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Chapitre IV - Transformation artisanale des c�r�ales autres que le bl� et du manioc

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

4.1 Sorgho et ma�s

4.1.1 Le sorgho

42. La m�canisation de la mouture du sorgho est d'autant plus souhaitable que les m�thodes traditionnelles sont soumises � certaines contraintes: elles prennent du temps, elles sont laborieuses, elles engendrent des pertes, et les produits finis obtenus ont une dur�e de conservation limit�e. Par ailleurs, la m�canisation permet d'obtenir des farines de qualit� plus ou moins constante, ce qui n'est pas le cas des farines traditionnelles.

43. Des tentatives ont �t� faites dans le pass� en vue d'all�ger le travail fastidieux li� aux m�thodes traditionnelles de transformation. Beaucoup de centres commerciaux ont �t� �quip�s de moulins � marteaux actionn�s par des moteurs � essence ou diesel en vue de moudre des c�r�ales. Dans certaines r�gions rurales, par exemple au Botswana et au Nigeria, les petits moulins ont �t� compl�t�s par des d�cortiqueurs. Les petits moulins travaillent g�n�ralement � la t�che, le d�corticage et la mouture des grains propres �tant r�alis�s individuellement pour chaque client, contre une r�tribution. Les femmes parcourent parfois de tr�s longues distances pour faire moudre leur grain, et les longues files d'attente devant les moulins attestent de l'immense popularit� des petits moulins m�caniques. Dans certains cas, les propri�taires de moulins ach�tent du grain pour le moudre et vendre la farine sur les march�s.

44. En vue d'am�liorer encore les pratiques de mouture au niveau villageois, il serait souhaitable d'installer un syst�me de transformation int�gr�. Pour amener les technologies meuni�res � ce niveau, il faut pr�voir l'adjonction de divers �qui pements. Bien des efforts ont �t� faits durant les 10 � 15 derni�res ann�es en vue de d�velopper les technologies de transformation m�canique du sorgho. Des mat�riels de minoterie, de ma�serie et de rizerie ont �t� test�s. Parmi ceux-ci, les c�nes de rizerie s'apparentent le mieux au type de mat�riel n�cessaire au d�corticage du grain de sorgho. Un syst�me int�gr� devrait comprendre le mat�riel suivant:

a. Un nettoyeur � grains pour �liminer les pierres, la poussi�re, les glumelles, etc. Dans les petites installations, ce nettoyage peut �tre r�alis� � l'aide de tamis d'ouvertures de maille convenables. On peut utiliser deux tamis dont l'un retiendra les impuret�s plus grosses que le sorgho pour ne laisser passer que le sorgho et les impuret�s les plus petites. Le deuxi�me tamis aura une ouverture de maille susceptible de retenir le sorgho et de laisser passer la poussi�re, le sable et toutes les petites impuret�s. Dans les petits ateliers de mouture, les tamis peuvent �tre actionn�s manuellement. Dans les installations de plus grande capacit�, on utilisera des tarares m�caniques semblables � ceux des industries c�r�ali�res.

b. Le d�corticage a pour objet de s�parer l'albumen des enveloppes fibreuses et parfois color�es du grain, qui forment le son. Plusieurs types de d�cortiqueurs ont �t� mis au point � cet effet (voir paragraphe 4.3 ci-apr�s).

c. La mouture est l'op�ration suivante, au cours de laquelle le grain d�cortiqu� est r�duit en farine, g�n�ralement � l'aide d'un moulin � marteaux. La partie fonctionnelle d'un tel moulin est constitu�e d'un jeu de marteaux mobiles dispos�s sur un axe tournant � grande vitesse, 1500-5600 tours par minute. La chambre de mouture peut �tre �quip�e d'un tamis en t�le perfor�e pour faciliter la production d'une farine ayant une granulom�trie uniforme. Ces tamis sont fournis avec diff�rentes ouvertures de maille. Le moulin et le d�cortiqueur peuvent �tre actionn�s simultan�ment ou alternativement � l'aide d'un seul moteur.

d. Le conditionnement concerne essentiellement les produits finis commercialis�s. Les farines produites � fa�on et emport�es par le client peuvent �tre conserv�es dans diff�rents emballages, comme des boites en fer blanc, sacs plastiques, etc.

