Table des
mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
Le circuit par lequel sont achemin�es les c�r�ales, depuis le champ du producteur jusqu'au consommateur, est souvent tortueux; il fait penser � l'�coulement de l'eau � travers un syst�me de canalisations. Des fuites peuvent se produire en tout point du circuit. Il faut conna�tre le volume de chaque fuite pour pouvoir r�duire les plus importantes.
De m�me, les c�r�ales s'�coulent du producteur au consommateur et sont sujettes � des fuites ou � des pertes pendant le voyage. Il importe de se placer en un point d'o� l'on pourra visualiser l'importance des pertes totales de grain subies entre le producteur et le consommateur, comparer le chiffre total avec la quantit� perdue en un point particulier, et mesurer cette perte par rapport � la quantit� de grain qui passe en ce point.
Pour tout programme d'�valuation des pertes, il faut r�unir le plus d'informations possibles sur l'�coulement des c�r�ales; comment et quand le grain passe de la moissonneuse au consommateur; les itin�raires qu'il suit et ses points de halte; o� et comment il est trait�. Chaque district ou collectivit� a un syst�me pour commercialiser les c�r�ales vivri�res. Il est indispensable de rep�rer les chenaux d'�coulement et d'�tablir les quantit�s qui les empruntent, tout cela afin de choisir des points prioritaires o� seront effectu�es l'observation et la mesure des pertes.
3.1.1 Champignons. La structure la plus simple d'un champignon consiste en un filament (ou hyphe) qui cro�t l'int�rieur d'un mat�riel h�te. Plusieurs hyphes se ramifient pour former une esp�ce de r�seau, appel� myc�lium. Les structures reproductives asexu�es, connues sous le nom de sporangiophores, sortent de ce myc�lium et s'�tendent � la surface du substrat, ou mat�riel h�te. A l'extr�mit� de ces sporangiophores se trouve le sac (ou sporange) qui contient les spores. Les esp�ces � reproduction sexu�e sont moins fr�quentes. Les classes de champignons particuli�rement importantes du point de vue de l'entreposage des v�g�taux sont les moisissures, champignons microscopiques pour lesquels la temp�rature optimale pour prolif�rer est sup�rieure � 20�C.
Pour se multiplier, les champignons ont besoin d'eau, d'oxyg�ne et d'une temp�rature ad�quate. Ils ont aussi besoin de substances nutritives qu'ils tirent du substrat; ces substances sont dissoutes avant d'�tre absorb�es dans le myc�lium. Si l'on n'y prend pas garde, les produits v�g�taux entrepos�s offrent un terrain id�al pour la croissance des champignons.
D'un point de vue �cologique, on peut diviser les champignons en deux cat�gories: les champignons des champs et ceux des entrep�ts.
Les champignons des champs, tels que Alternaria, Fusarium, Cladosporium et Helminthosporium, envahissent les graines avant la r�colte. Ces champignons ne se d�veloppent que sur des graines ayant une forte teneur en eau (22-25 pour cent) et mourront si les conditions de stockage sont correctes.
Les champignons d'entrep�t, principalement les esp�ces Aspergillus et Penicillium, se d�veloppent sur des graines ayant une teneur en eau comprise entre 12 et 18 pour cent.
3.1.2 Quelques champignons apr�s r�colte importants. Il en existe de nombreuses vari�t�s dont les plus importantes sont les suivantes.
Aspergillus flavus: croit sur les prot�ines, les amidons et les huiles, et les alt�re; elle affecte, en particulier, la qualit� de l'huile. Certaines souches produisent un poison toxique, I'aflatoxine, surtout dans les graines ol�ngineuses et les c�r�ales qui n'ont pas �t� convenablement s�ch�es.
Aspergillus niger: � A. flavas, mais la toxine qu'elle produit n'est pas aussi dangereuse. La t�te des spores est noire.
Groupe des Aspergillus glaucus: groupe tr�s commun de moisissures pouvant se d�velopper sur des substrats � tr�s faible teneur en eau et � forte teneur en sucre; ce sont g�n�ralement les premi�res � envahir les produits v�g�taux entrepos�s.
