6. Evaluation globale et recommandations au niveau de l'assistance-conseil
Table
des mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
6.1 Evaluation d'ensemble des proc�d�s de
protection des stocks
6.2 Recommandations en mati�re
d'assistance-conseil
"Les consid�rations globales, fond�es sur une th�orie syst�matique, doivent, au-del� des disciplines sp�cialis�es, �tre ax�es sur la probl�matique r�elle. Ceci implique une int�gration simultan�e des points de vue techniques, �conomiques, sociologiques et psychosociaux, auxquels doivent venir s'ajouter, dans le cas d'analyses r�gionales, des aspects relevant de la g�ographie, de l'�conomie de march� et des institutions." (DOPPLER, 1991 p. 12).
L'assistance-conseil, dont la mission est d'intervenir selon un plan d�termin� et de fa�on organis�e l� o� il n'est plus possible d'�laborer des solutions autonomes (aux probl�mes) propres aux paysans, doit �tre ax�e de fa�on primordiale sur la situation et les besoins des paysans. C'est uniquement en partant de ce principe qu'il sera possible de d�terminer l'objectif de l'assistance-conseil et de cerner les conditions n�cessaires � sa r�alisation (cf. � ce propos ALBRECHT et al. 1987 p. 36 et suiv.).
La base d'une conception d'assistance-conseil exhaustive, agissant dans le domaine de la protection paysanne des stocks, consiste en premier lieu � d�finir les contenus qui se pr�tent particuli�rement � une application directe � la petite exploitation agricole, et qui contribuent � apporter une solution aux probl�mes de protection des stocks et d'entreposage. Pour cela, il est n�cessaire de remplir une condition pr�alable importante, � savoir une appr�ciation globale holiste des proc�d�s de protection des stocks. Les th�mes de vulgarisation doivent ensuite �tre int�gr�s � un projet de consultation et concr�tis�s � l'aide de (diff�rentes) m�thodes de consultation.
Le travail d'assistance-conseil effectu� jusqu'� maintenant en mati�re de protection des stocks et d'entreposage n'ob�issait pas toujours � ce principe. On s'en rend tr�s bien compte au niveau des efforts entrepris en vue de propager les magasins fumigables et le stockage en sacs. Malgr� le travail du Service National de la Protection des V�g�taux et des organismes de conseil op�rant dans le secteur agricole, le stockage en sacs fut tr�s peu appliqu� par les paysans (KENKOU 1988); de m�me, le magasin fumigable n'a jamais �t� utilis� � l'�chelle souhait�e. La tradition de modernit� des projets de d�veloppement se traduit certes dans de nombreux cas par des innovations, mais une innovation n'est pas toujours nouvelle, pas plus qu'elle n'est forc�ment meilleure que les m�thodes traditionnellement transmises ou les pratiques mises en oeuvre jusqu'alors.
La quintessence de cette �tude consiste en premier lieu � �laborer des �l�ments d'assistance-conseil. Les explications destin�es � appliquer ces �l�ments ne sont que des impulsions susceptibles d'�tre int�gr�es au travail de consultation (approche dassistance-conseil, proc�d� de vulgarisation) effectu� sur place.
6.1 Evaluation d'ensemble des proc�d�s de protection des stocks
6.1.1 Evaluation socio-�conomique des
proc�d�s de protection des stocks
6.1.2 Evaluation socioculturelle des proc�d�s
de protection des stocks
6.1.3 Evaluation technique des proc�d�s
protection des stocks
6.1.4 Aspects de l'�conomie nationale des
proc�d�s de protection des stocks
Le point de vue holiste implique non seulement l'appr�ciation des diff�rentes proc�d�s de protection des stocks sous l'angle de leurs avantages �conomiques. Il requiert �galement l'int�gration et l'�valuation des param�tres socioculturels et techniques, ainsi que des exigences (march� des moyens de production, service conseil) et des r�percussions (balance des paiements) sur l'�conomie nationale.
