Table
des mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
3.1 Pr�sence et distribution des protozoaires
sur Prostephanus truncatus au Togo
3.2 Description et classification des esp�ces
de protozoaires
3.3 Pathog�nicit� en laboratoire des
protozoaires affectant Prostephanus truncatus
3.4 Spectre des h�tes de Nosema sp. et de
Mattesia sp.
3.5 Transmission de Nosema sp. et de Mattesia
sp. � Teretriosoma nigrescens
3.6 Effets des insecticides associ�s � des
spores de protozoaires en conteneur
3.7 Mise en �vidence de spores de protozoaires
dans des produits r�siduels du stockage du ma�s
3.8 Application de la pr�paration aux spores de
protozoaires dans des conditions semi-pratiques
3.1 Pr�sence et distribution des protozoaires sur Prostephanus truncatus au Togo
La r�gion m�ridionale du Topo constitue la principale zone de distribution du ravageur P. truncatus dans ce pays. Le ma�s, qui y fait l'objet de deux r�coltes annuelles, est traditionnellement stock� en �pis, avec les spathes, lors de la "grande saison de stockage" (juin/juillet) et de la "petite saison de stockage" (d�cembre/janvier). Les greniers � ma�s, qui sont construits en bois, offrent � I'anobie de bonnes chances de subsistance entre deux p�riodes de stockage puisque aussi bien le ravageur est en mesure de p�n�trer dans le bois (DETMERS, 1988). Le recensement de la pr�sence de P. truncatus dans les greniers de stockage a eu lieu en janvier et f�vrier de l'ann�e 1989, � une �poque o� une partie de la r�colte de ma�s pr�c�dente avait d�j� �t� pr�lev�e et o� l'on venait seulement de rentrer la nouvelle r�colte, ce qui fait que l'anobie n'a pu �tre d�couverte que dans des r�sidus de stockage anciens.
La figure � repr�sente la zone dans laquelle s'est d�roul�e l'enqu�te. Les chiffres indiquent les lieux de d�couvert de P. truncatus dans la "R�gion Maritime", la "R�gion des Plateaux" et la "R�gion Centrale". Sur les 103 villages visites, 28 pr�sentaient dans leurs greniers � ma�s une infestation par P. truncatus. On trouvera au tableau 5 les noms des villages, ainsi que les r�sultats des examens de d�tection des agents pathog�nes sur le ravageur.
On a d�cel� sur les anobies examin�es deux esp�ces de protozoaires. Il s'agit tout d'abord d'une n�ogr�garine. Un protozoaire de ce type ayant d�j� �t� d�couvert au Togo sur P. truncatus dans le cadre d'un essai similaire (LELIVELDT et al., 1988), nous allons examiner dans la suite la question de savoir si les deux agents pathog�nes sont identiques. L'autre protozoaire, qui fait partie des microsporidies, a �t� d�cel� au Topo pour la premi�re fois. Son identit� fera �galement dans la suite l'objet d'une �tude plus approfondie. Les deux esp�ces de protozoaires � analyser sont provisoirement d�sign�es au tableau 5 sous le nom de "n�ogr�garine" et de "microsporidie".
Alors que la n�ogr�garine �tait pr�sente dans les trois r�gions consid�r�es, l'esp�ce de microsporidie n'a pas a �t� d�tect�e dans la r�gion centrale, mais uniquement dans les r�gions m�ridionales. La n�ogr�garine �tait dans l'ensemble plus r�pandue. Elle s'est manifest�e en outre plus fr�quemment que l'autre esp�ce, puisque l'on a pu mettre en �vidence sur 14 sites des col�opt�res infestes par la n�ogr�garine, tandis que la microsporidie n'a �t� trouv�e sur l'anobie que dans 7 localit�s. Deux P. truncatus d�couverts � Agoenyiv� ("R�gion Maritime") pr�sentaient la particularit� d'�tre infest�s simultan�ment par les deux agents pathog�nes (cf. tabl. 5).
