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La qualit� des produits

Fruits s�ch�s � l'export: ma�trise de la qualit� tout au long de la fili�re
Mangue s�ch�e: des fruits choisis avec soin avant transformation
Qualit� de la viande s�ch�e: la fabrication artisanale peut mieux faire...

 

Quand on parle de qualit�, il faut savoir que celle-ci a un co�t et qu'elle est tr�s d�pendante des diff�rents op�rateurs de la fili�re. Les exigences de qualit�' sont particuli�res en fonction du march�' vis�. Mais qu'il s'agisse de la mangue s�ch�e produite pour l'exportation ou de la viande s�ch�e vendue sur le marche" local, l'objectif final est de proposer un produit correspondant aux attentes des consommateurs.

Fruits s�ch�s � l'export: ma�trise de la qualit� tout au long de la fili�re

De la production en amont � l'acheteur final, � chaque �tape les professionnels cherchent � r�pondre � certains crit�res de qualit� pour obtenir, "in fine", un produit appr�ci� du consommateur. Quelques param�tres pour la qualit� des fruits s�ch�s � l'export...

Les acheteurs de produits s�ch�s sont de deux types: les particuliers et les industriels, lesquels ont des exigences de qualit� selon divers param�tres. Les consommateurs attachent de l'importance � l'aspect (la forme, la taille, l'apparence), la texture et la valeur gustative, ainsi qu'� la pr�sence ou non de colorant. Les industriels, amen�s � d�couper, mixer, enrober, sucrer, texturer, s'int�ressent plus particuli�rement � la teneur en eau (le prix est au kilogramme), la consistance non collante, la couleur, la pr�sence de produits chimiques, la pr�sence d'infestation....

Diff�rents op�rateurs, � chacun "sa" qualit�..

Le grossiste interm�diaire joue un r�le dans la connaissance de l'�volution du march� car il a des informations qui remontent de plusieurs industriels, il peut d�gager une tendance de la demande. Ses principales exigences porteront sur la qualit� de la pr�sentation (couleur essentiellement), le prix comp�titif (comparaison avec diff�rentes origines), des cahiers des charges diff�rents et des emballages ad�quats, l'homog�n�it� des lots et la r�gularit� d'approvisionnement.

Pour l'industriel producteur et transformateur, il s'agira de rentabiliser ses charges de production et de transformation, en veillant � travailler avec les bonnes vari�t�s de fruits, � acheter du mat�riel de s�chage performant et reconnu et � assurer une production r�guli�re.

Si le producteur n'est pas l'industriel, il se peut que les int�r�ts entre les deux op�rateurs soient totalement divergents. En effet, la qualit� des fruits est essentiellement li�e au point de r�colte optimum. Le producteur aura int�r�t � vendre ses fruits les plus m�rs possible (et donc ayant plus de poids � la vente...), afin d'avoir des rendements agricoles excellents... De fait, le fruit sera plus aromatique, plus sucr� et aura plus de couleur... Pour l'industriel, qui doit en g�n�ral, transporter les fruits, l'exigence sera d'avoir des fruits pas trop m�rs, fermes, afin de r�duire les pertes. Il pr�f�rera s'�quiper de chambre de maturation pour contr�ler la qualit� de ses fruits. Ses principaux soucis porteront sur une standardisation des produits, ce qui l'obligera � trouver des moyens de contr�le des fruits avant s�chage et sur un d�veloppement de nouvelles technologies lui permettant d'augmenter sa productivit� et la qualit� de ses produits. Par ailleurs, il devra pr�voir la valorisation des �carts de tris, soit des fruits frais pour en faire du jus, confitures, confits, etc., soit des produits secs (confitures).

Qualit� d'un fruit ou d'un l�gume s�ch�, diverses composantes

Divers param�tres interviennent dans la qualit� du produit. D'un point de vue g�n�ral, la qualit� c'est l'aspect et la texture, la qualit� gustative et nutritionnelle, la vari�t�. D'un point de vue biochimique et chimique, ce sera la teneur en sucres et la teneur r�siduelle en eau, les probl�mes de stabilit�, les r�actions de Maillard, les types de sucres, la teneur en amidon (structure..), la teneur et les types d'acides amin�s (oxydation enzymatique), les sels min�raux.