Les param�tres non �conomiques n'ont pu �tre pris en compte dans les calculs mod�les, du fait que le mod�le repose sur une approche partielle qui fonctionne uniquement avec des grandeurs �conomiques se pr�tant � un recensement quantitatif. Dans le cadre d'une approche holistue, il est essentiel de faire intervenir dans l'appr�ciation les comportements du paysan en tant qu'"homo oeconomicus", agissant dans son environnement social.
La difficult� consiste d'une part � saisir les param�tres standardisables des grandeurs non �conomiques qui soient importants pour la pratique, d'autre part � d�finir l'�chelle d'�valuation la plus objective possible qui permette une pond�ration de ces param�tres. Les param�tres pond�r�s doivent alors s'int�grer � un mod�le d'�valuation en tenant compte des valeurs �conomiques, ce qui permet de proc�der � une appr�ciation globale des proc�d�s de protection des stocks.
Or les enqu�tes r�alis�es ne satisfont pas � cet objectif. Il convient n�anmoins de d�crire les param�tres non �conomiques et de les �valuer (subjectivement) dans une �chelle ordinale simple (plus/moins) (tableaux 6.2 � 6.4), un plus (moins) devant alors �tre consid�r� comme un crit�re de jugement positif (n�gatif) pour les proc�d�s respectifs de protection des stocks.
6.1.1 Evaluation socio-�conomique des proc�d�s de protection des stocks
L'avantage �conomique que pr�sente un proc�d� de protection des stocks constitue une condition pr�alable n�cessaire mais non suffisante � une recommandation dans le cadre de l'assistance-conseil. Un proc�d� de protection des stocks ne sera adopt� par les paysans que si, entre autres, ils sont en mesure de la financer et de fournir le temps de travail requis. C'est pourquoi, pour �tre ad�quate, toute appr�ciation �conomique des proc�d�s de protection des stocks exige qu'on y int�gre la mobilisation des ressources en capital et en travail, ainsi que d'autres facteurs socio-�conomiques qu'il est g�n�ralement impossible ou difficile d'exprimer en termes quantitatifs.
Besoins en capital
Si l'on veut appliquer des proc�d�s de protection des stocks, la mise � disposition de capacit�s d'entreposage requiert, dans la mesure o� celles-ci doivent �tre mises en place, un besoin en capital maximal, y compris lorsque la main d'oeuvre paysanne est estim�e � 0 FCFA/JT. Aux besoins en capital li�s � l'installation de l'entrep�t viennent s'ajouter les d�penses n�cessaires pour l'achat des sacs et des palettes dans le cas des proc�d�s de stockage en sacs, et pour l'achat des produits de protection des stocks dans le cas o� on applique les mesures correspondantes (tableau 6.1).
Tabl. 6.1 Besoin en capitaux et en travail li�s aux proc�d�s de protection des stocks
| Proc�d� (N�) | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | |
| Besoins en capitaux | ||||||||||||||
| - Construction de | (FCFA) | 0 | 0 | 0 | 1452 | 1452 | 1452 | 39 525 | 39 525 | 0 | 0 | 45 325 | 45 325 | 972 382 |
| I'entrep�t | (FCFA/q) | 0 | 0 | 0 | 242 | 242 | 242 | 9 881 | 9 881 | 0 | 0 | 1511 | 1511 | 3 890 |
| - Palettes | (FCFA) | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 4000 | 4000 | 4000 | 4000 | 52000 |
| (FCFA/q) | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 133 | 133 | 133 | 133 | 208 | |
| - Sac | (FCFA/q) | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 250 | 250 | 250 | 250 | 250 |
| - Produits de protection des stocks | (FCFA/q | 0 | 25 | 125 | 0 | 25 | 125 | 0 | 125 | 0 | 125 | 0 | 125 | 81 |
| - Emmagasinage | (FCFA/q) | 236 | 236 | 236 | 236 | 236 | 236 | 236 | 236 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| -pour 6q de ma�s | (FCFA) | 1416 | 1566 | 2166 | 2868 | 3018 | 3618 | 60702 | 61452 | 2298 | 3048 | 11364 | 12114 | 26574 |
| Besoins en main d'oeuvre | ||||||||||||||
