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3.2 Le syst�me de post-r�colte dans l'exploitation agricole

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

3.2.1 Exploitations et m�nages consid�r�s en tant que syst�mes
3.2.2 Aper�u du syst�me de post-r�colte sur l'exploitation
3.2.3 Besoins en mais et utilisation du ma�s
3.2.4 M�thodes de stockage du ma�s
3.2.5 Causes des pertes de ma�s au cours du stockage
3.2.6 Mesures de protection des stocks de ma�s

3.2.1 Exploitations et m�nages consid�r�s en tant que syst�mes

L'exploitation agricole familiale se d�finit comme une unit� de production � caract�re local, technique et organisationnel, dans laquelle les facteurs de production sont combin�s par une action planifi�e, en fonction d'objectifs d�finis, et cela en vue de produire des marchandises (STEINHAUSER et al. 1978, p. 15). Si l'on �largit le champ d'observation de l'exploitation agricole en y incluant le m�nage, on a alors une vue d'ensemble de l'espace global dans lequel s'inscrit la vie de la famille (DOPPLER 1991, p. 7).

Parall�lement aux rapports externes entre l'exploitation et l'environnement repr�sent� par le syst�me, il existe une relation �troite producteur-consommateur entre l'exploitation et le m�nage, laquelle exerce une influence consid�rable sur le choix des objectifs (stocker par exemple du ma�s pour garantir l'existence de la famille), et par l�-m�me sur la prise de d�cisions (par exemple sur l'esp�ce de ma�s et les quantit�s � stocker). Le stockage constitue en l'occurrence le lien �l�mentaire entre l'exploitation (production) et le m�nage (utilisation).

Dans les conditions rencontr�es au Togo, l'exploitation agricole et le m�nage peuvent �tre consid�r�s comme �tant � la fois une communaut� sociale et un collectif de travail, dont les membres de la famille forment le centre. Les personnes vivant en dehors de cette communaut�, mais recevant r�guli�rement une aide financi�re et/ou mat�rielle de l'exploitation, doivent �galement �tre consid�r�es comme des membres de cette m�me exploitation. La famille se compose en g�n�ral de l'homme, de son (ou ses) �pouse(s), et de leurs enfants, ainsi que des enfants de son (ses) �pouse(s) actuelle(s) issus d'une pr�c�dente union. Il arrive �galement que des amis, des enfants adoptifs ou d'autres parents (fr�res et soeurs, grands-parents) vivent eux aussi sur l'exploitation. Lorsqu'un homme vit avec plusieurs femmes, chacune de ces femmes forme avec ses enfants un sous-m�nage. La pr�paration des repas, l'exploitation de surfaces lui appartenant, de m�me que le fait de stocker du ma�s constituent les caract�ristiques typiques d'un m�nage ind�pendant.

Les valeurs d'identification socio-�conomiques des entreprises analys�es figurant aux tableaux 3.4 et 3.5 reposent sur les r�sultats de l'enqu�te 2. On trouvera chez ALBERT (1991) une description exhaustive des syst�mes d'exploitation.

La dotation en capital des exploitations, qui sont pour la plupart orient�es vers la subsistance, est en g�n�ral tr�s faible. Etant donn� que les agriculteurs ne se livrent ni � une intensification progressive des cultures par l'utilisation de machines, ni � l'�levage s�dentaire intensif, le capital immobilis� sous forme de machines et de b�timents demeure r�duit. L'immobilisation de capital n'a d'importance que pour quelques entreprises seulement, qui se sont sp�cialis�es dans l'�levage (porcs) et ont donc investi leur capital dans des animaux. L'�levage de bovins et de moutons demeure dans cette r�gion l'exception, alors que l'�levage extensif de ch�vres et de volaille destin�es � l’autoconsommation y est au contraire tout � fait r�pandu.

