2 Bilan d'infestation et �tat des pertes dans les greniers � ma�s ruraux
Table
des mati�res - Pr�c�dente - Suivante
2.1 Mat�riels et m�thodes
2.2 Grande saison de stockage 1988/89
2.3 Petite saison de stockage 1989
2.4 Petite saison de stockage 1990
2.5 Progression de l'infestation dans les
greniers � ma�s
2.6 Structure des dommages caus�s aux �pis de
ma�s
Des recherches s'�tendant sur trois p�riodes de stockage ont �t� effectu�es dans des greniers � ma�s implant�s sur plusieurs sites. Ces recherches avaient pour but d'�tablir l'importance de l'infestation due aux ravageurs ainsi que les dommages et pertes en r�sultant. Outre les ravageurs, on a �galement recens� la faune des insectes utiles. Les r�sultats figurant dans le pr�sent expos�, qui a valeur de r�sum�, sont donn�s sous forme d'extraits. Pour les r�sultats complets, on se reportera � HELBIG (1993).
2.1.1
Region d'enqu�te
2.1.2 Analyse de l'infestation et des pertes
2.1.3 Enqu�te dans les greniers � ma�s ruraux
Les recherches ont �t� men�es dans la R�gion Maritime, situ�e dans le sud du Togo. Les travaux se sont d�roul�s au si�ge de la "Direction de la Protection des V�g�taux" (DPV), dans le quartier de Cacaveli � Lom�, capitale du pays.
La R�publique du Togo est un pays d'Afrique occidentale. Le territoire national, qui couvre une surface de 56 785 km�, s'�tend sous forme de bande mince en direction nord-sud entre les 6� et 11� de latitude N et les 0� et 2� de longitude E. Le littoral a une longueur de 53 km, et la distance du nord au sud est d'environ 550 km. Les pays limitrophes sont le B�nin � l'est, le Ghana � l'ouest et le Burkina Faso au nord (ANONYME, 1991).
Le Togo poss�de un climat tropical, comportant deux saisons des pluies dans le sud (de mai � juin et de septembre � octobre), et une seule dans le nord (d'avril � juillet). Avec quelque 900 mm de pr�cipitations annuelles, la zone du littoral est relativement s�che. La partie centrale du pays, qui re�oit l 500 mm, est franchement humide. Le nord, qui est une r�gion s�che, re�oit environ 1 200 mm de pr�cipitations annuelles. La temp�rature moyenne mensuelle � Lom� est de 26,5 �C (minimum 24,5 �C; maximum: 28,0 �C) (ANONYME, 1991).
2.1.2 Analyse de l'infestation et des pertes
On a proc�d� au cours de la p�riode de stockage au pr�l�vement et � l'�valuation d'�chantillons de 100 �pis de ma�s. Ces examens avaient pour objet de recenser les insectes nuisibles et les insectes utiles ainsi que d'�tablir un bilan des pertes. Ni les �pis de ma�s infect�s par des mycoses, ni ceux endommag�s par des rongeurs n'ont �t� pris en compte.
Pr�l�vement et �valuation des �chantillons
Pour pr�lever les �chantillons, on a enlev� les toits de paille des greniers afin d'acc�der plus facilement � la totalit� de la surface. L'�chantillonnage a �t� effectu� selon la m�thode indiqu�e par PANTENIUS (1987). L'�chantillonnage complet de 100 �pis a �t� conserv� dans un sac de coton et, dans la mesure du possible, fumig� imm�diatement � l'hydrog�ne phospor� dans le but de pr�server l'�tat momentan� de l'infestation et des pertes.
L'�valuation repose essentiellement sur l'analyse individuelle des �pis, dans laquelle on collecte pour chaque �pi la totalit� des donn�es n�cessaires � la quantification des pertes et � l'analyse de l'infestation. On a d�nombr� pour cela les grains endommag�s trouv�s sur l'�pi. Les grains enti�rement d�truits ont �t� �galement compt�s, et cela sur la base du point d'insertion situ� sur la rafle. On a s�par� les grains ab�m�s des grains intacts, puis tamis� et pes� l'ensemble au moyen de tamis � mailles de 3,15 et de 0,4 mm. Pour �tablir le poids des grains, on a pris la fraction rest�e dans le tamis de 3,15 mm. A la suite du tamisage, on a d�termin� le nombre de grains intacts � l'aide d'un compteur de grains. La fraction ayant pass� le tamis de 0,4 mm a �t� qualifi�e de farine de forage. Le tamis de 0,4 mm a retenu en totalit� les insectes, les grains et rafles bris�s, ainsi que les divers autres r�sidus. On a ensuite extrait de ce m�lange les insectes, que l'on a class�s en fonction de leur nombre et de l'esp�ce d'appartenance, puis consign� ces donn�es s�par�ment pour chaque �pi.
