La conception d'un projet d'unit� de transformation doit �tre effectu�e selon une proc�dure permettant de d�gager des crit�res de choix aussi bien techniques qu'�conomiques.
Le pr�sent chapitre aborde de mani�re tr�s succincte certains probl�mes d'ordre financier et technique pr�sents dans toute �tude de projet.
L'�laboration d'un projet comprend trois phases successives:
- une �tude d'identification qui, en fonction des habitudes alimentaires, des besoins nutritionnels, du pouvoir d'achat des consommateurs, de l'analyse des disponibilit�s en mati�res premi�res, en �nergie, en main-d'oeuvre et en infrastructure, et suite � la d�cision prise de desservir un march� local ou r�gional, permet de choisir un type de transformation;- une �tude de faisabilit� (comportant un dossier technique, un dossier emploi et un dossier �conomique) visant � d�terminer la capacit� de production de l'unit� � implanter, le montant des investissements n�cessaires et un essai d'implantation des diff�rents postes de l'entreprise en fonction des surfaces allou�es;
- une �tude d'avant-projet d'ex�cution (planning d'ex�cution, mat�riels � mettre en place, �valuation pr�cise de leur co�t, etc.) qui pr�pare la r�alisation pratique des travaux de montage de l'entreprise.
Dans le cas des unit�s de transformation de petite taille qui nous pr�occupent ici, certaines phases d'�valuation pourront �tre regroup�es afin de minimiser les co�ts qu'entra�nerait une �tude exhaustive.
Le pr�sent chapitre a donc pour but d'exposer une m�thode d'�valuation �conomique et simple, applicable � des entreprises modestes dont la capacit� de production, souvent limit�e par les disponibilit�s en cr�dits d'investissement, sera con�ue pour satisfaire la demande de march�s locaux ou r�gionaux.
Les entrepreneurs d�sireux d'investir des sommes importantes dans des entreprises de transformation agro-industrielles tourn�es vers les march�s nationaux ou internationaux devront, en tout �tat de cause, requ�rir les services de soci�t�s d'ing�nierie sp�cialis�es qui �tabliront des dossiers comparatifs de faisabilit� complets et fiables quant � la rentabilit� attendue des diff�rentes options technologiques examin�es dans le cadre d'un projet donn�.
On proc�dera, dans un premier temps, � l'analyse du march� en vue de d�terminer le volume et la gamme des produits que l'on se propose de fabriquer au cours d'un certain nombre d'ann�es.
Dans un deuxi�me temps, on v�rifiera par une premi�re estimation des co�ts d'investissement et des co�ts de production si l'entreprise est rentable ou non et l'on d�terminera les conditions de sa rentabilit�.
Les unit�s de plus grande capacit� dans lesquelles le management joue un r�le primordial devront approfondir leur analyse et �tablir un ou plusieurs �ch�anciers de flux financiers pr�visionnels portant sur une p�riode de cinq � vingt ans.
Il s'agit de d�terminer, pour un produit fini donn�, la taille du march�, son �volution et le niveau de production que la future unit� de production peut esp�rer �couler en fonction du pouvoir d'achat et des go�ts de la client�le vis�e ainsi que de la concurrence et de la structure des co�ts. Il est �galement souhaitable d'effectuer une analyse de l'�volution des prix de gros et de d�tail ainsi que des prix � l'importation du produit consid�r�, car les co�ts de production devront �tre inf�rieurs � ceux de la concurrence locale ou �trang�re.
S'il s'agit d'introduire sur le march� un produit nouveau, le march� potentiel est th�oriquement consid�rable, � condition toutefois que le produit en question soit accept� par les consommateurs. Le taux d'acceptabilit� probable d'un produit nouveau devra d�s lors �tre d�termin� par des m�thodes statistiques parfaitement d�finies et �prouv�es, et non de mani�re empirique comme c'est trop souvent le cas.