Cultures mixtes et mode d'exploitation n�cessitant un travail manuel intense, telles sont les deux caract�ristiques de la production v�g�tale. Les cultures de plein champ les plus r�pandues sont le ma�s et le manioc, que l'on rencontre la plupart du temps sous forme de cultures mixtes. Les cultures telles que l'arachide, les haricots, L’igname, la patate douce ou le taro sont en g�n�ral limit�es � de petites surfaces ou ne poss�dent en tant que cultures mixtes qu'une importance secondaire. Sur certaines exploitations de la Pr�fecture de Zio, on cultive �galement le riz sur une �chelle relativement importante. Toutes les exploitations pratiquent la rotation des cultures, bien qu'une faible minorit� d'entre elles seulement se conforment ici � un plan rigide d'alternance des cultures en ce qui concerne la chronologie des plantes cultiv�es au cours des ann�es d'exploitation. Il est fr�quent que l'on cultive entre des palmiers � huile plant�s � intervalles irr�guliers jusqu'� cinq vari�t�s diff�rentes de plantes utiles. A la suite du d�frichement des surfaces en jach�re, les premi�res cultures install�es sont des plantes qui exigent du sol un degr� de fertilit� relativement �lev� ma�s igname). Le manioc, dont la p�riode de v�g�tation dure plus d'une ann�e, est en g�n�ral la derni�re plante cultiv�e avant l'assolement.

Tabl. 3.4: Valeurs d'identification socio-�conomiques des exploitations analys�es (valeurs moyennes et r�partition en pourcentage de n = 179 exploitations)

R�partition ethnique (en % des exploitations)    
Ew� (%) 49
Ouatschi (%) 33
Autres (%) 18
Chefs d'exploitation
Hommes (%) 85
Femmes (%) 15
Age (ans) 54
Epouses/chefs d'exploitations de sexe masculin (nombre) 1,8
Structure familiale    
Personnes vivant sur l'exploitation (nombre) 8,2
dont hommes (nombre) 4,0
femmes (nombre) 4,2
Personnes vivant en dehors de l'exploitation (nombre) 0,6
M�nages/exploitation (nombre) 1,5
Main d'oeuvre
Main d'oeuvre familiale (nombre) 3,5
Personnes travaillant en dehors de l'exploitation (nombre) 1,5
Main d'oeuvre ext�rieure (% des exploitations) (%) 78
dont main d'oeuvre saisonni�re (%) 76
main d'oeuvre permanente (%) 2
Surfaces disponibles
Surfaces physiques cultiv�es/exploitation (ha) 1,39
Surfaces cultiv�es (ha) 1,91
Taille des exploitations (% des exploitations)*)
< 0,5 ha   24,5
0,5 � 1,0ha (%) 24,7
1,0 � 2,0 ha (%) 27,5
2,0 � 3,0 ha (%) 12,9
> 3,0 ha   10,4
Mode d'exploitation (% de la surface)**)
Faire-valoir direct (%) 63
Exploitation collective (%) 4
Exploitation pour compte de tiers (%) 33
dont garantie (%) 13
  fermage en esp�ces (%) 10
  fermage salari� (%) 7
  fermage en nature (%) 3

*) DESA (1984)
**) DESA (1989)

Tabl. 3.5: D�penses annuelles d'un m�nage (valeurs moyennes de n = 179 exploita" tions)

Structure des d�penses Personnes (nombre) D�penses annuelles (FCFA)
D�penses r�guli�res occasionn�s par les articles de premi�re n�cessit� pour:    
- les personnes vivant au m�nage 8 157 680
- les personnes ne vivant pas au m�nage 1 16 425
Total des d�penses r�guli�res   174 105
D�penses irr�guli�res pour: 9  
- f�tes de famille   28 686
- habillement   24 505
- b�timents   23 459
- soins m�dicaux   18 930
- articles m�nagers et mobilier   8 246
- frais scolaires et frais de formation   3 948
- autres   8 362
Total des d�penses irr�guli�res   116 136
Total des d�penses   290 241