4.1.2 Le ma�s

45. On trouve dans les villages des moyens ad�quats pour transformer le ma�s, et le paddy qui constituent des c�r�ales largement cultiv�es et consomm�es en Afrique. Dans presque tous les villages, les d�cortiqueurs et les moulins � marteaux occupent une place bien en vue (voir par exemple les moulins � marteaux Arusha, paragraphe 4.3.3). La Fig. 8 repr�sente un d�cortiqueur typique � mais et � paddy. En g�n�ral, l'industrie meuni�re occupe la premi�re place parmi les industries alimentaires de Tanzanie, particuli�rement en ce qui concerne le mais, le riz et le bl�. Les petits moulins travaillant � fa�on satisfont les besoins primaires de subsistance des producteurs et des consommateurs ruraux.

Sch�ma d'un d�cortiqueur � ma�s et � riz

46. Jusqu'� une date r�cente, les petits moulins et d�cortiqueurs �taient import�s, mais dans bien des cas les seuls �l�ments qui sont encore d'origine �trang�re sont les moteurs thermiques ou �lectriques. Les moulins � marteaux d�crits pr�c�demment pour le sorgho (alin�a 44) sont polyvalents et offrent aux villageois un moyen plus facile de transformer le mais n�cessaire � leurs besoins journaliers.

47. La gamme et les capacit�s des petits moulins villageois varient dans des proportions consid�rables. Tr�s appr�ci�s dans les villages, ils sont utilis�s de mani�re intensive, parfois jusqu'� 13 heures par jour. Le prix demand� pour la mouture aux clients d�pend de l'�nergie utilis�e; il est plus �lev� pour les moteurs � essence que pour les moteurs diesel ou �lectriques.

4.2 Le manioc

48. En Tanzanie, la transformation artisanale du manioc demeure une affaire familiale. Les traitements, les manipulations et les proc�d�s de transformation varient d'une r�gion � l'autre en fonction de la destination finale des produits fabriqu�s. On distingue ainsi trois grandes voies de transformation du manioc dans les villages tanzaniens:

a. Le s�chage solaire

49. Les racines de manioc fra�chement r�colt�es sont pel�es. coup�es en morceaux et s�ch�es au soleil. Lorsqu'elles sont bien s�ches, elles sont r�duites en farine pour �tre utilis�es � la pr�paration d'une sorte de porridge appel� "ugali" en Tanzanie (voir alin�a 173), ou � la fabrication de bi�re locale.

b. Fermentation

50. En Tanzanie, les racines fra�ches de manioc sont pel�es, coup�es en morceaux puis mises en tas recouverts de feuilles fra�ches, � l'ombre, pour plusieurs jours. Des moisishures se d�veloppent en plus ou moins grande quantit� en fonction du temps de s�jour � l'ombre, la dur�e variant selon le degr� de fermentation souhait� par les consommateurs. Les morceaux de manioc ferment� sont nettoy�s puis s�ch�s au soleil, ou inversement sont d'abord s�ch�s au soleil puis nettoy�s. Ils sont ensuite r�duits en farine par mouture s�che.

c. Rouissage

51. Les racines fra�ches sont pel�es, coup�es en morceaux, puis mises � tremper dans de l'eau pendant plusieurs jours. L� encore, la dur�e de trempage varie d'un endroit � l'autre et d�pend du go�t des consommateurs. Apr�s rouissage, le manioc est s�ch� au soleil avant d'�tre moulu.

52. Les m�thodes (b) et (c) sont les plus largement utilis�es pour pr�parer des aliments. La m�thode (a) est surtout utilis�e en vue d'une commercialisation ult� rieure ou � des fins autres que l'alimentation familiale. Le manioc ferment� est g�n�ralement commercialis� sous forme de morceaux entiers non moulus. Le go�t, l'aspect et la texture des farines issues des trois m�thodes qui pr�c�dent varient de mani�re significative. Ainsi la m�thode (a) donne des farines blanch�tres, mais un "ugali" extr�mement visqueux, de couleur terne et d'un go�t douce�tre. Le m�thode (b) fournit des farines d'une couleur p�le, qui ne change pas lors de la fabrication de l'ugali dont le go�t ressemble � celui de l'ugali de ma�s, mais dont la consistance est notablement moins collante qu'en (a). Avec la m�thode (c), la farine produite est aussi blanche que de la farine de ma�s d�pellicul�. Cette couleur s'alt�re l�g�rement au cours de la pr�paration d'ugali dont la viscosit� est cependant beaucoup moins forte.

