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Chapitre 7 - Ateliers et �quipement d'emballage

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

Justification

Les produits frais vendus sur les march�s ou directement aux usagers ou aux grossistes doivent faire l'objet d'un tri et d'un emballage plus ou moins �labor�s. Le plus souvent, la pr�paration des produits en vue de la vente sur les march�s s'effectue dans un atelier d'emballage, qui pourra aller de la simple case � toit de chaume situ�e sur l'exploitation jusqu'� la cha�ne r�gionale d'emballage automatis�e qui assurera le conditionnement d'importantes quantit�s d'un seul produit, les agrumes ou les pommes par exemple.

Simple ou complexe, l'atelier d'emballage assure sous abri l'assemblage, le triage, le calibrage et l'emballage du produit, en bon ordre et avec un minimum de retard et de gaspillage.

La taille et la conception de l'atelier d'emballage, ainsi que le mat�riel et les installations dont il disposera, d�pendront de la nature et du volume du produit, des exigences du march�, des infrastructures locales, de sa dur�e d'existence pr�vue et de son co�t estimatif. Au stade de la planification, les facteurs � prendre en consid�ration sont les suivants:

- op�rations � ex�cuter;
- rep�rage d'un site appropri�;
- conception des b�timents et mat�riaux de construction disponibles;
- �quipement � utiliser;
- gestion.

Op�rations

Selon le ou les produits � manutentionner et le march� � desservir, tout ou partie des op�rations suivantes seront assur�es:

- r�ception: d�chargement, v�rification, enregistrement;
- tri;
- traitements sp�ciaux, le cas �ch�ant (nettoyage ou lavage, pulv�risation d'antifongique, s�lection, calibrage);
- emballage;
- traitements apr�s emballage, le cas �ch�ant (fumigation, retroidissement, stockage);
- groupage et exp�dition.

Ce qu'il faut �viter � tout prix, c'est le spectacle qu'offrent trop fr�quemment ces locaux minuscules o� l'on voit, sur un sol recouvert de d�tritus v�g�taux, des employ�s recevoir le produit, le trier, le nettoyer, le plonger dans les antifongiques, l'emballer et l'empiler pour exp�dition (voir encart couleurs, photo 6).

Lorsque plusieurs producteurs alimentent le m�me atelier d'emballage, chaque exp�dition doit:

- �tre �tiquet�e pour en identifier l'origine et la date d'arriv�e;
- faire l'objet d'une v�rification en quantit� ou en poids;
- �tre �chantillonn�e pour v�rification de la qualit�, le cas �ch�ant;
- faire l'objet d'un accus� de r�ception � remettre au fournisseur.

La zone de r�ception doit �tre organis�e de telle sorte que les produits subissent les diverses op�rations d'emballage dans l'ordre des arrivages: le premier entr� doit �tre le premier sorti.

Tri

Un premier tri permettra d'�liminer les �l�ments invendables et les corps �trangers (d�bris v�g�taux, terre ou pierre) avant que le produit ne passe aux op�rations suivantes. Tous les d�chets seront rapidement �vacu�s ou plac�s dans des bacs dot�s de fermetures pour mise au rebut. En effet, l'accumulation de d�chets en d�composition ou infest�s, dans l'atelier d'entreposage ou � proximit�, contaminera les produits destin�s � la vente.

Nettoyage et lavage

La terre et les pierres pourront �tre enlev�es � la main ou par tamisage. Certains produits peuvent �tre lav�s, bross�s ou nettoy�s avec un chiffon doux.

Le fait de nettoyer les produits en les lissant � la main ou en les brossant � la machine permet d'�liminer les traces de terre ou la poussi�re pr�sentes sur le produit, et notamment sur les fruits. Ce travail sera ex�cut� avec soin car les produits frais dont la peau serait �corch�e s'ab�meront rapidement.

Il est n�cessaire de laver les produits sur lesquels des meurtrissures provoqu�es en cours de r�colte ont laiss� des taches de latex; c'est le cas notamment des mangues et des bananes. A noter qu'on ne lavera les produits qu'en cas d'absolue n�cessit�. Dans ce cas, un antifongique devrait normalement �tre appliqu� aussit�t apr�s.

On n'utilisera que de l'eau propre et courante. On �vitera de laver les produits dans de l'eau recycl�e ou stagnante car ils risqueraient d'�tre fortement contamin�s par des organismes de d�composition, ce qui entra�nerait leur pourrissement.