Les d�penses totales de l'exploitation figurant dans ce tableau englobent les co�ts de production agricole et les d�penses du m�nage. Les d�penses consenties par l'exploitation pour les achats compl�mentaires de moyens de production destin�es aux cultures de labours et � l'�levage, ainsi que les frais de fermage, de prestations de services et d'amortissements n'ont pas �t� saisis dans le cadre de cette �tude. Eu �gard aux formes d'exploitation simples, qui font dans la plupart des cas appel au travail manuel, et � l'importance r�duite de la production animale, on peut n�anmoins penser que ces frais sont tr�s limit�s. Les d�penses du m�nage (voir tableau 3.5) se composent des frais occasionn�s par les articles de premi�re n�cessit� (produits alimentaires de base, charbon de bois, savon, bougies, etc.), et des d�penses survenant occasionnellement dans le courant de l'ann�e et motiv�es par des �v�nements familiaux (enterrements, mariages), les soins m�dicaux, les d�penses scolaires, etc. Il existe par ailleurs des besoins en argent liquide, qui sont destin�s � assurer l'entretien financier des membres de la famille ne vivant pas sur l'exploitation.

La vente de produits issus de la production v�g�tale constitue pour 73 % des exploitations analys�es la principale source de revenus en esp�ces. Pr�s de 40 % des exploitations couvrent leurs besoins en liquidit�s par la vente de ma�s Dans une �tude similaire r�alis�e par LESPINOIS et al. (1981, p. 50), ce chiffre �tait m�me sup�rieur � 50 %. Bien que les trois quarts des exploitations pratiquent l'�levage, ce secteur ne repr�sente que pour 5 % d'entre elles une source de revenus importante. Dans 63 % des exploitations, les int�ress�s compl�tent leurs revenus en exer�ant des activit�s qui se situent en dehors du secteur agricole, mais qui ne constituent toutefois que pour 22 % d'entre elles une importante source de revenus. Dans l'�tude de LESPINOIS et al.(1981, p. 51), cette part ne repr�sentait que 10 % � peine. 1 � 2 personnes en moyenne exercent r�guli�rement une activit� professionnelle en dehors du secteur agricole.

3.2.2 Aper�u du syst�me de post-r�colte sur l'exploitation

Le ma�s occupe au sein de l'exploitation agricole une place pr�pond�rante. Il est le principal aliment de base de la famille, en m�me temps qu'une importante source de revenus pour de nombreuses exploitations. Sa signification toute particuli�re est encore soulign�e par le fait qu'il est au centre de bon nombre d'activit�s quotidiennes. Travaux des champs, pr�paration des repas, activit�s li�es � la vente, f�tes religieuses, c�r�monies, ne sont que quelques exemples parmi d'autres du r�le central jou� par le ma�s.

D'un point de vue directement ax� sur le syst�me, l'ensemble du syst�me ma�s vient s'ins�rer dans le syst�me exploitation-m�nage/famille. A l'instar du syst�me r�gional, le syst�me de post-r�colte paysan est en l'occurrence limit� par des secteurs/phases ant�rieurs et post�rieurs. Au centre de ce syst�me, deux �l�ments: les m�thodes de stockage et les mesures de protection des stocks. Ce qui caract�rise le syst�me de postr�colte, c'est son interd�pendance avec l'ext�rieur, qui permet de le consid�rer comme un syst�me ouvert par rapport � l'environnement.

Pour mieux faire comprendre les changements dynamiques intervenant au sein du syst�me, on peut assimiler le "flux de ma�s � l'int�rieur de l'exploitation agricole, � un syst�me de canaux. Dans le syst�me global ma�s repr�sent� � la figure 3.3 sous une forme sch�matique. le sens de circulation du "flux de ma�s � l'int�rieur de l'exploitation est indiqu� par des fl�ches.

Le mais inject� dans le syst�me provient pour l'essentiel de surfaces exploit�es en faire-valoir direct. La production de ma�s frais n'occupe en l'occurrence qu'une place secondaire. La vente sur pied n'intervient qu'en cas de besoin pressant de liquidit�s. Lorsque la quantit� r�colt�e ne suffit pas. on ach�te ou on emprunte du mais.

Apr�s la moisson, une partie du ma�s est vendue pour couvrir les besoins du moment en liquidit�s. tandis qu'une autre partie de la r�colte sert � la r�mun�ration (en nature) de la main d’oeuvre ext�rieure. Entre parents, amis ou voisins, il est �galement courant que l'on se fasse cadeau de mais. La quantit� de mais restante est ensuite stock�e dans diff�rents syst�mes de greniers. En ce qui concerne la destination des quantit�s emmagasin�es, il faut noter qu'une partie du ma�s est consomm�e par la famille au cours de la p�riode qui s'�tend entre la moisson et la mise en magasin (1 � 4 semaines).