53. Au niveau du village, la plupart des op�rations de transformation sont effectu�es manuellement, mais la mouture est d�sormais r�alis�e � l'aide de moulins � marteaux dans les r�gions o� l'on en trouve.

54. En Afrique de l'Ouest, o� le manioc constitue une alimentation de base, la transformation artisanale a �t� grandement am�lior�e. La m�canisation de certaines op�rations, notamment du r�page, a beaucoup contribu� � promouvoir l'expansion d'une industrie de transformation du manioc. Dans bien des endroits, des r�pes m�caniques ont remplac� le laborieux r�page manuel, contribuant ainsi � accro�tre les capacit�s de traitement.

55. Un aspect int�ressant de ces d�veloppements est que les r�pes sont g�n�ralement construites sur place, seuls les moteurs �tant import�s. Certaines r�pes peuvent �tre entra�n�es par le m�me moteur qu'un moulin � ma�s, ou qu'un p�trin � p�te. La capacit� de production des r�pes � manioc varie entre 400 et 1000 kg de racines � l'heure. Des r�pes mobiles, mont�es sur roues, existent au Nigeria. Elles vont de village en village proposer leurs services, contre r�tribution, aux personnes qui transforment le manioc.

4.3 Mat�riel de mouture des c�r�ales

56. Diff�rents inventeurs et fabricants de mat�riel de meunerie ont entrepris la fabrication et la commercialisation, en Afrique, de mat�riel sp�cifique de mouture de mil et de sorgho, notamment de moulins � marteaux et de d�cortiqueurs. Leur capacit�, qui d�pend des taux d'extraction, varie de 300 � 600 kg/h. Ils sont actionn�s par des moteurs thermiques ou �lectriques allant de 8 � 35 CV (6 � 26 kW). Les principales caract�ristiques de ces diff�rents d�cortiqueurs et moulins � marteaux sont d�crites ci-apr�s:

4.3.1 Le d�cortiqueur du Botswana

57. Ce d�cortiqueur est une modification du d�cortiqueur canadien PRL, r�alis�e par le "Rural Industries Innovation Centre (RIIC)" au Botswana. Le d�cortiqueur PRL (Prairie Regional Laboratory) a �t� modifi� de telle sorte qu'il puisse �tre utilis� soit pour d�cortiquer en discontinu des petits lots de grains s�par�s, soit des lots plus importants en continu. Le d�cortiqueur est constitu� d'une s�rie de meules � disque en carborundum mont�es � de courtes distances les unes des autres sur un axe horizontal. Le rotor ainsi form� est mont� dans un carter m�tallique, un certain jeu �tant m�nag� entre les disques, les parois lat�rales et le fond du carter. Une entr�e d'air, prot�g�e par une cr�pine, est m�nag�e le long et autour du fond du rotor. Une autre entr�e d'air est �galement m�nag�e le long d'un des c�t�s, au sommet, tandis qu'une sortie d'air permet son �vacuation sur le c�t� oppos�. En connectant cette sortie d'air � un syst�me d'aspiration, les fines particules de son form�es par abrasion sont automatiquement �limin�es. Le syst�me peut �tre employ� sans entr�e ou sortie d'air; dans ce cas, les fines particules de son restent dans l'appareil avec les grains d�cortiqu�s et doivent �tre �limin�es par un autre moyen, par tamisage ou vannage. Le grain est introduit en quantit� constante � une extr�mit� du d�cortiqueur, et ressort � l'autre extr�mit� par un trop plein r�glable. Le niveau du grain dans le d�cortiqueur est ajust� de telle sorte que 50 � 100 p. 100 du rotor soit recouvert durant son fonctionnement.

58. La version modifi�e de ce d�cortiqueur PRL est capable de travailler �galement en discontinu, de telle sorte qu'il peut �tre utilis� pour d�cortiquer des petits lots individuels de grain aussi bien qu'en continu. La version modifi�e (Fig. 9) est donc plus souple d'emploi que la version originale puisqu'elle permet un travail par lots distincts, un travail en continu, ou une combinaison des deux possibilit�s. Le d�cortiqueur original PRL et sa version modifi�e PRL/RIIC diff�rent sur les points suivants:

Sch�ma d'un d�cortiqueur PRL/RIIC

- Tout en ayant la m�me capacit� de traitement, le d�cortiqueur PRL/RIIC a des dimensions plus r�duites. Le d�cortiqueur PRL exige au minimum 20 kg de grain, tandis que le d�cortiqueur PRL/RIIC est op�rationnel avec seulement 10 kg de grain .