De mani�re g�n�rale, l'infection naturelle du ravageur des stocks par les protozoaires peut �tre consid�r�e comme faible, puisque aussi bien dans la majorit� des cas 7 animaux sur 24 �taient infest�s. Avec 24 exemplaires par site de d�couverte, le nombre de col�opt�res examines est demeure tr�s limit�, dans la mesure o� il s'agissait seulement de r�aliser une mise en �vidence qualitative du spectre des agents pathog�nes naturels de P. truncatus Les deux esp�ces de protozoaires d�couvertes ont �t� isol�es. � la fois aux fins d'identification et en vue des essais d'inoculation pr�vus.
Tabl. 5 : Mise en �vidence de protozoaires sur des Prostephanus truncatus originaires de trois r�gions infest�es du Togo
| Villages
R�gion infest�s ravageurs |
Infection des | ||||||
| vivants | ravageurs | morts | |||||
| Maritime | |||||||
| 1 | Adyougba | 0 | (12)* | 0 | ( 9) | ||
| 2 | Aveime | 0 | (12) | 0 | ( 9) | ||
| 3 | Logop� | 0 | (12) | 0 | (12) | ||
| 4 | Gbonv� | 2 Ne** | (12) | 2 Ne | (12) | ||
| 5 | Sanguera | 0 | (12) | 7 Ne | (12) | ||
| 6 | Ak�p� | 0 | (12) | 1 Ne | (12) | ||
| 7 | L�b� | 3 Ne | (12) | 3 Ne | (12) | ||
| 8 | Logom� | 1 Ne | (12) | 1 Ne | ( 7) | ||
| 9 | Gboto- Assigam� |
0 | (12) | 1 Ne | (12) | ||
| 10 | K�l�gougan | 3 Mi** | (12) | 2 Mi | ( 5) | ||
| 11 | Atitogan | 1 Ne | (12) | 1 Mi | (12) | ||
| 12 | Agoenyiv� | 0 | (12) | 2 Ne + | |||
| 2 Mixte** | (12) | ||||||
| Des Plateaux | |||||||
| 13 | Kpime-Tomegbe | 0 | (12) | 0 | (12) | ||
| 14 | Oudje | 0 | (12) | 0 | (12) | ||
| 15 | Ezim� | 0 | (12) | 0 | (12) | ||
| 16 | Ayom� | 0 | (12) | 0 | ( 4) | ||
| 17 | Av�t� | 0 | (12) | 0 | (12) | ||
| 18 | Agbatitoe | 0 | (12) | - | |||
| 19 | Notse | 0 | (12) | 0 | (12) | ||
| 20 | Levi� Apodom� |
1 Ne | (12) | 1 Ne | (12) | ||
| 21 | Glei | 0 | (12) | 1 Ne | (12) | ||
| 22 | Evoubete-Agbede | 0 | (12) | 1 Mi | (12) | ||
| 23 | Adjahun | 1Mi(12) | 0 | (12) | |||
| 24 | Koutoukpa | 0(12) | 1 Mi | (12) | |||
| 25 | Touv� Agbessia |
3 Mi | (12) | 4 Ne | (12) | ||
| Centrale | |||||||
| 26 | Labid� | 0 | (12) | 1 Ne | (12) | ||
| 27 | Niamgoulam | 0 | (12) | 3 Ne | (12) | ||
| 28 | Atara | 1 Ne | (12) | 1 Ne | (12) | ||
* entre () = Nombre de col�opt�res examines
** Ne = Infection par la n�ogr�garine,
Mi = Infection par la microsporidie
Mixte = Infection par les deux esp�ces de protozoaires
3.2 Description et classification des esp�ces de protozoaires
3.2.1 Morphologie des spores
3.2.2 Cycle �volutif de Nosema sp,
3.2.3 Histopathologie de Nosema sp.
Les deux types de protozoaires mis en �vidence sur P. truncatus ont �t� soumis a un examen plus approfondi. Les figures 4 et 5 permettent de reconna�tre les spores de ces deux types de protozoaires A l'�tat naturel. Les deux types consid�r�s diff�rent fortement du point de vue de la forme et de la taille. Alors que la spore des microsporidies est plut�t petite et poss�de une forme ovale a ovo�de (fig. 4), les spores de la n�ogr�garine affectent la forme d'un citron et sont beaucoup plus grandes (fig. 5).