Il n'existe pas d'agents antibact�riens acceptables ou efficaces pour traiter l'eau destin�e � laver des produits frais. On peut ajouter des hypochlorites ou du chlore � l'eau de lavage destin�e au traitement commercial de certains produits, mais leur utilisation dans de l'eau recycl�e ou stagnante ne saurait �tre recommand�e pour les petites op�rations de lavage, car ils seront rapidement inactiv�s par les mati�res organiques, d�bris v�g�taux par exemple, contenues dans l'eau. Le contr�le de la concentration de l'eau de lavage en chlore et son dosage sont difficiles � r�aliser; de toute fa�on, le chlore n'a qu'une efficacit� limit�e contre la d�composition.

Les produits lav�s qui doivent �tre trait�s aux antifongiques seront d'abord �goutt�s, afin de r�duire le risque que l'eau de lavage r�siduaire dilue l'antifongique en dessous de sa concentration efficace. Si le lavage ne doit pas �tre suivi d'un traitement antifongique, le produit lav� sera �tal� en une seule couche sur des tr�teaux sur�lev�s en treillis ou � claire-voie, � l'ombre, mais bien a�r�s, pour permettre un s�chage rapide (figure 15).

Traitement aux antifongiques

La d�composition due aux moisissures ou aux bact�ries est une impor tante cause de perte de produits frais en cours de commercialisation. L'infection peut se produire avant ou apr�s la r�colte, soit � travers des l�sions, soit par p�n�tration directe de la peau intacte du produit. Les infections qui se sont produites avant la r�colte couvent fr�quemment jusqu'apr�s cette derni�re, notamment dans le cas des fruits, pour ne se d�clarer que lorsque le fruit m�rit. Les mangues, les bananes, les avocats et les poivrons sont sujets � des infections latentes d'anthracnose (voir encart couleurs, photo 2).

Les applications d'antifongiques apr�s r�colte sont courantes sur des produits tels que les pommes, les bananes et les agrumes qui doivent �tre entrepos�s pendant une longue p�riode ou achemin�s sur des march�s lointains. Comme on l'a d�j� dit, les antifongiques ne sont normalement appliqu�s qu'une fois que le produit a �t� lav� et �goutt�.

La plupart des antifongiques utilis�s pour lutter contre la d�composi tion apr�s r�colte se pr�sentent sous la forme de poudres mouillables ou de concentr�s �mulsifiables. Ils forment des suspensions dans l'eau et non des solutions; cela signifie qu'ils finissent par se d�canter si le m�lange n'est pas constamment agit� au cours de son application. Il en r�sulte que la concentration de l'antifongique appliqu� aux produits tombera en dessous du niveau efficace si la suspension n'est pas continuellement agit�e.

Dans le cas des petites entreprises d'emballage, les antifongiques peuvent �tre appliqu�s par immersion ou pulv�risation.

L'immersion est ex�cut�e � la main, en utilisant une suspension d'antifongique agit�e � la main (figure 16); des paniers en treillis permettront de tremper plusieurs fruits � la fois; apr�s trempage, le produit sera �goutt� et s�ch� dans un lieu a�r�, prot�g� du soleil.

La pulv�risation peut �tre ex�cut�e au moyen d'un pulv�risateur � dos tandis que le produit se trouve encore sur des plateaux ou des tr�teaux apr�s lavage et s�chage; le produit sera enti�rement pulv�ris� jusqu'� ruissellement (figure 17).

Pour les op�rations de pulv�risation � grande �chelle, on pourra recourir � un pulv�risateur m�canis� de conception simple ou � un dispositif d'arrosage avec m�langeur m�canique pour l'antifongique. Le produit traverse la pulv�risation ou l'arrosage sur des plateaux perfor�s, �ventuellement entra�n� par un transporteur � courroie ou � rouleaux (figure 18).

Figure 17 La pulv�risation des produits au moyen d'un pulv�risateur � dos doit �tre continu�e jusqu'� ruissellement. Ces bananes s�cheront sur un plateau � claire-voie.

Les autres m�thodes d'application, telles que fumigations, poudres ou vapeurs, ne sont utilis�es qu'au niveau professionnel, lorsque le produit doit �tre entrepos�.