Les diverses fractions, c'est-�-dire les grains intacts et les grains endommag�s, les grains bris�s et les insectes, de m�me que la farine de forage, ont �t� conserv�es s�par�ment. Apr�s traitement de tous les �pis d'un �chantillon, les fractions compos�es de grains et celles compos�es de farine de forage ont �t� pes�es en totalit�, puis les grains intacts ont �t� d�nombr�s et l'on a examin� encore une fois la fraction des grains bris�s � la recherche d'insectes.
L'�valuation individuelle des �pis a �t� r�alis�e sur un sous-�chantillon, pr�lev� au hasard dans l'�chantillon principal de 100 �pis, le reste ayant �t� trait� selon une m�thode inspir�e de celle du poids des �chantillons (PANTENIUS, 1987). Pour ce qui est de la description de cette m�thode et des r�sultats obtenus, voir HELBIG(1993).
L'analyse de l'infestation comprenait en r�gle g�n�rale la classification et le d�nombrement des esp�ces d'insectes d�couvertes. La classification a �t� effectu�e � l'aide des cl�s et descriptions emprunt�es � LESTE (1924), VRYDAGH (1955), WEIDNER (1982), DOBIE et al. (1984) et HALSTEAD (1986). Les esp�ces inconnues ont �t� envoy�es aux fins d'identification au CAB International (British Museum). En ce qui concerne les l�pidopt�res, l'infestation a �t� consid�r�e uniquement du point de vue qualitatif dans la mesure o� il n'y a pas eu classification des esp�ces. L'identification des Sitophilus spp. (Coleoptera, Curculionidae), qui sont des ravageurs primaires de premier plan dans le secteur du stockage, a �t� r�alis�e � partir d'�chantillons. La seule esp�ce rencontr�e ici �tait S. zeamais, ce qui explique que cette esp�ce est �galement la seule mentionn�e dans la suite. Sauf indication contraire, le comptage regroupait uniquement les insectes adultes. Une exception a �t� faite pour Xylocoris flavipes (Heteroptera, Anthocoridae), puisque l'on a ici comptabilis� ensemble les adultes et les larves.
Calcul des dommages et pertes
Pour calculer les pertes de poids de mati�re s�che, on a appliqu� 2 m�thodes, celle du comptage et du pesage (MCP) et celle du poids des �chantillons. Seuls les r�sultats obtenus par la MCP sont mentionn�s dans la pr�sente version abr�g�e. L'avantage de la MCP r�side dans l'utilisation d'une norme interne en tant que valeur de r�f�rence (PANTENIUS, 1987; SALUHNKE et al., 1985). Cette m�thode permet d'�valuer les pertes � tout instant et rend superflue la mesure de l'hygrom�trie.
Outre les pertes, on a �galement enregistr� les d�g�ts caus�s aux �pis de mais par les infestations de ravageurs. Le dommage est d�fini comme �tant le pourcentage de grains endommag�s par rapport au nombre total de grains. On trouvera chez PANTENIUS (1987, 1988) ou chez HELBIG (1993) les formules � appliquer pour le calcul des pertes et des dommages.
Pour compl�ter le bilan des d�g�ts, lequel fait r�f�rence � la totalit� de l'�chantillon, on s'est livr� par ailleurs � une analyse de la structure des dommages en calculant les d�g�ts inflig�s � chacun des �pis, ce qui permet de donner une id�e de l'intensit� des d�g�ts auxquels le paysan se voit confront� lorsqu'il ouvre les spathes d'un �pi pour l'examiner.
Pour analyser la structure des dommages, on a proc�d� � une classification en plusieurs cat�gories, qui sont les suivantes:
S'agissant des essais en conteneurs, les pertes ont �t� calcul�es en partant de la diff�rence entre le poids originel et le poids final, compte tenu de la teneur en humidit�. Pour ce qui est du processus de traitement des �chantillons, on a utilis� la m�thode d�crite pr�c�demment. Dans le but de calculer les dommages avec pr�cisions, on a pr�lev� dans le ma�s employ� dans chaque pr�paration un certain nombre d'�chantillons, � partir desquels on a d�termin� le nombre de grains par unit�s de poids. Cette op�ration a permis d'�tablir une moyenne th�orique du nombre de grains par r�cipient, un processus rendu n�cessaire par le fait que dans les essais impliquant P. truncatus, il n'est plus possible, en fin d'essai, de conna�tre le nombre de grains originel.
