3. Analyse du syst�me de post-r�colte ma�s
Table
des mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
3.1 Le syst�me de post-r�colte de la R�gion
Maritime
3.2 Le syst�me de post-r�colte dans
l'exploitation agricole
Pour reprendre les termes de BOURNE (1977, p. 4) et de HARRIS et LINDBLAD (1978, p. 11), la notion de post-r�colte comprend "Lensemble des faits commen�ant apr�s la r�colte d'un fruit m�r, sur les lieux ou dans le milieu de formation, jusqu'� sa consommation finale par l'homme".
"Par syst�me, on entend une structure compos�e de diff�rents �l�ments, dont chacun est en relation avec les autres. Dans le cas d'un syst�me ouvert � l'environnement, ces relations s'exercent �galement vers l'ext�rieur. Les relations existant � l'int�rieur du syst�me sont plus intenses que celles qui le relient au monde ext�rieur, et font par l�-m�me appara�tre ce syst�me comme une entit� homog�ne" (DOPPLER 1985, p. 83).
Le syst�me de post-r�colte ma�s dans le sud du Togo peut �tre consid�r� comme un syst�me ouvert, reli� � ses phases ant�rieures et post�rieures par des rapports d'interaction. La phase ant�rieure regroupe l'ensemble des activit�s li�es � la production et � la r�colte, la phase post�rieure comprenant la consommation et l'utilisation du ma�s Consid�r� d'un point de vue holiste, le syst�me paysan de post-r�colte se con�oit comme un sous-syst�me au sein de l'ensemble exploitation/m�nage/famille. Ce syst�me lui-m�me rel�ve de syst�mes r�gionaux, qui s'inscrivent � leur tour dans les syst�mes existant au niveau national. Pour une r�gion donn�e (�conomie nationale) le syst�me de post-r�colte constitue en l'occurrence une structure dynamique, dans laquelle les diff�rents syst�mes partiels sont reli�s entre eux par des rapports d'interaction, et dans laquelle l'homme, en tant qu'�l�ment agissant, exerce une fonction de commande.
3.1 Le syst�me de post-r�colte de la R�gion Maritime
3.1.1 Aper�u de la connexit� des syst�mes
3.1.2 Commercialisation du mais
3.1.3
Stockage du ma�s
3.1.4 Pertes au sein du syst�me de
post-r�colte
3.1.5 Mesures de protection des r�coltes
3.1.1 Aper�u de la connexit� des syst�mes
Le syst�me de post-r�colte des petites exploitations agricoles, et en particulier le syst�me de stockage pratiqu� au niveau individuel, constitue le syst�me partiel essentiel au sein du syst�me global de post-r�colte (cf. figure 3.1).
Suivant le lieu de consommation final (autoconsommation sur l'exploitation agricole, vente) et l'utilisation qui en est faite (nourriture, semence, aliment pour le b�tail), le ma�s passe par diff�rents circuits. En fonction du degr� de commercialisation, diverses personnes (d�cideurs) sont en mesure d'influer sur le ma�s au sein du syst�me de post-r�colte, que ce soit au moment de la transition entre deux niveaux (transport), dans une phase stationnaire (stockage), ainsi que lors de la transformation en d'autres produits (traitement). Quand il n'est pas utilis� pour les besoins propres de l'entreprise, le ma�s est transmis au consommateur final par le biais du syst�me de commercialisation. Le syst�me de postr�colte s'augmente dans ce cas d'une composante de commercialisation, le march� apparaissant alors comme le lien entre le producteur et le consommateur. Il y a ainsi une connexit� directe entre la complexit� du syst�me de post-r�colte et le degr� de commercialisation.
Fig. 3.1: Syst�me de post-r�colte du ma�s de la R�gion Maritime
Le ma�s. qui vient s'int�grer au syst�me provient principalement de petites exploitations agricoles. Il est certain que sur un territoire aux limites bien d�finies, comme la R�gion Maritime, l'approvisionnement en produits peut �tre compl�t� par des importations � partir de r�gions voisines et/ou en provenance de l'�tranger. C'est l'entreprise publique TOGOGRAIN ( Office National des Produits Vivriers.), ainsi qu'un certain nombre d'entreprises priv�es, qui s'occupent de l'importation et de l'exportation du ma�s.