Triage d'apr�s la qualit� et par grosseur

Bien que le produit ait �t� tri� sur le terrain ou � son arriv�e au centre d'emballage (figure 19), il peut subir un nouveau triage selon la qualit� et la grosseur, imm�diatement avant d'�tre emball�. L'ampleur de ces op�rations d�pend du march�: les acheteurs seront-ils dispos�s � acquitter un suppl�ment de prix pour avoir des produits calibr�s? Bien

Figure 19 Cette table de triage et d'emballage, destin�e aux op�rations � caract�re artisanal �vite d'encombrer le sol. souvent, les consommateurs urbains sont plus exigeants que la client�le rurale.

Dans les petits �tablissements, le meilleur moyen de proc�der au tri et au calibrage est de travailler � l'œil nu et � la main en s'aidant d'anneaux de calibrage ou de gabarits (figure 20).

Application de cire

L'application de cire ou autres rev�tements pour am�liorer l'aspect et limiter la d�perdition d'eau du produit exige des �quipements sp�ciaux et, � ce titre, n'int�resse gu�re les petits �tablissements d'emballage.

Conditionnement

Dans les petits �tablissements, le conditionnement consiste � remplir � la main les emballages dans lesquels se fera la commercialisation (chapitre 6). Des machines permettant de conditionner les produits durables tels que les pommes de terre et les pommes sont utilis�es dans les grands �tablissements; cependant, elles ne conviennent pas pour de petits volumes de produits diff�rents. Il existe plusieurs m�thodes de conditionnement dont les principales sont �num�r�es ci-apr�s:

Figure 20 Les gabarits servent au calibrage des produits sph�riques. Le mod�le manuel (a) se lait dans plusieurs dimensions. Le mod�le � plusieurs dimensions (b) peut �tre fix� sur un plan de travail.

- le conditionnement par remplissage en vrac est utilis� lorsqu'il n'y a pas lieu de calibrer le produit; le pesage est n�cessaire (figure 21);

- le conditionnement en multicouches permet de vendre des produits calibr�s avec d�compte du produit: agrumes, pommes, etc. (figure 22);

- le conditionnement calibr� en multicouches utilis� dans les �tablissements m�canis�s fait appel � des intercalaires entre les couches; la vente se fait par cageots;

- les conditionnements � une seule couche sont r�serv�s aux produits de grande valeur: chaque fruit pourra �tre envelopp� dans du papier de soie ou plac� dans une garniture alv�olaire (figure 23); le produit est vendu par cageots.

Traitements sp�ciaux apr�s emballage

Des traitements sp�ciaux apr�s emballage sont appliqu�s � certains produits, surtout dans les grands �tablissements qui travaillent pour les march�s urbains et l'exportation. Voici les trois principaux traitements:

La fumigation est destin�e � lutter contre les insectes pr�dateurs, tels que la mouche des fruits. Elle est obligatoire pour l'importation des produits dans de nombreux pays, et suppose un �quipement sp�cial et un personnel entra�n�.

Le d�clenchement du m�rissement des fruits prend plusieurs jours et suppose le traitement des fruits emball�s au gaz �thyl�ne dans des entrep�ts isol�s � atmosph�re contr�l�e. Le co�t de l'op�ration est �lev� et elle ne peut donc concerner que les grands �tablissements.

Le d�verdissage des agrumes permet de donner aux agrumes leur couleur naturelle. Les agrumes cultiv�s dans les r�gions tropicales restent verts lorsqu'ils sont m�rs, sauf s'ils sont soumis � des temp�ratures nocturnes basses. En revanche, ils prendront leur couleur naturelle normale s'ils sont artificiellement d�verdis au moyen d'un traitement � l'�thyl�ne semblable � celui qui sert � d�clencher le m�rissement. Ce traitement est rarement pratiqu� dans les petits �tablissements.

Groupage des produits emball�s pour l'exp�dition

Le temps joue un r�le important dans la commercialisation des produits frais; les retards augmentent les pertes. Une fois emball�s, les produits doivent �tre exp�di�s sur le march� dans les meilleurs d�lais. En cons�quence, la direction de l'atelier d'emballage doit accorder un rang de priorit� �lev� aux dispositions relatives au transport.