Penicillium spp: couramment associ�e � la pourriture des fruits. Le myc�lium est vert bleu�tre et peut s'�tendre � la surface ou � l'int�rieur du substrat; d�veloppement tr�s �pars.
Botryodipladia spp: attaque les fruits ou les graines dans le champ et continue son action destructrice en entrep�t. Le myc�lium est noir dans B. theobromae, les spores sont produites dans des pycnides closes, dispos�es � la surface du substrat.
Fusarium spp: esp�ce tr�s r�pandue, associ�e aux pourritures des denr�es entrepos�es et connue comme agent pathog�ne responsable des rouilles et des brunissures des c�r�ales et de la canne � sucre. Peut survivre dans la graine et continuer � cro�tre pendant l'entreposage. Certaines esp�ces produisent des toxines sur le mals entrepos� qui n'a pas �t� suffisamment s�ch� et qui contient une teneur en eau trop �lev�e. Deux esp�ces faisant partie des Phyromycetes affectent aussi couramment les produits entrepos�s.
Rhizopas otrhilus: tr�s r�pandue; se reproduit sexuellement dans des sporanges caract�ristiques sur de nombreuses cultures, mais n'est pas un envahisseur important.
Mucor pusillus: champignon associ� � l'alt�ration et � la d�composition des denr�es. Tr�s thermophile; il peut, par exemple, survivre aux temp�ratures �lev�es qui r�gnent dans le cacao en fermentation.
3.1.3 Lutte contre la prolif�ration des champignons sur les produits entrepos�s. La principale cause de la d�t�rioration des produits entrepos�s par les champignons est l'exc�s d'eau. L'air emprisonn� dans la masse du produit peut arriver � des humidit�s relatives sup�rieures � 70 pour cent. Un tel taux d'humidit� relative favorise le d�veloppement des myc�liums fongiques, ce qui entra�ne une augmentation de l'activit� biologique et une alt�ration accrue.
Ce taux d'humidit� relative (HR) de 70 pour cent (voir section 6.3) en est venu � �tre consid�r� comme un � seuil de s�curit� � et la teneur en eau de denr�es en �quilibre avec cette HR correspond � la limite qu'il ne faut pas d�passer pour avoir un entreposage s�r (voir tableau ci-apr�s).
3.2.1 Ecologie. Les produits entrepos�s h�bergent de nombreuses esp�ces d'insectes. Parmi elles, seules quelques-unes ab�ment directement le produit.
TABLEAU. Valeurs de l'�qulilbre hygrom�trique avec humidit� humidit� de 70 pour cent et une temp�rature de 27�C
| Teneur en eau | Tener en eau du produit humide | Denr�e | Denr�e du produit humide |
| Ma�s | 13,5 | Arachides (d�cortiqu�es) | 7,0 |
| Bl� | 13,5 | Graine de coton | 10,0 |
| Sorgho | 16,0 | F�ves de cacao | 7,0 |
| Mil | 16,0 | Coprah | 5,8 |
| Paddy | 14,0 | Palmistes | 5,7 |
| Doliques | 13,5 | Gari (jaune) | 13,6 |
| Haricots | 15,0 | Gari (blanc) | 12,7 |
Note les valeurs sont d�termin�es apr�s exposition prolong�e dans une atmosph�re contr�l�e, conditions qui ne s'appliquent pas toujours aux produits entrepos�s
Un produit peut abriter, outre les ravageurs primaires, toute une colonie d'insectes dont des insectes n�crophages, pr�dateurs et parasites. Chaque esp�ce fera montre d'un comportement, de tol�rances et de pr�f�rences diff�rents face �:
- la denr�e
- l'humidit� et la temp�rature
- l'�tat du produit (intact, ab�m�, usin�, etc.).
En g�n�ral, pour un endroit, une denr�e et une m�thode d'entreposage d�termin�s, seules quelques esp�ces s'av�rent des ravageurs importants.
3.2.2 Identification. Il importe d'identifier les principales esp�ces de ravageurs afin de:
3.2.3 Biologie. On peut renforcer de fa�on non n�gligeable l'efficacit� des mesures de lutte avec un minimum de connaissances sur la biologie des esp�ces nuisibles. Par exemple, quelle est l'origine probable de l'infestation? Le ravageur at-il une phase de r�sistance? Est-il suffisamment mobile pour provoquer ailleurs une autre infestation? Quelles sont ses tol�rances?