Au sein d'une communaut�, le d�calage temporel et spatial entre la production et la consommation rend un stockage n�cessaire. Dans la R�gion Maritime, le mais est entrepos� dans les exploitations agricoles, chez les commer�ants et au sein de l'entreprise publique de commercialisation TOGOGRAIN (figure 3.1). Lorsque le mais n'est pas consomm� directement apr�s son achat, il est �galement stock� chez le consommateur final durant une br�ve p�riode. Selon le moment o� intervient le stockage du ma�s. il existe certaines diff�rences au niveau de la finalit� du stockage, des m�thodes, des quantit�s et de la dur�e de stockage. Pour une communaut�, l'importance des divers stades de stockage est fonction du niveau auquel la quantit� de ma�s la plus importante sera stock�e durant une p�riode prolong�e.
3.1.2 Commercialisation du mais
Il existe dans la R�gion Maritime deux syst�mes de commercialisation: le syst�me traditionnel et le syst�me public. Ces deux syst�mes diff�rent l'un de l'autre par leur structure, les modes de comportement des usagers du march�, de m�me que par leur efficacit�. Le syst�me de commercialisation traditionnel est en effet sup�rieur au syst�me pratiqu� par l'�tat. Plus de 90 % du mais commercialis� passe par les circuits du syst�me de commercialisation traditionnel (THENEVIN 1987, p. 46), qui est adapt� aux structures rurales et rel�ve presque int�gralement du domaine de comp�tence des femmes.
On trouvera dans les consid�rations qui vont suivre une description des particularit�s du syst�me de commercialisation traditionnel, du point de vue de l'organisation et des institutions qu'il fait intervenir, de m�me qu'une description du r�le jou� par les diff�rents interm�diaires du commerce du ma�s Ces consid�rations s'appuient d'une part sur des observations, ainsi que sur les r�sultats d'une enqu�te men�e sur les principaux march�s du ma�s de la R�gion Maritime. On a interrog� ici � Ts�vi�, Vogan, Tabligbo, An�cho, de m�me que sur deux march�s au mais de Lom� les groupes de personnes qui prennent part au commerce du ma�s.
Le commerce du ma�s concerne cinq groupes diff�rents: les producteurs, les acheteurs, les commer�ants (gros et d�tail), les vendeurs et les transporteurs. Les rapports entre les groupes participant � la commercialisation du ma�s ne sont pas limit�s au simple n�goce. Echange d'informations, octroi de cr�dits et emprunts, telles sont les autres fonctions que l'on trouve au sein du syst�me de commercialisation.
Le cultivateur et sa famille sont le premier maillon au sein de la cha�ne de commercialisation. Dans la p�riode qui suit la production, ils remplissent au sein du syst�me un certain nombre de fonctions. Ils effectuent le premier traitement, celui qui pr�c�de la vente, apportent le ma�s aux march�s locaux et, du fait qu'ils prennent en charge le stockage sur l'exploitation, ce sont eux qui assurent la fonction primordiale de stockage au sein du syst�me r�gional de post-r�colte.
Les acheteurs ("commissionnaires" interm�diaires ) sont les interm�diaires entre les producteurs et les commer�ants. Ils exercent leurs activit�s � l'�chelon du village, o� ils ach�tent le ma�s soit directement chez le cultivateur, sur l'exploitation, soit sur les march�s de gros locaux, pour le transmettre ensuite aux commer�ants. Les marchands d'une certaine importance ont en g�n�ral dans les villages des acheteurs qui jouissent de la confiance des paysans et ach�tent directement aupr�s de ces derniers.
Les commer�ants ( grossistes ) assurent la distribution de la marchandise depuis les march�s de production jusqu'aux march�s de consommation, o� ils la vendent directement au consommateur, ou encore � des revendeurs. Les petits commer�ants, quant � eux, pratiquent un commerce purement local, � l'�chelon du village, les grossistes traitant surtout des affaires directes. Les grossistes, qui sont bien organis�s, jouissent d'une haute consid�ration dans la soci�t�, du fait qu'ils font souvent cr�dit, aussi bien aux cultivateurs qu'aux revendeurs.