La forme caract�ristique de la spore des microsporidies et la pr�sence d'un filament polaire � l'int�rieur permettent de conclure avec un haut degr� de certitude qu'il s'agit d'une microsporidie du genre Nosema (POINAR & THOMAS, 1978). La morphologie des spores fournissant un crit�re de distinction entre les esp�ces Nosema on a par cons�quent d�termine ici les dimensions, la longueur des filaments polaires et le rapport nucl�aire � l'int�rieur des spores, puis compare ces caract�ristiques � celles de trois autres esp�ces Nosema ainsi qu'� trois isolats de spores.
En ce qui concerne les esp�ces qui nous occupent, il s'agit d'une part de N. whitei sur ses deux h�tes principaux, T. confusum et 7. castaneum (LIPA, 1968: MILNER, 1972d), ainsi que de N. weiseri sur R. dominica (LIPA, 1963) et N. oryzaephili sur Oryzeaphilus surinamensis (BURGES et al., 1971). Enfin, on a inclus dans la comparaison trois isolais de spores de diverses microsporidies trouv�es par PURRINI (communication interne) sur P. truncatus en Tanzanie.
Les spores de Nosema examin�es ici mesuraient en moyenne 3,3 mm de long, les mesures effectu�es ayant r�v�l� par ailleurs Une largeur moyenne de 2,1 �m. Ces donn�es correspondaient assez bien a celles concernant les spores de N. weiseri, alors que N. whitei et N. oryzaephili poss�dent des spores de dimensions tr�s sup�rieures. S'agissant de la comparaison des spores examin�es avec les trois isolats trouv�s en Tanzanie, il s'est av�r� que si les dimensions des spores de l'isolat I �taient assez similaires a celles r�sultant de nos propres mesures, les isolats 2 et 3 pr�sentaient des spores beaucoup plus grandes que celles mesur�es chez Nosema sp..
Autre caract�ristique permettant la distinction entre les spores de Nosema; la longueur des filaments polaires. Concernant cette caract�ristique chez les trois isolats de spores de P. truncatus, on trouve uniquement chez PURRINI (communication interne) des indications relatives � la forme de spirale du filament contenu dans les spores. La comparaison se limite donc aux spores de Nosema d�crites en corr�lation avec les autres ravageurs des stocks. Les mesures auxquelles nous avons proc�d� sur 20 filaments polaires ont permis d �tablir une longueur moyenne de 117,6 �m. Cette valeur se rapprochait le plus de la longueur du filament polaire des spores de N. whitei, qui est de 112 �m sur T. castaneum (MILNER, 1972a).
PURRINI (communication interne) n'indiquait le rapport nucl�aire des spores que pour 2 isolats (1. 1 et 1.2). Chez LIPA (1968), cette indication fait totalement d�faut au sujet de N. weiseri. Les spores de Nosema de nos propres examens poss�daient deux noyaux par spores. A l'exception de l'isolat de spores 2, qui provenait de Tanzanie et ne pr�sentait qu'un seul noyau, on a �galement trouv� dans les spores de l'isolat tanzanien 1, de m�me que dans celles de N. oryzaephili et de N. whitei, deux royaux.
Les dimensions des spores de la n�ogr�garine, telles qu'elles ont �t� constat�es, figurent au tableau 6. Les r�sultats de ces mesures de longueur et de largeur concordent bien avec les indications fournies par LIPA & WOHLGEMUTH (1986), et LEIVELDT (1990), qui d�crivent une esp�ce Mattesia trouv�e au Topo sur le ravageur P. truncatus. On peut par cons�quent postuler qu'il s'agit de la m�me esp�ce. Cette hypoth�se a �t� renforc�e par les stades interm�diaires de la n�ogr�garine observas au cours de nos propres examens, puisque aussi bien ces stades sont conformes a la description donn�e par LELIVELDT (1990) du cycle �volutif d'esp�ce Mattesia.
