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L'intensification de la culture du ma�s dans les exploitations cotonni�res Mandiana en Haute Guin�e
Sayon MARA
Projet de d�veloppement rural de Haute Guin�e, Conakry, Guin�e
Le ma�s est une culture vivri�re particuli�rement r�pandue en Haute Guin�e. Traditionnellement cultiv� sur �terres de cases� (ou tapades) dans la plupart des pr�fectures, le ma�s est cependant cultiv� depuis tr�s longtemps en culture de plein champ sur la pr�fecture de Mandiana, o� il constitue la culture principale des exploitations agricoles et l'aliment de base de la population.
Ces derni�res ann�es, on note une nette �volution de cette culture, tant en ce qui concerne son importance dans les syst�mes de production que sa place dans les syst�mes de culture. En effet, sur la pr�fecture de Mandiana o� son implantation est ancienne, la place r�serv�e au ma�s est grandissante et fait l'objet d'une intensification technique de plus en plus pouss�e. Par ailleurs, pour d'autres pr�fectures comme celle de Kankan par exemple, elle �volue progressivement du statut de culture de tapade au statut de culture de plein champ.
Cette �volution actuelle est avant tout le fait d'une importante demande paysanne, sans qu'elle soit int�gr�e ou motiv�e, comme c'est habituellement le cas, par une organisation plus globale de la fili�re, notamment dans les domaines de la transformation et de la commercialisation.
Le projet de d�veloppement rural de Haute Guin�e (PDRHG), centr� sur le d�veloppement de la production cotonni�re, met en place un certain nombre d'actions pour r�pondre � cette demande paysanne d'intensification technique de la production (figure 1).
Le ma�s et la politique du projet
Le PDRHG, depuis sa cr�ation en 1985, a toujours entrepris des actions de vulgarisation concernant les vivriers et notamment le ma�s. Ces actions reposaient essentiellement jusqu'� ces derni�res ann�es sur le transfert et l'application des techniques d'intensification du coton vers les vivriers, � savoir
Ces actions se sont �largies ces derni�res ann�es � l'approvisionnement en intrants (engrais, herbicide et semences), qui correspondent � une demande paysanne de plus en plus forte.
Les paysans d�sireux de b�n�ficier de conseils techniques et d'intrants sont d�sormais recens�s par les services d'encadrement, ce qui permet de quantifier les besoins en intrants. La vente de ces intrants prend deux formes:
La diffusion du mat�riel agricole est bas�e sur le m�me syst�me de vente, le cr�dit �tant dans ce cas un cr�dit � moyen terme �chelonn� sur quatre campagnes.
Figure 1. Zone d'intervention du PDRGH
Tableau 1. Nombre de paysans et surfaces encadr�s pour le ma�s par le PDRHG pendant la campagne 1993-1994.
| Secteurs de paysans | Surface (ha) | Nombre |
| Siguiri | 1 190 | 1 055 |
| Mandiana | 6911 | 5993 |
| Kankan | 591 | 990 |
| Dabola | 317 | 463 |
| Total | 9009 | 8501 |
Evolution des syst�mes de production et intensification
On distingue sch�matiquement trois grands syst�mes de culture, dans lesquels la place du ma�s varie: le �syst�me de Mandiana�, le �syst�me de Siguiri� et le �syst�me de Kankan� (figure 2).
Le �syst�me de Mandiana�, une intensification croissante
Mandiana est de loin la pr�fecture de Haute Guin�e, o� la culture du ma�s est la plus d�velopp�e. Le ma�s y constitue depuis fort longtemps la culture principale des exploitations agricoles et l'aliment de base de la population rurale. Il est cultiv� sur de grands champs: plus de 1,5 ha en moyenne actuellement par exploitation (PDRHG, 1 992a), cette surface �tant assez �troitement fonction de l'�quipement disponible sur l'exploitation. Les �tudes ont montr� que la surface de ces champs a progressivement augment�, parall�lement au d�veloppement de la culture cotonni�re sur la zone (PPDRHG, 1992b) et au d�veloppement de l'�quipement de culture attel�e (PDRHG, 1992c).
Une �tude du Programme des Nations-unies pour le d�veloppement (PNUD, 1984) estimait � 7 500 ha la superficie annuelle cultiv�e en ma�s sur la pr�fecture. Nos estimations montrent que cette surface serait actuellement de plus de 10 000 ha.