Les revendeurs ( "revendeuses-d�taillantes.) sont soit ind�pendants, soit au service d'un grossiste, auquel ils sont en g�n�ral li�s par un contrat. Ce sont les revendeurs qui se chargent de la distribution finale aux consommateurs et qui, en fonction de la demande, vendent parfois le ma�s en petites quantit�s.
Le transport sur de grandes distances est assur� par des entreprises de transport locales. Il s'effectue dans la plupart des cas au moyens de petits v�hicules d'une tonne de charge utile.
La marchandise est vendue exclusivement au volume. Les unit�s de mesure sont constitu�es par des sacs et des mesures de capacit� sp�ciales ( bol ). Le poids de ces mesures de capacit� varie en fonction de leur taille et du mode de remplissage. La mesure de la quantit� de mais est effectu�e soit normalement, soit "avec la main . Le remplissage "avec la main veut dire qu'en plus de la mesure de capacit�, l'int�ress� remplit �galement ses deux mains de mais. Le poids des mesures de capacit� varie d'un village � l'autre. Il se situe entre 1,3 et 3,7 kg pour le remplissage normal, auxquels il faut ajouter de 10 � 15 % pour le remplissage avec la main . Les sacs contiennent normalement 100 kg de ma�s en grains, bien que leur poids puisse �tre port� � 115 kg par des techniques de remplissage ad�quates. Lorsqu'on vend un grenier entier, on r�partit les �pis de ma�s. en 10 tas ayant approximativement le m�me volume, puis on d�termine le volume de grains de chacun des tas apr�s d�spathage et �grenage et on calcule sur cette base le nombre total de mesures de capacit�. Les gens sont parfaitement familiaris�s avec ces mesures de capacit� et sont capables d'estimer les diff�rences, m�me minimes.
La composition des prix sur le march� est fonction de l'offre et de la demande. Les prix pratiqu�s sur le march� sont influenc�s par ceux qui pr�valent sur les march�s voisins, ainsi que par le prix du mais � Lom�. Le cours du jour fournit une base de marchandage pour la fixation d'un prix individuel entre l'acheteur et le vendeur.
Le prix est �galement influenc� par d'autres facteurs, � savoir les propri�t�s qualitatives du ma�s de m�me que les rapports personnels entre l'acheteur et le vendeur. Entre toutes les esp�ces, la pr�f�rence du consommateur va aux esp�ces traditionnelles � grains blancs, qui poss�dent un faible taux d'humidit� et ne pr�sentent pas de traces d'endommagement, car ce sont elles qui se pr�tent le mieux � la confection de la "p�te" (une forme particuli�re de pr�paration du ma�s et qui poss�dent la saveur � laquelle le consommateur est habitu�. Si le ma�s ne pr�sente pas les caract�ristiques indiqu�es, le vendeur est oblig� de consentir une r�duction de prix. Les relations personnelles transparaissent dans la technique de remplissage des mesures de capacit�, ce qui fait que l'on peut acqu�rir pour le m�me prix des quantit�s de mais diff�rentes.
Le stockage du ma�s rev�t au sein du syst�me de post-r�colte r�gional une importance d�cisive dans la mesure o� des pertes �lev�es peuvent se produire lors du stockage. Le meilleur moyen pour r�duire les pertes de post-r�colte consiste � am�liorer les m�thodes de stockage et � prendre des mesures de protection adapt�es.
Les diff�rents niveaux de stockage varient selon qu'ils sont plus ou moins r�pandus, ainsi qu'en fonction des quantit�s stock�es et de la dur�e de stockage (tableau 3.1). Dans la R�gion Maritime, c'est le stockage chez les paysans qui constitue le niveau essentiel (SOTED 1982, p. 18). Le stockage chez le vendeur final, dans les entrep�ts de TOGOGRAIN ou chez le consommateur, ne joue qu'un r�le mineur.