Tabl. 6 : Dimensions des spores de Mattesia trouv�es au Togo sur des Prostephanus truncatus (l'�tat naturel)
| En �m | D'apr�s LIPA et al. (1986) |
D'apr�s
LELIVELDT (1990) |
D'apr�s ses propre m�surages |
| Longueur | 11,6-14 | 12,6 | 10,6-12,5 |
| Largeur | 6,7- 7,8 | 7,2 | 6,3-7,8 |
3.2.2 Cycle �volutif de Nosema sp.
Les cycles �volutifs des microsporidies renseignent sur le mode de multiplication du protozoaire � l'int�rieur de son h�te. De mani�re g�n�rale, on peut distinguer une multiplication sexu�e et une multiplication asexu�e, qui permettent � l'agent pathog�ne de se propager et de se reproduire dans les cellules de l'h�te (WEISER, 1961 LIPA, 1974). On d�signe sous le terme de schizogonie l'�volution asexu�e. Les schizontes (appel�s �galement m�rontes) se multiplient par deux divisions cons�cutives, r�sultant dans une colonisation intense des tissus de l'h�te (cf. fig. 6). La reproduction sexu�e commence avec la formation de diplokaryen, chez lesquelles les deux noyaux des schizontes fusionnent. C'est � partir de ces stades que se d�veloppent les sporontes, qui se transforment ensuite en sporoblastes. Ceux-ci constituent les stades pr�curseurs de la jeune spore. Avec l'apparition de la forme mure de la spore, l'�volution est parvenue � son terme et un nouveau cycle peut commencer. En tant que stade permanent des microsporidies, les spores sont tr�s r�sistantes et peuvent souvent demeurer longtemps viables dans le sol ou dans le corps d'insectes morts. Les spores assurent donc la survie du protiste et poss�dent la capacit� d'infecter � nouveau des insectes lorsqu'elles sont ing�r�es.
Caract�ristique des microsporidies, le cycle �volutif d�crit ne diff�re pas fondamentalement chez la plupart des esp�ces Nosema. Ajout� 4 d'autres caract�ristiques, comme la morphologie des spores et les affinit�s organiques � l'int�rieur de l'h�te, il peut cependant fournir de pr�cieuses indications pour l'identification du protozoaire, ce qui explique que l'on ait mis ici en lumi�re le cycle �volutif de l'esp�ce Nosema consid�r�e afin de faciliter la suite du processus d'identification.
On a observe dans un premier temps l'apparition de schizontes � structure cytoplasmique tr�s dense, mononucl��s ou binucl�es, plus rarement quadrinucl��s (fig. 6 a). Ces schizontes se reproduisaient par division. C'est � partir d'eux que se sont d�veloppes les sporontes, mononucl�es ou binucl�es, au plasma plus clair (fig. 6 b). La division de chaque sporonte (fig. 6 c) a donne naissance � deux sporoblastes (fig. 6 d), lesquels se sont transform�s en spores apr�s diff�rents stades pr�curseurs. Les deux noyaux colores sont bien visibles dans les jeunes spores (fig. 6 e).
Au vu du cycle �volutif tout � fait caract�ristique pr�sente par le protozoaire, ainsi que des particularit�s de ses spores d�crites au chapitre pr�c�dent, l'esp�ce de microsporidie a laquelle nous avons affaire ici appartient � la famille des Nosematidae et au genre Nosema N�GELI (d'apr�s POINAR & THOMAS, 1978).
Le cycle de cette Nosema a �t� compar� a ceux des esp�ces N. whitei, N. weiseri et N. oryzaephili, qui ont �t� d�crits dans la litt�rature sp�cialis�e. PURRINI (communication interne) s'�tant limit� a la mise en �vidence sur P. truncatus des spores m�res de l' "isolat 1", il n'a pas �t� possible d'�tablir de comparaison en ce qui concerne l'�volution. BURGES et al. (1971) ont observ� dans le cycle de N. oryzaephili une division de chacun des sporontes en deux sporoblastes. Dans le cycle �volutif repr�sent� ici, le sporonte se divisait �galement en deux sporoblastes, donnant chacun naissance � une spore (cf. fig. 6 c et d).
LIPA (1968) a d�crit en revanche dans le cycle de N. weiseri la formation des sporoblastes a partir d'un sporonte unique. On n'a donc pas constat� ici de division. En ce qui concerne l'�volution de l'esp�ce N. whitei, MILNER (1972a) et LIPA (1968) n'ont observe l� encore aucune division des sporontes au cours du cycle �volutif.