3.2.4 Collections de r�f�rence. La majorit� des ravageurs agissant sur les produits entrepos�s sont de petite taille et difficilement identifiables par de nonsp�cialistes. Les notes qui vont suivre ne sont qu'une introduction.
Il est plus facile pour les personnes qui travaillent sur le terrain d'identifier les insectes si elles peuvent se reporter � des collections de r�f�rence des principaux ravageurs pr�sents dans leur r�gion.
Il convient donc de r�colter des sp�cimens des ravageurs les plus courants et de les envoyer pour identification � un sp�cialiste. Les larves, chenilles et nymphes doivent �tre conserv�es dans de l'alcool �thylique � 70 pour cent. Les insectes adultes doivent �tre envoy�s tels quels. Les sp�cimens doivent �tre accompagn�s d'une �tiquette mentionnant la date et le lieu o� ils ont �t� trouv�s, et le produit attaqu�.
Dans les sections 3.3.1 � 3.3.3 de cette rubrique, les lettres qui pr�c�dent les notes correspondent au syst�me suivant: a) identification; b) denr�es attaqu�es; c) importance des d�g�ts.
3.3.1 Principaux ravageurs primaires
C�r�ales
Charan�ons du ma�s et du riz. Sitophilus spp. (Col. Curculionidae)
a) Diff�rent de tous les autres ravageurs habituets des entrep�ts par leur long bec ou � rostre�, caract�ristique de tous les charan�ons; longs de 2,5 d 4 mm, brun fonc�, avec parfois quatre taches plus claires sur les �lytres.
b) Ma�s, riz, sorgho, bl�.
c) Ce sont les plus importants des ravageurs primaires de c�r�ales sous les tropiques humides; attaquent les grains non endommag�s; infestent souvent le produit avant la r�colte. Les larves se d�veloppent d l'int�rieur du grain puis, en sortant, laissent un trou rond caract�ristique.
Alucite des c�r�ales, Sitotroga cerealella (Lep., Gelechiidae)
Figure 3.2 Sitotroga cerealella.
a) Petit papillon jaune cr�me ou fauve, pr�sentant parfois une petite tache noire sur les ailes ant�rieures; les ailes sont tr�s �troites, bord�es d'une frange de longues soies; les extr�mit�s pointues des ailes post�rieures sont caract�ristiques.
b) Sorgho, mais, bl�, riz.
c) Sitotroga remplace Sitophilus en tant que ravageur principal dans les zones arides. Cause des d�g�ts tr�s s�rieux dans le ma�s entrepos� en �pis; affecte moins le ma�s �gren�, car ne p�n�tre pas d plus de quelques centim�tres de la surface. Seules les larves sont nuisibles; les adultes ne se nourrissent pas.
Petit foreur des c�r�ales, Rhyzopertha dominica (Col., Bostrychidae)
Figure 3.3 Rhizopertha dominica .
a) Petit col�opt�re de forme presque cylindrique, dont la t�te est � repli�e �sous le thorax de sorte qu'elle est invisible du dessus. Sur le thorax est dispos�e toute une s�rie de protub�rances, comme le montre le croquis. Dinoderus spp. (�galement de la famille des Bostrychidue) appara�t parfois aussi dans le ma�s. Il pr�sente une forme cylindrique semblable, mais nettement plus courte et plus trapue.
b) Sorgho, ma�s et autres c�r�ales; manioc �galement.
c) C'est l'un des principaux nuisibles des r�gions tropicales arides. Les Bostrychidae sont aptes 2 forer des mati�res dures comme le bois et capables de s'attaquer � des grains encore intacts et d'y causer de graves d�g�ts. On trouve parfois aussi des Bostrychidae � l'uvre dans le bois des structures d'entreposage.