Tabl. 3.1: Stockage du ma�s au sein du syst�me de post-r�colte de la R�gion Maritime
| Niveau de stockage | Fr�quence | Quantit� | Dur�e de stockage |
| Paysan | |||
| - individuel | tr�s fr�quent | 0,5-1 t | 4 -8 mois |
| - collectif | fr�quent | 1 �-5t | 4-8 mois |
| Commercial | |||
| - petit commer�ant | fr�quent | 0,2 - 2 t | 1 - 4 semaines |
| - grossiste | peu fr�quent | 10 - 20 t | 1 - 4 mois |
| - vendeur | fr�quent | 20 - 50 kg | 0 - 2 jours |
| Public | rare | 1 000 - 6000 t | 1 - 3 ans |
| Consommateur | fr�quent | 0 - 30 kg | 0 - 7 jours |
Sur les exploitations agricoles, on stocke le ma�s surtout pour assurer la subsistance de la famille. Le ma�s stock� constitue par ailleurs une source importante lorsqu'il y a un besoin d'argent liquide.
Le ma�s est le plus souvent stock� en �pis, avec les spathes. Le stockage du ma�s en grains est peu r�pandu. Le stockage individuel prend diff�rentes formes. Les �pis de ma�s sont habituellement entass�s sur le sol, ou sous le toit de l'habitation, ou encore stock�s dans des greniers traditionnels. Le stockage de ma�s en grains dans des sacs demeure un ph�nom�ne marginal. La quantit� stock�e sur l'exploitation varie entre 0,5 et 1 t. Il est rare qu'elle atteigne plusieurs tonnes. La dur�e de stockage varie entre 4 et 8 mois. Le type de stockage individuel est caract�ristique des modes de production du ma�s sur des surfaces appartenant � l'exploitation. Dans le cas de la production de ma�s sur des surfaces en exploitation commune, le stockage se fait en g�n�ral dans des entrep�ts collectifs. La plupart du temps, il s'agit en l'occurrence de greniers traditionnels de plusieurs tonnes de capacit�. Certains collectifs de production disposent d'entrep�ts d'une capacit� de stockage de 25 t, qui se pr�tent �galement � la fumigation. La dur�e de stockage dans les entrep�ts collectifs est elle aussi de 4 � 8 mois.
75 % environ de la r�colte de ma�s sont stock�s dans des syst�mes de greniers traditionnels (SOTED 1982, p.18). La conservation de r�serves dans des entrep�ts collectifs (magasins fumigables) ne rev�t qu'une importance secondaire.
Le volume des transactions effectu�es par les petits commer�ants est de l'ordre de 0,5 � 1 t par semaine, celui des grossistes de plusieurs tonnes. Chez ces deux cat�gories de commer�ants, le ma�s est entrepos� avant d'�tre vendu, et ce durant une p�riode allant de quelques jours � quelques semaines. Leurs capacit�s de stockage correspondent en g�n�ral � leur volume de transactions mensuel. La quantit� stock�e chez les petits commer�ants est de l'ordre de 0,2 t, celle des grossistes variant de 10 � 20 t.
3.1.4 Pertes au sein du syst�me de post-r�colte
Il existe au sein du syst�me de post-r�colte un certain nombre de facteurs exer�ant des effets n�gatifs sur le mais, ce qui se traduit par des dommages, et parfois �galement des pertes. Les dommages se manifestent sous forme d'alt�ration physique du ma�s r�colt� ou stock�. On ne peut parler de pertes que lorsque les modifications subies par le ma�s. entra�nent pour le propri�taire une baisse de profit.
L'�tat phytosanitaire du grain au moment de la r�colte constitue un �l�ment d�terminant pour les pertes. L'�tat physique du grain (teneur en humidit�, grain endommag� ou non), le degr� d'infestation par les ravageurs ou les micro-organismes, de m�me que les propri�t�s du grain sur le plan qualitatif constituent en l'occurrence d'importants indicateurs. L'utilisation qui est faite du ma�s (aliment, semences) d�termine ici quelles sont les propri�t�s qualitatives essentielles.
Le stockage du ma�s r�colt� peut �tre con�u en tant que processus biologique (voir � ce propos STEIN 1986, MULTON 1982b, TROUDE 1982 et CALDERON 1981), dont l'�quilibre, instable, est soumis � diverses influences anthropog�nes (figure 3.2). Le grain lui-m�me, ainsi que les facteurs biotiques et abiotiques, sont les �l�ments d�terminants du syst�me. En tant qu'�l�ment agissant consciemment, l'homme est en mesure d'intervenir dans ce syst�me biologique � tout instant et en tout lieu.