| - Construction de | (JT) | 0 | 0 | 0 | 5 | 5 | 5 | 3 | 3 | 0 | 0 | 19 | 19 | 120 |
| l'entrep�t | (JT/q) | 0 | 0 | 0 | 0,82 | 0,82 | 0,82 | 0,75 | 0,75 | 0 | 0 | 0,63 | 0,63 | 0,5 |
| - Pr�paration | (JT/q) | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 |
| - Application | (JT/q) | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,1 | 0,1 | 0,1 | 0 |
| - Emmagasinage | (JT/q) | 0,2 | 0,2 | 0,2 | 0,3 | 0,3 | 0,3 | 0,1 | 0,1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| -pour 6 q de mais | (JT) | 1,2 | 1,2 | 1,2 | 7,3 | 7,3 | 7,3 | 5,1 | 5,1 | 6,0 | 6,6 | 9,8 | 10,4 | 9,0 |
Au moment d'opter pour l'un des 13 proc�d�s de protection des stocks, le paysan qui veut stocker 600 kg de ma�s a besoin au d�part, dans le cas d'un stockage collectif en petit entrep�t ou en magasin fumigable, sur la base d'une participation aux frais proportionnelle, d'un capital de
- moins de 4 000 FCFA avec le proc�d� de
* stockage en �pis dans l'habitation (proc�d�s n� 1 � n� 3)
* stockage en �pis dans le grenier (proc�d�s n� 4 � n� 6)
* stockage en grains dans l'habitation (proc�d�s n� 9 et n� 10)
- env. 12 000 FCFA avec le proc�d� de
* stockage en grains en petit entrep�t (proc�d�s n� 11 et n� 12
- plus de 26 000 FCFA avec le proc�d� de
* stockage en grains en magasin fumigable (proc�d� n� 13)
- plus de 60 000 FCFA avec le proc�d� de
* stockage en �pis en "crib" (proc�d�s n� 7 et n� 8)
Compte tenu des faibles ressources financi�res de la plupart des exploitations (cf. chapitre 3.2.1), le stockage en "crib" et en magasin fumigable n'est r�alisable que par le biais d'un emprunt. Les int�r�ts exig�s pour le cr�dit sont alors d'une importance d�terminante. En revanche, le financement des autres m�thodes de stockage requiert relativement peu de capitaux, lesquels peuvent �tre mis � disposition par les exploitations. L'achat des auxiliaires de stockage, en particulier des produits de protection des stocks, exige relativement peu de capitaux, ceux-ci pouvant l� encore �tre fournis par les exploitations.
Besoins en main d'oeuvre
C'est la construction du magasin fumigable qui exige le plus de main d'oeuvre, au contraire du "crib" qui ne n�cessite qu'une main d'oeuvre minimale (tableau 6.2). Si l'on applique toutefois le besoin en main d'oeuvre � un espace de stockage �gal � un quintal, le magasin fumigable appara�t alors comme le proc�d� requ�rant le moins de main d'oeuvre.
En ce qui concerne le proc�d� de stockage en grains (proc�d�s n� 9 � n� 13), on constate au moment de l'emmagasinage un besoin en heures de travail beaucoup plus important que dans le cas du stockage en �pis (proc�d�s n� 1 � n� 8). Le stockage en sacs exige avant l'emmagasinage un d�spathage et un �grenage du ma�s En raison de la r�partition bimodale des pluies, laquelle permet deux p�riodes de culture par an, ces travaux tombent � une p�riode de travail d�j� intense, au cours de laquelle les champs doivent �tre pr�par�s pour la prochaine saison de culture. Autrement dit, du point de vue du travail, les proc�d�s de stockage en grains ne peuvent �tre recommand�s qu'aux exploitations disposant d'une main d'oeuvre suffisante apr�s la r�colte ou d'un exc�dent de tr�sorerie leur permettant de payer des travailleurs saisonniers. Le changement s'av�re particuli�rement probl�matique pour les exploitations qui entreposent de grandes quantit�s de ma�s dans les champs.
6.1.2 Evaluation socioculturelle des proc�d�s de protection des stocks
Les m�thodes de stockage et mesures de protection des stocks traditionnelles sont �troitement li�es aux normes socioculturelles, aux notions de valeur et aux usages. En admettant que les normes et valeurs sociales �voluent elles aussi au fil du temps, ces changements ne s'op�rent toutefois ni spontan�ment ni � court terme.