L'eau, principal constituant du point de vue quantitatif des produits alimentaires, conf�re � ces derniers structure et app�tence (notion de moelleux ou de cro�te). Mais elle est par ailleurs responsable des d�t�riorations de la qualit� des produits quand la m�thode de pr�servation n'est pas bien adapt�e.

La plupart des d�veloppeurs et des vendeurs de mat�riel de s�chage parlent de d�shydratation et de baisse de teneur en eau. Pour les produits frais tels l�gumes et fruits, il est pr�f�rable de parler de l'activit� de l'eau. Des courbes, les isothermes d'absorption ou de d�sorption permettent d'indiquer, � l'�quilibre et pour une temp�rature d�termin�e, la quantit� d'eau retenue par un aliment en fonction de l'humidit� relative de l'atmosph�re. Elles montrent une relation entre la teneur en eau du produit et l'activit� de l'eau. La vitesse de d�t�rioration des aliments en fonction de cette activit� de l'eau a �t� repr�sent�e sur d'autres courbes, les courbes de Labuza. On constate que la vitesse de d�gradation n'est pas toujours proportionnelle � l'activit� de l'eau. Par contre, la connaissance des isothermes de sorption en relation avec ces courbes permettent de pr�dire la stabilit� de l'aliment, tant au niveau enzymatique que physico-chimique.

L'eau pr�sente dans les tissus v�g�taux peut �tre plus ou moins disponible, ce qui a amen� � distinguer l'eau li�e et l'eau disponible qui provoque les d�t�riorations du produit soit en acc�l�rant les r�actions chimiques, soit en favorisant la croissance des micro-organismes. A partir d'une activit� de l'eau de 0,6 des moisissures se d�veloppent, � partir de 0,65 les levures peuvent se d�velopper �galement.

Lors du s�chage, la couleur du produit change. Le brunissement non enzymatique (r�action de Maillard) d�signe un ensemble de r�actions tr�s complexes aboutissant � la formation de pigments bruns ou noirs, accompagn�s de modifications favorables (fabrication de caramel... ), mais aussi d�favorables et ind�sirables. Les principales actions � mener pour limiter ces r�actions sont l'acidification, la diminution de la teneur en eau et de l'activit� de l'eau, la modification des teneurs en sucres si c'est possible. La couleur, tout comme la teneur en vitamines. est particuli�rement d�t�rior�e durant un s�chage solaire prolong�.

Selon les vari�t�s de fruits et les points de r�colte, il existe divers stades dits de "maturit� physiologique" qui permettent un s�chage de plus ou moins grande qualit�. La respiration du fruit, et avec elle, la teneur en amidon, garantit une teneur en sucres, en acides et en ar�mes n�cessaire � une bonne qualit� du produit fini.

Pour avoir une qualit� globale du produit, ces param�tres physico-chimiques et gustatifs sont � respecter � toutes les �tapes. C'est en amont de la fili�re que la qualit� li�e � la maturit� doit �tre ma�tris�e, mais un s�chage prolong� ou mal conduit d�t�riore irr�m�diablement les propri�t�s des fruits et l�gumes.

Mangue s�ch�e: des fruits choisis avec soin avant transformation

Le s�chage de la mangue est une activit� connue au Burkina Faso depuis une dizaine d'ann�es. En raison de la co�ncidence de la p�riode de production de la mangue avec la saison des pluies et pour des raisons �conomiques, le s�chage au gaz est la technique la plus utilis�e au Burkina Faso. Produite g�n�ralement pour l'exportation, la mangue s�ch�e doit r�pondre � des cahiers des charges rigoureux en terme de qualit�. En amont du s�chage proprement dit, des pr�cautions sont souvent � prendre par le personnel des unit�s de s�chage.