Grand foreur des c�r�ales, Prostephanus truncatus (Col., Bostrychidae)
Figure 3.4 Prostephanus truncatus.
a) Cet insecte est tr�s semblable au capucin des c�r�ales, mais l�g�rement plus gros. Les larves et les adultes attaquent divers produits.
b) Mais, manioc, c�r�ales diverses et arachides.
c) Ce ravageur, originaire de l'Am�rique du Sud ou de l'Am�rique centrale, a �t� introduit accidentellement en Afrique o� il cause d'�normes d�g�ts, surtout sur le ma�s entrepos� en �pis et le manioc s�ch�. Les pertes de poids imputables � ce ravageur sont de 3 d 5 fois plus �lev�es que celles provoqu�es par les ravageurs courants. Les pays actuellement infest�s sont la R�publique-Unie de Tanzanie, le Kenya et le Togo. On s'attend que cet insecte envahisse d'autres pays.
L�gumineuses � graines
Bruches (notamment le bruche du haricot), Callosobruchus maculatus (Col., Bruchidae)
Figure 3.5 Callosobruchus maculatus.
a) Col�opt�res plut�t trapus, actifs, munis de longues pattes et de longues antennes; ces derni�res ne sont pas � claviformes �; certaines r�gions des ailes sont souvent z�br�es, tachet�es ou marqu�es de signes divers, le dernier segment de l'abdomen est juste visible derri�re les �lytres; les diff�rents genres et esp�ces de ce groupe sont difficiles d identifier pour un non-sp�cialiste.
b) La nourriture favorite des bruches varie selon les esp�ces: Callosobruchus se nourrit de doliques, de pois cajan, de pois mungo; Acanthoscelides attaque les Phaseolus et Caryedon serratus pr�f�re les arachides.
c) Plusieurs esp�ces de cette famille sont les principaux ravageurs de leurs cultures pr�f�r�es - en particulier Callosobruchus maculatus pour le haricot dolique. L'infestation commence souvent dans le champ avant la r�colte, les larves se d�veloppent cach�es a l'int�rieur de la gousse.
3.3.2 Ravageurs localement importants
Pyralid�s, Ephestia spp., Plodia interpunctella, Corcyra cephalonica (Lep., Pyralidae)
a) Toutes les esp�ces de cette famille ont l'aspect g�n�ral de la figure ci-dessous; les ailes sont plus larges que celles de Sitotroga et la frange de soies est plus courte. Ephestia spp. a des ailes ant�rieures fonc�es, parfois indistinctement ray�es, et des ailes post�rieures plus p�les, Corcyra est d'un brun gris fonc� uniforme; Plodia a des ailes ant�rieures couleur cr�me � la base et brun rouge sur la moiti� externe.
b) Diverses esp�ces attaquent les c�r�ales les produits c�r�aliers usin�s, les arachides les fruits s�ch�s.
c) Peuvent �tre des ravageurs primaires principaux, et importants pour la farine et d'autres produits; les larves, qui sont des chenilles se d�pla�ant librement, tissent et laissent derri�re elles un fil de soie (ce qui est d la fois un probl�me en soi et souvent le premier signe visible de l'infestation).
Charan�ons de la farine, Tribolium, Gnatocerus, Palorus, etc. (Col., Tenebrionidae)
a) Col�opt�res actifs de forme allong�e, de couleur brun rouge�tre; on reconna�t Gnatocerus spp. � de petites cornes pointant vers le haut sur la f�te du m�le.
b) C�r�ales (surtout lorsqu'elles ont d�j� �t� attaqu�es par des ravageurs primaires), arachides, produits c�r�aliers usin�s.
c) Peuvent attaquer le grain intact par l'embryon, mais l'infestation est g�n�ralement plus grave sur des produits endommag�s ou usin�s, pour lesquels on peut les consid�rer comme des ravageurs principaux.
Dermeste des c�r�ales, Trogoderma granarium (Col., Derrnestidae)
Figure 3.9 Trogoderma granarium.
a) Brun fonc�, � marbr� � de l�g�res panachures; tr�s finement velu; long de 3 mm; les larves portent de longues soies tr�s visibles; facile � confondre avec d'autres dermestid�s, en cas d'infestation, il faut faire appel d un sp�cialiste pour identifier l'esp�ce.
b) Arachides, c�r�ales, l�gumineuses � graines.
c) Ravageur majeur dans les r�gions arides; important en partie car les larves peuvent entrer dans une p�riode de repos r�sistante (pouvant durer plusieurs ann�es); tr�s difficile � eliminer.