A cette extension notable des surfaces s'ajoute une �volution importante de l'itin�raire technique. A titre d'exemple, 74 % des paysans encadr�s en 1993-1994 ont pratiqu� le semis en ligne, dont 7 % m�caniquement � l'aide d'un semoir. Le sarclage m�canique a �galement progress� de fa�on notable gr�ce � l'utilisation croissante des multiculteurs et des corps sarcleurs vendus par le projet.
Mais l'�volution la plus spectaculaire concerne l'utilisation des intrants (engrais et herbicide). Il est remarquable de noter � ce sujet que cela ne correspondait pas au d�part � des th�mes de vulgarisation prioritaires du projet: concernant les sarclages, par exemple, le projet a toujours privil�gi� le sarclage m�canique, permettant de valoriser la force de traction animale de l'exploitation, par rapport aux herbicides, g�n�ralement co�teux et donc � priori peu int�ressants en l'absence d'une fili�re ma�s organis�e. Pourtant, il nous a rapidement �t� donn� de constater qu'une forte demande paysanne concernant ces intrants existait, certains producteurs n'h�sitant pas � s'approvisionner dans les pays voisins si n�cessaire. Soucieux de r�pondre � cette demande paysanne, mais aussi d'assurer des intrants de qualit� � des co�ts acceptables, le projet a donc d�cid� d'en assurer l'approvisionnement sur la base de la demande recens�e. Ces intrants sont vendus � prix co�tant, prix du transport inclus, et ne font donc l'objet d'aucune subvention.
Ainsi, lors de la campagne 1993-1994, sur les 6 911 ha encadr�s en ma�s sur Mandiana, 4 439 ha ont re�u une dose moyenne en NPK de 160 kg/ha, 1 628 ha ont re�u une dose moyenne en ur�e de 68 kg/ha, et 2 324 ha ont �t� d�sherb�s (la dose moyenne utilis�e est de 3,5 I/ha, la dose vulgaris�e �tant de 4,1/ha).
La pr�fecture de Mandiana a consomm� � elle seule 85 % des engrais vendus par le projet � destination des vivriers sur l'ensemble du projet et plus de 99 % des herbicides. C'est dire si l'intensification de cette culture y fait l'objet d'un engouement particulier. Les hypoth�ses qui permettent de l'expliquer sont actuellement les suivantes:
Figure 2. La place du ma�s dans les syst�mes de culture en Haute Guin�e.
Tableau Il. Evolution des quantit�s d'intrants vendues par le PDRHG sur la pr�fecture de Mandiana.
| Type d'intrant | 1991-1992 | 1992-1993 | 1993-1994 |
| NPK (kg) | 52 350 | 445700 | 710550 |
| Ur�e (kg) | 3 715 | 120 000 | 111 150 |
| Herbicide (I) | 0 | 1 910 | 7880 |
En recourant � cette strat�gie d'intensification, les exploitations visent un double objectif: assurer la production alimentaire de la famille, mais surtout d�gager des surplus de production qui seront �coul�s dans les zones mini�res (orpaillage artisanal) de la pr�fecture de Siguiri et du nord de la pr�fecture de Mandiana. L'assurance de revenus mon�taires d�gag�s par le coton leur permet de conserver leur surplus ma�s jusqu'� la remont�e des cours', en g�n�ral � partir de janvier, date � laquelle d�bute la p�riode d'orpaillage.
Le �syst�me de Siguiri�
Le ma�s fait partie des principales cultures de l'exploitation, avec le riz dans les zones de plaine et l'arachide et le mil-sorgho sur plateaux gravillonnaires. Il est cultiv� sur de grandes surfaces, n�anmoins moins vastes qu'� Mandiana (un peu moins de 1 ha en moyenne).
L'intensification y est actuellement nettement moins pouss�e qu'� Mandiana et la demande paysanne dans ce domaine est pour l'instant moins forte. Celle-ci se d�veloppe cependant si l'on en juge par l'�volution actuelle des semis en ligne, l'utilisation de semences am�lior�es et d'engrais. A cela, plusieurs raisons possibles:
Le �syst�me de Kankan�
Le syst�me que nous d�nommons �Kankan�recouvre � la fois des syst�mes pr�sents dans la pr�fecture de Kankan et �galement la pr�fecture de Dinguiraye, l'ouest de Dabola et le nord de Kouroussa (Haute Guin�e �ouest�).