Le mais pr�lev� dans l'entrep�t � intervalles (ir)r�guliers pendant la p�riode de stockage sert � assurer la subsistance de la famille et, dans la mesure o� la vente de ma�s repr�sente une source de revenus importante pour l'exploitation, il va �galement servir � couvrir les besoins en liquidit�s. Parmi les probl�mes que pose la mise en magasin, l'apparition de ravageurs des denr�es stock�es constitue le plus grave. Il s'agit surtout en l'occurrence de col�opt�res, qui endommagent le mais entrepos� par leur activit� alimentaire. Une infestation de ravageurs des stocks entra�ne dans la plupart des cas une augmentation des pertes, ce qui signifie pour l'agriculteur une baisse de la quantit� de ma�s disponible. Depuis l'introduction du Grand Capucin des Grains, on a enregistr� une hausse des pertes de stockage.

Pour se prot�ger contre les ravageurs des stocks, les paysans mettent en oeuvre diverses mesures de protection. Il s'agit en l'occurrence de m�thodes traditionnelles ou chimiques de protection des stocks, ou encore de rites de protection de nature culturelle et religieuse.

Fig. 3.3: Syst�me de post-r�colte du ma�s, sur les petites exploitations agricoles

3.2.3 Besoins en mais et utilisation du ma�s

Besoins en ma�s

Les besoins en ma�s d'une famille sont fonction du nombre de personnes vivant sur l'exploitation, ainsi que des personnes qui vivent en dehors de l'exploitation mais sont approvisionn�es par elle en ma�s.

Sur les exploitations analys�es, la consommation de ma�s. �tait � peu pr�s deux fois sup�rieure � la consommation nationale. L'enqu�te a r�v�l� que la consommation moyenne quotidienne �tait de 343 9 de mais par personne, ce qui correspond � une consommation annuelle par t�te de 125 kg. Les personnes vivant en dehors de l'exploitation recevaient en moyenne 6,7 kg de mais par mois, ce qui se traduit par des besoins compl�mentaires en ma�s. de 80 kg par an.

Utilisation du ma�s

Outre les grains, la plante fournit �galement toute une s�rie de produits annexes qui trouvent leur utilisation au sein de l'exploitation agricole (cf. tableau 3.6). Du fait de son caract�re polyvalent, le mais conna�t des utilisations tr�s diverses. Il convient de faire ici la distinction entre la destination du mais et son emploi.

Pour ce qui est de l'emploi du mais, ce sont les crit�res de qualit� qui sont d�terminants (cf. tableau 3.2). Dans les conditions rencontr�es au Togo, le mais sert principalement � l'alimentation et, dans une faible mesure, de moyen de production. On l'utilise par ailleurs comme m�dicament dans la m�decine traditionnelle, et �galement comme �l�ment magique dans le cadre des c�r�monies animistes.

Au niveau de la destination du mais, c'est le comportement du paysan en mati�re de d�cision qui domine l'analyse. Le mais peut �tre utilis� soit au sein de l'exploitation agricole, soit � l'ext�rieur. Au sein de l'exploitation, il va servir � l'auto-approvisionnement de la famille, � l'ext�rieur de l'exploitation comme moyen d'�change. Le mais remplit plusieurs fonctions en tant que moyen d'�change. Par la vente (�change contre de l'argent), il est transform� en liquidit�s et devient pour l’exploitation une importante source de revenus. A l'�chelon du village, il sert � r�mun�rer certains travaux agricoles (�change de mais contre du travail), constitue un moyen d'�change pour se procurer des produits, alimentaires ou autres (troc en nature), mais il sert �galement de cadeau ou de sacrifice (�change dans le cadre d'obligations sociales ou de coutumes).