Silvains, Oryzaephilfls spp. (Col., Silvanidae)
a) Col�opt�res actifs, brun fonc�, longs de 4 mm environ, de forme nettement allong�e et plate; reconnaissables � six dents h�riss�es de chaque c�t� du thorax.
b) C�r�ales, notamment riz, produits c�r�aliers, graines ol�agineuses.
c) Ravageurs secondaires; peuvent �tre particuli�rement importants pour les produits usin�s.
Lasioderme du tabac, Lasioderma serricorne (Col., Anobiidae)
Figure 3.11 Lasioderma serricorne.
a) Brun rouge�tre, finement velu, long de 24 mm t�te incurv�e sous le thorax.
b) Tabac et cacao; secondaire sur les c�r�ales et les l�gumineuses � graines
c) Peut �tre important sur n'importe laquelle des denr�es susmentionn�es.
Charan�on des grains de caf�, Arneocerus fasciculatus (Col., Anthribidae)
Figure 3.12 Araeocerus fasciculatus.
a) Brun gris g�n�ralement tachet� semblable par la forme � un bruche avec l'extr�mit� de l'abdomen expos� se distingue des bouches par l'extr�mit� claviforme de ses antennes libre, compos�e de trois segments.
b) Cal�. cacao; secondaire sur les c�r�ales.
c) G�n�ralement peu nuisible mais peut entra�ner le refus des marchandises destin�es d l'exportation.
Dermestid�s, Dermestes spp. (Col., Dermestidae)
a) Col�opt�res plus gros (5-10 mm), g�n�ralement noirs ou noir et blanc; les larves sont velues comme celles de Trogoderma.
b) Produits animaux.
c) Principaux ravageurs du poisson s�ch�, de la viande s�ch�e, des peaux.
Scolyte du coprah, coprah, Necrobia (Col., Clerida)
a) De 4 d 7 mm, corps d'un vert m�tallis�, pattes rouge�tres.
b) Coprah, palmistes, produits animaux.
c) N'endommage gravement que les produits moisis, peut se trouver sur le poisson s�ch� etc.
3.3.3 Ravageurs mineurs r�pandus
Col�opt�res plats des c�r�ales, Cryptolestes spp. (Col., Cucujidae)
a) Tr�s petits (1-2 mm), de forme aplatie, de couleur brun rouge.
b) C�r�ales, produits c�r�aliers, doliques, cacao.
c) Peuvent devenir tr�s abondants, surtout dans la farine et le grain endommag�.
Col�opt�res de la s�ve, Carpophilus spp. (Col., Nitidulidae)
a) Petits col�opt�res actifs, bruns ou noirs, avec parfois des taches brun orange sur les �lytres; ils se distinguent des autres col�opt�res par le fait que les deux derniers segments de l'abdomen ne sont pas recouverts par les �lytres et nettement visibles du dessus. Chez l'esp�ce voisine Brachypeplus, ce sont trois segments abdominaux qui sont visibles.
b) C�r�ales humides, palmistes, coprah, cacao.
c) Tr�s r�pandus et parfois abondants; courants dans les c�r�ales au moment de la moisson; n'endommagent le grain entrepos� qu'aux endroits o� le produit est d�j� endommag� ou moisi.
3.3.4 Autres arthropodes
Fourmis (Hymenoptera, Formicidae) et termites (Isoptera)
Peuvent �tre nombreux dans les entrep�ts agricoles; n'agissent habituellement que comme n�crophages et justifient rarement des mesures de lutte- les termites peuvent causer de graves d�g�ts aux structures en bois. On peut supprimer les fourmis en r�pandant des poudres insecticides sur les itin�raires (g�n�ralement visibles) qui conduisent d leurs nids collectifs; on peut prot�ger le bois contre les termites (et les pourritures fongiques) en le badigeonnant r�guli�rement d'huile � moteur us�e.
Gu�pes parasites (Hymenoptera)
Insectes minuscules (g�n�ralement moins de 2 mm de longueur) pourvus normalement de quatre ailes transparentes. Insectes utiles qui parasitent les uis et les larves de divers l�pidopt�res et col�opt�res nuisibles. Peuvent aider dans certains cas d enrayer des infestations caus�es par les ravageurs.