Ces diverses donn�es une fois acquises, l'entrepreneur devra faire un choix quant � la capacit� de production de la future entreprise, pour autant que le march� soit suffisamment ouvert et que la limitation des capitaux disponibles n'exclue pas toute possibilit� de choix. La taille de l'entreprise devra �tre d�termin�e non seulement en fonction des d�bouch�s, mais �galement en fonction des possibilit�s d'approvisionnement en mati�res premi�res, de fa�on � ce que l'entreprise soit assur�e de tourner � sa capacit� maximale de production pendant toute l'ann�e pour rentabiliser les investissements. Cette contrainte implique la n�cessit�, pour l'entreprise, de ne pas limiter sa production � un seul produit.
En dehors des conditions de base qu'une unit� de transformation devra remplir pour �tre adapt�e � son environnement et travailler dans des conditions satisfaisantes - conditions qui seront examin�es au chapitre suivant -, il en est une qui commande tout particuli�rement le choix du produit � transformer: c'est le calendrier de production des esp�ces mara�ch�res locales.
Comme le montre l'exemple donn� au tableau 43, il existe des p�riodes creuses dans la r�colte des l�gumes entre les mois de f�vrier et mai et entre la mi-octobre et le mois de d�cembre. Or, l'appertisation des l�gumes n�cessite l'acquisition d'un autoclave qui repr�sente le plus gros investissement en mat�riel. Il est donc n�cessaire d'utiliser cet appareil le plus longtemps possible pendant l'ann�e pour l'amortir. Un moyen d'y parvenir pourrait consister � pasteuriser en bo�tes des fruits arriv�s � maturit� durant les p�riodes creuses des r�coltes mara�ch�res.
Tableau 43. Exemple de calendrier de r�colte de produits mara�chers
|
L�gumes |
Janv. |
F�v. |
Mars |
Avril |
Mai |
Juin |
Juil. |
Ao�t |
Sept. |
Oct. |
Nov. |
D�c. |
|
Tomates | |
| | | | | |
----------------------------------------------- | | |||
|
Piments, poivrons, gombos | | | | |
-------------------------------------------------------------------- | | | |||||
|
Concombres, cornichons |
----------------------------------------------- | | | |
------------------------------------------------------------ | |||||||
|
Courges, courgettes |
---------------------- | | | |
---------------------------------------------------------- |
|
-- | |||||
|
Carottes |
------ | | | | |
---------------------------------------------------------- |
|
---- | ||||
|
Betteraves rouges |
------ | | | | |
---------------------------------------------------------- |
|
---- | ||||
|
Navets |
---------------------- | | |
-------------------------------------------------------------------- | |
-- | ||||||
|
Haricots verts |
| | |
| | |
----------------------------------------------- | | | |||
|
Poireaux |
---------------------- | | | |
---------------------------------------------------------- |
|
-- | |||||
|
Oignons | |
| | | |
---------------------------------------------------------- |
| | ||||
Apr�s avoir d�termin� le niveau de production en fonction des possibilit�s du march� et des approvisionnements et une fois que le mat�riel de fabrication a �t� soigneusement choisi apr�s un appel d'offres en fonction de diff�rents crit�res (co�t et nature du mat�riel propos� - import� ou fabriqu� partiellement sur place -, choix d'une ligne de fabrication, disponibilit�s en �nergie, niveau de qualification de la main-d'oeuvre locale, traitement des sous-produits et rejets, possibilit�s de transport locales, etc.), l'entrepreneur devra estimer les co�ts comparatifs de production par unit� de produit fini en fonction des diverses variantes de production offertes par diff�rentes techniques possibles de fabrication, diff�rents mat�riels ou diff�rentes formes d'�nergie disponibles.
Si l'on veut pouvoir comparer entre elles diff�rentes options techniques, l'estimation des co�ts unitaires de production doit �galement tenir compte des �l�ments suivants:
- frais d'entretien et de r�paration;
- co�t des intrants (fluides, mati�res premi�res, autres mati�res fongibles);
- frais de personnel;
- frais de gestion et d'administration;
- immobilisations fonci�res;
- int�r�ts du fonds de roulement.
