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Instructions pour la r�alisation d'une collection de ravageurs

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

Pr�paration des insectes
Etude des insectes
Conservation de la collection

par Herbert Weidner

Pour bien conna�tre et pouvoir identifier rapidement et s�rement les insectes nuisibles, il est recommand� de rassembler une collection des formes adultes et des divers stades de d�veloppement des insectes nuisibles, et si possible des autres arthropodes (p. ex. acariens) ainsi que des d�g�ts caus�s par chacun d'eux. Celui qui s'astreint � ce travail sera r�compens� de ses efforts.

Preparation des insectes

1. Pr�paration des images d'insectes � t�gument dur
2. Pr�paration des stades � t�gument mou des insectes et autres arthropodes
3. Pr�paration de petits insectes et arthropodes qui ne peuvent �tre �tudi�s qu'� l'aide d'un microscope
4. Pr�paration et conservation d'�chantillons de d�g�ts

Suivant le mode de pr�paration, les objets collectionn�s se r�partissent en quatre groupes:

  1. Insectes adultes (imagos) avec t�gument dur, conservant sa forme;
  2. Stades des insectes � t�gument mou et autres arthropodes;
  3. Petits insectes et autres arthropodes qui ne peuvent �tre �tudi�s qu'au microscope;
  4. D�g�ts des ravageurs.

1. Pr�paration des images d'insectes � t�gument dur

A ce groupe se rattachent: les blattes, forficules, criquets, grillons, punaises, col�opt�res, papillons, mouches et autres insectes semblables.