Fig. 3.2: Composantes biologiques du syst�me de post-r�colte
Les �l�ments primordiaux de ce syst�me sont les grains, avec leurs propri�t�s bio-physicochimiques (structure, activit� enzymatique, capacit� de r�tention de l'eau et conductivit� hydraulique, �l�ments composants, etc.), qui sont fix�s au rachis et envelopp�s dans des spathes. En association avec le grain, on trouve toujours des microorganismes (bact�ries, levures et champignons), qui forment une partie de l'environnement vivant direct. D'autres �tres vivants sont par ailleurs susceptibles de s�journer dans ce milieu, comme par exemple des insectes (col�opt�res, termites, etc.), ainsi que de petits vert�br�s (oiseaux et rongeurs). Les facteurs abiotiques intervenant � partir de l'ext�rieur: eau, temp�rature, air, sont les composantes qui stimulent (ou entravent) l'activit� biologique � l'int�rieur du syst�me. En tant que mesure de la vitesse de r�action, le facteur temps joue ici un r�le d�cisif.
Entre le grain et les facteurs biotiques et abiotiques, il existe diff�rentes interactions, dont certaines sont particuli�rement complexes, et dont l'importance et la direction peuvent changer avec le temps. Une �l�vation de la temp�rature ext�rieure entra�ne par exemple une baisse de l'humidit� relative, d'o� une acc�l�ration de la perte d'eau au niveau du grain. Ce ph�nom�ne peut cependant avoir en m�me temps des effets stimulants sur les agents pathog�nes, avec pour cons�quence une augmentation de l'activit� alimentaire chez les ravageurs, entra�nant � son tour une augmentation des pertes.
Les grains de ma�s poss�dent toute une s�rie de propri�t�s qualitatives (tableau 3.2), leur valeur �tant d�termin�e par l'usage auquel on les destine (alimentation, semence, aliment pour le b�tail).
Tabl. 3.2: Propri�t�s qualitatives du ma�s
| Qualit� | Propri�t� | Param�tres | Utilisation (exemple) |
| agronomique | Etat du germe | Pouvoir de germination | Semences |
| technologique | Etat blochimique | Activit� enzymatique | Bi�re |
| Valeur meuni�re | Teneur en eau | Farine | |
| alimentaire | Valeur nutritive | Valeur �nerg�tique | Aiment pour le b�tail |
| Valeur prot�inique | |||
| Caract�ristiques organdeptiques | Odeur. couleur, go�t, texture | Bouillie de ma�s |
Lorsque le ma�s. est utilis� comme semence, c'est la qualit� agronomique du grain qui a la priorit� absolue. Le pouvoir germinatif, qui est avant tout fonction du non-endommagement du germe, constitue en l'occurrence un crit�re de qualit� essentiel. Pour ce qui est de l'utilisation comme aliment, c'est la qualit� nutritive d'ensemble, et plus particuli�rement les propri�t�s nutritives (composantes dispensatrices de valeur) qui sont au premier plan.
Types de pertes
Les structures-m�mes du syst�me de post-r�colte permettent d'en d�duire un certain nombre de crit�res de classification. Si l'on examine le "circuit" effectu� par le ma�s au sein du syst�me, on peut, apr�s que le ma�s. soit pass� par les diverses phases, r�partir les pertes en diff�rentes cat�gories: pertes de r�colte, de transport, de stockage, et pertes de traitement. Nous donnerons plus loin une description plus pr�cise des pertes subies (par ex. des pertes de stockage chez les petits exploitants) en faisant intervenir en l'occurrence les d�cideurs comp�tents aux divers niveaux concern�s.
Autre caract�ristique significative pour la classification des types de pertes: les alt�rations physiques subies par le produit. Ce point de vue int�gre les propri�t�s qualitatives et quantitatives du ma�s au processus d'analyse des pertes. Toute modification de ces propri�t�s entra�ne des pertes quantitatives ou qualitatives, que l'on peut aussi qualifier de pertes physiques dans la mesure o� elles se rapportent directement au produit.