Interpr�tation statistique
L'interpr�tation statistique des donn�es a �t� effectu�e sur ordinateur personnel (BEUTEL & SCHUB�, 1983; BROSIUS, 1988) au moyen du logiciel SPSS (programme statistique pour les sciences sociales). Dans les cas o� il a paru justifi� de pr�sumer une distribution normale des donn�es, on s'est servi de mod�les emprunt�s � l'analyse de variance. Comme moyens de stabilisation de variance, on a utilis� les transformations suivantes (SACHS, 1978):
La comparaison simple des valeurs moyennes a �t� r�alis�e au moyen du test t. Pour la comparaison multiple des valeurs moyennes, on a eu recours au test Tukey-HSD (SACHS, 1978; L�UTER & PINCUS, 1989). Les valeurs moyennes significatives figurant dans les r�sultats sont signal�es car diff�rentes lettres. L� o� l'on ne pouvait pas pr�sumer une distribution normale, c'est le test de Mann-Whitney pour les donn�es � mise � �chelle ordinale qui a �t� appliqu� (LORENZ, 1988). Les trois tests ont �t� effectu�s avec une probabilit� d'erreur de 5 %.
2.1.3 Enqu�te dans les greniers � mais ruraux
En r�gle g�n�rale, le stockage du mais s'effectue dans le sud du Togo dans des greniers traditionnels du type "Ebli-va", dans lequel les �pis sont entrepos�s en spathes. Dans le cadre de la pr�sente �tude, la marchandise a �t� stock�e sans traitement aux insecticides, pour que l'on puisse ainsi observer l'infestation naturelle due aux ravageurs et recenser la faune des insectes utiles.
Grande saison de stockage 1988/89
La collecte de donn�es effectu�e au cours de cette saison de stockage avait pour objectif d'�tablir un bilan de l'infestation et des pertes sur les sites infest�s ou non par P. truncatus. Quatre sites ont �t� s�lectionn�s, dont deux (Cacaveli et Av�ta), selon les informations disponibles, �taient r�guli�rement victimes d'une infestation par P. truncatus, tandis que les deux autres (Davi� et Kovi�/Mission-Tov�) n'�taient pas touch�s par ce type d'infestation. Sur chacun des sites de Cacaveli et de Davi�, quatre greniers ont �t� �rig�s sur le terrain de la DPV. Dans chaque grenier, on a stock� environ 250 kg de ma�s d'une esp�ce locale � grains jaunes, provenant dans ce cas d'un champ. A c�t� de ces greniers, on a pu utiliser sur 2 sites (Av�ta et Kovi�/ Mission-Tov�) 8 greniers pour y pr�lever des �chantillons (cf. tabl. 1). Le pr�l�vement d'�chantillons, qui a d�but� fin ao�t d�but septembre 1988, s'est poursuivi sur une p�riode de huit mois.
Apr�s avoir pr�lev� le deuxi�me et le troisi�me �chantillon au bout de 6 semaines, on est pass� � un intervalle de 4 semaines. En ce qui concerne le premier et le troisi�me �chantillon, on a trait� ici un sous-�chantillon de 30 �pis en employant la m�thode d'�valuation individuelle. A partir du troisi�me �chantillonnage, le contenu des sous-�chantillons a �t� port� � 50 �pis. Le reste des �pis provenant des �chantillons de 100 unit�s a �t� �valu� suivant la m�thode du poids des �chantillons.
Petites saisons de stockage 1989 et 1990
Au cours de la petite saison de stockage 1989, la collecte des donn�es s'est d�roul�e dans quatre greniers, situ�s dans quatre localit�s diff�rentes (tabl. 1). Le mais destin� � ces quatre greniers, une esp�ce locale � grains blancs qui provenait d'un champ (DPV) et avait �t� achet� en un seul lot, a �t� mis ensuite � la disposition des paysans aux fins de stockage. 250 kg de mais environ ont �t� stock�s dans chaque grenier. L'�chantillonnage est intervenu par roulement, � intervalles de 4 semaines.