Plus de 70 % des personnes interrog�es vendent une partie du mais produit. Pr�s de 20 % des hommes et un tiers des femmes produisent exclusivement pour leurs propres besoins. Au niveau des petits agriculteurs, la commercialisation du mais pr�sente certaines diff�rences suivant les sexes (cf. tableau 3.7).

Tabl. 3.6: Processus de traitement et utilisation du ma�s dans la R�gion Maritime

 

Le ma�s est vendu la plupart du temps sous forme de grains. Seule une faible minorit� d'agriculteurs vendent leur ma�s en �pis. Plus de 60 % des personnes interrog�es ont d�clar� qu'elles ne vendaient pas de mais � intervalles r�guliers. 68 % d'entre elles ont nomm� le besoin d'argent liquide comme �tant le principal motif de vente. L'augmentation du prix du ma�s ne constituait que pour 22 % des personnes interrog�es le principal motif de vente. Le march� qui se trouve � l'int�rieur du village est consid�r� comme le principal lieu de vente. Pour ce qui est de la commercialisation du ma�s. les femmes sont beaucoup plus mobiles que les hommes. La vente sur place, � la ferme, est plus couramment r�pandue chez les hommes (18 %) que chez les femmes (10 %). Au sein de ces deux groupes de personnes, les principaux acheteurs sont des commer�ants (89 % des personnes interrog�es). Aucun agriculteur n'a d�clar� vendre de ma�s � la soci�t� nationale de commercialisation TOGOGRAIN.

Tabl. 3.7: Commercialisation paysanne du ma�s. dans de la R�gion Maritime (r�sultats d'interviews r�partis en fonction des diff�rents groupes de personnes; r�ponses en %)

Commercialisation du ma�s. Total
(n = 318)
Hommes
(n = 136)
Femmes
(n = 182)
Ma�s vendu sous forme de
- �pis 2 3 1
- grains 98 97 99
Intervalles de vente
- r�guliers 39 37 40
- irr�guliers 61 63 60
Motifs de vente
- besoin d'argent 68 65 70
- hausse du prix du mais 22 23 21
- bonne r�colte 10 12 9
Lieu de vente
- ferme 14 18 10
- march� � l'int�rieur du village 57 52 61
- march� � l'ext�rieur du village 29 30 29
Acheteurs
- consommateurs 11 12 10
- commer�ants 89 88 90
TOGOGRAIN 0 0 0

3.2.4 M�thodes de stockage du ma�s

Apr�s la r�colte, une partie du ma�s. est mise en magasin. On trouve dans la R�gion Maritime quatre m�thodes de stockage diff�rentes. Outre le stockage en grenier et le stockage en vrac, qui sont les deux m�thodes les plus courantes, on rencontre �galement le stockage en sacs et la conservation de r�serves dans des magasins fumigables. Les m�thodes de stockage diff�rent par le mode de construction des entrep�ts, la forme de stockage du ma�s. les besoins en mat�riel, les besoins en main d'oeuvre, ainsi que les d�penses n�cessaires pour l'achat des mat�riaux.

Stockage en greniers

Le type de grenier est particulier � chaque ethnie. Dans les r�gions septentrionales du Togo, les c�r�ales sont entrepos�es dans des greniers en argile ferm�s, dans le sud du pays dans des greniers en bois ouverts. Dans la R�gion Maritime, on trouve surtout les deux types de greniers 'Ebli-Va. et "K�d�lin'', qui diff�rent par leur mode de construction. Dans ces deux types de greniers, les �pis de mais sont empil�s, avec les spathes, sur un �chafaudage de bois, et abrit�s par un toit de paille. Pour la construction des greniers, on utilise uniquement des mat�riaux disponibles sur place.