En d�but de campagne de s�chage des mangues, une organisation rigoureuse du travail doit �tre mise en place si l'on vise des objectifs de qualit�. Poste capital dans les unit�s, l'approvisionnement doit �tre ma�tris� par les responsables. Sachant qu'au Burkina, le circuit de commercialisation de la mangue fra�che n'est souvent pas organis�: o�, avec qui, quand et comment s'approvisionner en mangue de bonne qualit� et � quel co�t? La contractualisation de l'approvisionnement n'est pas �vidente. Lorsque la maturit� est constat�e, les producteurs pr�f�rent brader les mangues aux premiers commer�ants. De plus, la production peut varier d'une ann�e � l'autre. Il importe donc aux responsables des unit�s de planifier avant la campagne de s�chage. Un travail pr�alable d'enqu�tes, de visites des sites de production doit �tre men� afin de minimiser les diff�rentes contraintes. Il faut s'assurer des si tes d'approvisionnement en tenant compte de la disponibilit� des vari�t�s d�sir�es, du rythme des volumes et des p�riodes propices aux changements.

Au Burkina, plusieurs vari�t�s de mangues sont connues. Toutefois, toutes ne se pr�tent pas � une activit� de s�chage (disponibilit�, co�t, go�t, rendement). Quatre vari�t�s sont s�ch�es:

L'Am�lie: �galement appel�e Governor, est la vari�t� la plus r�pandue. Le fruit est moyen, arrondi avec une peau verte orang�e. La chair orange fonc�, souple est sans fibre. Elle est fondante et de tr�s bonne qualit� gustative. C'est la vari�t� la plus pr�coce parmi les vari�t�s dites greff�es. Elle est tr�s acide en d�but de campagne, mais son m�rissement facilement ma�trisable est un avantage.

La Kent: c'est un gros fruit ovo�de sans bec, � l'�piderme �pais et de bonne r�sistance, � fond jaune verd�tre, color� de rouge fonc� cramoisi et � noyau moyen. La peau se d�tache ais�ment de la chair qui est jaune intense � jaune orang� fondante juteuse sans fibre. Le poids moyen du fruit est de 450 � 800 g. Introduite r�cemment au Burkina, sa disponibilit� est �ph�m�re. De plus, elle demeure une des mangues les plus ch�res.

La Lippens: �galement d'introduction r�cente, elle est tr�s juteuse, avec toutefois un l�ger caract�re fibreux. Il existe au sein de cette vari�t� plusieurs esp�ces dont la particularit� se situe au niveau de la couleur de la chair et du poids moyen du fruit. Tr�s caract�ristique par son go�t sucr�.

La Broogt: commun�ment appel�e "mangue retard", cette vari�t� est la plus tardive. Elle pr�sente plusieurs esp�ces identifiables par la couleur de la peau et de la chair. Elle demeure une des plus disparates en terme d'acidit�. Le m�rissement naturel est tr�s long apr�s la cueillette (5 � 8 jours).

L'appr�ciation du produit, avant la pr�paration, conditionne la qualit� du produit fini. La mangue fra�che avant maturit� est tr�s acide. Au cours de la maturation, le taux de mati�re s�che totale augmente graduellement. Il faut �viter un degr� de m�rissement trop �lev�, au risque de compromettre l'homog�n�it� du produit apr�s s�chage. La pratique actuelle au niveau des unit�s de s�chage est l'appr�ciation visuelle ou au toucher. Le degr� de m�rissement pourrait �tre appr�ci� � partir de p�n�trom�tres mais la mise en oeuvre sur les sites de production est difficile en l'absence d'�quipement.

La mangue �tant un fruit climat�rique, il importe aux responsables de la faire r�colter "vert-mature". Il est conseill� de la cueillir au moins 14 semaines apr�s la floraison. La mangue �tant d�velopp�e mais encore verte, le contr�le de son �volution ult�rieure vers le stade pleinement m�r est facilit�. Cueillie trop verte, la mangue m�rit mal (acide) et Cueillie tr�s tardivement, sa d�gradation devient trop rapide. Pour la vari�t� Broogt, le point de coupe id�al est tr�s d�licat � appr�cier et on �vitera au maximum le m�rissement du fruit sur l'arbre.

Au moment de la cueillette et au cours de toutes les manipulations du transport, on redoublera de soins pour �viter de provoquer des blessures �pidermiques in�vitablement colonis�es par diverses moisissures. Tr�s souvent, les mangues sont cueillies sans pr�cautions particuli�res dans les champs. Or, les conditions de cueillette des fruits d�terminent aussi la qualit� du produit fini. L'utilisation de gaule adapt�e est � encourager. Une sensibilisation devra �tre faite � l'endroit des producteurs.