Tabl. 1: Emplacement et donn�es g�n�rales concernant les greniers observ�s au cours des diverses p�riodes de stockage
| Lieu | �xploitation | Remarques |
| Grande saison de stockage 1988/89 | ||
| Av�ta | 1 | r�colte fin juillet; grenier datant de 4 semaines; bois neuf |
| Av�ta | 2 | r�colte du 15 au 25 ao�t; grenier neuf; bois de 3 ans, en partie remplac� |
| Av�ta | 3 | r�colte fin ao�t; stockage dans la maison |
| Av�ta | r�colte fin ao�t; grenier neuf; bois neuf | |
| Mission-Tov� | 5 | r�colte fin ao�t/d�but septembre; grenier neuf; plate- forme de t�le |
| Kovi� | 6 | r�colte fin ao�t/d�but septembre; grenier neuf; bois neuf |
| Kovi� | 7 | r�colte d�but � mi-ao�t; grenier existant depuis mi-ao�t; |
| bois neuf | ||
| Kovi� neuf | 8 | r�colte fin ao�t; grenier neuf; bois |
| Petite saison de stockage 1989 | ||
| Gbonv� greniers |
1 | dans le cours; avec d'autres |
| Davi� | dans le cours; unique grenier | |
| Av�ta | 3 | dans le cours; unique grenier |
| Mission-Tov� | 4 | dans le cours; unique grenier |
| Petite saison de stockage 1990 | ||
| Gbonv�-I | 1 | dans le cours; avec d'autres greniers |
| Gbonv�-II | 2 | dans le cours; avec d'autres greniers |
| Davi�-I | 3 | dans le cours; unique grenier |
| Davi�-II | 4 | sur le terrain d'essais de la DPV |
L'�valuation a �t� effectu�e sur 50 �pis sous forme d'examen individuel, tandis que les 50 autres �pis �taient trait�s selon la m�thode du poids des �chantillons (cf. chapitre 2.1.2).
Au cours de la petite saison de stockage 1990, on a �rig� au total quatre greniers, semblables � ceux de la r�gion et r�partis sur deux sites: Davi� et Gbonv�. Trois de ces greniers ont �t� plac�s chez des paysans, le quatri�me sur le terrain exp�rimental de la DPV (cf. tabl. 1). Le ma�s, une esp�ce locale � grains jaunes, avait �t� achet� chez un paysan de Gbonv�. Le premier pr�l�vement d'�chantillons est intervenu directement � la suite de l'emmagasinage, les pr�l�vements suivants � intervalles de 4 semaines. Pour le reste, les m�thodes employ�es �taient identiques � celles de la petite saison 1989.
2.2 Grande saison de stockage 1988/89
2.2.1 Populations de ravageurs et d'insectes
utiles
2.2.2 Bilan des dommages et pertes
S'agissant de la grande saison de stockage 1988/89, le recensement de l'infestation de ravageurs et des pertes de stockage de mais subies par les petits paysans s'est d�roul� sur quatre sites diff�rents, comprenant chacun 4 greniers. A Cacaveli et � Davi�, les responsables des essais ont install� des greniers traditionnels sur le terrain de la DPV. A Kovi�/Mission-Tov�, les pr�l�vements ont �t� effectu�s dans des greniers appartenant � des paysans.
2.2.1 Populations de ravageurs et d'insectes utiles
A Cacaveli et � Kovi�, on a enregistr� durant la grande saison de stockage 1988/89 une infestation due au ravageur import� P. truncatus. A Kovi�, un seul grenier a �t� infest� par P. truncatus, la densit� de population �tant toutefois demeur�e tr�s faible durant la totalit� de la p�riode de stockage. A Cacaveli, en revanche, la population de P. truncatus s'est tr�s fortement accrue, atteignant au bout de 8 mois une densit� de 7222 col�opt�res pour 100 �pis (fig. 1). Aucune infestation n'a �t� d�cel�e sur les sites de Davi� et d'Av�ta.
Outre celle du grand capucin du mais, on a �galement recens� la dynamique d�mographique de S. zeamais. Ce charan�on est un ravageur primaire cosmopolite du mais stock�, capable de causer des d�g�ts consid�rables. A titre compl�mentaire, on a �galement relev� l'abondance de cet insecte, puisqu'il s'agit l� d'un facteur important, aussi bien pour expliquer l'ampleur des pertes caus�es que du point de vue de l'interaction avec P. truncatus.
Dans la plupart des greniers, S. zeamais �tait peu abondant, avec en moyenne entre 1 500 et 2 000 col�opt�res au maximum pour 100 �pis (cf. fig. 1 et 2). Sur le site de Cacaveli �galement, la population de S. zeamais avait pu s'�tablir solidement et atteindre une densit� comparable � celles des autres sites malgr� une forte concurrence de la part de P. truncatus.
L'infestation des �pis de ma�s par des l�pidopt�res sur les sites de Cacaveli, Davi� et Kovi�/Mission-Tov� atteignait en moyenne de 40 � 60 % (fig. 1 et 2). Les valeurs �lev�es enregistr�es � Cacaveli � la fin de la saison de stockage sont vraisemblablement dues � un probl�me d'identification. En cas de tr�s forte infestation par P. truncatus, il devient en effet difficile d'�tablir un bilan pr�cis des d�g�ts dus aux l�pidopt�res. Sur le site d'Av�ta, l'infestation de l�pidopt�res �tait beaucoup moins �lev�e, puisqu'elle n'atteignait ici que 20 � 25 % environ.