3.2.3 Histopathologie de Nosema sp.
L'examen histopathologique de coupes sagittales color�es des larves de P. truncatus infest�es par Nosema a r�v�l� une infection du niveau de plusieurs organes. Le figure 7 montre les principaux foyers infectieux du protozoaire. La microsporidie infectait les tissus musculaires avec une certaine virulence, Outre quelques parties de la musculature du corps, la musculature intestinale pr�sentait des foyers d'infection avanc�s. La cha�ne ganglionnaire ventrale, de m�me que l'organe dorsal, (talent �galement infestes par l'agent pathog�ne. La matrice trach�enne et l'�piderme �taient eux aussi nettement infest�s, bien qu'� un moindre degr�. On n'a pas d�cel� d'infection dans les s�ries de coupes pratiqu�es du niveau de l'�pith�lium intestinal. Il est par ailleurs int�ressant de noter que l'on a observe des colonies tr�s denses de l'agent pathog�ne dans de larges secteurs du corps adipeux (cf. fig. 7).
Les r�sultats obtenus permettent de conclure � une nette affinit� de l'agent pathog�ne envers les tissus adipeux de l'animal h�te. Cette propri�t� est cependant commune A de nombreuses microsporidies pathog�nes des insectes (WEISER, 1961).
Au vu de la comparaison de la morphologie des spores, du cycle �volutif et de l'histopathologie, nous constaterons pour terminer que l'esp�ce Nosema d�couverte au Togo pourrait �tre identique � N. oryzaephili. En outre, eu �gard � la forte similarit� entre les dimensions des spores isol�es en Tanzanie et celles des spores d�couvertes sur P. truncatus au Togo, il s'agit �ventuellement des m�mes. Il n'est toutefois pas encore possible de classifier la microsporidie avec certitude, du fait que certains crit�res essentiels, comme la comparaison des dimensions aux autres stades d'�volution, n'ont pas encore �t� �tablis.
3.3 Pathog�nicit� en laboratoire des protozoaires affectant Prostephanus truncatus
3.3.1 Effets pathog�nes sur des larves de
Prostephanus trunchatus
3.3.2 Effets pathog�nes sur des adultes de
Prostephanus truncatus
3.3.3 Incidences d'une infection par Mattesia
sur la f�condit� et la long�vit� de Prostephanus truncatus
3.3.4 Mise en �vidence de spores dans des
excr�ments de Prostephanus truncatus infest�s
3.3.5 influence des spores de protozoaires sur
la dynamique des populations de Prostephanus truncatus
3.3.6 Contagiosit� des spores de protozoaires
apr�s stockage
La condition fondamentale � la mise en oeuvre pratique des agents pathog�nes est qu'ils pr�sentent. Un haut degr� de pathog�nicit� vis-�-vis de l'organisme cible. Dans le but de d�terminer les effets pathog�nes de Nosema sp. et de Mattesia. sp. sur P. truncatus, on a entrepris toute une s�rie d'essais d'inoculation en conteneur.
Dans un premier temps, on a inocul� les deux types de spores aux diff�rents stades larvaires, ainsi qu'aux adultes du ravageur, et observ� la r�action de ces animaux � un traitement c l'un ou l'autre de ces protozoaires. Dans le cadre d'un essai par couples, on a par ailleurs �tudi� l'influence de l'infection par Mattesia sur la f�condit� et la long�vit� de P. truncatus
Concernant les possibilit�s de contamination du protozoaire au sein de la population par �vacuation des spores, il a �t� proc�d� a une analyse des mati�res f�cales d'animaux atteints.
Outre les examens effectu�s sur des individus, on a �galement observ� l'�volution de la population de ravageurs � la suite d'un traitement aux spores. Dans le cadre d'un essai, on a place en observation des P. truncatus infestes naturellement et, dans un essai parall�le, des col�opt�res sains, et note leur �volution sur plusieurs semaines. D�sirant �lucider un aspect important de l'application pratique des spores, on a test� leur capacit� de r�sistance par deux essais d'inoculation de spores, lesquelles avaient �t� soumises auparavant � un stockage plus ou moins prolong�.
3.3.1 Effets pathog�nes sur des larves de Prostephanus truncatus
Nosema sp.