Bien qu'assez largement r�pandu dans ces zones, le ma�s ne constitue pas ici une des principales cultures des exploitations. Viennent avant les cultures de manioc, fonio, riz et arachide. De fait, il ne constitue qu'un compl�ment dans l'alimentation, m�me si sa part a tendance � augmenter.
Il est encore cultiv� sur les tapades � proximit� des habitations, ce qui lui permet de b�n�ficier d'apports de fumure organique et d'autres d�chets organiques divers. Aucune autre technique d'intensification vulgaris�e n'y est pratiqu�e.
Cependant, sous l'impact du projet qui y a diffus� des semences am�lior�es, la culture du ma�s de plein champ commence � se d�velopper, � la fois sur Kankan (sous-pr�fectures de Baranama sur Kankan et de Ciss�la sur Kourousa). Sur ces zones, la culture du ma�s prend un essor particulier, m�me si les techniques intensives y restent actuellement marginales.
Si ce d�veloppement a pour objectif principal un compl�ment pour l'autosuffisance alimentaire des familles, des surplus n'en sont pas moins d�gag�s qui sont �vacu�s par des commer�ants collecteurs sur les principaux march�s urbains les plus proches (Kankan, Kouroussa et Dabola).
La commercialisation
La commercialisation des vivriers n'est pas dans la vocation du PDRHG, qui se concentre sur l'appui � la production en r�pondant autant que faire se peut � la demande paysanne. Aucune action visant � organiser la (ou les) fili�res ma�s de Haute Guin�e n'a pour l'instant �t� exp�riment�e dans la r�gion.
Les flux actuels des exc�dents de production restent intrar�gionaux - une partie du ma�s de Dabola est cependant �vacu�e sur la Guin�� foresti�re (PPDCFDT, 1991) - et on ne peut proprement parier de fili�re formelle de commercialisation. Ces flux alimentent principalement les zones mini�res et les r�gions d�ficitaires proches (Faranah et Kouroussa).
De fait, on constate que l'absence de fili�res interr�gionales organis�es (qui pourraient permettre d'approvisionner les r�gions d�ficitaires de Guin�e maritime et de Moyenne Guin�e) n'a jusque-l� pas �t� une entrave majeure � l'intensification progressive de la culture, au moins dans les zones traditionnellement productrices (en particulier Mandiana).
Conclusion
Le ma�s est une culture traditionnellement r�pandue en Haute Guin�e. Deux grands syst�mes de cultures sont pr�sents, qui �voluent actuellement avec l'appui du PDRHG: la culture de tapades et la culture de plein champ.
La culture de tapades, � proximit� des habitations et de surface limit�e, est localis�e au sud-est et au nord-ouest de la Haute Guin�e. Essentiellement destin�e � compl�ter l'alimentation de la famille, elle devient progressivement une production d�gageant de petits revenus mon�taires par d�veloppement de la culture de plein champ.
La culture de plein champ, au nord-est de la Haute Guin�e, sur des surfaces plus importantes, conna�t une intensification technique importante (plus particuli�rement sur la pr�fecture de Mandiana). Aliment de base des familles, les exc�dents de production sont revendus sur les march�s locaux et alimentent centres urbains proches et zones mini�res du nord de la Haute Guin�e. Cette production constitue une source de revenus non n�gligeable pour les exploitations.
Les flux restent, � quelques exceptions pr�s, intrar�gionaux et sont l'objet de petits r�seaux de commercialisation locaux, ce qui n'a pas �t� jusque-l� une entrave � l'intensification de la culture, laquelle correspond � une forte demande paysanne.
Cependant, une meilleure organisation de la commercialisation, permettant de mettre en contact producteurs et acheteurs, donnerait sans doute un essor plus grand encore � cette culture et conforterait une dynamique d�j� en marche. Cela devrait faire l'objet d'exp�rimentations et d'interventions de la part de structures sp�cialis�es dans ce domaine.
R�f�rences bibliographiques
PDRHG, 1992a. Les syst�mes de culture dans les pr�fectures de Kankan, Mandiana et Siguiri. PDRHG, suivi-�valuation, avril 1992,
PDRHG, 1992b. Impact du projet sur les vivriers. PDRHG, suivi-�valuation, octobre 1992.
PDRHG, 1992c. Typologie structurelle des exploitations. PDRHG, suivi-�valuation, d�cembre 1992.
PNUD-DTCD, 1984. Etude socio-�conomique r�gionale, bilan-diagnostic au niveau des pr�fectures de Haute Guin�e. PNUD-DTCD.