Ravageurs secondaires
Durant la grande saison de stockage 1988189, on a observ� l'apparition r�guli�re d'un certain nombre de ravageurs secondaires: Cathartus quadricollis (Coleoptera, Silvanidae), Tribolium castaneum, Palorus subdepressus (Coleoptera, Tenebrionidae), Cryptolestes spp. (Coleoptera, Cucujidae) et Carpophilus spp. (Coleoptera, Nitidulidae). Parmi les Cryptolestes spp., les esp�ces C. pusillus et C. ferrugineus ont �t� identifi�es, tandis que chez les Carpophilus spp., on rencontrait surtout C. dimidiatus et, dans me moindre mesure, C. obsoletus. On a par ailleurs relev� dans des greniers isol�s la pr�sence, en nombre limit�, de Palorus depressus, d'Oryzaephilus surinamensis (Coleoptera, Silvanidae) et celle de Typhaea stercorea (Coleoptera,
Populations d'insectes utiles
Le recensement des insectes utiles a �t� l� encore r�alis� � partir d'�chantillons de 100 �pis. Pour ce faire, les individus trouv�s dans les �pis de ma�s ont �t� classifi�s suivant l'esp�ce et le nombre. En ce qui concerne les hym�nopt�res, seuls les imagos ont �t� comptabilis�s. Pour les h�t�ropt�res, on a compt� et les larves et les imagos.
On a constat� sur tous les sites la pr�sence r�guli�re des esp�ces X. flavipes, Theocolax elegans, Anisopteromalus calendrae (Hymenoptera, Pteromalidae), Cephalonomia waterstoni et Holepyris sylvanidis (Hymenoptera, Bethylidae). Les hym�nopt�res �taient en g�n�ral faiblement repr�sent�s, leur nombre ne d�passant que dans certains cas isol�s 10 individus pour 100 �pis. Au contraire de cette derni�re esp�ce d'insectes utiles, la punaise pr�datrice X flavipes est apparue en assez grand nombre.
2.2.2 Bilan des dommages et pertes
C'est � Cacaveli qu'ont �t� observ�s, et de loin, les dommages les plus importants enregistr�s durant cette p�riode de stockage (fig. 3). Au bout de 8 mois de stockage, les dommages atteignaient ici 62 %, contre 47 % � Av�ta (apr�s 7 mois) et un peu moins de 30 % � Davi� (fig. 4) et Kovi�/Mission-Tov�. Etant donn� que les dommages �taient � Cacaveli � peu pr�s aussi �lev�s que sur les trois autres sites au moment de l'emmagasinage, on peut estimer que cette diff�rence tr�s nette est due � la composition qualitative et quantitative de l'�ventail des ravageurs pr�sents.
Le recensement des pertes a �galement r�v�l� des diff�rences majeures entre les sites. Alors que les pertes avoisinaient I % sur tous les sites au moment de l'emmagasinage, des divergences tr�s nettes se sont fait jour par la suite. Au bout de 8 mois, les pertes atteignaient � Cacaveli 36,5 %, contre des valeurs inf�rieures � 20 % sur les sites d'Av�ta et de Kovi�/Mission-Tov�. Avec 9 %, Davi� enregistrait � l'issue de la p�riode de stockage de 8 mois les pertes les plus faibles.
La production de farine de forage, qui constitue l'indice d'une forte infestation par P. tuncatus, atteignait en moyenne � Cacaveli 666 g pour 100 �pis, c'est-�-dire qu'elle �tait plus de trois fois sup�rieure � celle enregistr�e � Av�ta. Sur les deux autres sites, ceux de Davi� et de Kovi�/Mission-Tov�, on n'a trouv� qu'une quantit� de farine de forage assez minime (environ 100 g au maximum).
2.3 Petite saison de stockage 1989
2.3.1 Populations de ravageurs et d'insectes
utiles
2.3.2 Bilan des dommages et pertes
Au cours de la petite saison de stockage 1989, le recensement de l'infestation et des pertes concernait greniers, implant�s sur quatre sites: Gbonv�, Davi�, Av�ta et Mission-Tov�. L'emmagasinage des �pis de ma�s a eu lieu d�but janvier 1989, la dur�e de stockage �tant de 6 mois. Le ma�s entrepos� dans les quatre greniers, qui provenait d'un champ, a �t� confi� aux paysans pour emmagasinage. Consid�rant la provenance unique de ce mais, on peut pr�sumer que l'infestation par des insectes nuisibles des �pis entrepos�s �tait � l'origine uniforme. Les diff�rences qui se sont manifest�es dans les caract�ristiques d'infestation et d'analyse sont par cons�quent directement imputables au stockage.