Le nom d' "Ebli-Va" vient de l'Ew� et veut dire � peu pr�s maison du ma�s C'est le type de grenier le plus r�pandu dans la r�gion. Le socle est form� de 8 � 12 pieux en bois, sur lesquels repose � environ 50 cm du sol un �chafaudage en bois de forme circulaire, concave en son milieu. C'est sur cette construction de bois, qui a la forme d'un c�ne renvers�, que l'on stocke les �pis de mais en spathes. Pour former les couches ext�rieures, on empile les gros �pis de mais, tour � tour avec la base ou avec la pointe dirig�e vers l'ext�rieur, en les disposant en rang�es circulaires. On d�verse ensuite dans l'espace ainsi m�nag� les �pis de petite ou de moyenne dimension. De mani�re � emp�cher le grenier de s'effondrer, on tend une liane ou une corde autour de la circonf�rence du grenier, et cela toutes les 5 couches d'�pis. Pour terminer, l'ensemble est coiff� d'un toit de paille destin� � prot�ger le ma�s contre les intemp�ries. Le grenier ainsi confectionn�, qui est donc de forme cylindrique, a en g�n�ral un diam�tre de 2 m et mesure de 1 � 2 m de haut. Le diam�tre des greniers collectifs peut cependant d�passer les 6 m. Les greniers ouverts permettent un s�chage rapide du mais, qui est souvent encore humide au moment de sa mise en stocks. Les bonnes conditions de ventilation emp�chent par ailleurs dans une large mesure la formation de moisissures.

Le type de grenier "K�d�lin" est originaire de la R�gion des Plateaux. Le mais est stock� de la m�me fa�on que dans les greniers du type "Ebli-Va" La plate-forme repose sur des pieux de bois, � environ 1,5 m de hauteur. Ce type de construction permet l'am�nagement d'un foyer ("K�d�lin") au-dessous de la plate-forme. Le mais stock� est fumig� lorsqu'on allume un feu dans le foyer. La de chaleur et la fum�e d�gag�s par le feu entra�nent un s�chage ult�rieur rapide du ma�s entrepos� et prot�gent les �pis contre les ravageurs des stocks.

On utilise dans la R�gion Maritime plus de 20 esp�ces de bois diff�rentes pour construire les greniers. Le choix de l'esp�ce de bois appropri�e est d'une extr�me importance, car certains ravageurs des denr�es stock�es parviennent � survivre dans le bois entre deux p�riodes de stockage. DETMERS (1987) a examin� l'importance que rev�t le bois pour le Grand Capucin des Grains. Il a constat� que c'�tait surtout le bois tendre � surface rugueuse qui exer�ait une influence positive sur ce col�opt�re au niveau du forage et, par cons�quent, sur sa long�vit� � l'int�rieur du bois.

Stockage en vrac

Dans le cas du stockage en vrac, on d�verse le mais, entass� de mani�re ordonn�e ou non, dans un coin de la pi�ce d'habitation ou sur un �chafaudage de bois situ� sous le toit. Si l'on dispose d'un foyer sous l'�chafaudage de bois, on peut alors fumiger le ma�s Lorsqu'il s'agit de quantit�s limit�es, il est d'usage de conserver les �pis de ma�s dans des paniers, des plats ou des sacs. Ce sont surtout les femmes qui pratiquent le stockage en vrac.

Stockage en sacs

Cette m�thode de stockage consiste � placer le mais (en grains) dans des sacs de jute, qui sont entrepos�s dans l'habitation. Depuis l'apparition du Grand Capucin des Grains, cette m�thode est tout particuli�rement recommand�e par le Service National de la Protection des V�g�taux.

Compar� aux m�thodes de stockage traditionnelles, le stockage en sacs permet de r�duire consid�rablement les pertes de stockage, m�me si l'on ne traite pas le ma�s COWLEY et al. (1980) ont montr� dans une �tude que Prostephanus truncatus se reproduisait plus facilement dans les �pis de ma�s que sur le ma�s en grains. Cette m�thode comporte un autre avantage, � savoir qu'elle permet une plus grande efficacit� dans l'application des moyens de protection des stocks. Le ma�s en grains r�pond en outre aux modalit�s de la commercialisation.

Magasin fumigable

Le magasin fumigable se compose d'un fondement en b�ton, de murs en ma�onnerie et d'un toit reposant sur des poutres m�talliques. Pour l'a�ration, des fen�tres garnies de treillis m�talliques ont �t� m�nag�es dans deux murs lat�raux situ�s l'un en face de l'autre. Lors des fumigations, ces fen�tres peuvent �tre ferm�es par des plaques m�talliques. On trouvera chez HARNISCH et KRALL (1986) des instructions d�taill�es pour la construction de ces entrep�ts.