Anesth�sie. On peut naturellement collectionner des insectes tu�s lors d'une action de lutte. Toutefois, ceux-ci sont le plus souvent souill�s, surtout a eu recours � un produit en poudre. On doit alors les nettoyer soigneusement � l'aide d'un fin pinceau de poils de martre, ce qui parfois brise de fins articles des appendices. Il est pr�f�rable de tuer sp�cialement les insectes destin�s � la collection � l'aide de l'�ther ac�tique. On utilisera dans ce but un r�cipient en verre � large col (bocal � confiture ou � miel) dans lequel on d�pose un tampon d'ouate l�g�rement imbib� d'�ther ac�tique. Apr�s y avoir introduit les insectes, on ferme imm�diatement le bocal avec un couvercle herm�tique ou un bouchon de li�ge. Les r�cipients en mati�re plastique ne conviennent pas, car leur paroi interne est superficiellement dissoute par l'�ther, ce qui souille les insectes et les rend inutilisables pour l'identification et la collection. Apr�s quelques heures d'exposition aux vapeurs toxiques les animaux son morts et peuvent �tre extraits de bocal. Il est possible de remplacer l'�ther ac�tique par de l'essence rectifi�e de l'ammoniaque, du sulfure de carbone (inflammable et explosif!) ou par un autre insecticide gazeux. Cette m�thode est toutefois � d�conseiller, car les insectes tu�s � l'aide de ces produits restent souvent rigides, ce qui les rend cassants lors de la pr�paration et emp�che de leur donner la forme d�sir�e. On doit aussi veiller � ce que les insectes, principalement les papillons, n'entrent pas en contact avec le tampon d'ouate imbib� d'�ther ac�tique afin que leurs soies et leurs ailes ne s'ab�ment pas. On pr�vient cet inconv�nient en fixa � l'aide d'une �pingle, le tampon d'ouate � la partie inf�rieure du bouchon de li�ge qui ferme le r�cipient. Il est recommand� de ne pas imbiber trop fortement d'�ther le tampon d'ouate ni d'exposer le r�cipient au soleil, afin d'�viter la condensation des vapeurs toxiques sur les parois internes du bocal. Epingles. Les insectes parfaits sont les plus faciles � pr�parer pour une collection, car leur t�gument dur constitue une carapace qui conserve sa forme. Ils sont pr�par�s de pr�f�rence imm�diatement apr�s leur mort et mont�s sur �pingles sp�ciales (�pingles � insectes de 4 cm de long et de diam�tre variable, nos 00,0,1-6) que l'on peut se procurer dans les magasins sp�cialis�s dans le mat�riel d'enseignement ou entomologique. Les insectes tu�s depuis un certain temps et devenus rigides doivent �tre pr�alablement ramollis avant leur montage sur �pingle en les pla�ant dans un ramollissoir. Celui-ci consiste en un r�cipient fermant bien (boite � beurre, cloche � fromage) dont le fond est pourvu d'une couche de sable humide ou d'ouate humect�e d'eau sur laquelle on place une feuille de papier filtre. On y d�pose les insectes � ramollir sur un fragment de papier, dans une bo�te d'allumettes ou quelque chose de semblable, de fa�on qu'ils n'entrent pas en contact avec l'humidit� du fond. On met en place le couvercle et, au bout de 24 heures, les insectes ramollis par l'air humide ambiant peuvent �tre �pingl�s comme s'ils venaient d'�tre tu�s. L'�pingle est introduite perpendiculairement jusqu'aux deux tiers de sa longueur, chez les Col�opt�res sur la partie ant�rieure de l'�lytre droit, chez les L�pidopt�res exactement au milieu du thorax, chez tous les autres insectes sur la moiti� droite de ce dernier. Le choix de l'�pingle sera adapt� � la grosseur de l'insecte. Les insectes d'une taille inf�rieure � un centim�tre ne sont plus mont�s sur �pingles, mais sur minuties, ce qui exige une certaine exp�rience. Plus simplement, comme pour tous les petits col�opt�res ou les petites punaises, on peut les coller au moyen d'une gouttelette de Syndetikon sur de petits triangles ou rectangles de bristol d�sign�s sous le nom de paillettes et que l'on peut se procurer dans les m�mes �tablissements que les �pingles sp�ciales. On ne doit utiliser aucune autre colle, car seul le Syndetikon est facilement soluble dans l'eau ou l'acide ac�tique, ce qui permet l'�tude souvent n�cessaire de la face ventrale de l'insecte. Ce d�collement peut �tre �vit� lorsqu'on dispose de plusieurs exemplaires. Dans ce cas, plusieurs individus seront coll�s la face ventrale vers le haut. Si l'on n'a qu'un seul exemplaire, on le collera sur le c�t� de fa�on que l'on en ait une vue dorsale et ventrale. Les paillettes de carton seront mont�es sur �pingle et cela de pr�f�rence � raison d'une paillette par �pingle.

Pr�paration et �talage. Pour conf�rer � la collection un meilleur aspect, il est recommand�, apr�s montage sur �pingle et tant que les animaux sont encore mous, de les piquer sur un bloc-�taloir, afin d'en arranger les pattes et les antennes. Ce type d'�taloir est constitu� d'une plaque de polystyr�ne d'au moins 2,5 cm d'�paisseur dans laquelle on peut facilement implanter les �pingles. Pour certains insectes (Orthopt�res, Col�opt�res, etc.), les pattes ant�rieures seront dispos�es en avant, les pattes moyennes et post�rieures en arri�re, les antennes de chaque c�t� du corps, ces appendices �tant maintenus dans la position d�sir�e c au moyen d'�pingles � insectes dont la partie sup�rieure a �t� recourb�e � angle droit. Au bout de 8 jours, les appendices se maintenant en place, il est possible de retirer les insectes de l'�taloir. Les papillons peuvent �tre conserv�s dans la position de repos des ailes, simplement mont�s sur �pingle ou, s'ils sont petits, coll�s sur la face ventrale. Mais ils seront plus pr�sentables si leurs ailes sont �tal�es, ce qui, en particulier avec les petites teignes qui attaquent les denr�es alimentaires, est difficile et exige une certaine exp�rience. Il est recommand� oc s'informer aupr�s d'un collectionner de papillons sur la technique de l'�talage. Elle consiste a piquer les insectes, fra�chement tu�s ou ramollis, dans la rainure d'un �taloir sp�cial pour papillons que l'on peut se procurer dans les �tablissements sus-mentionn�s. A l'aide d'une aiguille mont�e (une longue �pingle pointue introduite dans un manche en bois), les ailes seront �tal�es de part et d'autre de la rainure, de fa�on que le bord post�rieur de l'aile ant�rieure soit perpendiculaire � l'axe du corps. Les ailes seront fix�es dans la position d�sir�e au moyen de bandes de papier transparent maintenues par des �pingles. Les insectes peuvent �tre extraits de l'�taloir apr�s quelques semaines. Il est superflu d'en dire davantage ici. Celui qui d�sire �taler avec soin son mat�riel fera bien de consulter un guide sp�cial pour collectionneurs de papillons.