2.3.1 Populations de ravageurs et d'insectes utiles
Dans le courant de la petite saison de stockage 1989, on a assist� sur les sites de Gbonv� et de Davi� � une infestation due � P. truncatus. A Av�ta et � Mission-Tov�, P. truncatus n'a �t� trouv� dans aucun des greniers � mais observ�s.
A Gbonv� (fig 5), l'infestation pr�coce s'est traduite par une tr�s forte croissance d�mographique de P. truncatus au cours des 6 mois de stockage. A la suite d'une forte pouss�e � partir du troisi�me mois de stockage, on a d�nombr� au bout de 5 mois 6 373 col�opt�res pour 100 �pis.
A Davi�, l'infestation par P. truncatus n'a manifestement d�but� que beaucoup plus tard. Les premiers col�opt�res ont �t� d�couverts au bout de quatre mois seulement, le ravageur �tant d'autant moins abondant � la fin de la p�riode d'observation. Il faut cependant noter que la population a fortement �volu� en deux mois, puisque l'on a trouv� au sixi�me mois de stockage 1 008 col�opt�res pour 100 �pis.
S. zeamais, qui est apparu sur tous les sites, a pu s'y �tablir solidement. Sur les sites de Gbonv� et de Davi�, o� l'on rencontrait �galement P. truncatus, la croissance d�mographique de S. zeamais est demeur�e assez faible. A Davi�, on a recens� au bout de 6 mois 1 404 adultes de S. zeamais. A Gbonv�, le nombre de col�opt�res appartenant � cette esp�ce, qui atteignait 1 800 au bout de quatre mois, n'a augment� que de fa�on n�gligeable jusqu'au sixi�me mois de stockage, passant alors � 2 021 pour 100 �pis.
A Av�ta et � Mission-Tov� (fig. 6), les populations de S. zeamais avaient visiblement trouv� de meilleures possibilit�s de d�veloppement qu'� Gbonv� et � David. On a observ� en effet sur ces deux sites une croissance d�mographique relativement forte du ravageur. A Av�ta, on a d�nombr� apr�s six mois de stockage 2 835 col�opt�res, et � Mission-Tov� 3 121 col�opt�res pour 100 �pis.
L'infestation due aux l�pidopt�res se traduisait dans les quatre greniers par un niveau uniforme de 40 � 30 % d'�pis endommag�s.
Ravageurs secondaires
L'�ventail des esp�ces de ravageurs secondaires de la petite saison de stockage 1989 �tait identique � celui de la grande saison de stockage 1988/89. Les principaux ravageurs d�couverts ont �t� l� encore C. quadricollis, T. castaneum, P. subdepressus, Cryptolestes spp. et Carpophilus spp. On a �galement trouv� par endroits P. depressus et O. surinamensis.
Populations d'insectes utiles
Lors du recensement des populations d'insectes utiles effectu� au cours de la petite saison de stockage 1989, l'�ventail des esp�ces d�couvertes �tait identique � celui de la grande saison de stockage 1988/89. On a en effet trouv� dans les greniers � mais les hym�nopt�res A. calandrae, T. elegans, C. waterstoni et H. sylvanidis, ainsi que l'h�t�ropt�re X. flavipes.
2.3.2 Bilan des dommages et pertes
L'inventaire des dommages et des pertes inflig�s au mais stock� sur les sites de Davi�, d'Av�ta et de Mission-Tov�, s'est sold� par un r�sultat tout � fait comparable. Partis d'un niveau d'env. 4 � 8 % au moment de l'emmagasinage, les d�g�ts (% de grains infest�s) ont progressivement augment� au cours du stockage, pour se situer � env. 28 � 37 % apr�s 6 mois de stockage (cf. fig. 8). Les pertes ont atteint au cours de cette p�riode entre 5 et 11 % environ.
Les r�sultats obtenus dans le grenier � ma�s de Gbonv� ont �t� totalement diff�rents (fig. 7). A la suite d'une forte augmentation des dommages � partir du troisi�me mois de stockage, 65,4 % des grains de ma�s �taient endommag�s au bout de 6 mois. Les pertes de poids de MS s'�levaient alors � 26,5 %. Au bout de 6 mois, les dommages constat�s � Gbonv� �taient par cons�quent � peu pr�s deux fois plus �lev�s que sur les autres sites, et les pertes au moins 2,3 fois sup�rieures.
Concernant la farine de forage, on a constat� �galement une diff�rence tr�s marqu�e entre les sites. Sur les trois sites pr�sentant un niveau de dommages et de pertes relativement bas, � savoir Davi�, Av�ta et Mission-Tov�, on a enregistr� apr�s 6 mois de stockage entre 78 et 109 g de farine de forage pour 100 �pis (cf. fig. 8). A Gbonv�, ce niveau a �t� nettement d�pass� au bout de 4 mois d�j�, puisque l'on a trouv� ici 258 g de farine de forage (fig. 7). Au bout de 6 mois, il y avait � Gbonv� 795 g de farine de forage dans un �chantillon de 100 �pis.