Dans le but de d�terminer la pathog�nicit� de Nosema sp., on a inocule des spores de Nosema aux trois stades larvaires de P. truncatus Au bout de 19 jours (pour les L3), de 26 jours (pour les L2) et de 33 jours (pour les L1), on a note l'�volution et �tabli le taux de mortalit� des larves utilis�es, ainsi que le nombre d'animaux infestes
La haute mortalit� initiale constat�e au cours de l'essai 1, aussi bien chez les larves trait�es que chez les larves non trait�es, indique � d'�vidence que cet essai s'�tait d�roul� dans des conditions d�favorables. On y avait utilise de la farine de ma�s non tamis�e, de sorte que les particules de farine grossi�res avaient probablement cause la mort de nombreuses larves. Dans leur environnement naturel, les larves se d�veloppent en effet dans la farine plus fine produite par leurs cong�n�res au cours de leur activit� de forage. On a donc proc�d� � un second essai, en employant cette fois de la farine finement tamis�e.
Au vu des deux essais r�alis�s, on peut conclure que c'est le premier stade larvaire de l'anobie qui pr�sente le plus haut degr� de pr�disposition envers les spores de Nosema Alors que les larves du stade L2 montraient {gaiement une haute disposition � l'infection par Nosema on a �tabli pour le stade L3 un taux d'infection tr�s inf�rieur. Seul le stade L2 pr�sentait � la suite du traitement aux spores un taux de mortalit� relativement �lev�. Chez les deux autres stades larvaires, l'infestation n'a pas entra�n� d'augmentation du taux de mortalit�.
Mattesia sp.
S'agissant de l'inoculation de spores de Mattesia � des larves, on a constat� qu'au cours de l'un des deux essais seulement l'inoculation avait provoque chez les L1 et L2 de P. truncatus une infestation. A l'instar des r�sultats obtenus sur l'esp�ce Nosema les L3 ont r�agi �galement plus faiblement au traitement a base de spores de la n�ogr�garine. Une influence de l'agent pathog�ne sur la mortalit� n'a pu �tre mise en �vidence que pour le stade L1. Les L1 et L2 ont r�agi par ailleurs � l'infection par Mattesia par une inhibition de la croissance.
3.3.2 Effets pathog�nes sur des adultes de Prostephanus truncatus
Nosema sp.
Afin d'�tablir la pr�disposition des adultes du ravageur des stocks, on leur a inocule des spores de Nosema. Deux concentrations diff�rentes ont �t� appliqu�es lors des traitements. Les r�sultats d'infestation sur les imagos figurent au tableau 7. Seule la pr�paration de poudre aux spores la plus concentr�e a provoqu� une infection chez les col�opt�res. On n'a cependant pas constat� d'effets mortels de l'agent pathog�ne.
Tabl. 7 : Nombre d'adultes de Prostephanus truncatus infect�s apr�s inoculation de deux concentrations diff�rentes de spores de Nosema
Concentration |
Adultes |
|
| vivants | morts | |
| 8 x 106 | 76 (8) | 4 (1) |
| 8 x 105 | 77 (0) | 3 (0) |
| Temoin | 78 | 2 |
* entre ( ) = nombre de col�opt�res infest�s
Mattesia sp.
On a �galement inocule aux col�opt�res de P. truncatus deux concentrations diff�rentes de spores de Mattesia sp. Le tableau 8 indique le nombre de sujets infectes � l'issue d'une p�riode d'incubation de trois semaines. Le nombre de col�opt�res infest�s par l'agent pathog�ne �tait tr�s restreint. Sur les 120 adultes objets de l'essai, seuls 4 individus dans un cas, et � dans l'autre, �taient infect�s. La plupart des insectes infectes ayant surv�cu, on ne peut pas, par cons�quent, parler 13 non plus d'effets mortels sur les imagos.
Tabl. 8 : Nombre d'adultes de Prostephanus truncatus
infectes apr�s inoculation de spores de Mattesia
| Concentration
des spores par g substrat |
Adultes |
|
| vivants | morts | |
| 4 x 104 | 109 (2)* | 11 (2) |
| 2 x 104 | 116 (3) | 4 (0) |
| Temoin | 110 | 10 |
* entre () = nombre de col�opt�res infectes
Les effets exerces sur la reproduction de l'animal h�te constituent un important crit�re d'appr�ciation des propri�t�s pathog�nes d'un protozoaire. Dans le cadre de l'essai pr�sent� ci-apr�s, on a observ� dans chaque groupe dix couples de P. truncatus Le premier rassemblait uniquement des individus sains (variante 1), le second des m�les (variante 2) et le troisi�me des femelles (variante 3) infest�s par l'espace Mattesia. Les couples ont �t� places en observation pendant 10 semaines. Outre le nombre d'oeufs pondus, on a �galement not� la long�vit� des sujets en vue d'en tirer des conclusions quant aux incidences de l'infection par Mattesia sur la f�condit�.
