, fertilisation...). Parmi les vari�t�s utilis�es et/ou pr�conis�es dans ce syst�me, on peut citer les vari�t�s locales, Massayomba, IRAT 80, jaune de F� dans la zone ouest.
Niveau 2
C'est une agriculture en voie d'intensification, encore nomm�e agriculture am�lior�e ou semi-intensive. Elle est caract�ris�e par l'utilisation des itin�raires techniques propos�s par la recherche et le d�veloppement. Le producteur est souvent dot� d'une charrue et peut assurer ainsi une am�lioration fonci�re (r�sidus de cultures, fumier...). Ce type d'agriculture occupe dans la zone environ 25 % des exploitations. Leur superficie moyenne est variable selon les r�gions, de 6,1 hectares, pour les r�gions � forte densit�, � 12 hectares, pour les r�gions moins peupl�es. Les cultures principales sont le ma�s, le coton et le sorgho, avec souvent des soles r�duites consacr�es au ni�b�, � l'arachide, au s�same, etc. Les exploitations en culture attel�e compl�te se rencontrent beaucoup plus en zone cotonni�re; les taux sont de 10 � 60 % selon les r�gions.
L'emploi de facteurs de production tels que la semence, la fumure min�rale et �ventuellement une protection phytosanitaire est envisageable. La culture du ma�s est r�alis�e en pur dans un syst�me de production; l'objectif de la culture est la commercialisation des exc�dents de l'autoconsommation. A ce niveau, on conseille l'emploi de vari�t�s � bonne potentialit� de rendement, exprimant une bonne production en conditions am�lior�es (vari�t�s composites). Les rendements moyens vont de 3,5 � 4,5 t/ha. Si le paysan atteint les limites de rendement pr�conis�es, il est souhaitable de l'encourager � investir un peu plus en fertilisation et en semence pour faire de l'agriculture intensive. Les vari�t�s recommand�es sont: IRAT 171, IRAT 200 (consommation en frais), POZA RICA 7822, SR 22 et FBPC 1 (ma�s � �clater), Maka, KPJ, KPB, KEJ, KEB...
Niveau 3
C'est une agriculture intensive caract�ris�e par une bonne ma�trise du milieu ainsi que des techniques de culture. Une utilisation optimale de tous les facteurs de production (eau, fertilisants, semences, produits phytosanitaires, herbicides_) est r�alis�e, dans l'optique principale de produire pour la commercialisation. L'am�lioration fonci�re est une priorit�. L'utilisation de charrues et de culture motoris�e est not�e. Ces syst�mes se caract�risent par leur grande superficie avec une moyenne de 27 hectares, un assolement adopt� essentiellement sur le coton, le ma�s et le sorgho. Les pr�occupations mon�taires sont d�terminantes dans la dynamique de ces syst�mes.
Il est recommand� l'utilisation de vari�t�s composites et hybrides � haut rendement (4 t/ha minimum). L'accent sera surtout mis sur des hybrides dont le potentiel de rendement est �tendu (4 � 7 t/ha). Ces vari�t�s permettront au producteur de rembourser son investissement et d'am�liorer toujours son exploitation. On peut citer FBH 1, FBH 33, IRAT 83, IRAT 98...
Les recommandations en agronomie ont pour objectif de fournir au mat�riel v�g�tal cultiv� le maximum de bonnes conditions pour ext�rioriser ses potentialit�s de rendement. Un itin�raire technique adapt� � chaque niveau d'intensification a �t� d�fini, prenant en compte toutes les op�rations culturales.
Les conditions socio-�conomiques du d�veloppement du ma�s
En amont de la production, il est indispensable, pour esp�rer atteindre un d�veloppement global du pays, de prot�ger le patrimoine foncier. En effet, celui de la zone cotonni�re en particulier est de plus en plus d�truit sous le double effet de l'utilisation sans pr�cautions de la culture attel�e et de la mise en place du syst�me extensif de culture pratiqu� par les migrants. Une s�dentarisation par la pratique d'une agriculture plus intensive sur un lopin de terre o� la garantie de l'exploitation est assur�e pourrait mettre fin � ce gaspillage du facteur de production qu'est la terre (BELEM, 1985).