2.4 Petite saison de stockage 1990
2.4.1 Populations de ravageurs et d'insectes
utiles
2.4.2 Bilan des dommages et pertes
Au cours de la petite saison de stockage 1990, l'�tat des pertes et l'infestation par des insectes nuisibles ont �t� recens�s � deux endroits, Gbonv� (I et II) et Davi� (I et II). La mise en stock a eu lieu d�but janvier 1990, la dur�e de stockage �tant de 6 mois. Le mais emmagasin�, qui provenait d'un champ, appartenait � une esp�ce locale � grains jaunes.
2.4.1 Populations de ravageurs et d'insectes utiles
Au cours de la petite saison de stockage 1990, les greniers � ma�s pr�sentaient une infestation de col�opt�res ravageurs primaires relativement minime. L'infestation due aux l�pidopt�res �tait comparativement �lev�e, se situant en moyenne autour de 80 % d'�pis endommag�s (cf. fig 9 et 10).
Au cours de cette p�riode de stockage, le ravageur import� P. truncatus s'est manifest� dans trois greniers: Gbonv�-I (fig. 9), Gbonv�-II et Davi�-II. Un mois d�j� apr�s l'emmagasinage, les �chantillons ont r�v�l� la pr�sence de P. truncatus adultes. En d�pit de cette infestation pr�coce des greniers, l'�volution d�mographique du grand capucin du mais est demeur�e tr�s faible durant les trois premiers mois. Ce n'est qu'au bout du cinqui�me mois de stockage que l'on a enregistr� une forte pouss�e. Avec 517 col�opt�res trouv�s � Gbonv�-I et 738 � Gbonv�-II, les populations de P. truncatus sont toutefois rest�es relativement r�duites jusqu'� la fin de la saison de stockage. A Davi�-II, la population s'est beaucoup mieux d�velopp�e, atteignant � cette date une densit� de 1 797 P. truncatus adultes.
S. zeamais �tait pr�sent dans tous les greniers d�s l'emmagasinage, avec une moyenne de 69 col�opt�res pour 100 �pis, bien que l'�volution d�mographique de ce ravageur ait �t� �galement tr�s faible dans l'ensemble. Dans trois greniers, ceux de Davi�-I, o� l'on a d�nombr� 471 col�opt�res (fig. 10), de Gbonv�-I, avec 758 col�opt�res (fig. 9), et de Davi�-II, avec 767 col�opt�res pour 100 �pis, la population de S. zeamais est demeur�e relativement modeste jusqu'� la fin de la p�riode de stockage. A Gbonv�-II, apr�s un accroissement d�mographique assez rapide, on a trouv� au bout de quatre mois de stockage un maximum de 1 326 adultes de S. zeamais. Pass� ce cap, la densit� de ravageurs a de nouveau recul�. Il s'agit du seul cas o� l'on ait obtenu un r�sultat comparable � celui des autres p�riodes de stockage.
Ravageurs secondaires
A l'instar des autres p�riodes de stockage, les ravageurs secondaires d�couverts durant la petite saison de stockage 1990 dans tous les greniers �taient C. quadricollis, T. castaneum, Carpophilus spp. On n'a pas trouv� ici d'autres esp�ces. Le niveau de l'infestation due aux ravageurs secondaires �tait dans l'ensemble tr�s faible. Dans certains cas isol�s seulement, ainsi qu'� la fin de la p�riode de stockage, on a pu observer une densit� de ravageurs l�g�rement accrue.
Populations d'insectes utiles
Au cours de la petite saison de stockage 1990, on n'a recens� chez les principaux insectes utiles qu'une tr�s faible densit� de population. Il est m�me fr�quemment arriv� que l'on n'ait trouv� � aucun moment le moindre individu appartenant � ces esp�ces dans les �chantillons. L'�ventail des esp�ces recens�es comprenait l� encore X. flavipes, T. elegans, A. calandrae, C. waterstoni et H. sylvanidis.
2.4.2 Bilan des dommages et pertes
En comparaison des autres p�riodes de stockage, les dommages et les pertes enregistr�s au cours de la petite saison de stockage 1990 ont �t� dans l'ensemble relativement limit�s. Les dommages les plus importants ont �t� constat�s � Gbonv�-I, avec 19,8 % (fig. I l). A Gbonv�-II et � Davi�-II, les d�g�ts �taient sensiblement �quivalents, alors qu'� Davi�-I (fig. 12), les dommages atteignaient 13 % seulement.