PPD-CFDT, 1991. March�s et commercialisation des produits agricoles. PPD-CFDT. lui
Mavul� ESSEH-YOVO
IICV, Cacaveli, Togo
R�sum� Dans le contexte d'un programme de transfert utilisant un cultivar local am�lior�, ZL2-SE comme donneur de g�ne � endosperme tendre, la texture dent�e de Poli 16SR, une vari�t� de ma�s blanc pr�coce d'origine CIMMYT � grain dur, fut convertie en texture farineuse apr�s croisement et un double r�trocroisement suivi de trois autof�condations successives avec choix de grain � endosperme tendre � chaque g�n�ration. Quand le bulk BC2-S3-Cl de la vari�t� convertie fut compar�e au parent r�current Poil 16SR, sa texture de grain s'est av�r�e significativement plus farineuse que celle du mat�riel original. Ce r�sultat montre que le r�trocroisement successif peut �tre utilis� pour un transfert rapide du g�ne d'endosperme tendre. L'application d'un tel sch�ma de s�lection faciliterait de beaucoup l'am�lioration de ces vari�t�s �lites de ma�s � haut rendement, r�sistantes aux maladies et aux insectes, mais qui ne sont pas accept�es par les utilisateurs du fait qu'elles ont un rendement faible en farine et qu'elles sont difficiles � transformer dans le cadre de la mouture s�che traditionnelle.
Abstract. Pool 16SR, an early white dent CIMMYT maize variety with hard endosperm, was converted to floury grain texture by crossing and backcrossing it twice with an improved local soft endosperm cultivar, ZL-2-SE, with selection in each crossing generation for signs of the floury texture and then selfing to S3 while selecting for a soft endosperm. When the bulk of the BC2-S3-Cl selection of the converted variety was compared to the recurrent parent Pool 16SR, its grain texture was more floury than the original one. This result demonstrates that continuous backcrossing can be used for rapid transfer of soft endosperm. Such a tendency should facilitate the improvement of those high-yielding maize varieties which were not adopted because they lacked high yield flour and easiness of processing for traditional dry milling.
Bien que de remarquables progr�s aient �t� r�alis�s par les s�lectionneurs de ma�s dans le domaine de l'am�lioration du rendement et de la r�sistance aux maladies et aux insectes, les vari�t�s �lites de ma�s rencontrent tr�s peu d'enthousiasme aupr�s des utilisateurs dans certains pays d'Afrique de l'Ouest. La raison en est que, tr�s souvent, leurs qualit�s meuni�re et gustative laissent � d�sirer. Peu d'informations relatives aux types de ma�s destin�s � des utilisations sp�cifiques sont disponibles (ROONEY et SERNA-SALVIDAR, 1987). Toutefois, sur la base de certaines hypoth�ses de travail pr��tablies qui pourront �tre confirm�es et enrichies au fur et � mesure des investigations r�currentes, on peut affirmer que les types de ma�s � endosperme tendre sont appr�ci�s pour leur haut rendement en farine et leur facilit� de transformation en mouture s�che traditionnelle (OMUETI et al., 1993).
Le ma�s � endosperme tendre, utilis� par les indig�nes du continent am�ricain pour la mouture manuelle, fut s�lectionn� pour son caract�re farineux contr�l� par le g�ne f1 ou l'un des facteurs de cette classe tels que f1 et h (COE et NEUFFER, 1977). La relation g�nique F1/f1 est caract�ris�e par des effets de dosage dans l'endosperme o� la triplo�die permet l'expression de quatre configurations diff�rentes: triplex, duplex, simplex et multiplex pour f1 (op. cit). SCHWARTZ (1965) sugg�ra que le ph�nom�ne de d�rivation (parent� sexuelle par laquelle un facteur est transmis) peut �tre la cause des effets observ�s pour F1 o� deux doses de F1 (transmis maternellement) conf�rent une texture vitreuse au grain, alors que deux doses de f1 (transmis maternellement) aboutissent � la formation de grains �endosperme tendre. Ces effets de dosage F1/f1 sont tr�s facilement perceptibles � l'oeil nu (COE et NEUFFER, 1977).
ALLARD 0 960) estime que la m�thode de s�lection par r�trocroisement trouve sa plus grande facilit� d'appli cation l� o� Ie caract�re � transf�rer peut d�j� �tre identifi� dans les populations hybrides, soit par inspection visuelle soit par de simples tests.