- Le diam�tre des meules PRL est de 27 cm, tandis que le diam�tre des meules du d�cortiqueur modifi� PRL/RIIC n'est que de 22 cm. La longueur des deux carters est la m�me, mais le carter du d�cortiqueur PRL/RIIC est l�g�rement plus �troit.

- Le rotor du d�cortiqueur modifi� tourne � une vitesse sup�rieure � celle du d�cortiqueur original PRL, si bien que les capacit�s de traitement sont voisines pour un travail en continu.

- L'originalit� du d�cortiqueur PRL/RIIC r�side dans son syst�me de vidange. Il reste toujours une certaine quantit� de grain au fond du d�cortiqueur PRL, ce qui rend le travail par petits lots individuels impossible. Le fond du d�cortiqueur PRL/RIIC a �t� muni d'une trappe renforc�e, � charni�res, et d'une goulotte, si bien que m�me sans arr�ter la machine, un levier permet d'ouvrir la trappe et de vidanger le grain dans un r�cipient par la goulotte. De la sorte, m�me des lots individuels aussi petits que 10 kg de grains peuvent �tre d�cortiqu�s sans devoir arr�ter le d�cortiqueur.

4.3.2 Moulins � marteaux Ndume, Kenya

59. Les moulins � marteaux Ndume furent d�velopp�s � l'origine en vue de moudre du mais en une farine grossi�re passant aux tamis de 0,8 mm � 1,6 mm. Ils peuvent �tre utilis�s �galement pour moudre du sorgho ou d'autres c�r�ales. Les moulins sont fabriqu�s par une soci�t� dont c'est la seule sp�cialit�. Beaucoup d'autres ateliers sont cependant capables de construire des moulins � marteaux. Le b�ti des moulins doit �tre fait en acier solidement soud�. Les petits moulins sont �quip�s de tamis de d�charge situ�s � la partie inf�rieure du corps du moulin, tandis que les unit�s plus grosses utilisent des tamis situ� au dessus du corps. Les marteaux, au nombre de 16 � 27, sont faits en acier tremp� et sont mont�s sur un arbre en acier au nickel de 12,7 mm de diam�tre. Les moulins sont �quip�s de tr�mies d'alimentation, de ventilateurs et de s�parateurs � cyclones. Ils peuvent �tre actionn�s par des moteurs �lectriques ou diesel d'une puissance allant de 2 � 20 CV selon les mod�les. Leur vitesse de rotation se situe � 3500-4000 t/mn. Avec un tamis de 1,6 mm d'ouverture, les capacit�s de traitement varient de 70 � 200 kg/h pour les petits moulins et atteignent 400 � 2500 kg/h pour les plus grosses unit�s.

Sch�ma d'un broyeur � marteaux Ndume, Kenya.

Les moulins � marteaux sont utilis�s par les petits ateliers artisanaux pour moudre des c�r�ales et des l�gumineuses s�ches. Ils sont tr�s populaires dans les milieux ruraux o� ils ont soulag� les femmes du travail traditionnel du pilonnage. Les prix pratiqu�s par les moulins villageois pour moudre le grain varient fr�quemment. En 1983, on pouvait moudre 50-60 kg de grains pour l'�quivalent de 1 US $ (400 FCFA).

4.3.3 Moulins � marteaux Arusha, Tanzanie

60. Plusieurs types de moulins � marteaux sont construits et commercialis�s sous divers noms en Tanzanie. Parmi les plus connus figurent les moulins MGM (Fig. 11). Ils sont fabriqu�s par M/S Manik Engineers � Arusha. Parmi les autres constructeurs, on peut citer la Manghula Mechanical Company dans la r�gion de Morogoro; D. & M. Inventors � Mwanza; Mike Motors � Moshi et Mwanza Engineering Works. On trouve quatre mod�les de moulins MGM, qui sont g�n�ralement actionn�s par des moteurs diesel. Le mod�le MGM 2, d'une capacit� de180-200 kg/h, utilise un moteur de 6-9 kW (8-12 CV); le mod�le MGM 5 permet de moudre 450 � 500 kg/h � l'aide d'un moteur de 11 � 15 kW ( 15-20 CV), tandis que le mod�le MGM 7 atteind une capacit� de 700 kg/h avec un moteur de 17 � 26 kW (22,5 � 35 CV). Le plus gros moulin fabriqu� actuellement est le MGM 10 d'une capacit� de 900-1000 kg/h et qui n�cessite une puissance de 22 � 34 kW (30-45 CV).