Le transport en vrac des mangues est le syst�me le plus utilis�. Ce syst�me, s'il a l'avantage de pouvoir acheminer de grosses quantit�s sur les sites, pr�sente cependant des inconv�nients dont l'ampleur d�pend du degr� de m�rissement et de la vari�t� des fruits. Le meurtrissement du produit peut �tre �vit� par l'utilisation de cagettes. A d�faut, le syst�me de transport utilis� devrait permettre d'amortir les chocs. Des vari�t�s telles que la Kent, l'Am�lie sont tr�s sensibles aux conditions de transport.

Le lieu de stockage doit �tre assez d�gag� et exempt de toute source de contamination. Il est souhaitable que les mangues soient stock�es dans des bacs sur�lev�s apr�s un tri rigoureux. Les mangues devront �tre dispos�es par lot provenant d'un m�me site et ayant les m�mes �tats de m�rissement. Les mangues m�res ou en d�but de pourrissement devront �tre s�par�es syst�matiquement des autres. On �vitera le lavage des mangues avant l'entreposage, un simple nettoyage suffit.

Au moment du d�stockage et de la pr�paration. la recherche d'homog�n�it� des lots s'impose. Un tri permet de s�lectionner des mangues de m�me calibre, de m�me degr� de m�rissement et d'�carter les fruits suspects. Les t�ches sur les fruits sont souvent dues � l'action de micro-organismes.

Enfin, il importe de travailler dans des conditions hygi�niques strictes. La mangue est un substrat glucidique, ad�quat pour la croissance des micro-organismes, telles les levures et moisissures et d'autres micro-organismes virulents, provenant des sites m�me de production. Avant les d�buts de campagne, un nettoyage, ou m�me une d�sinfection compl�te des locaux et des diff�rents mat�riaux de travail, doivent �tre faits. L'ensemble du personnel devrait �tre constamment sensibilis� aux respects des r�gles �l�mentaires d'hygi�ne. L'environnement imm�diat de l'unit� doit pouvoir offrir un cadre sain.

La complexit� de la mangue, tant dans sa forme que dans son go�t, doit interpeller le promoteur � la recherche maximale de qualit� tout en sauvegardant le caract�re naturel du produit. Bien que l'outil technique (s�choir) soit indispensable pour une meilleure qualit� des produits s�ch�s, des efforts doivent �tre faits pour, en amont. mieux conna�tre la mangue (vari�t�, go�t, provenance. p�riode de production, distance des lieux de production), ma�triser le circuit d'approvisionnement, respecter les r�gles hygi�niques �l�mentaires et organiser les unit�s avec une professionnalisation par poste de travail.

Caract�ristiques physiques de 4 vari�t�s de manque

Vari�t� Poids moyen (grammes) Rendement en chair %
Am�lie 350 40-50
Lippens 400 35-40
Broogt 400 30-40
Kent 800 40-50

Rendement en chair: rapport de la masse de chair / masse totale. La masse de chair s'obtient apr�s �pluchage et d�noyautage.

Ces mesures ont �t� prises sur des lots de 100 mangues par vari�t� au cours de la campagne 1995 � Orodara (Burkina Faso).
Source: Alain Traor�, Abac

Qualit� de la viande s�ch�e: la fabrication artisanale peut mieux faire...

Le kilishi, viande s�ch�e et grill�e traditionnellement dans certains pays sah�liens, est tr�s appr�ci� des consommateurs. Mais sa qualit� est souvent irr�guli�re et aucun contr�le de la production n'existe actuellement. Des chercheurs ont analys� les proc�d�s traditionnels et ils proposent des am�liorations technologiques qui pourraient modifier les rendements de production et la qualit� du kilishi.