Acariens
Les acariens forment un ordre de la classe des arachnides (sous-classe des Acarina) et se distinguent des insectes par le fait qu'ils poss�dent huit pattes et un corps apparemment non segment�. Ceux que l'on trouve dans les produits entrepos�s sont de taille extr�mement petite (0,2 � I mm de longueur) et �chappent facilement d l'attention.
Certaines esp�ces sont pr�datrices et se nourrissent d'oeufs de l�pidopt�res ou d'autres acariens, mais nombre d'entre elles causent de graves dommages dans la farine et autres aliments transform�s. Les diff�rents types sont difficiles d distinguer, mais les esp�ces nuisibles sont plus petites que les esp�ces pr�datrices (il faut g�n�ralement une loupe pour les voir), elles ont une couleur blanch�tre et se d�placent lentement.
Leur importance en tant que ravageurs des produits entrepos�s dans les pays tropicaux n'a pas �t� d�termin�e de fa�on s�re, mais si on les trouve en tr�s grand nombre il faut les consid�rer comme des ravageurs.
Les fumigations de phosphine tuent les acariens; les autres insecticides sont sans doute moins efficaces. Si l'on a un probl�me d'acariens, il importe de choisir un produit con�u sp�cialement pour agir sur eux - c'est-�-dire un acaricide dont l'utilisation est approuv�e et recommand�e pour les denr�es entrepos�es.
L'�valuation des pertes de produits alimentaires est � la base des programmes entrepris pour r�duire les pertes apr�s r�colte. Les �valuations peuvent se faire au moyen d'enqu�tes r�alis�es selon des m�thodes aussi bien traditionnelles qu'am�lior�es et �tre suivies de comparaisons quantitatives, techniques et financi�res. On peut aussi conduire des essais afin de s'assurer que les structures de stockage am�lior�es ou les m�thodes de fonctionnement sont correctes. Il convient de faire une distinction entre les enqu�tes sur les pertes et les �tudes de terrain ou essais, bien que les unes et les autres aient pour but de comparer les r�sultats des m�thodes traditionnelles et des m�thodes am�lior�es du point de vue de la r�duction des pertes.
Un grand nombre des termes utilis�s dans les estimations des pertes ont �t� d�finis dans la section 1.1.
On peut distinguer trois types d'enqu�ter.
4.3.1 L'enqu�te g�n�rale. Il s'agit d'un premier examen de probl�mes ponctuels sp�cifiques et d'une �valuation sur place de mesures propres � r�duire les pertes. Ce type d'enqu�te doit �tre men� avant le d�marrage de tout projet de r�duction des pertes. Il faut donc bien conna�tre l'ensemble des op�rations qui succ�dent � la r�colte, d�terminer le point o� des pertes importantes peuvent se produire et rechercher les causes de ces pertes. (Il faut, en outre, recueillir et rassembler toutes les donn�es pertinentes provenant d'autres sources et faire, si possible, une estimation approximative des pertes pr�visibles.)
4.3.2 L'enqu�te pilote (enqu�te non al�atoire). Pour ce type d'enqu�te, on utilise une approche quantitative fond�e sur des techniques d'�chantillonnage �tablies, mais sans appliquer un plan d'�chantillonnage parfaitement scientifique.
Des techniques d'�chantillonnage utilis�es d�pendra la fiabilit� des r�sultats (voir section 2.5). Une enqu�te enti�rement al�atoire est tr�s on�reuse, mais les difficult�s dues au manque de coop�ration des agriculteurs et � l'inaccessibilit� de certains endroits d�terminent souvent de fa�on d�cisive le choix des villages et des exploitations pour l'�chantillon. Il est rarement possible d'obtenir un �chantillonnage statistiquement valable de produits entrepos�s non d�cortiqu�s sans vider le module d'entreposage, pratique souvent mal accueillie par l'agriculteur; d'autre part, l'�chantillonnage perturbe les populations de ravageurs et les stratifications qui se sont form�es dans le conteneur, ce qui rend celui-ci et son contenu impropres � d'ult�rieures mesures des pertes. C'est pourquoi, lors des enqu�tes pilotes sur les pertes en cours d'entreposage, on pr�l�ve g�n�ralement des �chantillons al�atoires dans les produits se trouvant � port�e de la main.