Dans l'ensemble des greniers, les pertes des 3 premiers mois de stockage sont demeur�es � leur niveau originel de 1 � 2 %, pour augmenter ensuite progressivement. C'est � Gbonv�-I que l'on a enregistr� au bout de 6 mois de stockage les pertes les plus �lev�es: 11,7 %. A Gbonv�-II et � Davi�-II, les pertes se situaient � la m�me �poque juste en de�� de 10 %. A Davi�-I, on n'a recens� que 5 % de pertes seulement.
La production de farine de forage a �t� elle aussi relativement r�duite au cours de la petite saison de stockage 1990. Les chiffres les plus �lev�s ont �t� enregistr�s au bout de 6 mois � Davi�-II et � Gbonv�-I, o� l'on a trouv� respectivement 143,7 et 119,3 g. Avec un maximum de 15,8 g. la quantit� de farine de forage trouv�e � Davi�-I �tait tout � fait minime. On notera en revanche la tr�s forte augmentation de la quantit� de farine de forage enregistr�e � Gbonv�-I (fig. 11), Gbonv�-II et Davi�-II au cours des deux � trois derniers mois de stockage. Etant donn� que l'on a �galement constat� au cours de la m�me p�riode une tr�s forte augmentation de la densit� de population du grand capucin du mais, on peut raisonnablement en conclure que ce sont les activit�s de forage de ce ravageur qui sont � l'origine de la farine de forage d�couverte et, partant, de l'aggravation des dommages et pertes constat�e.
2.5 Progression de l'infestation dans les greniers � ma�s
En ce qui concerne le stockage du mais en �pis avec les spathes, il y a lieu, lorsque l'on analyse une infestation caus�e par des insectes nuisibles, de tenir �galement compte de la r�partition des dommages sur les diff�rents �pis. En effet, une infestation qui, m�me en pr�sence d'une densit� de population tr�s �lev�e, serait limit�e � un petit nombre d'�pis se traduirait vraisemblablement pour le paysans par des pertes moindres qu'en cas de r�partition uniforme de la m�me population sur la totalit� des �pis.
Pour d�terminer la propagation des ravageurs primaires P. truncatus et S. zeamais dans les greniers, on a d�fini comme �pis infest�s ceux d'entre eux qui contenaient au minimum 3 col�opt�res et un grain ab�m�. M�me si cette d�finition est susceptible de conduire � une sous-estimation de l'infestation, elle a pour but de pr�venir une surestimation due � la pr�sence "fortuite" de certains individus. Le nombre d'�pis retenus pour l'�valuation �tait dans chaque cas identique � celui choisi pour l'analyse des pertes selon la m�thode du comptage et du pesage (chapitre 2.1.3). Seuls les r�sultats obtenus pour la grande saison de stockage 1988/89 ont �t� mentionn�s ici.
Grande saison de stockage 1988/89
Au cours de la grande saison de stockage 1988189, il s'est d�clar� � Cacaveli une forte infestation due � P. truncatus (fig. 13). A Kovi�/Mission-Tov�, l'un des 4 greniers observ�s �tait faiblement infest�, ce qui s'est traduit dans le calcul de valeurs moyennes par un niveau d'infestation moyen tendant vers z�ro.
A Cacaveli, les premiers �pis ont �t� colonis�s par P. truncatus au cours des 6 premi�res semaines (fig. 13). Dans le mois et demi qui a suivi, l'infestation s'est propag�e � tel point que 35 % des �pis �taient d�j� infest�s au bout de 3 mois de stockage. Il est probable que durant cette phase l'infestation �tait due en majeure partie � une migration venue de l'ext�rieur, et non pas � la descendance produite � l'int�rieur du grenier. Au cours des mois suivants, le pourcentage d'�pis infest�s par P. truncatus s'est accru en permanence, pour atteindre 81 % au bout de 8 mois.
S. zeamais, qui a �t� introduit dans le grenier � partir des champs, avait infest� au moment de l'emmagasinage jusqu'� 8 % des �pis (fig. 14). Au cours des trois premiers mois de stockage, l'infestation due � S. zeamais s'est fortement propag�e dans les greniers. La part d'�pis infest�s est pass�e � des valeurs variant entre 27 % � Davi� et 55 % � Kovi�/Mission-Tov�. Par la suite, et jusqu'� la fin de la p�riode de stockage, la propagation de S. zeamais s'est fortement ralentie, finissant m�me par stagner dans certains greniers. Apr�s 8 mois de stockage, la part d'�pis infest�s par S. zeamais atteignait entre 40 et 67 % selon les sites. La forte infestation constat�e � Av�ta est principalement due � un grenier qui avait �t� plac� durant toute la p�riode de stockage dans la maison du paysan et recelait une population de S. zeamais sup�rieure � la moyenne.