Les m�thodes permettant d'estimer ces diff�rents postes sont expos�es dans les sections qui suivent.
L'amortissement annuel des biens mobiliers et immobiliers d�pend de leur prix d'achat, du taux d'int�r�t pratiqu� et de leur dur�e de vie. L'amortissement sera d'autant plus �lev� que les taux d'int�r�t seront plus �lev�s et que la dur�e d'utilisation des b�timents et des mat�riels sera plus courte.
Connaissant le prix d'achat (Z) d'un bien et le taux d'int�r�t annuel (i), il est facile de d�terminer son co�t annuel d'amortissement en divisant son prix d'achat par le facteur (F) indiqu� au tableau 44. Ainsi, le taux annuel d'amortissement d'une machine ayant �t� achet�e 25.000 UM1 � un taux d'int�r�t de 16 pour cent et dont la dur�e d'utilisation (n) est de sept ans est �gal �:
1 Unit� mon�taire fictive.
Tableau 44. Table d'actualisation: valeur actuelle, au taux d'int�r�t (i), de la somme de (n) annuit�s de 1 UM payables en fin d'ann�e
|
Nombre d'ann�es (n) |
Taux d'int�r�t(i) | |||||||||||||||||
| |
5% |
6% |
8% |
10% |
12% |
14% |
15% |
16% |
18% |
20% |
22% |
24% |
25% |
26% |
28% |
30% |
35% |
40% |
|
1 |
0,952 |
0,943 |
0,926 |
0,909 |
0,893 |
0,877 |
0,870 |
0,862 |
0,847 |
0,833 |
0,820 |
0,806 |
0,800 |
0,794 |
0,781 |
0,769 |
0,741 |
0,714 |
|
2 |
1,859 |
1,833 |
1,783 |
1,736 |
1,690 |
1,647 |
1,626 |
1,605 |
1,566 |
1,528 |
1,492 |
1,457 |
1,440 |
1,424 |
1,392 |
1,361 |
1,289 |
1,224 |
|
3 |
2,723 |
2,673 |
2,577 |
2,487 |
2,402 |
2,322 |
2,283 |
2,246 |
2,174 |
2,106 |
2,042 |
1,981 |
1,952 |
1,923 |
1,868 |
1,816 |
1,696 |
1,589 |
|
4 |
3,546 |
3,465 |
3,312 |
3,170 |
3,037 |
2,914 |
2,855 |
2,798 |
2,690 |
2,589 |
2,494 |
2,404 |
2,362 |
2,320 |
2,241 |
2,166 |
1,997 |
1,849 |
|
5 |
4,330 |
4,212 |
3,993 |
3,791 |
3,605 |
3,433 |
3,352 |
3,274 |
3,127 |
2,991 |
2,864 |
2,745 |
2,689 |
2,635 |
2,532 |
2,436 |
2,220 |
2,035 |
|
6 |
5,076 |
4,917 |
4,623 |
4,355 |
4,111 |
3,889 |
3,784 |
3,685 |
3,498 |
3,326 |
3,167 |
3,020 |
2,951 |
2,885 |
2,759 |
2,643 |
2,385 |
2,168 |
|
7 |
5,786 |
5,582 |
5,206 |
4,868 |
4,564 |
4,288 |
4,160 |
4,039 |
3,812 |
3,605 |
3,416 |
3,242 |
3,161 |
3,083 |
2,937 |
2,802 |
2,508 |
2,263 |
|
8 |
6,463 |
6,210 |
5,747 |
5,335 |
4,968 |
4,639 |
4,487 |
4,344 |
4,078 |
3,837 |
3,619 |
3,421 |
3,329 |
3,241 |
3,076 |
2,925 |
2,598 |
2,331 |
|
9 |
7,108 |
6,802 |
6,247 |
5,759 |
5,328 |
4,946 |
4,772 |
4,607 |
4,303 |
4,031 |
3,786 |
3,566 |
3,463 |
3,366 |
3,184 |
3,019 |
2,665 |
2,379 |
|
10 |
7,722 |
7,360 |
6,710 |
6,145 |
5,650 |
5,216 |
5,019 |
4,833 |
4,494 |
4,192 |
3,923 |
3,682 |
3,571 |
3,465 |
3,269 |
3,092 |
2,715 |
2,414 |
|
11 |
8,306 |
7,837 |
7,139 |
6,495 |
5,938 |
5,453 |
5,234 |
5,029 |
4,656 |