Le contexte socioculturel est important en ce sens que les agriculteurs, d'esprit conservateur, opposent une attitude de scepticisme g�n�ral � toute innovation, r�pugnant � remettre en question telle m�thode de stockage, telle mesure de protection des stocks traditionnellement transmise, �prouv�e depuis des g�n�rations. On peut dans ce contexte faire la distinction entre les facteurs socioculturels inh�rents � la soci�t� d'une part, et ceux qui sont inh�rents � l'individu d'autre part.
La conversion � l'un des proc�d�s de stockage en grains (petit entrep�t, magasin fumigable) et/ou la mise en place d'une nouvelle mesure de protection des stocks (produits chimiques) pr�supposerait un changement (de comportement) dans le domaine socioculturel. Les r�percussions seraient particuli�rement sensibles au niveau de la f�te de famille organis�e au moment de l'emmagasinage, des mesures traditionnellement mises en oeuvre pour prot�ger le ma�s, (mesures pr�ventives), ainsi que des rites religieux accompagnant le stockage du ma�s, Au centre du paysage socioculturel, on trouve encore d'autres aspects de caract�re �conomique et social, dont les origines se situent dans la structure sociale et dans le contexte culturel (tableau 6.2).
Les diff�rentes mesures de protection des stocks exigent de la part des paysans un go�t du risque variable, ainsi qu'un "savoir" faire. lui aussi variable selon les cas. C'est ainsi qu'un proc�d� impliquant des mesures de protection des stocks au moyen de produits chimiques exige des connaissances beaucoup plus amples (formation) de la part des paysans qu'un proc�d� sans protection des stocks. C'est le stockage en magasin fumigable (proc�d� n� 13) qui est li� aux exigences les plus �lev�es. La construction de l'entrep�t, la surveillance qualifi�e du stockage (gestion) et la r�alisation d'une fumigation n�cessitent une formation pouss�e.
Il n'est pas possible de juger avec pr�cision de la port�e des aspects socioculturels mentionn�s. C'est en fin de compte la pond�ration individuellement variable des valeurs qui d�termine dans quelle mesure les diff�rents param�tres interviennent dans la d�cision en faveur de l'un ou l'autre des proc�d�s de protection des stocks.
Tabl. 6.2: Crit�res d'�valuation socioculturels des proc�d�s de protection des stocks
| Proc�d� (N�) | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 |
| Valeurs traditionnelles normes | |||||||||||||
| -F�tes familiales | + | + | + | + | + | + | (+) | (+) | - | - | - | - | - |
| -Mesures de protection traditionnelles | + | + | (+) | + | + | (+) | (+) | (+) | - | - | - | - | - |
| (mesures pr�ventives) | |||||||||||||
| - Rites religieux | + | + | + | + | + | + | (+) | (+) | - | - | - | - | - |
| - Entrep�t comme objet de prestige | - | - | - | + | + | + | (+) | (+) | - | - | - | - | - |
| - Adaption de l'entrep�t � la quantit� r�colt�e | (-) | (-) | (-) | + | + | + | + | + | (-) | (-) | - | - | - |
| - Modal h� de commercialisation | - | - | - | - | - | - | - | - | + | + | + | + | + |
| - Risque de vol | + | + | + | + | + | + | + | + | - | - | - | - | (-) |
| - Augmentation incontr�l�e | + | + | + | + | + | + | + | + | - | - | - | - | - |
| de la consommation | |||||||||||||
| - Stockage dans le champ | - | - | - | + | + | + | (+) | (+) | - | - | - | - | - |
| Capacit� d'innovation des paysans | |||||||||||||
| - Exigence en mati�re | + | (+) | - | + | (+) | - | (-) | - | - | - - | - - | - - - | - - - - |
| d'acceptation du risque | |||||||||||||
| -Exigence en mati�re de "savoir faire" | + | (+) | - | + | (+) | - | (-) | - | - | - - | - - | - - - | - - - - |
Crit�res d'�valuation: + = positif; (+) = positif dans certaines conditions; - = n�gatif; (-) = n�gatif dans certaines condition
6.1.3 Evaluation technique des proc�d�s protection des stocks
L'�valuation technique des proc�d�s de protection des stocks implique d'une part l'�valuation des r�percussions sp�cifiques de la protection des stocks ou de la technique de stockage, d'autre part l'appr�ciation des aspects touchant � l'environnement (tableau 6.3).