Le kilishi est un produit � base de viande, g�n�ralement de boeuf, s�ch�e et grill�e en lani�res assaisonn�es avec une p�te �pic�e. Au Niger, sa fabrication est une activit� artisanale couramment pratiqu�e par les bouchers. Produit potentiellement Int�ressant pour les march�s sah�liens. il est tr�s pris�, aussi bien en zone rurale, qu'en milieu urbain. Mais la qualit� du produit est souvent irr�guli�re (production non standardis�e, d�gradations biochimiques et microbiologiques, contamination par la poussi�re). Il faut noter qu'aucune r�glementation n'existe encore dans les pays du Sahel pour d�finir pr�cis�ment ce produit, en r�guler la production et la commercialisation et d�terminer des normes par rapport � sa qualit�.

Des am�liorations technologiques peuvent �tre apport�es aux proc�d�s traditionnels. Elles doivent tenir compte des habitudes et des go�ts des consommateurs locaux, �tre simples, �conomiques et fiables. Des recherches sont actuellement conduites dans ce sens par les �quipes associ�es de l'unit� de recherche "Technologie-Proc�d�s" du Cirad-Sar de Montpellier (France) et du Laboratoire des productions animales de la Facult� d'agronomie de Niamey (Niger) pour am�liorer la qualit� des produits et pour assurer une production standardis�e et des �changes commerciaux r�guliers.

Des �tudes ont �t� r�alis�es aupr�s de trois producteurs de kilishi, avec une d�marche assurance qualit�, bas�e sur le concept HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point). Le travail a consist� � suivre les proc�d�s traditionnels de fabrication du kilishi et l'organisation des savoir-faire des transformateurs, �tape par �tape, depuis la r�ception des mati�res premi�res jusqu'� la commercialisation des produits finis. Les crit�res locaux d'appr�ciation de la qualit� du produit ainsi que les diff�rentes utilisations culinaires ont �t� relev�s aupr�s des transformateurs, des commer�ants et des consommateurs sur diff�rents march�s de Niamey. Le suivi technologique des proc�d�s de fabrication a permis d'identifier leurs points critiques et les facteurs de risque qu'ils pr�sentent quant � la qualit� des produits finis. Enfin, des mesures pr�ventives ou curatives ont �t� propos�es pour ma�triser ces points critiques.

Le s�chage, une �tape importante

Le s�chage est une op�ration pr�dominante dans la fabrication du kilishi. Les lani�res de viande sont mises � s�cher au soleil, pendant 4 � 7 heures, sur des lits en tiges de mil sur�lev�s par rapport au sol pour �viter les poussi�res. Elles sont p�riodiquement retourn�es pour pr�senter les deux faces au soleil. Ensuite, pour la fabrication des kilishi "ja" et "fari", les lani�res de viande s�ch�e sont assaisonn�es par trempage, dans une sauce contenant de l'eau, du sel de cuisine, de la p�te d'arachide et diverses �pices. Pour le kilishi "rumuzu", l'assaisonnement est effectu� par trempage de la viande s�ch�e dans de l'huile d'arachide, suivi d'un saupoudrage avec un m�lange broy� de sel de cuisine et d'�pices s�ch�es. Les kilishi "ja" et "fari" sont s�ch�s une seconde fois, selon le m�me proc�d�, durant une heure en moyenne. Les lani�res de viande sont enfin grill�es au-dessus d'un feu de bois pour fixer les ingr�dients d'assaisonnement � la viande et compl�ter l'ass�chement des produits.

Un "bon" kilishi selon les consommateurs...

Le kilishi est la plupart du temps consomm� en l'�tat, comme produit de grignotage; mais les kilishi "ja" et "fari" sont parfois utilis�s dans les salades. L'apparence du produit (couleur, aspect, odeur) et son �tat � la mastication (croustillance, duret�) sont les crit�res souvent retenus par les populations pour appr�cier la qualit� du kilishi. Les kilishi "ja" et "fari" id�aux doivent avoir une odeur d'arachide grill�e, �pic�e mais pas forte; ils doivent avoir une couleur rouge sombre pour le kilishi "ja" et brun clair � jaune pour le "fari"; ils doivent �tre consistants � cause de la pr�sence de la p�te d'arachide et bien secs, mais pas cassants, ni friables. Le "rumuzu", quant � lui, doit �tre brun fonc�; il doit avoir un aspect fibreux, luisant et brillant; il doit �tre bien sec et, comme les kilishi "ja" et "fari", ni cassant, ni friable. Son �tat croustillant � la mastication lui vaut son nom de "rumuzu".