Sur la base de ces informations et d'exp�riences, l'objectif de la pr�sente �tude est de montrer que le sch�ma de r�trocroisement successif peut �tre utilis� pour le transfert rapide du g�ne d'endosperme tendre des �cotypes locaux sur des vari�t�s �lites de ma�s � grain dur.
Mat�riels et m�thodes
En avril 1984, � Ativ�m� (Togo), Pool 16SR, une vari�t� composite de ma�s blanc du CIMMYT (Centro lnternacional de Mejoramiento de Maiz y trigo) � cycle pr�coce et � texture dent�e, fut crois�e avec un cultivar am�lior� � endosperme tendre, ZL2-SE du Togo, qui fut utilis� comme parent femelle avec environ 2 500 plants. A la r�colte, les 250 meilleurs �pis furent s�lectionn�s en tenant compte de la texture farineuse du grain. Cinquante graines �endosperme tendre furent m�lang�es pour former le bulk F1. Pendant les saisons culturales de septembre 1984 et d'avril 1985, deux croisements de retour successifs furent r�alis�s sur Pool 16SR (sans intervention d'autof�condations ou d'endogamie), avec environ 5 000 plants dans chaque g�n�ration de r�trocroisement � une densit� de 55 000 plants � l'hectare. Les 250 �pis ayant la fr�quence la plus �lev�e de grains � endosperme tendre furent retenus � chaque g�n�ration de r�trocroisement. Le bulk balanc� du BC1 fut sem� en m�lange pour l'�tape suivante de s�lection. Apr�s le second r�trocroisement (BC2), les �pis s�lectionn�s furent sem�s en �pi-ligne et subirent trois autof�condations successives avec choix des grains � endosperme tendre des meilleurs �pis de chaque famille. En avril 1987, suite au test de 250 lign�es BC2-S3 les 50 meilleures familles � endosperme tendre furent retenues. Cinquante graines furent pr�lev�es des talons de r�serve de chaque famille S3 s�lectionn�e et furent sem�es en m�lange en septembre 1987. La population r�sultante constitue AB21 -SE, qui fut multipli�e en avril 1988.
En septembre 1988, � Ativ�m� (Togo), fut conduit un essai comparatif vari�tal comprenant AB21 -SE, Pool 16SR, ZL2-SE et deux t�moins qui sont respectivement EV 8430SR, une vari�t� pr�coce du CIMMYT � endosperme blanc vitreux, et LBPA (local blanc pr�coce Ativ�m�), un �cotype local blanc farineux tout venant. Un dispositif de bloc randomis� complet avec quatre r�p�titions fut utilis� au cours de cette exp�rience. La superficie de la parcelle �l�mentaire �tait constitu�e de 6 lignes de 5 m de long. Le semis fut effectu� � une densit� de 55 000 plants/ha avec deux plants par poquet.
La dose d'engrais appliqu�e � l'hectare �tait compos�e de 60 kg N, 30 kg P,O, et 30 kg K2O En vue d'�viter toute contamination des grains, chaque entr�e fut soumise � une r�g�n�ration par voie endogamique. A maturit� compl�te, les quatre lignes centrales furent r�colt�es et les �pis furent s�ch�s jusqu'� environ 15 % de taux d'humidit�. Un �chantillon de 1 000 grains fut pr�lev� de chaque entr�e par r�p�tition, pour une �valuation de la texture du grain. Les vari�t�s furent not�es sur la base de la performance individuelle des grains en utilisant l'�chelle d'�valuation � 5 points, o�:
1 = 100 % farineux
2 = 75 %farineux
3 = 50 % farineux
4 = 25 % farineux
5 = 0 % farineux
Les grains ayant une note comprise entre 1 et 2 �taient consid�r�s comme tendres tandis que ceux dont la notation variait entre 4 et 5 �taient class�s comme durs. Les notes moyennes parcellaires �taient calcul�es en multipliant le nombre de grains dans chaque classe par la valeur de sa note et la somme de ces produits �tait divis�e par le nombre total de grains. L'analyse statistique fut r�alis�e sur la base de la note moyenne par entr�e.
R�sultats et discussion
Le tableau 1 montre la distribution des fr�quences (%) des types de grains d�finis sur la base du taux de farine accumul�e dans les graines des diff�rentes vari�t�s test�es. Les donn�es indiquent que la fr�quence des grains � forte et tr�s forte dose de farine (notes 1 et 2) a vari� de 0 % dans le Pool 16SR original � 96 % dans AB21-SE, qui n'est que la version farineuse de Pool 16SR r�sultant du programme de transfert du g�ne � endosperme tendre.