Une fois termin�e la pr�paration de l'insecte, on n'oubliera pas de fixer sous chaque individu une �tiquette avec le lieu et la date de capture, la nocivit� et le num�ro correspondant au carnet de note. Plus tard, on a joutera une autre �tiquette avec le nom de l'animal.

2. Pr�paration des stades � t�gument mou des insectes et autres arthropodes

A ce groupe se rattachent toutes les larves de Col�opt�res et de Dipt�res, les chenilles de L�pidopt�res, les nymphes et chrysalides, les pupes, les oeufs, etc. ainsi que les araign�es, les mille-pattes et les cloportes.

Ces diverses formes seront conserv�es dans l'alcool � br�ler ou de l'alcool � 70 - 80%. Pour �viter qu'elles se d�composent ou qu'elles deviennent brunes, les grosses larves et nymphes seront introduites vivantes dans de l'eau bouillante. On les y maintiendra durant 5 minutes avant de les transf�rer dans l'alcool. Larves et nymphes d'une m�me esp�ce seront conserv�es dans un tube de verre bien ferm� par un bouchon de li�ge et rempli � nouveau en cas de n�cessit�. Les tubes seront conserv�s debout, rang�s par groupes (p. ex. Col�opt�res, Dipt�res, etc.) dans de petites caisses. Pour pr�venir le dess�chement, on peut aussi fermer les tubes avec un tampon d'ouate et les conserver dans un r�cipient rempli d'alcool � br�ler ou d'alcool � 70-80 %. Des flacons de verre � large col bouch�s � l'�meri ou des bocaux en plastique avec fermeture herm�tique, comme on les trouve actuellement dans le commerce, conviennent tr�s bien pour cela.

Chaque tube sera muni d'une �tiquette portant, �crit d'une encre ind�l�bile dans l'alcool, le nom du ravageur, le lieu et la date de capture ainsi que le num�ro du carnet de notes. Pour �viter l'effacement de l'�criture, l'�tiquette sera introduite dans le tube un jour apr�s avoir �t� �crite. On peut aussi utiliser une machine � �crire munie d'un ruban r�sistant � l'alcool.

3. Pr�paration de petits insectes et arthropodes qui ne peuvent �tre �tudi�s qu'� l'aide d'un microscope

(Confection des pr�parations microscopiques)