En fonction de ces interf�rences logiques concr�tes, les types de pertes peuvent �tre class�s comme suit:
Pertes quantitatives:
Selon ADAMS (1977b, p. 3), il convient de faire la distinction entre les pertes de poids apparentes et les pertes effectives, puisque aussi bien une r�duction de poids ne signifie pas forc�ment une perte quantitative. La perte de poids apparente d�finit les limites de la modification de poids qu'un produit subit au cours d'une certaine p�riode d'observation, post�rieure � la r�colte. Les pertes r�elles sont susceptibles de demeurer cach�es, ce qui est d� aux variations taux d'humidit� du grain ainsi qu'� d'autres facteurs (part de farine de forage, poussi�re, etc.). Les pertes quantitatives effectives correspondent donc aux pertes apparentes, corrig�es sur la base des modifications subies par le produit en raison du taux d'humidit�, du poids de la farine de forage, de la poussi�re et des insectes.
Pertes qualitatives:
Les pertes qualitatives sont lices � un amoindrissement des propri�t�s qualitatives, Lutilisation finale du mais jouant un l'occurrence un r�le d�terminant. Si l'on d�sire par exemple utiliser le ma�s. stock� pour les semences, c'est sa qualit� agronomique qui aura la priorit�. Pour ce qui est de l'utilisation � des fins alimentaires, on se fondera pour l'appr�ciation de la qualit� sur les propri�t�s nutritives et les caract�ristiques organoleptiques du mais. Etant donn� qu'il n'existe pas au Togo de standards de qualit� en la mati�re, on a recours pour �valuer les pertes qualitatives � des crit�res d'examen subjectifs tels que l'aspect et le degr� d'infestation.
Pertes �conomiques:
Toute modification ayant pour cons�quence une baisse de profit chiffrable peut �tre d�finie comme perte �conomique. En r�gle g�n�rale, les pertes physiques se traduisent �galement par des pertes �conomiques, qui se r�percutent, pour un faible volume, au niveau de l'autoconsommation (n�cessit� de proc�der � des achats compl�mentaires), ou sur l'approvisionnement du march� (diminution des quantit�s � la vente), ou encore qui deviennent des facteurs de co�ts lorsque l'on veut les supprimer, ou du moins les r�duire. Il n'y a pas de pertes �conomiques quand les pertes physiques n'affectent ni le produit de la vente, ni les co�ts. Si par exemple la valeur prot�ique d'une denr�e stock�e diminue au fur et � mesure que le stockage se prolonge, mais que l'on est en mesure de la vendre au m�me prix qu'un produit au contenu prot�ique sup�rieur, il n'y aura pas, du point de vue de la gestion, de perte �conomique. Du point de vue de l'�conomie nationale, en revanche, il peut en r�sulter une perte, dans la mesure o� l'acheteur du produit se voit contraint de couvrir ses besoins en prot�ines en produisant ou en achetant davantage. Il convient donc d'�valuer diff�remment la perte �conomique selon que l'on se place du point de vue de l'�conomie d'entreprise ou de celui de l'�conomie nationale. La perte �conomique ne constitue donc pas une grandeur absolue du fait qu'elle d�pend d'une part du point de vue de l'observateur, et de l'autre de l'utilisation du mais.
Origine des pertes
BOURNE (1977, p. 10) divise les causes de pertes du syst�me de post-r�colte en deux groupes. Parmi les facteurs entra�nant les pertes, il �tablit ici une distinction entre les facteurs d'influence primaires et les facteurs secondaires. Les causes de pertes primaires englobent l'ensemble des facteurs qui endommagent directement le ma�s. Outre les facteurs biotiques et abiotiques, ce sont ici les forces intrins�ques du grain, ainsi que certaines activit�s d�ploy�es par l'homme. Les causes de pertes secondaires peuvent �tre aussi bien de nature biologique qu'anthropog�ne. Il s'agit en l'occurrence de facteurs d'influence qui entra�nent une alt�ration du mais par le biais d'un dommage indirect. Ind�pendamment des causes de pertes primaires et secondaires, le propri�taire du mais peut �galement subir une perte �conomique li�e � une chute des prix intervenue durant la p�riode de stockage. Cette perte �conomique est � consid�rer comme rapport de stockage n�gatif. A l'inverse, le propri�taire peut tout aussi bien r�aliser des b�n�fices sur le stockage en cas de hausse des prix.