Tableau 1. Distribution des fr�quences (%) des types de grains d�finis sur la base du taux de farine dans les graines des diff�rentes vari�t�s de ma�s test�es
| Mat�riel | Nb. grains test�s | % de grains ayant la note | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| Pool 16SR | 4000 | 0 | 0 | 4 | 90 | 6 |
| AB21 -SE | 4000 | 48 | 48 | 4 | 0 | 0 |
| ZL2-SE | 4000 | 38 | 54 | 8 | 0 | 0 |
| LBPA | 4000 | 21 | 22 | 45 | 12 | 0 |
| EV-8430SR | 4000 | 0 | 0 | 0 | 18 | 82 |
AB21 -SE se rapproche plus de ZL2-SE, parent nonr�current, que de Pool 16SR en ce qui concerne la texture farineuse du grain. Le tableau Il montre qu'il existe une diff�rence significative entre les notes moyennes de la dose de farine concentr�e dans les graines des diff�rentes vari�t�s test�es. AB21-SE (1,55) diff�re donc significativement de Pool 16SR (4) et de EV 8430SR (4,8) au seuil de 5 %, mais non de ZL2-SE (1,65). Elle s'av�re m�me significativement plus farineuse que. la vari�t� t�moin local tout venant LBPA (2,43).
Tableau Il. Moyenne des notes cod�es du taux de farine par grain dans les graines des diff�rentes vari�t�s de ma�s test�es.
| Mat�riel | Notes moyennes | Groupes homog�nes |
| AB21 -SE | 1,55 | A** |
| ZL2-SE | 1,65 | A |
| LBPA | 2,43 | 8 |
| Pool 16SR | 4,0 | c |
| EV-8430SR | 4,8 | D |
** Test de Duncan: Les moyennes suivies d'une m�me lettre ne sont pas significativement diff�rentes les unes des autres au seuil de 5 %.
Ces r�sultats indiquent que la dose de farine concentr�e dans l'endosperme est d'une h�ritabilit� simple, facilement accumulable dans le contexte d'un sch�ma d'am�lioration combinant croisement et r�trocroisements suivis d'autof�condations successives avec choix du type de grain d�sir� � chaque �tape de s�lection.
Si la m�thodologie de s�lection utilis�e dans le pr�sent programme de transfert a �t� efficiente, c'est parce que, d'une part, l'effet de dosage associ� au g�ne f1 dans l'endosperme peut �tre identifi� avec pr�cision � l'oeil nu, et d'autre part parce que la taille de la population test�e a �t� suffisamment large. Ceci est en accord avec les assertions d'ALLARD (1960), qui estime que le sch�ma de r�trocroisement est tr�s indiqu� pour le transfert des caract�res susceptibles d'�tre identifi�s d�j� dans les populations hybrides, soit par inspection visuelle soit par simple test.
Cela �tant, on pourrait sugg�rer que le r�trocroisement successif peut �tre utilis� pour un transfert rapide du g�ne d'endosperme tendre. Une telle application faciliterait l'am�lioration de ces vari�t�s �lites � haut rendement, r�sistantes aux maladies et aux insectes, qui ne sont pas accept�es par les utilisateurs du fait qu'elles ont un rendement faible en farine et qu'elles sont difficiles � transformer dans le cadre de la mouture s�che traditionnelle.
R�f�rences bibliographiques
ALLARD R.W., 1960. Principles of plant breeding. New York, John Wiley and sons.
COE Ir. E.H., NEUFFER M.G., 1977. The genetics of Corn. ln Corn and Corn Improvement. G.F. SPRAGUE (ed). Wisconsin, USA, American Society of Agronomy.
OMUETI O., DUNMADE V.M., KLING J., 1993. Uses of maize as local food in Nigeria. ln Maize, improvement, production and utilization in Nigeria. FAKOREDE M.A.B., ALOFE C.O. and Kim S.K. (eds). Ibadan, Nigeria, Maize association of Nigeria, 272 p.
ROONEY L.W., SERNA-SALVIDAR S.O., 1987. Food uses of whole corn and dry-milled fractions. In Corn Chemistry and Technology. WATSON S.A. and RAMSTAD P.R. (eds). St Paul, Minnesota, USA, American Association of Cereal Chemists, 605 p.
SCHWARTZ D. 1965. R�solution of gene action in maize. Proc. XI. Int. Cong. Genet. 2:131-135.