A ce groupe se rattachent: Puces, Poux, Mallophages, Psoques, Collemboles et Acariens. Ces petits animaux peuvent �tre tu�s en les mettant directement dans l'alcool � 70-80% et conserv�s dans ce liquide jusqu'au moment de leur �tude au microscope. L'examen au microscope n'�tant toutefois possible qu'avec des objets transparents. on ne pourrait pas reconna�tre les particularit�s d'animaux extraits directement de l'alcool. On doit donc pr�alablement les �claircir et les monter en pr�parations microscopiques. Pour une �tude rapide' on transporte les animaux conserv�s dans alcool dans une goutte de glyc�rine d�pos�e sur un porte-objet (une lame de verre de 26 x 76 mm en vente chez les opticiens ou les marchands d'instruments m�dicaux) que l'on recouvre soigneusement d'un couvre-objet (lamelle de verre de 0,15 mm d'�paisseur de 10 x 10 mm que l'on peut se procurer comme les porte-objets). Pour �viter la formation de bulles d'air, la pr�paration sera chauff�e par-dessous au moyen de la flamme d'une allumette en �vitant de porter la glyc�rine � �bullition. Si l'on veut conserver ces pr�parations, un certain temps il est n�cessaire de border le couvre-objet d'une laque. Cette derni�re toutefois n'adh�re bien qu'en l'absence de glyc�rine, qui dissout la laque. La goutte de glyc�rine doit �tre telle qu'elle ne d�borde pas du couvre-objet sur lequel toute pression sera �vit�e. Pour border la pr�paration, on utilisera de pr�f�rence une laque-�mail qui durcit rapidement. Comme produits de remplacement, le baume de Canada, la cire d'abeille et la paraffine fondue conviennent �galement. Afin que la pr�paration soit bien prot�g�e on d�posera successivement, plusieurs couches de laque ou de ses produits de remplacement, apr�s durcissement de la premi�re couche. La laque sera d�pos�e avec un pinceau, le baume de Canada avec un b�ton de verre, la cire ou la paraffine avec un fil de fer en triangle chauff� � la flamme. De telles pr�parations doivent �tre conserv�es � plat et � l'abri de la poussi�re dans des cartons pour lames sp�cialement r�serv�s � cet effet.

Si l'on veut faire des pr�parations meilleures et plus durables, on placera les petits insectes (puces, moustiques, etc.) dans du baume de Canada, du Cedar ou de l'Euparal. Afin de pouvoir bien examiner les particularit�s de ces animaux, il est n�cessaire de d�truire les tissus et organes internes pour ne conserver que les t�guments. Pour cela, les �chantillons conserv�s dans l'alcool � 70-80�% seront transf�r�s dans de l'alcool plus faible, puis dans de l'eau distill�e et finalement dans une solution de potasse caustique � 10% o� ils s�journeront de 1 � 3 jours � temp�rature normale. On peut arriver plus rapidement au but recherch� en traitant les animaux dans la solution de potasse caustique port�e ��bullition durant quelques minutes. Comme la solution gicle en bouillant, on conseille d'introduire dans l'�prouvette un petit morceau de bois qui d�passe la surface du liquide. (Pendant l'�bullition, maintenir l'�prouvette loin de soi et veiller � ne pas recevoir de produit dans les yeux!) Laver consciencieusement � l'eau distill�e pure ou ac�tifi�e puis passer successivement aux alcools � 60, 80, 95% et � l'alcool absolu, les objets restant un jour dans chaque nouvelle solution. De l'alcool absolu, ils sont transf�r�s durant un jour au minimum dans l'essence de girofle, le xylol ou le m�thylbenzoate, mais peuvent y rester � volont� avant d'�tre mont�s dans le baume de Canada. Cette derni�re op�ration sera effectu�e comme suit:

D�poser au centre d'un porte-objet tr�s propre une goutte de baume de Canada dans laquelle on introduit l'insecte, soigneusement rinc� au xylol s'il a �t� trait� auparavant � l'essence de girofle. Saisir un couvre-objet entre le pouce et l'index de la main gauche et le d�poser sur le porte-objet, sur un des c�t�s, � gauche de la goutte de baume. Poser le c�t� oppos� sur l'extr�mit� d'une aiguille mont�e tenue par la main droite. La main gauche lib�r�e se saisira alors d'une seconde aiguille mont�e � l'aide de laquelle on poussera le bord du couvre-objet qui repose sur le porte-objet jusqu'au contact de la goutte de baume. Ensuite, � l'aide de l'aiguille mont�e de droite on laissera le couvre-objet tomber lentement sur le baume. Il faut veiller � ne pas prendre trop de baume afin qu'il ne d�borde pas. Si le baume ne remplit pas tout l'espace sous le couvre-objet, il faut en d�poser une goutte sur le bord o� se trouve la bulle d'air. Les petites bulles incluses dans le baume s'�liminent d'elles-m�mes lorsque la pr�paration se dess�che. Suivant l'�paisseur de l'objet, le baume durcit en quelques semaines ou quelques mois. Les pr�parations peuvent d�s lors �tre conserv�es verticalement et il n'est pas n�cessaire de les border.