Des efforts de vulgarisation et d'encadrement doivent �tre faits pour d�velopper la culture du ma�s. Il faut cibler encore plus finement les innovations en fonction des contraintes des producteurs, c'est-�-dire mettre n�cessairement � jour une typologie fonctionnelle pour proposer � chaque type de producteur des innovations appropri�es, qui permettront d'accro�tre la production et de r�duire les co�ts au lieu d'un paquet technologique global.
Enfin, il faudrait favoriser l'acquisition de facteurs de production appropri�s.
En aval de la production, une organisation de la commercialisation du ma�s dans le cadre de groupements villageois et d'autres organisations paysannes pourrait aider les producteurs � lutter contre les commer�ants sp�culateurs qui sillonnent la brousse et ach�tent les maigres surplus � des prix d�risoires, d�courageant
Tableau III. Vari�t�s de ma�s recommand�es au Burkina Faso (SANOU, 1989).
| Niveau d'intensification de l'agriculture | Cycle semis-r�colte |
||
| Moins de 95 jours | 95 � 110 jours | Plus de 110 jours | |
| Traditionnel | Jaune Flint de Saria, Jaune de F� | Massayomba, IRAT 80 | |
| Am�lior� | Maka1, KPJ, KPB, KE12, KEB2 | IRAT 171, IRAT 2001, SR 22, FBPC 13POZA RICA 7822 4 | |
| Intensif | IRAT 83, IRAT 98, IRAT 100, IRAT 178, FBH 1, FBH 33 4 | 1 RAT 81 | |
| Conditions climatiques | Pluies < 900 mm | Pluies > 900 mm | P�rim�tres irrigu�s |
Enfin, il faudrait d�finir une strat�gie pour la mise en place de petites unit�s de transformation m�caniques dans les zones de production.
Conclusion
La ma�siculture actuelle du Burkina Faso, bien que domin�e par la production de type traditionnel, est en voie d'am�lioration continue. On note en effet une utilisation accrue de semence am�lior�e et une relative bonne pratique de l'itin�raire technique conseill� par les structures de d�veloppement.
Les r�sultats disponibles pr�conis�s par la recherche sont en mesure de couvrir les besoins � court et � moyen terme des producteurs, et une am�lioration constante des vari�t�s et techniques culturales est � poursuivre. Cependant, il est n�cessaire de proposer � la vulgarisation du mat�riel toujours performant, rencontrant l'agr�ment des agriculteurs et des consommateurs.
Il serait judicieux pour les pouvoirs publics de prendre un certain nombre de mesures: d�finir la place du ma�s dans la politique agricole et alimentaire et la strat�gie � mettre en uvre, privil�gier les formes de production � faible co�t et ma�trisables par les paysans, assurer un prix r�mun�rateur suffisant aux producteurs, am�liorer l'approvisionnement en intrants agricoles et faciliter l'acc�s au cr�dit, d�velopper un programme de protection des productions et de r�duction des pertes apr�s r�colte, d�finir une strat�gie pour la mise en place de petites unit�s de transformation m�caniques dans les zones de production, diminuer la faiblesse d'encadrement du monde rural. Enfin, le ma�s doit disposer d'un march� prot�g� et de d�bouch�s s�rs.
Remerciements
Nous tenons � remercier les diff�rentes personnes qui ont bien voulu consacrer une part de leur temps � faciliter le travail pr�sent� pour leur disponibilit�, pour les entretiens et les discussions qu'ils nous ont accord�s et pour leur contribution aux �l�ments d�velopp�s dans ce document.
Nous remercions particuli�rement P. SIBAND et 1. WEY pour leur solicitude, J. DICKIE et J. O. ZONGO pour leur concours.
R�f�rences bibliographiques
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