4,327 |
4,035 |
3,776 |
3,656 |
3,544 |
3,335 |
3,147 |
2,752 |
2,438 |
|
12 |
8,863 |
8,384 |
7,536 |
6,814 |
6,194 |
5,660 |
5,421 |
5,197 |
4,793 |
4,439 |
4,127 |
3,851 |
3,725 |
3,606 |
3,387 |
3,190 |
2,779 |
2,456 |
|
13 |
9,394 |
8,853 |
7,904 |
7,103 |
6,424 |
5,842 |
5,583 |
5,342 |
4,910 |
4,533 |
4,203 |
3,912 |
3,780 |
3,656 |
3,427 |
3,223 |
2,799 |
2,468 |
|
14 |
9,899 |
9,295 |
8,244 |
7,367 |
6,628 |
6,002 |
5,724 |
5,468 |
5,008 |
4,611 |
4,265 |
3,962 |
3,824 |
3,695 |
3,459 |
3,249 |
2,814 |
2,477 |
|
15 |
10,380 |
9,712 |
8,559 |
7,606 |
6,811 |
6,142 |
5,847 |
5,575 |
5,092 |
4,675 |
4,315 |
4,001 |
3,859 |
3,726 |
3,483 |
3,268 |
2,825 |
2,484 |
|
16 |
10,838 |
10,106 |
8,851 |
7,824 |
6,974 |
6,265 |
5,954 |
5,669 |
5,162 |
4,730 |
4,357 |
4,033 |
3,887 |
3,751 |
3,503 |
3,283 |
2,834 |
2,489 |
|
17 |
11,274 |
10,477 |
9,122 |
8,022 |
7,120 |
6,373 |
6,047 |
5,749 |
5,222 |
4,775 |
4,391 |
4,059 |
3,910 |
3,771 |
3,518 |
3,295 |
2,840 |
2,492 |
|
18 |
11,690 |
10,828 |
9,372 |
8,201 |
7,250 |
6,467 |
6,128 |
5,818 |
5,273 |
4,812 |
4,419 |
4,080 |
3,928 |
3,786 |
3,529 |
3,304 |
2,844 |
2,494 |
|
19 |
12,085 |
11,158 |
9,604 |
8,365 |
7,366 |
6,550 |
6,198 |
5,877 |
5,316 |
4,844 |
4,442 |
4,097 |
3,942 |
3,799 |
3,539 |
3,311 |
2,848 |
2,496 |
|
20 |
12,462 |
11,470 |
9,818 |
8,514 |
7,469 |
6,623 |
6,259 |
5,929 |
5,353 |
4,870 |
4,460 |
4,110 |
3,954 |
3,808 |
3,546 |
3,316 |
2,850 |
2,497 |
|
21 |
12,821 |
11,764 |
10,017 |
8,649 |
7,562 |
6,687 |
6,312 |
5,973 |
5,384 |
4,891 |
4,476 |
4,121 |
3,963 |
3,816 |
3,551 |
3,320 |
2,852 |
2,498 |
|
22 |
13,163 |
12,042 |
10,201 |
8,772 |
7,645 |
6,743 |
6,359 |
6,011 |
5,410 |
4,909 |
4,488 |
4,130 |
3,970 |
3,822 |
3,556 |
3,323 |
2,853 |
2,498 |
|
23 |
13,489 |
12,303 |
10,371 |
8,883 |
7,718 |
6,792 |
6,399 |
6,044 |
5,432 |
4,925 |
4,499 |
4,137 |
3,976 |
3,827 |
3,559 |
3,325 |
2,854 |
2,499 |
|
24 |
13,799 |
12,550 |
10,529 |
8,985 |
7,784 |
6,835 |
6,434 |
6,073 |
5,451 |
4,937 |
4,507 |
4,143 |
3,981 |
3,831 |
3,562 |
3,327 |
2,855 |
2,499 |
|
25 |
14,094 |
12,783 |
10,675 |
9,077 |
7,843 |
6,873 |
6,464 |
6,097 |
5,467 |
4,948 |
4,514 |
4,147 |
3,985 |
3,834 |
3,564 |
3,329 |
2,856 |
2,499 |
a) Valeur des b�timents et des ouvrages
Celle-ci englobe le co�t de tous les travaux de construction (g�nie civil, b�timents, am�nagements fixes - eau, �nergie, routes, cl�tures, etc.) et peut varier dans des proportions consid�rables selon les mat�riaux utilis�s, l'emplacement, les conditions locales. On �tablira la valeur des investissements immobiliers sur la base de plusieurs devis �tablis par des entrepreneurs locaux auxquels les travaux en question pourraient �tre confi�s.