Dans les petits �tablissements, toutefois, il faut parfois du temps avant de pouvoir r�aliser un chargement complet; aussi, lorsqu'un cer tain temps est n�cessaire pour accumuler suffisamment de produits emball�s, tout doit �tre fait pour emp�cher qu'ils ne se d�t�riorent. On veillera notamment aux points suivants:

- les r�cipients emball�s seront prot�g�s du soleil et de la pluie; la chaleur et l'eau peuvent d�t�riorer rapidement les produits et endommager s�rieusement les cartons d'emballage;

- les caisses emball�es doivent �tre mani�es avec pr�caution lorsqu'elles sont empil�es pour �viter d'endommager le contenu; un contenu endommag� est sujet � la d�perdition d'eau et � la d�composition;

- les r�cipients emball�s en attente de transport doivent �tre empil�s de mani�re � �tre suffisamment ventil�s; un produit surchauff� se d�t�riore rapidement.

On pourra r�duire au minimum les pertes de produits frais au cours des op�rations d'emballage si le produit est:

- maintenu au frais autant que possible;
- tenu au sec;
- prot�g� des chocs;
- rapidement achemin� sur les march�s.

Planification d'un atelier d'emballage

Lorsqu'on cherche un emplacement pour un atelier d'emballage, il convient de prendre en consid�ration les points suivants:

- Est-il accessible � partir des zones de production, des march�s vis�s et des axes routiers?
- Y a-t-il de la main-d'œuvre disponible?
- Les services n�cessaires sont-ils disponibles, par exemple: �lectricit�, eau, t�l�phone, etc.?

Avant de choisir une implantation, il convient de v�rifier la qualit� de l'eau qui servira � laver les produits, surtout si elle est puis�e dans des rivi�res ou des plans d'eau, afin de s'assurer qu'elle n'est pas pollu�e par les �gouts, les effluents industriels, les pesticides, les herbicides ou les engrais.

Caract�ristiques du site

Une fois choisie l'implantation g�n�rale, il conviendra de veiller aux points suivants:

- le site doit �tre en terrain plat et, si possible, abrit� des vents violents;

- s'il doit s'agir d'un �tablissement d'emballage permanent, les agrandissements n�cessaires devront �tre possibles;

- il convient de pr�voir une aire suffisante pour les mouvements et le stationnement des v�hicules attendus sur le site en p�riode de pointe; les chauss�es d'acc�s doivent avoir au moins 3,5 m de large;

- le syst�me d'�gouts doit �tre suffisant pour assurer l'�vacuation des eaux pluviales et de l'eau destin�e aux op�rations d'emballage;

- le site doit se pr�ter aux mesures de s�curit�: cl�ture, gardiennage, etc.

Disposition g�n�rale, construction et �quipement

Les petits �tablissements sont appel�s � traiter des produits vari�s, aussi bien � un instant donn� que sur une longue dur�e. Si les volumes trait�s sont relativement faibles, la disposition g�n�rale des b�timents et des �quipements devra �tre � la fois simple et souple.

Disposition g�n�rale

La conception de l'ensemble d�pendra de l'espace disponible. D'une fa�on g�n�rale, un b�timent � un seul niveau avec aire de r�ception d'un c�t� et aire d'exp�dition de l'autre sera la disposition la plus commode. Ce plan permet de s�parer la zone de r�ception-n�cessairement souill�e-des activit�s d'emballage et d'exp�dition, ce qui diminue le risque de contamination des produits d�j� tri�s et emball�s. Cette disposition permet �galement d'�viter embouteillages et d�sordre en s�parant v�hicules � l'arriv�e et v�hicules au d�part (figure 24). Si le site est trop exigu, on pourra envisager � la rigueur une disposition en forme de U avec zone de r�ception et d'exp�dition proches l'une de l'autre si possible. Mais elle n'est pas � conseiller, car il en r�sultera in�vitablement des probl�mes de contamination et d'encombrement, sans parler des agrandissements futurs qui seront difficiles � r�aliser.

L'emprise au sol de l'�tablissement doit �tre suffisante pour permettre d'assurer commod�ment le mouvement des produits.

R�ception. Cette zone assure la r�ception, le triage et le nettoyage des produits, y compris le lavage, le cas �ch�ant. Il faut s'attendre � ce qu'elle soit souill�e de terre, de poussi�re et de d�bris v�g�taux en d�composition.

Pour bien faire, elle devrait �tre s�par�e (par des portes, par exemple) des autres activit�s, de mani�re � limiter la contamination des produits nettoy�s, tri�s et emball�s.