La diminution quantitative des pertes li�e aux diff�rents proc�d�s de protection des stocks est proportionnelle � l'efficacit� de la lutte contre le col�opt�re nuisible Prostephanus truncatus. En fonction de l'efficience des moyens de protection des stocks (cf. chapitre 4 et chapitre 5.3.2.4), depuis la mise en oeuvre des moyens traditionnels jusqu'� la fumigation, on observe une tendance positive croissante de ces deux facteurs.
Le ma�s r�colt� pr�sente souvent un taux d'humidit� du grain �lev�, ce qui constitue un probl�me. Avant la mise en sac, il est indispensable (en grenier traditionnel) de ramener ce ma�s � un faible taux d'humidit�. Outre les exigences pr�c�demment �voqu�es en mati�re de capitaux et de main d'oeuvre, des pertes peuvent se produire pendant le s�chage (stockage en grenier). Qui plus est, on ne peut exclure totalement le risque de dommages cons�cutifs � l'humidit� (formation de moisissures) survenant � la suite de la formation d'eau de condensation. Autre inconv�nient du proc�d� de stockage en grains: la menace accrue que constituent les rongeurs. Les proc�d�s de stockage dans l'habitation et en petit entrep�t sont les plus concern�s par ces risques. De par leur construction (stockage des �pis de ma�s au-dessus du sol), le grenier traditionnel ainsi que le "crib" offrent la meilleure protection contre ces ravageurs de stocks.
De m�me, on ne saurait exclure totalement le risque d'apparition d'une certaine r�sistance aux produits chimiques de protection des stocks. De ce point de vue, l'appr�ciation des proc�d�s impliquant l'utilisation de produits chimiques de protection des stocks sera donc n�gative.
Les facteurs significatifs pour l'environnement concernent exclusivement les proc�d�s impliquant l'utilisation de moyens de protection des stocks. Il convient de distinguer d'une part le danger pour la sant� des utilisateurs et des consommateurs, d'autre part la menace pour l'environnement (tableau 6.3). Un danger pour l'environnement n'est � craindre que lorsque les moyens de protection des stocks n'ont pas �t� convenablement appliqu�s et que le mat�riau d'emballage des insecticides n'est pas �limin� comme il le devrait (enterr�, br�l�).
On ne conna�t jusqu'� ce jour aucun cas o� l'utilisation des moyens traditionnels aurait mis en p�ril la sant� des utilisateurs et des consommateurs; il est d'ailleurs tout � fait improbable qu'un tel cas se produise. Il en va de m�me pour les questions touchant � la pollution. L'utilisation de produits chimiques est li�e � un danger potentiel pour l'utilisateur, �tant donn� qu'au moment de l'application, celui-ci est en contact direct avec le produit. En cas de consommation de ma�s trait� avec des produits chimiques, il n'est pas possible d'exclure un certain risque pour le consommateur. Ce risque est nettement moins important avec les proc�d�s de stockage en �pis qu'avec les proc�d�s de stockage en grains. Par comparaison avec les produits chimiques et traditionnels de protection des stocks, la r�alisation d'une fumigation repr�sente le plus grand risque potentiel pour l'utilisateur.