b) Valeur des biens d'�quipement
L'estimation de la valeur des mat�riels non fongibles doit porter sur le co�t des assurances, des emballages, des transports et des manutentions, de fa�on � obtenir le prix total de l'�quipement mont� et pr�t � fonctionner. Pour les mat�riels import�s, il convient donc d'ajouter � la valeur f.a.b. (franco � bord)1 tous les frais d'assurances, de transports, de transitaires, etc. qui vont grever le mat�riel depuis son port d'embarquement jusqu'� son lieu de montage, ou d'ajouter � la valeur c.a.f. (co�t, assurance, fret) tous les frais aff�rents au d�barquement et � l'acheminement du mat�riel, du port d'arriv�e � son lieu d'utilisation.
1 On dit aussi f.o.b.
Si l'on veut obtenir une valeur plus exacte du co�t annuel d'amortissement des b�timents et des mat�riels en tenant compte de leur valeur r�siduelle � la fin de leur dur�e de vie utile, on peut utiliser la formule:
dans laquelle (Z), (F), (i) et (n) sont identiques aux param�tres pr�c�dents et (S) est la valeur r�siduelle attribu�e aux b�timents et aux mat�riels apr�s amortissement.
L'entrepreneur aura tout avantage � s'adresser � un transitaire pour conna�tre les co�ts d'acheminement du mat�riel de fabrication n�cessaire. Le poids et l'encombrement de ce mat�riel sous emballage seront communiqu�s par le fournisseur.
En dehors des cas o�, dans les entreprises de tr�s petite taille, l'entretien et la r�paration du mat�riel et des b�timents ne sont pas assur�s par le propri�taire lui-m�me, les frais d'entretien et de r�paration doivent comprendre non seulement les pi�ces de rechange et autres mati�res fongibles comme les peintures, les d�tergents, les graisses, etc., mais �galement le co�t de la main-d'oeuvre affect�e � ces travaux.
Globalement, les travaux et produits d'entretien peuvent �tre estim�s annuellement � environ 5-7 pour cent du co�t total du mat�riel de fabrication dans l'exemple consid�r�.
Il importe de conna�tre avec pr�cision les besoins en mati�res premi�res (l�gumes) et en mati�res annexes fongibles (sucre, acides, pectines, par exemple) ainsi que les besoins en fluides (�lectricit�, fuel, eau) qui vont �tre consomm�s en une ann�e pour couvrir les besoins de la fabrication. Les besoins en emballages (bo�tes, bocaux, capsules, cartons, etc.) entrent �galement dans l'�tablissement des bilans mati�res qu'il convient d'�tablir et de chiffrer avec soin pour pouvoir d�terminer les co�ts annuels de fabrication.
En cas d'alimentation de l'installation par le r�seau, le co�t de la consommation annuelle d'�lectricit� s'obtient en multipliant la puissance de chaque moteur (exprim�e en kW) par le nombre pr�sum� de ses heures d'utilisation, en faisant la somme des produits ainsi obtenus et en multipliant celle-ci par le prix d'achat du kWh. Il faudra �ventuellement ajouter � ce co�t annuel le montant des charges fixes d'abonnement, de location de transformateur, etc.