Sch�ma d'un broyeur � marteaux MGM

61 . La plupart des moulins fabriqu�s en Tanzanie tournent � grande vitesse. Les arbres tenant les marteaux fixes ou les marteaux � percussion sont horizontaux; les mod�les MGM ont des marteaux dont l'extr�mit� est en forme de T (Fig. 11 ). Le rotor tourne dans un carter dont le fond grillag� sert �galement de tamis. L'aspiration est pourvue d'un aspirateur situ� � la base de la gaine de cyclone. Le ventilateur est actionn� par l'interm�diaire d'une poulie plac�e sur le rotor lui-m�me. Les moulins ne sont pas �quip�s en variateurs de vitesse. On peut � la rigueur changer le moteur ou le diam�tre des poulies, mais cela n'est gu�re possible apr�s l'achat du moulin; par contre, on peut changer la granulom�trie des farines en changeant les tamis.

4.3 .4 Autres d�cortiqueurs utilis�s en Afrique

62. Les d�cortiqueurs CCC fabriqu�s au Japon sont des c�nes � blanchir le riz qui peuvent �tre utilis�s en milieux ruraux. La surface abrasive est constitu�e d'un c�ne tronqu� en carborundum qui peut �tre mont� sur un axe vertical ou horizontal. Les capacit�s de traitement des trois mod�les disponibles s'�tagent de 420 � 840 kg/h de grain pour des puissances install�es allant de 5 � 10 CV. Des essais de d�corticage de sorgho ont �t� r�alis�s � l'aide de d�cortiqueurs CCC dans diff�rents pays, dont la Tanzanie et le Kenya, avec des r�sultats satisfaisants.

63. Le d�cortiqueur DECOMATIC, fabriqu� en Suisse par Bernhard Keller SA., est constitu� de cinq disques abrasifs en carborundum mont�s sur un arbre vertical, qui tournent � l'int�rieur d'une gaine en t�le perfor�e. Les ouvertures oblongues de 1 mm de largeur de la gaine perfor�e permettent l'�limination du son. La vitesse p�riph�rique du rotor est de 25 m/sec., mais cette vitesse peut �tre modifi�e en rempla�ant les poulies d'entra�nement. Le d�cortiqueur, d'une capacit� de 300-400 kg/h, travaille en continu, le degr� de d�corticage �tant r�glable � volont�. Cette machine, entra�n�e par un moteur �lectrique de 20 CV, a �t� utilis�e avec succ�s dans l'unit� pilote de mouture du sorgho install�e au Centre de

64. Le d�cortiqueur vertical type 270 construit par Schule S.a.r.l. � Hambourg en R�publique F�d�rale d'Allemagne, comprend sept disques en �mery mont� sur un arbre rotatif vertical. Equip� d'un moteur �lectrique de 25 CV, il peut d�cortiquer de 200 � 1800 kg/h de sorgho.

65. Le d�scortiqueur horizontal B�hler, type DMRH, �quip� de 6 disques abrasifs de finesse variable, tournant � l'int�rieur d'une chemise en t�le perfor�e fa sant office de tamis' a une capacit� de 500-700 kg/h de mil. Une unit� de cette capacit� a d�j� �t� install�e au Nigeria. La Soci�t� B�hler fabrique �galement un d�cortiqueur vertical, type DSRD, d'une capacit� pouvant atteindre 900 kg/h de sorgho.

66. Le d�cortiqueur UMS type DVA est construit au Danemark par United Milling System. Le d�corticage est r�alis� par une double lame h�lico�dale plac�e sur un arbre rotatif vertical situ� � l'int�rieur d'un cylindre en t�le perfor�e. Plac�s sous compression et anim�s d'un mouvement rotatif ascendant, les grains sont �galement d�cortiqu�s par frottement les uns sur les autres. Les sons sont �limin�s au travers de la t�le perfor�e par un courant d'air comprim� issu de perforations dispos�es le long de l'arbre rotatif vertical. M� par un moteur �lectrique de 30 CV, le d�cortiqueur UMS peut traiter 2000 kg/h de grain.