3.1.5 Mesures de protection des r�coltes
La notion de protection des r�coltes englobe l'ensemble des mesures visant � �viter les pertes de ma�s au cours du transport, du stockage, de la commercialisation et de la transformation. Au niveau des diff�rentes phases de stockage, les d�cideurs concern�s peuvent contribuer, par le choix de mesures de protection appropri�es, � ce que les pertes de post-r�coltes subies par une communaut� demeurent r�duites.
Pour reprendre l'analyse de REISCH et ZEDDIES (1983, p. 160), nous dirons que les mesures de protection de post-r�colte se subdivisent du point de vue des d�cisions en deux secteurs. Le premier de ces secteurs comprend la totalit� des mesures inh�rentes, au d�part, au syst�me de post-r�colte, et qui contribuent ainsi � l'am�lioration des conditions de r�colte, de transport, de stockage et de commercialisation du ma�s Ces mesures, qui ne visent pas � la suppression de causes de pertes d�termin�es, doivent �tre consid�r�es comme des mesures pr�ventives � caract�re g�n�ral. Le second secteur regroupe les mesures qui ont au contraire pour but la lutte directe et la d�fense contre les causes de dommages. Il s'agit dans le dernier cas de mesures de protection de post-r�colte curatives, dont on peut, en partant du point de vue pr�c�demment adopt�, distinguer deux groupes. Le crit�re de r�partition est le suivant: a-t-on pu �tablir, � la suite du diagnostic sur les facteurs de dommages, une cause de pertes directe, ou doit-on s'attendre aux effets r�sultant d'un facteur de pertes quelconque ? Si l'on est en pr�sence d'une cause directe, on peut entamer la lutte par des moyens th�rapeutiques. Si l'on s'attend de mani�re g�n�rale � des dommages quelconques, on peut alors prendre des mesures prophylactiques.
Selon les causes de pertes, on a la possibilit� de mettre en oeuvre des proc�d�s physicom�caniques, chimiques ou biologiques. Au niveau des petits paysans, on trouve encore � l'heure actuelle des mesures de protection � caract�re religieux, qui trouvent leur origine dans les croyances animistes. A l'�chelon de l'Etat, on trouve principalement des processus administratifs, tels que l'autorisation de certains insecticides ou la prise de mesures de quarantaine, processus qui sont r�glement�s par des lois et d�crets. Le choix de la m�thode de stockage d�termine de fa�on d�cisive celui des mesures hygi�niques ou curatives destin�es � �viter les pertes.
On trouvera au tableau 3 quelques exemples de mesures de protection des stocks au Togo, pr�sent�es selon les crit�res de classification mentionn�s ci-dessus. Parmi les mesures pr�ventives, on trouve au premier rang la s�lection des esp�ces, l'�poque � laquelle intervient la r�colte, l'hygi�ne de stockage et l'absence d'infestation au moment de la r�colte. Les principales mesures prophylactiques consistent dans le traitement par les insecticides et par les produits traditionnels.
Tabl. 3.3: Mesures de protection des stocks de ma�s au Togo
| Proc�d�s | Mesures de protection des stocks | ||
| Mesures pr�ventives | Mesures curatives |
||
| prophylactiques | th�rapeutiques | ||
| m�caniques/ physiques |
S�lection des esp�ces | S�chage | Elimination manuelle des insectes nuisibles |
| P�riode de r�colte | Tri des �pis infest�s | ||
| Hygi�ne de stockage | |||
| chimiques | Traitement aux insecticides | Fumigation | |
| biologiques/ biotechniques |
Traitement aux moyens traditionnels | Antagonistes naturels | |
| religieux/ culturels |
Pri�res | ||
| Sacrifices | |||
| F�tiches | |||
| l�gislatifs/ administratifs |
Quarantaine | ||
| Homologation d'insecticides | |||
La fumigation d'un entrep�t au moyen d'hydrog�ne phosphor� constitue l'exemple type d'une mesure th�rapeutique de protection des stocks. Les m�thodes biologiques consistent dans la mise en oeuvre d'antagonistes et de proc�d�s biotechniques. Depuis l'apparition du Grand Capucin des Grains, ces proc�d�s font, sur place, l'objet d'intenses recherches. L'homologation d'insecticides binaires, de m�me que l'observation de mesures de quarantaine sont deux exemples de mesures administratives. Les pri�res, sacrifices et comportement rituels rel�vent des mesures de protection de type religieux.