Les entrep�ts de ce type, qui ont une capacit� de 25 tonnes, sont d'une construction herm�tique, ce qui les rend adapt�s � la fumigation. L'hydrog�ne phosphor� est le seul fumigant utilis� au Togo. Le mais (en grains) entrepos� et fumig� comme il faut peut �tre conserv� plusieurs mois durant sans pertes.

Les magasins construits jusqu'� pr�sent sont uniquement exploit�s par des collectifs de production ("groupements"). La r�partition des travaux de construction fait l'objet d'un contrat entre les agriculteurs et le National Service de la Protection des V�g�taux. Les paysans fournissent le terrain, l'eau n�cessaire aux travaux de construction, ainsi que leur force de travail, tandis que le Service National de la Protection des V�g�taux met � disposition les mat�riaux de construction et le ma�on charg� de construire le toit.

L'un des aspects importants de cette m�thode de stockage consiste dans le fait qu'elle encourage une approche collective des questions touchant � l'am�lioration des conditions de stockage chez les paysans. En partant d'une utilisation optimale, on peut postuler que le ma�s mis en magasin en octobre est vendu au bout de 6 � 8 mois de stockage. Selon HARNISCH et KRALL (1986, p. 31), les investissements sont couverts d�s apr�s la premi�re p�riode de stockage par le rendement de l'entrep�t.

On s'est livr� dans le cadre de cette �tude � une �valuation des entrep�ts de la R�gion Maritime et de la R�gion des Plateaux (n = 11). Il s'est av�r� qu'en d�pit d'exigences minimes au niveau administratif, les groupements se trouvaient dans l'incapacit� d'assurer la gestion des entrep�ts. Quelques-uns d'entre eux avaient besoin d'�tre r�nov�s. Dans certains cas, on y conservait � la fois du mais en �pis, des engrais et d'autres produits agricoles (haricots, arachides). Depuis, les r�parations n�cessaires ont �t� effectu�es et les paysans form�s aux techniques de gestion. On a par ailleurs mis en place dans l'ensemble des entrep�ts un syst�me de suivi et d'�valuation (syst�me S/E).

Distribution des m�thodes de stockage

Les deux modes de stockage les plus usit�s dans la r�gion d'enqu�te sont, � peu pr�s � parts �gales, le stockage en �pis en grenier ou dans l'habitation. Le stockage du mais en grains demeure en revanche une pratique marginale, en usage chez 1 % seulement des paysans. Aucun des paysans interrog�s n'a d�clar� stocker son ma�s dans un magasin fumigable.

La moiti� environ des personnes interrog�es (51 %) stockent leur ma�s dans un grenier. Le stockage en grenier dans la cour de l'exploitation agricole (30 %) est plus r�pandu que le stockage dans des greniers en plein champ (20 %). Il est exceptionnel que le grenier soit install� � l'int�rieur de l'habitation. Les femmes pr�f�rent la m�thode de stockage en vrac (59 %), tandis que les hommes accordent la pr�f�rence au stockage en grenier (65 %).

Il semble que les hommes soient davantage ouverts aux innovations dans la mesure o� ils pratiquent plus fr�quemment que les femmes le stockage du ma�s en grains. Le stockage dans des greniers en plein champ est �galement plus populaire parmi les hommes, d'o� l'on peut d�duire que les champs des femmes sont situ�s plus pr�s de l'exploitation que ceux des hommes.

Tabl. 3.8: Distribution des m�thodes de stockage du ma�s chez les petits exploitants de la R�gion Maritime (r�sultats d'interviews r�partis en fonction des diff�rents groupes de personnes; r�ponses en %)

Forme de stockage M�thodes de stockage Total Hommes Femmes
(n = 406) (n = 166) (n = 240)
Epis avec Maison (en vrac) 48 33 59
spathes Grenier 51 65 41
  dont: - dans la cour 30 37 25
    - dans les champs 20 27 16
    - dans la maison 1 1 0
Grains Maison   1 2 < 1
  Magasin fumigable   0 0 0

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