67. Le d�cortiqueur � mil EURAFRIC FAO fabriqu� en France est constitu� d'un carter horizontal tronconique rev�tu int�rieurement d'une couche abrasive en carborundum et dans lequel tourne un rotor conique �quip� de trois battes en caoutchouc. Le degr� de d�corticage peut �tre contr�l� en faisant varier le jeu situ� entre la surface abrasive et les battes du rotor. Le m�lange grains d�cortiqu�s-son est projet� dans un bluteur cylindrique �quip� de brosses, o� les gros sons sont aspir�s tandis que les petits sons sont �limin�s au travers du tamis. Le d�cortiqueur-bluteur peut �tre actionn� par un moteur �lectrique de 7,5 CV ou par un moteur thermique de 10-11 CV. La vitesse nominale de rotation du rotor de 1050 t/mn doit �tre r�duite � 800 t/mn pour d�cortiquer l'�leusine, plus friable que le mil p�nicillaire.

68. Le d�cortiqueur ABI (pr�vu � l'origine pour d�cortiquer du riz) est d'une conception plus simple et d'une construction plus robuste que le d�cortiqueur pr�c�dent (alin�a 67). Il est �quip� d'un rotor de 137 mm de diam�tre tournant � 650 t/mn ainsi que d'un tamis m�tallique. Pour le mil et le sorgho, le rendement horaire de l'appareil varie en fonction de la quantit� trait�e par lot: il est d'environ 50 kg/h pour des lots de 23 kg' de 80 kg/h pour des lots de 5 kg, et de I 10 kg/h pour des lots de 10 kg. La capacit� de traitement de mil et de sorgho est de 60 p. 100 int�rieure � celle du paddy, et la consommation d'�nergie cro�t proportionnellement, les taux de d�corticage �tant de 20 p. 100 pour le sorgho et de 40 p. 100 pour le mil (rapport� � la mati�re s�che). Le co�t du d�cortiqueur ABI �tait de 325.000 F CFA (793 $ US) � la mi-d�cembre 1983 sans moteur. Le co�t d'un moteur thermique est d'environ 690.000 F CFA.

69. La Table 8 donne quelques caract�ristiques d'autres petits moulins com mercialis�s en Afrique.

Table 8: Caract�ristiques de petits moulins villageois

MARQUE: FAO FAO FAO RENSON CHAMPENOIS TOY TOY TOY
TYPE: BTM4000 MB317 bluterie BA318 Moderne NobaGRM12 JET13 JET35 Multibroie tout ''Touba"
SYST�ME: marteaux mobiles meules corindon meules corindon meules corindon meules acier marteaux mobiles marteaux mobiles marteaux mobiles
Vitesse de rotation t/mn 4000 900 750 400-600 670 3000 - -
D�bit kg/h - 200-250 - 200-300 - 50-150 100-300 100-150
Moteur thermique 10CV 6CV 5-6 CV 8CV 5CV 5CV 10 CV 11 CV

70. Moulins � marteaux et d�cortiqueur SISMAR, S�n�gal. La Soci�t� Indus trielle Sah�lienne de M�caniques, de Mat�riels Agricoles et de Repr�sentation (SISMAR) fabrique une large gamme de mat�riel agricole, y compris du mat�riel de transformation de diff�rents produits agricoles: batteuses � arachides, mil sorgho, riz et ma�s, d�cortiqueurs � mil, riz et arachides, mondeuse de noix; et en particulier des moulins � c�r�ales dont deux font l'objet d'une description ci apr�s:

a. Le moulin NOFLAYE 2 est un moulin � marteaux pouvant �tre actionn� par un moteur diesel de 8-9 CV ou un moteur �lectrique de 5-6 CV. Les marteaux sont fixes et interchangeables, de m�me que le tamis circulaire (ouvertures de maille de 0.5, 0.8, 1 .0 ou 1.5 mm).