La figure 8 indique la ponte par femelle pour chacune des trois variantes. La production moyenne d'oeufs des femelles infect�es �tait nettement inf�rieure � celle des femelles saines. Chez les 10 femelles malades, le nombre moyen d'oeufs par individu �tait de 11,3, la moiti� seulement a entre elles ayant produit des oeufs. A l oppose, les femelles saines ont pondu une moyenne de 71,8 oeufs. Les 10 femelles de ce groupe ont toutes �t� f�condes. Chez les couples comportant un m�le infecte, enfin, chaque femelle a pondu en moyenne 55,6 oeufs, un seul de ces couples �tant demeure st�rile. On peut �tablir une corr�lation entre ce bilan de ponte, qui pr�sente comme on le Voit des diff�rences tris accentu�es selon les variantes, et la long�vit� des individus.
Le tableau 9 indique la long�vit� moyenne des miles et des femelles au cours d'une p�riode d'observation maximale de 10 semaines. Les P. truncatus sains ont surv�cu en moyenne 54 jours, alors que la long�vit� des femelles infect�es �tait limit�e � 31 jours seulement. Quant aux miles infect�s, leur viabilit� �taient m�me encore inf�rieure, puisqu'ils n'ont surv�cu que 28 jours.
Comme le montrent clairement ces chiffres, la r�duction de la ponte chez les couples infest�s est a mettre au compte de la long�vit� fortement �court�e des sujets malades. L'influence de la femelle �tait en l'occurrence dominante, puisque le nombre d'oeufs pondus dans la variante 2 �tait, malgr� la pr�sence des miles infest�s par Mattesia, sup�rieur � celui enregistre dans le groupe des femelles infest�es (cf. fig. 8).
Il ne fait aucun doute que la baisse de reproduction des P. truncatus infect�s s'explique par des mutations physiologiques aussi bien qu'histologiques. Au stade avanc� de la maladie, le protozoaire envahit progressivement tous les organes de l'organisme h�te, c'est3-dire que l'agent pathog�ne peut �galement coloniser les ovaires et les testicules. C'est ce qui explique que dans les couples comportant des m�les infestes, la reproduction ait aussi baiss�, m�me si cette baisse (tait moins accentu�e que dans le groupe dont les femelles �taient infest�es.
Tabl. 9 : Long�vit� moyenne des femelles et des m�les de
Prostephanus truncatus � la suite d'une infection par Mattesia
sp. (10 couples sains, 10 couples avec femelles infest�es et 10
couples avec miles infest�s)
Long�vit� (en jours) |
|
| Femelles saines | 54 |
| M�les sains | 54 |
| Femelles infest�es | 30,9 |
| M�les infest�s | 27,8 |
Au cours de la p�riode d'observation des couples, on a note chez les sujets infest�s par la n�ogr�garine un sympt�me externe. Certains col�opt�res' morts au bout de 20 jours d�j�, pr�sentaient en effet un abdomen fortement ballonn� (cf. fig. 9). On a trouv� dans les pr�parations contuses de ces animaux une multitude de stades Mattesia. C'est cette reproduction massive de Mattesia sp. qui �tait donc, de toute �vidence, � l'origine du gonflement
Les oeufs des insectes ont �t� nettoy�s � l'eau distill�e aussit�t apr�s la ponte pour permettre l'examen des larves �closes, Cette mesure visait a pr�venir une infestation des larves fra�chement �closes par d'�ventuelles spores de Mattesia adh�rant a la coquille de l'oeuf. L'examen au microscope a r�v�l� qu'aucun L1 n'�tait infest� par la n�ogr�garine, ce qui permet d'en conclure qu'il n'y avait pas eu, chez le g�niteur transmission de l'esp�ce Mattesia a la descendance.
Mise en �vidence de spores dans des excr�ments de Prostephanus truncatus infest�s