Pr�paration et emballage. Cette section comprendra les installations destin�es aux traitements sp�ciaux, y compris les installations de s�chage des produits lav�s et/ou trait�s ou des deux. La principale activit� sera l'emballage des produits nettoy�s, avec installations de tri et de calibrage, si n�cessaire.

Figure 24 Ce plan peut donner une id�e d'un petit atelier d'emballage ayant � conditionner divers types de produits.

Il conviendra �galement de pr�voir un emplacement pour l'entreposage et le groupage des mat�riaux d'emballage, � l'abri de l'humidit�.

L'ensemble de la zone devra �tre prot�g� des intemp�ries, et pourvu d'une bonne ventilation et d'un bon �clairage. Les zones o� seront assur�s le triage, le calibrage et l'emballage devront �tre propres et tenues au sec.

Exp�dition. Cette zone doit �tre implant�e � proximit� des op�rations d'emballage, mais doit �tre strictement exempte de tout �quipement fixe. La zone doit �tre suffisamment spacieuse pour permettre l'entreposage temporaire des produits emball�s, sans que les mouvements des employ�s et des produits manutentionn�s soient aucunement g�n�s.

La zone d'exp�dition doit �tre propre et bien a�r�e.

C'est l� que pourrait �tre situ�, le cas �ch�ant, le local � usage de bureau ou de contr�le de la qualit�.

Construction

Les mat�riaux de construction et le type de b�timent d�pendront des produits � manipuler, des volumes pr�vus, du march� � desservir et des moyens financiers. Les op�rations de faible envergure peuvent s'accommoder de b�timents relativement simples et peu co�teux. Les principales conditions sont les suivantes:

- une bonne protection contre le soleil et la pluie sera assur�e par une vaste toiture d�bordant d'au moins un m�tre de tous c�t�s;

- une bonne ventilation mais aussi la protection contre les rafales de pluie et la poussi�re seront normalement assur�es par des parois m�nageant pour l'a�ration un espace suffisant sous la toiture;

- un sol plan, en dur, permettra aux personnes et aux produits de se mouvoir facilement et en toute s�curit�.

Pour l'emballage � l'exploitation agricole, on pourra se contenter d'une construction simple faite de mat�riaux locaux � bon march� (bambous, perches coup�es en brousse, herbes s�ch�es, chaumes). Cette construction ne durera peut-�tre pas longtemps, mais cet inconv�nient sera compens� par son faible co�t et sa facilit� � �tre r�par�e ou remplac�e. Si l'eau ne manque pas, les parois et la toiture d'herbes s�ches pourront �tre p�riodiquement arros�es pour rafra�chir l'int�rieur.

On pourra construire un petit atelier d'emballage plus durable en �difiant sur un sol en b�ton une structure en bois avec toiture et parois en t�le ondul�e. Dans les zones tr�s ensoleill�es, la chaleur accumul�e dans les �difices en t�le ondul�e est consid�rable et de nature � �prouver aussi bien le personnel que les produits. Si l'on est oblig� d'utiliser la t�le ondul�e, il conviendra de m�nager un large espace pour assurer la ventilation entre les parois et la toiture qui devra d�border tr�s largement. Il n'est pas toujours n�cessaire de pr�voir des murs si la toiture est suffisamment vaste pour prot�ger produits et personnel de la pluie, et s'il n'y a pas � redouter des entr�es de poussi�re et de pluie pouss�es par le vent.

Les ateliers d'emballage permanents doivent comporter des sols en b�ton antid�rapants, dot�s de rigoles d'�vacuation pour faciliter le nettoyage. Il serait avantageux de pr�voir un traitement superficiel anti-poussi�re du b�ton.

Sauf s'il s'agit de grands �tablissements, les ateliers d'emballage ne doivent comporter aucune installation fixe. Cela permet un maximum de souplesse lorsqu'on veut modifier la disposition, en fonction du volume et de la vari�t� des produits � traiter.

Equipement

Chaque atelier d'emballage aura son �quipement propre, selon la taille des op�rations et la nature des produits. Il s'agira d'un �quipement simple dont la plus grande partie sera fabriqu�e sur place. Il devra �tre mobile, ce qui exclut les bacs de lavage en b�ton.