Le moulin NOFLAYE 2 a �t� export� dans diff�rents pays africains dont le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, o� il est utilis� pour moudre les lots de grain individuels en discontinu, comme au S�n�gal. Dans ce pays, les femmes am�nent au moulin des grains humides destin�s � donner des farines ferment�es; durant la mouture de tels grains, les farines ont tendance � boucher les ouvertures du tamis. L'avantage du moulin NOFLAYE 2 r�side dans la forme des marteaux tournant � grande vitesse, profil�s de fa�on � forcer la farine au travers des tamis et � emp� cher tout colmatage. Le co�t de ce moulin, sans moteur, est d'environ 400.000 F CFA. valeur 1982-1983.

b. Le d�cortiqueur SISMAR/IDRC/CNRA est le d�cortiqueur du Botswana (voir paragraphe 4.3.1) adapt� aux conditions sah�liennes. La fabrication de ce d�cortiqueur devait d�marrer � la fin de 1984.11 pourra �tre actionn� par un moteur �lectrique ou par un moteur diesel, et son co�t, moteur exclu, sera compris entre 600.000 et 800.000 FCFA. (SISMAR, B.P. 3214, Dakar, S�n�gal, T�lex 7781 SG, T�l.: 22.24.85 et 21.24.30).

71. Moulin � marteaux ABI, C�te d'Ivoire. La soci�t� ABIDJAN INDUSTRIES (ABI) fabrique des petits moulins polyvalents, � haute performance, susceptibles de moudre toutes les c�r�ales et les racines. Les deux mod�les existants, le moyen (400600 kg/h de grain) et le petit (250-450 kg/h de grain), sont �quip�s d'un moteur �lectrique triphas�, tournant � 3000 t/mn, munis de fa�on standard d'un disjoncteur thermique et d'un coffret de d�marrage star-delta. La puissance requise est de 7,510 CV pour le mod�le moyen, et de 4-5,5 CV pour le petit mod�le. Le moulin peut �tre �galement actionn� par un moteur � essence quatre temps ou par un moteur diesel dans les r�gions priv�es d'�lectricit�. Les moulins sont �quip�s de marteaux amovibles ou, facultativement, de lames. Leur faible poids permet de les d�placer ais�ment (Fig. 14). Le co�t du petit moulin �tait d'environ 281.000 F CFA (686 $ US en D�cembre 1983) avec un moteur �lectrique, et de 690.000 F CFA (1683 $ US ) avec un moteur diesel .

72. Les autres mat�riels fabriqu�s par ABI comprennent:

a. Une petite d�cortiqueuse d'arachides manuelle, de 31 kg' co�tant environ 60.000 F CFA sortie usine.

b. Un d�cortiqueur � ma�s, � roue dent�e classique, � haute performance et silencieux. Diff�rents mod�les existent: � entra�nement manuel (123.000 F CFA sortie usine), ou �quip� d'un moteur �lectrique (158.000 F CFA) ou thermique.(Fig.15)

c. Un p�trin-m�langeur pour la pr�paration de produits alimentaires traditionnels ou nouveaux (Fig. 16). (ABIDJAN INDUSTRIE (ABI), 01 BP 343, Abidjan 01, C�te d'Ivoire, Zone Industrielle de VRIDI, Zone A, T�lex 2377, T�l.: 35.43.60).

4.4 Mat�riel de broyage du manioc

73. Un syst�me int�gr� de transformation artisanale du manioc en gari a �t� mis au point par des constructeurs locaux en Afrique de l'Ouest. Le gari est un produit obtenu par torr�faction de manioc ferment�; les diff�rentes op�rations unitaires ont �t� m�canis�es et assembl�es en lignes de production de gari. Les diff�rents �quipements comprennent:

- une r�pe � manioc qui r�duit les racines pel�es de manioc en pulpe par- friction sur une surface rugueuse abrasive:

- une presse hydraulique pour enlever l'eau de la pulpe de manioc et former un g�teau. Traditionnellement, cette op�ration est r�alis�e en pla�ant la pulpe dans des sacs qui sont plac�s sous de grosses pierres;

- un tamis secoueur pour r�duire le g�teau comprim� en miettes qui seront soumises � une g�lification;

- un " torr�facteur" dans lequel les particules de manioc sont g�lifi�es sous agitation constante. Les po�lons traditionnels utilis�s pour r�tir le gari sont dispos�s, dans la version am�lior�e, sur un foyer muni d'une chemin�e, ce qui met l'op�rateur � l'abri de la fum�e;

- une calibreuse-�motteuse m�canique, dont le tamis retient les morceaux de gari aglgom�rs;

- un moulin � marteaux pour �mietter les gros agglom�rats de gari en particules de taille convenable;

- un poste de conditionnement comprenant une balance et une thermosoudeuse �lectrique, ces deux derniers �quipements �tant import�s.

La capacit� d�clar�e de cette ligne de fabrication est de 1000 kg de racines par heure avec un rendement horaire de 200 kg de gari.


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