Un suivi scientifique de la qualit�

Pour �tudier la qualit� du kilishi, des �chantillons ont �t� pr�lev�s � chaque �tape du proc�d�, emball�s dans des sacs en poly�thyl�ne et transport�s dans une glaci�re au laboratoire. Ils ont alors subi diverses analyses de qualit� (composition, analyses physico-chimiques et microbiologiques). La prise d'essai avant analyse consiste en un broyat de morceaux repr�sentatifs de l'ensemble du produit. Les produits finis destin�s au stockage sont gard�s, selon la proc�dure traditionnelle, c'est-�-dire empil�s sans emballage dans une bassine, chez les transformateurs � temp�rature ambiante (30 � 35�C). La teneur en eau et le pH sont mesur�s � chaque �tape des proc�d�s et sur les produits finis avant et en cours de stockage (4 � 6 semaines). Les teneurs en cendres, en lipides et en prot�ines sont, quant � elles, mesur�es sur la mati�re premi�re (viande fra�che initiale), ainsi que sur la viande apr�s parage et sur les produits finis avant stockage. Les analyses microbiologiques (d�nombrement de la flore a�robie m�sophile totale, des coliformes totaux, des levures-moisissures et des ana�robies sulfitor�ducteurs) sont effectu�es � chaque �tape des proc�d�s et sur les produits en fin de transformation et au cours du stockage. Toutes ces analyses de qualit� ont �galement �t� r�alis�es sur les enrobages utilis�s pour l'assaisonnement du kilishi.

Une qualit� sanitaire al�atoire

Les analyses men�es ont permis de mettre en �vidence que, si le kilishi est un produit int�ressant sur le plan nutritionnel, sa qualit� sanitaire, par contre. est souvent al�atoire. Les points les plus critiques se trouvent au niveau de l'enrobage, du s�chage � l'air libre, source de contamination, et des conditions de stockage. Les plus fortes contaminations microbiennes sont dues aux ingr�dients d'assaisonnement. L'am�lioration de la qualit� sanitaire du kilishi passe donc par la ma�trise de la qualit� microbiologique de ces ingr�dients d'assaisonnement (contr�le plus strict des ingr�dients, utilisation de conservateurs alimentaires dans les sauces d'assaisonnement).

Compte tenu des faibles capacit�s d'investissement des transformateurs, les modifications propos�es et test�es sont simples et peu co�teuses. Il s'agit, par exemple, de saler la viande avant s�chage pour acc�l�rer la stabilit� du produit, de pasteuriser l'enrobage et d'utiliser des emballages pour le stockage des produits finis. Des mesures d'hygi�ne, apparemment simples, mais dont le respect est indispensable, ont �t� recommand�es, notamment le nettoyage syst�matique, avant et apr�s chaque utilisation, du mat�riel de travail (couteau, claies de s�chage, etc.).

Du point de vue de la qualit� sanitaire, les innovations introduites ont permis de r�duire consid�rablement la charge microbienne du kilishi. Outre la qualit� du produit, les rendements de production ont �t� am�lior�s (salage en d�but de s�chage, emballage du produit fini) en diminuant les pertes de masse du produit fini. Ces innovations ont �t� jug�es acceptables par les transformateurs. Le nouveau produit a �galement �t� appr�ci� sensoriellement par les consommateurs habituels du kilishi sur les march�s de Niamey.

Des travaux sont en cours pour �laborer des normes de qualit� jusqu'ici inexistantes au Niger. Ces normes, adapt�es au contexte nig�rien, permettront de r�guler les circuits de distribution et les �changes commerciaux; elles pourront �tre appliqu�es par les offices de contr�le sur les march�s.

Diagrammes compar�s de fabrication des diff�rents types de kilishi (Source: Kalilou Souley - Universit� de Niamey, Niger - Cirad, France)

Contr�les qualit�

Pour pouvoir v�rifier la qualit� des produits s�ch�s avant leur mise en vente, notamment pour l'exportation, il est n�cessaire de faire quelques analyses. Il est pr�f�rable d'avoir son propre laboratoire de contr�le pour les analyses de base. Mais, au niveau artisanal, il est tr�s difficile de s'�quiper car l'�quipement n�cessaire co�te cher. On peut toutefois faire un contr�le sur le poids, ce qui permet d'avoir une information sur la teneur en eau et sur la qualit� du s�chage, et qui permet de faire un �talonnage de sa production en cherchant � avoir toujours un poids constant.