Les Acariens, les Psoques et les Collemboles ne peuvent pas �tre mont�s au baume de Canada car son indice de r�fraction fait dispara�tre souvent d'importants caract�res n�cessaires � l'identification de ces arthropodes. On utilisera alors soit le polyvinyllactoph�nol, soit la gomme au chloral de Berlese. Cette derni�re peut �tre pr�par�e comme suit:

M�langer 20 parties (en poids) de glyc�rine � 50 parties d'eau distill�e et y dissoudre � froid 200 parties d'hydrate de chloral. Introduire dans ce m�lange liquide 30 parties de gomme arabique en petits morceaux ayant la transparence du verre. Celle-ci s'y dissout lentement. Il est recommand� de chauffer l�g�rement le r�cipient au bain-marie et de remuer quelquefois le m�lange avec un b�ton de verre. Le liquide �pais sera ensuite pass� au travers d'un papier-filtre. Avant de les monter dans cette solution, les petits animaux seront tu�s dans de l'alcool � 70 % puis d�pos�s sur un porte-objet dans une goutte d'acide lactique � 75 % et recouverts aussit�t d'un couvre-objet. Porter ensuite la pr�paration durant un temps tr�s court (env. 10 minutes) � 60 �C sur une plaque chauffante ou l'exposer avec pr�caution � la petite flamme d'une lampe � alcool jusqu'� ce que les appendices soient �tal�s. La pression du couvre-objet �crase une grande partie de l'int�rieur du corps.

Avant l'inclusion dans la gomme au chloral, les objets doivent �tre d�barrass�s de l'acide lactique car sa cristallisation g�nerait la pr�paration. Pour cela. les objets tr�s d�licats seront transf�r�s pendant 1/2 � 2 minutes, les objets plus grands et �pais pendant 15 � 30 minutes � temperature normale, dans un m�lange compos� de 135 cc d'une solution satur�e d'hydrate de chloral et de 150 cc de ph�nol liquide. Le transport des objets dans une goutte de gomme au chloral de Berlese sera effectu� � l'aide d'une aiguille d'acier fin ou d'or. On veillera � les presser jusqu'au fond de la goutte, afin qu'ils ne se d�placent pas lorsqu'on pose le couvre-objet, ni ne soient pouss�s jusqu'� son bord ou m�me expuls�s du porte-objet. Pour des pr�parations durables, il est recommand� de placer sous le couvre-objet, comme supports, de petits �clats de verre dont l'�paisseur ne devrait pas �tre sup�rieure � la moiti� ou aux trois quarts de celle de l'objet. Apr�s un s�jour d'au moins un jour en �tuve � 40-45�C, les pr�parations sont propres � l'observation. Pour assurer leur bonne conservation, il est indiqu� de les border, apr�s compl�te dessiccation (plusieurs jours en �tuve ou plusieurs semaines � temp�rature normale). On utilisera de pr�f�rence une laque-�mail � s�chage rapide qui sera d�pos�e � l'aide d'un pinceau et doit assurer une fermeture herm�tique. La laque �Eukitt� donne de bons r�sultats.