- Les bacs ou plateaux pouvant �tre d�plac�s par une seule personne sont un moyen commode d'amener les produits jusqu'au point d'emballage. Ils seront en bois ou en plastique, ou mieux encore, si possible, en polyth�ne � haute densit�. Le plastique est plus cher que le bois, mais plus facile � entretenir et plus durable (figure 25). Plusieurs r�cipients en plastique peuvent �tre d�plac�s en m�me temps.

Figure 25 Les caisses en polyth�ne sont co�teuses mais durables.

- Tous les types de chariots � deux ou quatre roues, tels que ceux qui sont utilis�s dans les march�s ou les usines, pourront convenir.

- Les transporteurs � rouleaux, maintenus � environ 75 cm du sol, conviennent particuli�rement pour assurer le d�placement des bacs ou des plateaux entre les diff�rents postes de travail; ils peuvent �galement servir � charger et � d�charger les v�hicules lorsque les caisses doivent �tre mani�es une par une.

- Les transporteurs m�caniques � courroie peuvent �tre utilis�s, mais ils sont co�teux et conviennent mieux aux grands �tablissements.

- Les chariots �l�vateurs pouss�s � la main (figure 26) sont pr�cieux dans les ateliers d'emballage d'une certaine importance o� la mise en palettes des charges doit �tre m�canis�e (figure 27); toutefois, ces chariots ne peuvent pas servir � placer les palettes charg�es sur les v�hicules; pour cela, il faudrait que le quai de chargement soit �lev�

- jusqu'� la hauteur du tablier des camions ou qu'un treuil m�canique assure le chargement.

- Les chariots �l�vateurs � fourche motoris�s (figure 28) sont utilis�s dans les grands ateliers d'emballage pour d�placer les charges pos�es sur les palettes.

Figure 26 Palettiseur � commande manuelle pour la palettisation sur sols ciment�s plans.

Figure 27 Ces palettes en bois normalis�es peuvent supporter plusieurs caisses AI! sacs.

Figure 28 Ce chariot �l�vateur � fourche peut transporter les caisses palettis�es dans l'atelier d'emballage et les charger sur les v�hicules.

Tri, calibrage et emballage

Un dernier contr�le imm�diatement avant l'emballage du produit permettra d'�liminer les denr�es invendables qui auraient pu �chapper au premier tri. Lorsqu'il s'agit de trier � la main de faibles volumes de produits, un simple plan de travail suffit pour assurer le tri, le calibrage et l'emballage (figure 19). Le plan de travail figurant sur l'illustration pourra �tre ex�cut� � la longueur d�sir�e, ou doubl� si l'on doit faire face � de plus grands volumes de produits.

Des employ�s exp�riment�s peuvent trier le produit, et bien souvent le calibrer � l'œil nu ou au moyen de gabarits simples, tenus � la main ou fixes (figure 20).

Les produits tri�s et calibr�s sont plac�s dans le bac d'emballage, puis emball�s dans les caisses ou cageots plac�s sur l'�tag�re. Les r�cipients emball�s sont alors achemin�s jusqu'� la zone de groupage pour l'exp�dition.

Equipement suppl�mentaire

Pesage. Beaucoup de produits �tant encore achet�s et vendus au poids, la plupart des ateliers d'emballage devront disposer de moyens de pesage. Il existe de nombreux types de bascules et de balances, et le mieux est de se renseigner sur les mat�riels disponibles sur le march� avant de faire son choix, en fonction des besoins.

Lavage. Le lavage des produits pourra �tre effectu� � l'eau courante fra�che, dans un bac galvanis� du type repr�sent� � la figure 29. S'il s'agit de produits qui flottent, ils pourront �tre pouss�s par l'eau qui coule du tuyau d'amen�e, perfor� d'un c�t�, jusqu'� l'extr�mit� du bac. La chicane verticale m�nag�e pr�s de l'�coulement permettra de s'assurer que tous les produits contenus dans le bac sont bien nettoy�s.

Figure 29 Le bac de lavage des produits pourra �tre construit en t�le d'acier gavanis�

S�chage. Les produits lav�s ou trait�s aux antifongiques doivent �tre s�ch�s avant d'�tre emball�s. Dans un petit �tablissement, on peut utiliser pour cela un r�telier de s�chage ou une table � claire-voie ou � treillis recouvert de plastique (figure 15). Lorsque le s�chage s'effectue � l'exploitation m�me, la table de s�chage sera facilement confectionn�e � l'aide de bambou ou de perches coup�es en brousse.