Malgr� ces limitations, les enqu�tes pilotes, m�me si elles ne sont pas statistiquement valables, peuvent fournir des donn�es utiles sur les pertes et leur progression dans le temps.
Le but d'une enqu�te pilote est d'obtenir une estimation des pertes et des donn�es sur leurs causes. Sur la base de ces r�sultats, on peut apporter des am�liorations dont il faudra suivre les effets et qu'il faudra ajuster � mesure que de nouvelles informations deviendront disponibles.
4.3.3 L'enqu�te fiable (enqu�te al�atoire). Ces enqu�tes ont pour but d'obtenir des donn�es quantitatives, statistiquement fiables, sur les pertes aux niveaux villageois, r�gional ou national. Il est indispensable d'appliquer un programme d'�chantillonnage al�atoire stratifi� et une m�thode statistiquement correcte d'analyse des �chantillons. De telles m�thodes sont co�teuses et n�cessitent un personnel nombreux et sp�cialement form� � ce travail.
Ces enqu�tes sont particuli�rement adapt�es au stade de la r�colte, du battage, du s�chage et du traitement; elles le sont moins quand il s'agit d'�valuer les pertes en cours d'entreposage en raison des probl�mes inh�rents � la d�t�rioration biologique.
Les essais sur le terrain sont souvent utilis�s pour comparer les pertes encourues avec les m�thodes traditionnelles et avec les m�thodes am�lior�es. Trois types d'essais peuvent �tre men�s sur le terrain.
4.4.1 V�rification du mat�riel. Le mat�riel nouveau ou r�cemment acquis doit �tre test� pour d�terminer dans quelle mesure il convient aux op�rations de r�colte, de battage, de s�chage et de transformation des cultures de production locale. Une fois l'efficacit� d'un type d�termin� de mat�riel reconnue, il faut �valuer sa performance lorsqu'il est utilis� par les agriculteurs.
4.4.2 Simulation des conditions d'entreposage dans les stations de recherche. Il faut �tre tr�s prudent lorsqu'on interpr�te les r�sultats de ce type d'essai, car la situation dans les stations de recherche n'est pas du tout la m�me que sur les exploitations.
4.4.3 Essais au niveau des exploitations. Ces essais ont deux objectifs. On peut �valuer de nouvelles pratiques apr�s r�colte du point de vue de leur effet sur l'importance des pertes. Les essais sont conduits avec la coop�ration des agriculteurs dans leurs propres champs et villages ou, si cela s'av�re impossible, aupr�s de stations de recherche locales ou de fermes exp�rimentales, mais on utilisera ces r�sultats avec toute la r�serve qu'il se doit.
On peut introduire des am�liorations potentielles et les �valuer apr�s leur application par un groupe d'agriculteurs, sans qu'elles aient �t� pr�alablement pleinement exp�riment�es aupr�s de stations de recherche. Ce type d'essais est extr�mement utile pour l'�valuation de m�thodes qui ont d�j� fait leurs preuves dans d'autres pays ou r�gions. Pendant l'essai, on peut modifier le mat�riel utilis� pour en am�liorer les performances. Des programmes de formation technique sont organis�s pour les agriculteurs.
Les r�sultats des enqu�tes et des �valuations ne sont valables que pour les conditions qui r�gnent durant l'enqu�te ou l'�valuation. Il existe presque certainement un effet saisonnier sur le taux des pertes, qui ne peut �tre estim� qu'au bout de plusieurs ann�es.
Une solution plus rapide consiste � faire une enqu�te pour identifier les points o� les pertes sont �lev�es et leur ampleur. Les am�liorations qui sont apport�es sont suivies et �valu�es de fa�on intensive. Ensuite, on compare, du point de vue de la r�duction des pertes, les r�sultats obtenus dans le m�me endroit et pendant la m�me campagne avec les m�thodes am�lior�es et non am�lior�es.
Ces enqu�tes � long terme, bien que riches en informations fiables, finissent par co�ter tr�s cher et ne contribuent pas directement � r�duire les pertes.