4. Pr�paration et conservation d'�chantillons de d�g�ts

La pr�paration d'�chantillons de d�g�ts d�pend de leur nature. Dans le cas des ravageurs des denr�es, il s'agit le plus souvent de mati�res s�ches qui peuvent �tre conserv�es telles quelles. Il est naturellement indispensable que tous les ravageurs aient �t� pr�alablement d�truits par fumigation. Les seront d�pos�s dans un r�cipient �tanche, � fermeture herm�tique, ou dans un autoclave sp�cial et soumis aux vapeurs d'un liquide tr�s volatil, qui sera d�pos� audessus du mat�riel � traiter dans une assiette creuse. Le plus simple est d'utiliser du sulfure de carbone � raison de 1 cc pour un volume de 101 et une dur�e d'action de 12-24 heures. (Attention, produit tr�s inflammable et explosif. Ne pas fumer, ni op�rer � proximit� d'un feu, d'une lampe ou d'un appareil �lectrique). A la place de sulfure de carbone, on peut utiliser le t�trachlorure de carbone, le trichlor�thyl�ne ou d'autres insecticides gazeux.

Apr�s la fumigation, les �chantillons seront conserv�s, suivant leur nature, dans des boites fermant bien, ou dans des poudriers � large col. Il est avantageux d'utiliser des boites ou des cornets en cellulo�d ou en cellophane que l'on peut fixer dans les m�mes cadres que les insectes pr�par�s. Parfois, des coupes longitudinales ou transversales peuvent offrir des images instructives, surtout apr�s avoir d�barrass� une partie des galeries creus�es par les insectes de la sciure ou des excr�ments qui les encombrent. De tr�s petits objets, par exemple une graine de pois partiellement d�vor�e, peuvent �tre coll�s sur carton mont� sur �pingle. On proc�dera naturellement dans les collections � un �tiquetage pr�cis des objets.

Etude des insectes

Pour identifier les insectes � l'aide de tables de d�termination ou de descriptions, on doit examiner soigneusement toutes les particularit�s de leur corps. Comme les insectes des denr�es sont en g�n�ral de petite taille, une bonne loupe grossissant au moins 10 fois est indispensable. Une loupe binoculaire, �plus fort grossissement, est pr�f�rable. Elle permet l'examen des insects piqu�s ou coll�s, mais ne suffit cependant pas pour l'observation d�s petits arthropodes mont�s sur porte-objet. Dans ce cas, un microscope est indispensable. Mais cet instrument a un inconv�nient; il ne permet pas d'avoir une vision plastique de l'animal car l'one ne voit nettement que les parties de son corps qui sont situ�es dans un m�me plan. Pour avoir une id�e de l'ensemble, il faut modifier la mise au point � l'aide de la vis microm�trique. D'autre part, on obtient une image renvers�e de l'objet; c'est pourquoi on devra poser le porte-objet SOUS le microscope de telle fa�on que l'image apparaisse dans la position d�sir�e. Les parties les plus importantes du microscope sont les lentilles, l'oculaire et les objectifs, ces derniers au nombre de 2 ou plus mont�s sur un r�volver qui permet un changement rapide du grossissement. La mise au point est assur�e au moyen d'une vis rapide et d'une vis microm�trique. L'�clairage de l'objet est d'une grande importance. Il est obtenu � l'aide du miroir et du condensateur. Un bon �clairage implique, avant l'observation de l'objet, une installation correcte du microscope. On ouvre ensuite le diaphragme du condensateur et l'on oriente le miroir vers la source lumineuse (fen�tre, lampe ad hoc) jusqu'� ce que l'on obtienne, en regardant par l'oculaire, un champ clair et homog�ne. Alors seulement on peut, sur la platine, fixer la pr�paration sous l'objectif. Les microscopes modernes sont �quip�s d'une lampe �lectrique qui assure un �clairage homog�ne du champ.

A faible grossissement, on cherche l'objet � �tudier, on le place au milieu du champ, puis fixe le porte-objet sur la platine au moyen des deux valets. On obtient un plus fort grossissement en tournant le r�volver qui met en place un nouvel objectif. La mise au point est assur�e � l'aide de la vis microm�trique; par la fermeture du diaphragme du condensateur, on peut mieux faire ressortir des finesses de structure, par ex. de fines soies.