Si l'entreprise produit elle-m�me son courant � l'aide d'un groupe �lectrog�ne, le co�t annuel sera �gal au co�t du combustible utilis� pour actionner le groupe (dont l'amortissement et l'entretien seront �galement pris en compte).
Les co�ts annuels des combustibles (fuel, gaz ou bois utilis�s pour actionner des moteurs ou produire de la vapeur) seront calcul�s en multipliant les consommations horaires en litres de chaque appareil par le nombre d'heures d'utilisation et par le prix du litre du combustible correspondant, et en faisant la somme des produits ainsi obtenus.
La puissance d'un moteur exprim�e en CV peut �tre convertie en kW en divisant le nombre de CV par 1,3410. Ainsi, un moteur de 16 CV �quivaut � un moteur d'environ 12 kW.
Dans certains cas, l'entreprise aura int�r�t � acheter son �lectricit� pendant certaines p�riodes de l'ann�e et � en produire elle-m�me � d'autres moments, par exemple en p�riodes d'�tiage. Dans ce dernier cas, elle pourra m�me envisager de vendre du courant �lectrique � l'Etat ou � des tiers si la puissance install�e le permet.
Les charges annuelles de personnel sont �troitement li�es � la taille de l'entreprise, � sa structure et � la nature des produits fabriqu�s.
Une toute petite unit� de production de conserves de l�gumes peut facilement restreindre son personnel au cercle familial, alors qu'une entreprise semi-industrielle produisant 100 kg/h de l�gumes appertis�s en bo�tes, comme dans l'exemple cit� au chapitre 12, devra consacrer une part non n�gligeable de son budget en salaires annuels vers�s � quelque 30-35 personnes.
L'entrepreneur doit pouvoir �valuer ses besoins en main-d'oeuvre non qualifi�e, compte tenu de la capacit� de production de l'entreprise. Le nombre d'ouvriers n�cessaire pour effectuer une t�che donn�e correspond au volume de travail � effectuer en un laps de temps donn� (par huit heures) divis� par la productivit� horaire moyenne.
Dans l'exemple chiffr� au chapitre 12 d'une petite conserverie devant produire 800 bo�tes de l�gumes appertis�s par jour, l'autoclave ne pourra �tre utilis� qu'apr�s deux heures environ de travaux pr�paratoires (pesage, lavage, �pluchage, d�coupage, etc.), tandis que les postes suivant l'appertisation ne seront occup�s que durant trois heures environ. D'autre part, les postes de pr�paration des l�gumes seront inoccup�s en fin de journ�e. L'entrepreneur pourra choisir soit d'employer la main-d'oeuvre journali�re pour effectuer certains travaux pendant un temps limit�, soit de modifier l'emploi du personnel permanent en fonction des besoins momentan�s. Dans le premier cas, la main-d'oeuvre non qualifi�e peut varier journellement ou saisonni�rement. Cette main-d'oeuvre fluctuante est r�mun�r�e � l'heure ou � la t�che selon la l�gislation en vigueur, � rencontre du personnel permanent pay� sur une base hebdomadaire ou mensuelle.
Le co�t annuel total (P) du personnel peut �tre calcul� dans ce cas � partir de la formule:
P = Wtdst + 12 Wpsp + 12 M dans laquelle:
Wt = nombre de manoeuvres journaliers temporaires;d = nombre de jours durant lesquels les manoeuvres temporaires sont employ�s;
st = salaire journalier de la main-d'oeuvre temporaire;
Wp = nombre d'employ�s permanents;
sp = salaire mensuel du personnel permanent (ou salaire mensuel moyen pond�r� si tous les membres de ce personnel n'ont pas le m�me salaire);
M = salaire du directeur de l'entreprise.
Le salaire du directeur de l'entreprise devrait �tre au moins �gal � celui qu'il pourrait obtenir dans une autre entreprise. Quant aux salaires des employ�s qualifi�s et des manoeuvres, ils doivent correspondre aux bar�mes fix�s par la loi.