Tabl. 6.3: Crit�res d'�valuation techniques des proc�d�s de protection des stocks
| Proc�d�(N�) | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 |
| Facteurs sp�cifiques de la protection des stocks | |||||||||||||
| - R�duction quantitative des pertes | - | + | + + + | - | + | + + + | - | + + + | + + | + + + + | + + | + + + + | + + + + |
| -Efficacit� contre P. truncatus | - | + | + + + | - | + | + + + | - | + + + | + + | + + + + | + + | + + + + | + + + + |
| - S�chage avant stockage | (+) | (+) | (+) | + | + | + | + | + | - | - | - | - | - |
| - Probl�me des rongeurs | + | + | + | + | + | + | + | + | - | - | - | - | (-) |
| - Dommages dus � l'humidit� | + | + | + | + | + | + | + | + | - | - | - | - | - |
| - Formation de moissisures | + | + | + | + | + | + | + | + | - | - | - | - | - |
| -D�veloppement des r�sistances | + | (+) | - | + | (+) | - | + | - | + | - | + | - | - |
| Facteurs touchant � | |||||||||||||
| l'environnement | |||||||||||||
| - Danger pour la sant� | |||||||||||||
| * Utilisateurs | + | (+) | - | + | (+) | - | + | - | + | - | + | - | - |
| * Consommateurs | + | (+) | (-) | + | (+) | (-) | + | (-) | + | - | + | - | (-) |
| - Pollution | + | + | - | + | + | - | + | - | + | - | + | - | - |
Crit�res d'�valuation: + = positif;; (+) = positif dans certaines conditions; - = n�gatif; (-) = n�gatif dans certaines conditions
6.1.4 Aspects de l'�conomie nationale des proc�d�s de protection des stocks
Il est important de prendre en compte les aspects relevant de l'�conomie nationale dans la mesure o� les diff�rents proc�d�s de protection des stocks repr�sentent des exigences variables vis-�-vis de l'�conomie g�n�rale et o� les cons�quences pour celle-ci sont �galement variables. A titre de principales conditions pr�alables � l'application (Ladoption) des proc�d�s de protection des stocks, il convient de citer, d'une part les exigences vis-�-vis des organisations d'assistance-conseil op�rant dans le domaine de la protection des stocks, d'autre part les exigences � l'�gard du march� des moyens de production. Les principales retomb�es sur l'�conomie g�n�rale concernent la disponibilit� du mais pour l'ensemble de la population (degr� d'autarcie) et les effets sur le budget public (tableau 6.4).
Les proc�d�s de stockage en grains pr�supposent la disponibilit� de sacs ou de produits de protection des stocks. On peut partir du principe que la plupart des paysans n'ont pas de probl�me � se procurer des sacs, �tant donn� que le mais en grains est vendu dans des sacs sur les march�s (de mais), m�me lorsque ceux-ci sont de modeste importance. Les proc�d�s impliquant des mesures chimiques de protection des stocks exigent la mise � disposition d'insecticides. Les produits de protection des stocks doivent �tre disponibles au bon moment, au bon endroit et en quantit� suffisante.
Les m�thodes de stockage et mesures de protection des stocks pratiqu�es jusqu'� maintenant ne requi�rent pas d'assistance-conseil, c'est-�-dire qu'elles se passent du personnel et des moyens techniques du service d'assistance-conseil. Si la propagation des proc�d�s comprenant des mesures chimiques de protection des stocks pr�suppose une formation des conseillers, elle n'exige pas, en revanche, de personnel suppl�mentaire. Pour les proc�d�s comprenant un stockage en "crib" en petit entrep�t et en magasin fumigable, il faut s'attendre � un besoin en personnel croissant, du fait que ces proc�d�s exigent des conseils suppl�mentaires au niveau de la construction et de la gestion de l'entrep�t. C'est le stockage en magasin fumigable qui repr�sente le besoin en personnel le plus �lev� et qui, sur le plan technique, exige le plus du personnel du service d'assistance-conseil.
L'augmentation de la disponibilit� du mais pour l'ensemble de la population est proportionnelle � la r�duction quantitative des pertes (ou � lefficacit� de la lutte contre le col�opt�re nuisible Prostephanus truncatus) li�es aux diff�rents proc�d�s de protection des stocks. La disponibilit� du ma�s exerce �galement une influence sur le budget public et la balance des paiements du pays. La r�duction des pertes augmentant, la quantit� de mais � importer diminue, notamment au cours des ann�es de mauvaise r�colte.