Une organisation collective des producteurs pour mettre en place un laboratoire d'analyses peut �tre une solution. A l'�chelle semi-industrielle, l'�quipement de base se compose d'une �tuve (1 000 000 FCFA) pour contr�ler la teneur en eau, d'un appareil pour mesurer l'activit� de l'eau (3 000 000 FCFA) et d'un thermohygrom�tre.

On peut �galement approcher les laboratoires des universit�s, des centres de recherche ou du minist�re de la sant� mais on risque de se heurter � un probl�me de standardisation des m�thodes. D'autre part, les d�lais d'analyses sont souvent longs et ne correspondent pas aux exigences de r�ponse imm�diate aux importateurs.

Le chemin de la certification "bio"

Les produits biologiques sont des produits agr��s issus de m�thodes de culture biologique qui doivent �tre conformes aux normes, stipul�es dans les directives 2092/91 de la l�gislation de la Communaut� �conomique europ�enne relative � l'agriculture biologique et � ses amendements, pour pouvoir �tre import�s en Europe comme produits biologiques ou �tre commercialis�s comme tels.

L'agriculture biologique correspond � des m�thodes de culture qui �vitent presque totalement le recours aux substances agrochimiques synth�tiques. Toutefois, certains produits (engrais conditionneurs de sol ou pesticides) sont autoris�s et sont r�pertori�s.

La certification d�pend du respect constat� des r�gles et est valable durant 12 mois, � moins que la mention ne soit retir�e par manque de respect des r�gles. La certification doit �tre renouvel�e chaque ann�e. Elle doit �tre r�alis�e par un organisme ind�pendant international agr��. Certains sont pr�sents en Afrique (Ecocert). La certification comprend des proc�dures de contr�le et d'inspection.

Pour les produits transform�s. divers �l�ments sont pris en compte lors de ces contr�les. L'inspection annuelle se fait �ventuellement sans pr�avis. Elle donne une description compl�te de l'unit�, elle pr�cise les mesures concr�tes � prendre pour assurer le respect des dispositions du r�glement. L'entrepreneur doit avoir une comptabilit� scripturale et/ou documentaire permettant de retracer l'origine, la nature et les quantit�s de produits agricoles biologiques vendus et de mati�res premi�res achet�es, y compris les ingr�dients, additifs et adjuvants, ainsi que la composition exacte des produits transform�s. Il doit laisser libre acc�s � la comptabilit� et au courrier correspondant, � l'exploitation et aux d�p�ts, m�me s'ils sont situ�s ailleurs. L'�tiquetage doit �tre r�alis� � tous les niveaux pendant le transport, le stockage et la transformation des produits. La commission de contr�le peut prendre des �chantillons pour faire des analyses. Cette prise, non obligatoire, le devient en cas de soup�on d'usage de produits non autoris�s. Les rapports d'inspection doivent toujours �tre contresign�s par le responsable de l'entreprise. Le certificat est valable une ann�e pour les produits mentionn�s dans le rapport d'inspection.

Liste des communications

La ma�trise de la qualit�

- Importance du contr�le de qualit� dans la conservation des produits alimentaires. Alfred Traor� et Bharat Singh - CENTA - Universit� de Ouagadougou - Burkina Faso - 10 p.

- Fabrication artisanale du kilishi au Niger. Kalilou Souley - Universit� de Niamey – Niger et Nadine Zakhia - CIRAD - France - 12 p.

- Am�lioration de la qualit� du poisson s�ch� au Mali. Abdoulaye Coulibaly ISFRA - Mali et Jean Paul Hebert, ENSIA-SIARC - France - 6 p.

- La ma�trise de la qualit� des produits s�ch�s � l'exportation. Max Reynes - CIRAD - France - 6 p.

- L'amont dans la qualit� de la mangue s�ch�e. Alain Traor� - ABAC GERES - Burkina Faso - 6 p.


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