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6.2 Air et vapeur d'eau - psychrom�trie

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

L'air de l'atmosph�re se compose d'air sec et de vapeur d'eau. A titre d'exemple, � Ibadan (Nig�ria) � midi, un jour de la mi-octobre, I m3 d'atmosph�re contenait 1 131,2 g d'air sec et 20,36 g de vapeur d'eau. L'air sec et

Figure 6.1 Combinaisons teneur en eautemp�rature propres d assurer un entreposage s�r des c�r�ales en vrac

Source. K.A. McLean. Drying and storing combinable crops. Farming Press Ltd, 1980.

Figure 6.2 Combinaisons teneur en eautemp�rature garantissant la s�curit� des c�r�ales entrepos�es contre les quatre principaux agents d'infestalion.

Note: la zone de risque d'infestation par les acariens est signal�e � part, car le probl�me ne se pose pas toujours.

TABLEAU 1. Air et vapeur d'eau pr�sents dans 1 m' d'espace

 

Condition1

Mesures 1 2 3
Poids de vapeur d'eau (g) 20,36 20,36 20,36
Poids d'air sec 19) 1130 1 130 1 130
Temp�rature au thermom�tre sec (�C) 30,0 35,0 24,0
Temp�rature au thermom�tre mouill� (�C) 25,1 26,2 23,6
Humidit� sp�cifique 0,018 0,018 0,018
Humidit� relative (%) 66 49 95
Point de condensation (�C) 23,3 23,3 23

1 Voir figure 6.4. la vapeur d'eau �taient uniform�ment r�partis dans tout l'espace du m�tre cube. La temp�rature �tait de 30�C et l'humidit� relative de 66 pour cent (tableau 1).

La quantit� de vapeur d'eau pr�sente est g�n�ralement exprim�e par la proportion de vapeur d'eau et d'air sec contenus dans un m�me volume. C'est ce qu'on appelle l'humidit� sp�cifique. Dans le cas susmentionn�, l'humidit� sp�cifique �tait la suivante:

Humidit� sp�cifiquee = (20,36 g d'eau)/(1131,2 g d'air sec) = 0,018 kg d'eau/kg d'air.

Il n'est pas tomb� de pr�cipitations ce jour-l� et � 3 heures de l'apr�s-midi la temp�rature de l'air �tait mont�e � 35�C. L'humidit� sp�cifique �tait encore de 0,018 parce que la quantit� de vapeur d'eau n'avait pas chang�, mais l'humidit� relative �tait tomb�e � 49 pour cent. (On ne tient pas compte de la l�g�re variation de densit� du m�lange air/vapeur d'eau r�sultant de ces fluctuations.) Etait-il possible que l'air f�t alors plus sec?

En effet, l'humidit� relative est le pourcentage de saturation de l'espace par la vapeur d'eau; et puisque l'air chaud peut coexister dans le m�me espace avec bien plus de vapeur d'eau que l'air froid, l'humidit� relative (ou pourcentage de saturation) est tomb�e, bien qu'aucune vapeur d'eau n'ait �t� enlev�e de l'espace, ou ajout�e; seule la temp�rature est mont�e. L'espace peut contenir beaucoup plus de vapeur d'eau � 35�C (tableau 2).

A 10 heures du soir, la temp�rature de l'air �tait tomb�e � 24�C et l'humidit� relative �tait mont�e � 95 pour cent; cependant, l'humidit� sp�cifique �tait toujours de 0,018 kg d'eau/kg d'air sec.

TABLEAU 2. Capacit� de charge do vapeur d'eau de l'espace atrnosph�rique � dir�erentes temp�rature et � une pression normal

Temp�rature (�C) Humidit� sp�cifique (kg/kg) Pourcentage de la valeur � 20�C
0 0,0038 26
10 0,0076 51
15 0,0107 72
20 0,0148 100
25 0,0202 136
30 0,0274 185
35 0,038 257
40 0,050 338
50 0,083 561
60 0,150 1 014
70 0,330 2 230

Les relations qui existent entre la temp�rature et l'humidit� sont complexes, mais on peut les exprimer par des �quations math�matiques - ce qui permet de calculer les effets de toute modification de l'un quelconque des facteurs - ou par une courbe psychrom�trique. Cette courbe est un graphique dont les coordonn�es sont la temp�rature (en abscisse) et l'humidit� sp�cifique (en ordonn�e). Les valeurs de l'humidit� relative sont repr�sent�es par toute une s�rie de courbes. Une forme simplifi�e de ce graphique est donn�e � la figure 6.4, les trois points relev�s correspondant aux conditions enregistr�es � midi, � 3 heures de l'apr�s-midi et � 10 heures du soir, comme indiqu� plus haut. Avec ce graphique, on peut se reporter � la section 6.2 et v�rifier les valeurs de l'humidit� relative, de l'humidit� sp�cifique et de la temp�rature correspondant � chaque point.