Les proc�d�s impliquant une sollicitation accrue du service d'assistance-conseil occasionnent des d�penses suppl�mentaires pour la r�mun�ration du personnel, Lacquisition des moyens d'assistance-conseil et pour le d�roulement logistique (v�hicules) de l'assistance-conseil. Ces d�penses viennent donc grever le budget public. Par ailleurs, ce sont pr�cis�ment les proc�d�s li�s � des d�penses d'assistance-conseil �lev�es qui, du point de vue de la r�duction des pertes et, partant, de l'augmentation des recettes � l'exportation du ma�s ou de la diminution des d�penses li�es � l'importation du mais, peuvent �tre qualifi�s de positifs.
Tabl. 6.4: Crit�res d'�valuation de l'�conomie nationale des proc�d�s de protection des stocks
| Proced� (N�) | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 |
| Exigences vis-�-vis de l'assistance-conseil | |||||||||||||
| - D�penses de personnel | + | + | + | + | + | + | - | - | (-) | (- ) | - | - | -- |
| -Niveau de formation des conseillers | + | + | (-) | + | + | (-) | - | -- | - | -- | -- | --- | --- |
| Exicences vis-�-vis du march� des moyens de production | |||||||||||||
| - Produis chimiques de protection | + | + | - | + | + | - | + | - | + | - | + | - | - |
| des stocks | |||||||||||||
| -Sacs | + | + | + | + | + | + | + | + | - | - | - | - | - |
| -Mat�riaux pour la construction | + | + | + | + | + | + | (+) | (+) | + | + | (-) | (-) | -- |
| de l'entrep�ts | |||||||||||||
| R�percussions sur l'�conomie | |||||||||||||
| nationale | |||||||||||||
| -Degr� d'autarcie par rapport au ma�s | - | + | +++ | - | + | +++ | - | +++ | ++ | ++++ | ++ | ++++ | ++++ |
| - Balance de paiement | |||||||||||||
| *Importation/Exportation de ma�s | - | + | +++ | - | + | +++ | - | +++ | ++ | ++++ | ++ | ++++ | ++++ |
| * Importation des moyens de production | + | + | - | + | + | - | + | - | + | - | + | - | - - |
| - Budget public | |||||||||||||
| *Importation/Exportation de ma�s | - | + | +++ | - | + | +++ | - | +++ | ++ | ++++ | ++ | ++++ | ++++ |
| * D�penses d'assistance-conseil | + | + | (-) | + | + | (-) | - | -- | - | -- | -- | - -- | - - - |
Cri�res d'�valuation: + = positif; ( + ) = positif dans certaines conditions; - = n�gatif; (-) = n�gatif dans certaines conditions
6.2 Recommandations en mati�re d'assistance-conseil
6.2.1 Contenus de l'assistance-conseil
6.2.2 Indications relatives aux t�ches
d'assistance-conseil
Les �tudes r�alis�es (calculs mod�les) et les crit�res d'�valuation qui en d�coulent ne permettent pas d'�tablir un concept int�gral d'assistance-conseil en vue de la protection des stocks au Togo (cf. � ce sujet HOFER 1963, PALTI 1981, LAUSMANN 1981). Les r�sultats de l'�tude permettent toutefois de d�finir des contenus d'assistance-conseil et de donner des indications quant au travail de consultation. Les recommandations faites en la mati�re sont davantage ax�es sur les r�alisations actuellement possibles que sur celles qui sont souhaitables � l'avenir. Elles se caract�risent par les �l�ments suivants:
6.2.1 Contenus de l'assistance-conseil
Il est conseill� de renoncer � construire de nouveaux magasins fumigables. Cette m�thode de stockage est contestable sur le plan �conomique, pose des probl�mes d'organisation et demande � �tre remise en question d'un point de vue socioculturel. Le Service National de la Protection des V�g�taux devrait (doit) continuer de s'occuper des entrep�ts existants. Il ne faut en aucun cas autoriser la distribution de produits de fumigation aux paysans.
Il n'est (actuellement) pas possible de recommander le stockage en "Crib" Il faut tout d'abord examiner si l'on peut r�duire tr�s nettement les co�ts d'installation (co�ts des mat�riaux). On peut �galement se demander quelle est l'utilit� de mettre en place un proc�d� de stockage nouveau, inconnu des paysans, qui pr�sente en principe les m�mes avantages et inconv�nients que le grenier traditionnel, mais qui est en revanche plus cher.