Ces frais sont n�gligeables dans les entreprises familiales de tr�s petite taille et peuvent atteindre 0,75-1 pour cent du chiffre d'affaires dans les entreprises plus importantes susceptibles de commercialiser leur production � l'�chelle locale ou nationale, voire d'exporter une partie de leurs produits.
Que l'entreprise soit propri�taire ou locataire du terrain sur lequel elle est implant�e, il convient de tenir compte, pour �tablir un choix technologique, de la valeur de ce terrain. Le co�t annuel de cette immobilisation fonci�re peut �tre estim� en fonction de la superficie occup�e et du prix de location d'un terrain situ� � proximit�.
Le fonds de roulement n�cessaire varie en fonction du volume des stocks de mati�res premi�res et des stocks de produits finis requis pour assurer la bonne marche de l'entreprise. Ces stocks de s�curit� sont ceux que l'entreprise estime devoir constituer en intrants (l�gumes, combustibles, emballages, r�serves de produits de fabrication, etc.) ou en produits finis pour faire face aux demandes de la client�le.
L'int�r�t que cet argent immobilis� sous diverses formes rapporterait s'il �tait plac� � un taux donn� est comptabilis� dans les frais fixes d'exploitation au m�me titre que les immobilisations fonci�res.
Une petite entreprise familiale pourra fonctionner au jour le jour sans immobiliser des sommes importantes, tandis qu'une entreprise semi-industrielle produisant, par exemple, 100 kg/h de conserves devra pr�voir un stock de s�curit� amont de mati�res premi�res d'environ deux mois et un stock aval de produits finis d'un mois (soit 15 tonnes de conserves environ), ce qui repr�sente une somme d'environ 15 pour cent du chiffre d'affaires annuel. Le fonds de roulement varie en fonction du choix technologique retenu, notamment en ce qui concerne les intrants de fabrication n�cessaires.
En g�n�ral, le fonds de roulement est estim� � 20-25 pour cent des d�penses d'exploitation (co�t des intrants, plus charges de personnel).
L'estimation des co�ts unitaires de production, qui repr�sentent la somme des co�ts annuels de production d�finis dans les sections 11.3.1 � 11.3.7 divis�e par le tonnage annuel de produits finis fabriqu�s, constitue la derni�re �tape analytique avant le choix technologique. En effet, la technique la mieux appropri�e sera celle dont le co�t de production est le plus bas; il convient de choisir le mat�riel et l'�chelle de production en fonction de ce crit�re.
Dans les tr�s petites entreprises artisanales utilisant la seule main-d'oeuvre familiale, le choix technologique se portera sur la technique associ�e au taux d'amortissement des constructions et des mat�riels ainsi qu'au co�t unitaire de l'�nergie consomm�e les plus bas, le co�t de la main-d'oeuvre restant constant.
Dans les entreprises semi-industrielles, le choix devra porter sur la technique susceptible d'assurer la plus forte valeur ajout�e1 pour le plus faible investissement en mat�riel et les co�ts de production les plus bas. Il s'agit dans ce cas de comparer le co�t des divers �quipements, ainsi que les prix de vente au d�tail des produits finis et des sous-produits qu'ils permettent d'obtenir. Autrement dit, le choix technologique devra �tre simultan�ment la r�sultante d'un choix technique et d'un choix de produits.
1 La valeur ajout�e se calcule en retranchant du chiffre d'affaires les d�penses d'exploitation vers�es � des agents ext�rieurs � l'entreprise: achat des intrants, travaux ex�cut�s par l'ext�rieur.
Quant aux entreprises industrielles, elles devront proc�der � des analyses �conomiques et financi�res beaucoup plus fines fond�es sur l'�tude des �ch�anciers de flux financiers relatifs aux diff�rentes variantes d'un projet. Ce travail, on 1 a vu, doit �tre r�alis� par des soci�t�s d'ing�nierie sp�cialis�es.