Conservation de la collection

Aussi longtemps que le mat�riel n'est pas d�termin� et la collection encore peu importante, les animaux mont�s sur �pingle seront conserv�s dans une bo�te � cigare (emballages de 50), dont le fond est pr�alablement doubl� d'une plaque de mati�re plastique (polystyr�ne) recouverte d'une feuille coll�e de papier blanc. Si l'on dispose d�j� d'une collection importante que l'on d�sire exposer, il est indiqu� de classer le mat�riel dans des bo�tes � insectes qui peuvent �tre group�s dans des armoires sp�ciales. Bo�tes et armoires sont en vente aupr�s de maisons sp�cialis�es. Les bo�tes peuvent �tre en carton ou en bois; elles sont munies sur le fond d'une plaque de polystyr�ne ou de li�ge le couvercle est vitr�. Celui-ci doit assurer une fermeture herm�tique � la poussi�re. Les bo�tes qui ferment mal sont une continuelle source d'inconv�nients, car les objets expos�s deviennent l�g�rement poussi�reux et la proie de ravageurs, tels que mite des v�tements, anthr�nes, ptines.

Dans la bo�te, les insectes pr�par�s sont piqu�s en rang�es verticales s�par�es les unes des autres par une �troite bande de papier ou un fil color�. Avant chaque nouveau genre et chaque nouvelle esp�ce, on fixe une �tiquette avec le nom du genre, respectivement de l'esp�ce. Pour effectuer le classement, on suivra l'ordre d'un ouvrage de d�termination ou d'un trait� sp�cial plus complet. Les bandes de papier ou les fils s�parant les rang�es ainsi que les �tiquettes seront fix�s au moyen de petites �pingles sp�ciales. Les �tiquettes de genres et d'esp�ces seront de m�me grandeur mais bord�es d'un cadre de couleur diff�rente, par ex. noir pour les genres, bleu pour les esp�ces. Les �tiquettes des familles sont plus larges.

Dans la nomenclature binaire, en vigueur depuis LINN� (1758), les �tres vivants sont d�sign�s scientifiquement par deux noms latins. Le premier, le nom de genre, doit toujours �tre �crit avec une majuscule, le second, le nom d'esp�ce, avec une minuscule (dans les anciens ouvrages, ce second nom d'esp�ce d�bute aussi par une majuscule lorsqu'il s'agit d'une esp�ce qui a �t� d�di�e � une personne). Des esp�ces voisines sont group�es en un genre, des genres voisins en une famille. Les noms de familles se terminent toujours par idae.

Apr�s le nom d'esp�ce, on inscrit le nom du sp�cialiste qui en a donn� la premi�re description, puis, s�par�e par une virgule, la date de parution de cette derni�re. Nom d'auteur et date sont indiqu�s entre parenth�ses lorsque, dans la description originale, l'esp�ce a �t� rattach�e � un autre genre. Alors qu'autrefois les noms d'auteurs �taient abr�g�s, par ex. L = LINN�, F. = FABRICIUS, on les �crit actuellement en toutes lettres.

Pour les grands �chantillons de d�g�ts, on recourt � des bo�tes sp�ciales, int�ressants pour des d�monstrations si l'on prend soin d'y ajouter des exemplaires du ravageur pr�par�s en position naturelle et de fixer sur le fond de la bo�te une description de l'ensemble, r�dig�e en caract�res d'imprimerie ou en lettres report�es. On conservera les pr�parations microscopiques � plat, dans des bo�tes � rainures. En r�gle g�n�rale, on ne classe dans sa collection que des animaux bien �tiquet�s et d�termin�s. Si l'on n'est pas s�r de l'identification, on la fera contr�ler par un sp�cialiste ou par un mus�e zoologique. On dispose alors d'un bon mat�riel de base.

Des adresses d'�tablissements o� l'on peut se procurer du mat�riel entomologique figurent sur les pages de publicit� de revues pour entomologistes amateurs, par ex. L'Entomologiste, Laboratoire d'entomologie du Mus�um d'histoire naturelle, 45 Rue de Buffon, F-75005 Paris, qui para�t 6 fois par an.


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