Bien que le stockage en petit entrep�t semble plus promeneur que le stockage en magasin fumigable, il n'est pas (encore) possible, selon l'�tat actuel des connaissances, de le recommander. Une phase pilote de construction des petits entrep�ts devra aider � �lucider les questions encore en suspens.
Le stockage en grains est recommand� pour les exploitations qui, jusqu'alors, stockaient leur ma�s dans l'habitation. Au sein de ce groupe d'exploitations, cette forme de stockage du ma�s est avant tout recommand�e pour le ma�s commercial., qui est vendu seulement � l'issue d'une p�riode d'entreposage de plusieurs mois.
S'il est vrai que l'utilisation des moyens de protection des stocks traditionnels peut �tre qualifi�e de positive du point de vue de l'�conomie, de la main d'oeuvre et de l'�cologie, il n'en demeure pas moins que, selon les r�sultats enregistr�s, ces moyens offrent peu de protection contre les ravageurs de stocks. Leur utilisation ne peut donc pas (encore) �tre recommand�e, du fait que leur efficacit� dans les conditions rencontr�es au Togo n'a pas �t� �tudi�e de fa�on suffisamment approfondie.
L'utilisation de produits chimiques (binaires) de protection des stocks peut �tre recommand�e en corr�lation avec les m�thodes de stockage traditionnelles (stockage en �pis dans l'habitation et le grenier), ainsi qu'avec le stockage en grains (habitation, petit entrep�t), �tant donn� qu'elle exclut pratiquement les probl�mes de r�sidus et qu'elle n'entra�ne pas de charges importantes sur le plan des finances ni de la main d'oeuvre. Plus le col�opt�re nuisible Prostephanus truncatus se r�pandra, plus il sera recommand� de soumettre le ma�s stock� � un traitement prophylactique.
6.2.2 Indications relatives aux t�ches d'assistance-conseil
Une partie des contenus de l'assistance-conseil a �t� int�gr�e au travail d'assistance-conseil du Service National de la Protection des V�g�taux. La concr�tisation des contenus de l'assistance-conseil peut �tre acc�l�r�e par une intensification du travail d'assistance-conseil de certains groupes de personnes, par une formation des conseillers op�rant sur le terrain qui soit ax�e sur les probl�mes et par un certain nombre de mesures d'accompagnement.
Dans le domaine de la protection paysanne des stocks, les femmes constituent un groupe � part, en ce sens qu'elles ont particuli�rement besoin de conseils, ceci parce que
Au niveau de la formation des conseillers op�rant sur le terrain, les facteurs suivants rev�tent une importance toute particuli�re par rapport � l'utilisation des produits chimiques de protection des stocks:
- recommander l'application des produits les plus efficaces (insecticides binaires)
- �viter l'utilisation des produits interdits
- appliquer les insecticides de mani�re ad�quate
- �liminer correctement le mat�riel d'emballage des insecticides
- �viter les trop longues p�riodes d'entreposage des insecticides
- respecter les d�lais d'attente avant la consommation (notamment en cas de stockage en grains)
Les activit�s suivantes sont recommand�es � titre de mesures d'accompagnement:
Cet auxiliaire devrait comporter un syst�me de fermeture (verrouillage demi-tour), une �chelle (trait) pour doser la quantit� d'insecticide (50 9) � mettre dans le r�cipient et une perforation uniforme avec des dimensions de trous norm�es. Les bo�tes pourraient �tre fabriqu�es au Togo, �tant donn� qu'il existe un centre de fabrication de ce genre � Lom�.
Cet auxiliaire pourrait �tre fabriqu� par les petites entreprises du pays. Selon MIDOHOE (1983, p. 166 et suiv.), il est possible, en fonction des mat�riaux existants, d'utiliser des tuyaux carr�s ou des douilles provenant d'amortisseurs hors d'usage, ou encore de fabriquer dans de la t�le des appareils en forme d'entonnoir. Dans chacun des diff�rents appareils, quatre morceaux coniques d'acier plat sont soud�s � des intervalles �gaux de mani�re � p�n�trer dans le tuyau.