Figure 6.3 Air et vapeur d'eau pr�sents dans I m3 (voir condition I dans tableau 1).

Figure 6.4 Courbes psychrom�triques. (Source: Chartered Institute of Building Services, Londres.)

La quatri�me graduation figurant sur le graphique repr�sente la temp�rature au thermom�tre mouill� et sert � d�terminer le point de d�part des mesures sur le graphique, car il est plus facile de mesurer la temp�rature que les autres facteurs en jeu.

Si l'espace n'est pas satur�, il peut bien s�r accepter plus de vapeur d'eau. Si l'on mouille un tissu de coton propre avec de l'eau distill�e et que l'on force l'air � le traverser, de l'eau s'�vaporera du tissu. Cette �vaporation exige de l'�nergie, qui est absorb�e du tissu mouill�, ce qui fait baisser sa temp�rature. L'�quilibre est atteint quand la temp�rature du tissu se stabilise. C'est ce que l'on appelle la temp�rature mouill�e - ainsi nomm�e car on la mesure en recouvrant la boule du thermom�tre d'un morceau de tissu mouill�. On rel�ve les temp�ratures sur des thermom�tres mouill� et sec plac�s c�te � c�te dans un hydrom�tre � fronde. Connaissant les deux temp�ratures (mouill�e et s�che), on peut tirer du graphique en question toutes les autres caract�ristiques des relations entre l'air et l'eau.

TABLEAU 3. Polds d'eau perdu par la grain humide apr�s s�chage (g/kg)

Teneur en eau initiale (%)

Teneur on eau finale t%)

  19 18 17 18 15 14 13 12 11 10
30 136 146 157 167 176 186 195 205 213 222
29 125 134 145 155 165 174 184 193 202 211
28 111 122 133 143 153 163 172 182 191 200
27 99 110 120 131 141 151 161 170 180 189
26 86 98 108 119 129 140 149 159 169 178
25 74 85 96 107 118 128 138 148 157 167
24 62 73 84 95 106 116 126 136 146 156
23 49 61 72 83 94 105 115 125 135 145
22 37 49 60 71 82 93 103 114 124 133
21 25 37 48 60 71 81 92 102 112 122
20 12 24 36 48 59 70 80 91 101 111
19   12 24 36 47 58 69 80 90 100
18     12 24 35 47 57 68 79 89
17       12 24 35 46 57 67 78
16         12 23 35 45 56 67
15           12 23 34 45 56

La d�pression de la boule mouill�e est l'�cart qui existe entre la temp�rature mouill�e et la temp�rature s�che; en se servant de tables, on peut en d�duire l'humidit� relative.

En r�sum�, les points importants sont les suivants:

6.3 Teneur en eau et humidit� relative

La teneur en eau de graines de c�r�ales expos�es aux variations de l'air ambiant change constamment en fonction de l'humidit� relative de l'air. Plus cette humidit� est grande, plus la teneur en eau des graines est forte. Ces changements se font relativement lentement, mais au bout d'un certain temps l'humidit� relative se stabilise et une teneur en eau proche de l'equilibre est atteinte.

Figure 6.5 Mouvement de l'eau.

Cet �tat d'�quilibre (entre la teneur en eau des graines et l'humidit� relative de l'atmosph�re qui entoure les graines) est une caract�ristique extr�mement utile, car on peut s'y r�f�rer pour ajuster la teneur en eau des c�r�ales pendant le s�chage et l'entreposage.

Le tableau 4 donne quelques exemples des �quilibres hygroscopiques d'une large gamme de c�r�ales. On a d�termin� ces valeurs d'�quilibre en exposant les graines � des atmosph�res ayant diff�rentes humidit�s relatives et en mesurant la teneur en eau des graines apr�s plusieurs semaines d'exposition. Evidemment, beaucoup d'autres facteurs interviennent dans la d�termination de la valeur d'�quilibre d'une c�r�ale, mais ces chiffres pr�sent�s sous forme de tableau constituent de tr�s utiles indications.