Lorsqu'un antifongique est appliqu� au moyen d'un pulv�risateur dorsal apr�s lavage, on peut faire le travail sur le r�telier de s�chage o� le produit sera laiss� � s�cher avant d'�tre emball�.

Gestion d'un atelier d'emballage

Pour que les ateliers d'emballage soient bien g�r�s, il faut que les aspects techniques, organisationnels et commerciaux des op�rations soient coordonn�s avec beaucoup d'efficacit�. Toute erreur ou tout retard dans l'une des �tapes se traduira par un manque � gagner pour le r�coltant. Si cela se justifie �conomiquement, les op�rations pourront s'�tendre sur l'ensemble de l'ann�e.

R�ponse aux exigences du march�

Les responsables doivent �tre en mesure de donner aux r�coltants et aux employ�s de l'atelier des conseils et des directives, de mani�re � assurer une exploitation aussi efficace que possible et une production de grande qualit�, gages du meilleur revenu possible.

V�rification des achats et contr�le de qualit�

Un atelier d'emballage ne peut pas rentabiliser son exploitation, s'il ne conna�t pas les volumes et la cadence des arrivages de produits en provenance des zones de culture. L'enl�vement des produits r�colt�s peut �tre organis� par l'atelier d'emballage. Les r�coltants qui envoient leurs produits � une centrale d'emballage devraient �tre inform�s des prescriptions en mati�re de contr�le de qualit� et de normalisation. La qualit� des produits emball�s doit faire aussi l'objet d'un contr�le, afin de r�duire les occasions de litiges en cours de commercialisation.

Fourniture des mat�riaux d'emballage

Des pr�visions doivent �tre faites pour l'ann�e suivante. Il conviendra de se mettre le plus t�t possible en rapport avec les fournisseurs, pour obtenir les meilleurs prix et des d�lais de livraison rapproch�s.

Un inventaire pr�cis des stocks est indispensable si l'on ne veut pas se trouver � court pendant les op�rations d'emballage.

Sort � r�server aux produits d�class�s

Le tri et le calibrage des produits en vue du march� entra�neront in�vitablement l'existence d'un certain volume de produits d�class�s. Ils peuvent avoir une certaine valeur, aussi devront-ils �tre c�d�s par l'�tablissement dans les conditions les plus avantageuses pour lui. La direction doit �galement conna�tre les quantit�s de produits qui iront au rebut. Les produits d�class�s qui auront �t� c�d�s et les produits enti�rement perdus doivent �tre ressortis dans les comptes.

Dotation en personnel

La dotation de l'atelier d'emballage en personnel doit �tre suffisante pour en permettre l'exploitation efficace, mais doit tenir compte du co�t de la maind'œuvre. Il en r�sulte que le personnel sera employ� � bon escient et que la surveillance n�cessaire devra �tre assur�e.

Le personnel permanent peut comprendre un directeur, des commis, du personnel technique et d'entretien, des chauffeurs et un certain nombre d'emballeurs qualifi�s. Du personnel temporaire sera engag� en p�riode de pointe.

Formation du personnel

Le fait que le directeur soit responsable de l'ensemble des activit�s de l'atelier d'emballage implique qu'il soit techniquement qualifi� et capable de former ses contrema�tres. Il doit �galement pr�voir la formation en cours d'emploi des emballeurs.

Formation des r�coltants

Lorsqu'un atelier d'emballage est livr� par plusieurs r�coltants, la di rection doit s'assurer qu'ils sont en mesure de respecter les normes de qualit� impos�es par le march�. Une coop�ration avec les vulgarisateurs agricoles est souhaitable pour l'apr�s-r�colte. On pourra certes pr�voir une instruction en saison morte, mais ce sont les visites � l'exploitation pendant que la r�colte et les activit�s de conditionnement battent leur plein qui sont les plus efficaces.

Comptabilit� et chiffrage des op�rations

Des accords doivent �tre pass�s avec les r�coltants pour le paiement des r�coltes, compte tenu des prescriptions de contr�le de qualit�. Les frais d'exploitation de l'atelier d'emballage doivent �tre estim�s par kilogramme de produit conditionn�, en vue de r�duire les co�ts et de maximiser le revenu du r�coltant.

Documentation et comptabilit�

Il appartient au directeur de veiller � tenir des archives et une comptabilit� en r�gle. La bonne marche de l'atelier d'emballage en tant qu'entreprise en d�pend.


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