TABLEAU 4. Equlilbre hygroscopique de diverses semences

Semence

Humidit� relative de l'air (%)

  40 50 60 70 75 80 90
Bl� 10,7 12,0 13,7 15,6 16,6 17,6 23,0
Ma�s 11,0 12,0 13,0 15,0 15,5 16,0 20,0
Seigle 10,0 11,6 13,2 14,8 16,1 17,3 24,6
Pois 9,4 11,1 13,1 15,5 17,2 19,5 27,7
Haricots 9,1 11,1 13,1 15,8 18,0 20,4 28,0
Herbe 8,9 10,3 11,6 13,9 15,4 17,4 23,3
Oignons 8,3 9,6 10,8 12,6 14,1 16,2 23,5

Source: K.A. McLean. ASAE Year Book.

6.4 S�chage

Le s�chage consiste � faire passer de l'eau de l'int�rieur du grain � la surface, � transformer cette eau en vapeur d'eau, puis � �vacuer cette vapeur d'eau dans l'atmosph�re.

Pour effectuer cette op�ration, il faut r�unir trois �l�ments:

6.4.1 R�serve d'eau. Il s'agit de l'eau contenue en exc�dent dans le grain et dont la pr�sence, si on la tol�re, entra�nera la d�t�rioration du produit. Le tableau 3 indique la quantit� d'eau exc�dentaire qu'il faut �liminer pour passer d'une teneur en humidit� � une autre. Ce pr�l�vement ne constitue pas une perte de produit alimentaire.

Figure 6.6 Fluctuations quotidiennes de la temp�rature et de l'humidit� relative (Ibadan Nig�ria).

6.4.2 Source d'�nergie. L'�nergie sert � faire �vaporer l'eau, c'est-�-dire � la faire passer de l'�tat liquide � l'�tat de vapeur. Il faut deux fois plus d'�nergie pour �vaporer l'eau de c�r�ales qu'il n'en faut pour �vaporer l'eau bouillant dans une casserole. L'eau peut s'�vaporer � n'importe quelle temp�rature audessous du point d'�bullition, et pourtant il faut encore � peu pr�s autant d'�nergie pour convertir l'eau liquide en vapeur que pour la porter � �bullition. Les principales sources d'�nergie sont l'�nergie solaire, obtenue soit par la m�thode directe du s�chage au soleil, soit par la m�thode indirecte du s�chage en crib, et l'�nergie d�gag�e par la combustion de mat�riaux tels que le bois, le charbon, le gaz ou le fuel. Dans tous les cas, sauf celui du s�chage au soleil, l'�nergie d�gag�e passe dans l'air (dont la temp�rature augmente), puis dans le grain o� elle �vapore l'eau et se refroidit elle-m�me.

Durant le jour, la temp�rature de l'air ambiant s'�l�ve sous l'effet de la chaleur du soleil. L'air emmagasine l'�nergie du soleil qui peut alors �tre utilis�e pour s�cher les c�r�ales au milieu de la journ�e. On a vu dans la section 6.2 l'effet de l'augmentation de la temp�rature de l'air sur l'humidit� relative. Ainsi, aux heures de midi, la temp�rature de l'air monte, mais l'humidit� relative diminue aussi. L'air, gr�ce � sa temp�rature plus �lev�e, et par cons�quent son surcro�t d'�nergie disponible pour produire l'�vaporation, a donc une capacit� de s�chage plus importante. En outre, son humidit� relative �tant moins forte, il peut absorber plus de vapeur d'eau. L'effet combin� de l'�l�vation de temp�rature et de la baisse d'humidit� appara�t � la figure 6.6, o� l'on peut voir �galement les relations qui existent entre ces deux ph�nom�nes.

6.4.3 Bac � vapeur. L'eau �vapor�e doit �tre �loign�e du grain. Si on l'y laisse, l'humidit� relative augmentera, comme on l'a d�j� not�, et l'�vaporation cessera m�me si le grain est humide et si l'�nergie est disponible. Dans la pratique, on remplace l'air entourant le grain par un flux artificiel d'air frais (comme dans les cribs) insuffl� soit au moyen d'un ventilateur (comme dans les s�choirs par lots discontinus ou les s�choirs � �coulement continu), soit en utilisant un ph�nom�ne de convention (comme dans les s�choirs du type Brook).

La diffusion de l'air sans ventilation est tr�s lente � se faire. C'est une des raisons pour lesquelles on recommande d'utiliser un crib tr�s �troit dans les r�gions o� le s�chage pose des difficult�s.


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